Elections 2014: le maire de Périgueux est candidat à sa propre succéssion. (Fiction)
Le récent audit financier sur les finances de la ville de Périgueux a fait prononcer le constat suivant au maire :
La situation dont nous héritons pénalise lourdement la Ville de Périgueux et le premier objectif que notre équipe s’est fixé est de rétablir les finances de Périgueux. Ainsi, nous pourrons redonner des marges de manœuvre à la Ville, pour qu’elle puisse retrouver une capacité à investir et à financer ses projets.
Cela méritait maintenant de mettre les mains dans le moteur. On dirait que c’est le joint de culasse, il y a de l’eau dans l’essence : grave.
Voilà, l’ancienne équipe municipale a ruiné les finances de la ville. Endettement galopant, chute de la capacité d’investissement, pression fiscale outrageante, autofinancement minable, tout va mal.
Le nouveau maire le sentait et il a eu le nez creux. En lisant l’audit financier qu’il a fait réaliser, ce dernier ne confirme que ce qu’il pensait déjà. Une affreuse et crapuleuse gestion de la ville a vidé les caisses et poussé la ville au bord de la banqueroute.
Du coup, le maire a deux options. Ou bien faire comme si de rien n’était en finançant son vaste et ambitieux programme, quitte à aggraver la situation et ne jamais s’en relever. Ou bien faire preuve de sagesse et modération pour s’atteler d’abord à sauver les finances de la ville, tant pis pour les projets.
En tout cas, c’est certain, impossible de finir les projets engagés par le maire précédent, c’est à cause de lui qu’on en est là.
Pour sauver les finances de la ville il faudra donc vraisemblablement :
1. Réduire l’endettement
2. Relever la capacité d’investissement
3. Abandonner les projets inutiles comme le Bas Saint Front
4. Augmenter la pression fiscale
C’est parti mon kiki. Les années 1997/2008 auront été celles de l’irresponsabilité comptable, au profit d’investissements somptuaires et superflus. Celles des années 2009/2014 seront celles de la raison recouvrée et de la juste tempérance. Voilà qui définit bien ce que sera la politique générale de l’actuel maire de Périgueux pour les 5 années à venir, à partir du budget 2009.
Cela nous permet même, en exclusivité pour ruedelachouette, de vous présenter dès maintenant le bilan de l’actuelle équipe municipale, qui sera présenté en fin d’année 2013, début d’année 2014.
Nous sommes en mars, les arbres bourgeonnent, les premiers rayons de soleil baignent l’herbe tendre, et une fois tous les 6 ans, les hirondelles font le printemps.
Le maire sortant, candidat à sa propre succession fait le bilan de son action politique menée depuis 6 ans, 6 ans déjà, comme le temps passe vite.
Chères périgourdines, chers périgourdins
Ce n’était pas gagné, car rien n’est joué d’avance. Le défi était grand, l’effort immense, la tâche laborieuse.
Quand nous avons pris cette ville en main, elle n’était que l’ombre d’elle-même, en ruine, en lambeaux. Son avenir n’était plus que dans les plis de son glorieux passé, sans idéal, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis, et que de l’horizon embrassant tout le cercle, il nous verse un jour noir plus triste que les nuits. [Heu oui il s’est épris de poésie entre temps].
A maintes reprises nous faillîmes échouer. Nous avons douté, pleuré, versé plus que notre sueur, mais jamais nous n’avons renoncé. Jamais, jamais, j’ai pensé que nous ne réaliserions pas notre destin, à la force de notre volonté et de notre engagement.
Souvenez-vous. Souvenez-vous du gouffre, des abysses dans lesquelles la ville était. Même Cofinoga refusait de nous prêter 5000 euros. Les rats montaient des égouts, la cathédrale Saint Front s’effondrait, Vinci faisait la loi sur les parkings et nous allions à Paris en avion. Oui, il faut un peu de mémoire pour se souvenir que Périgueux n’était plus Périgueux, mais un pâle et orgueilleuse copie de Babel. Périgueux n’était qu’un édge fâound abandonné, une sub-praïme dérivant sur l’océan de ses déficits.
Alors quel bonheur aujourd’hui, pour vous d’abord, pour moi, un peu, de vous dire combien je suis si fier de vous annoncer que nous avons remis à flot les finances de la ville. Rien n’est parfait et il reste du travail, toujours. Mais les résultats sont là et nous sommes sur la bonne voie. Périgueux convalescente, mais Périgueux sauvée. Périgueux fragile, mais Périgueux pleine d’espoir.
J’ai du stopper les projets superflus au profit de l’essentiel, comme mon déménagement. J’ai du augmenter les impôts, licencier le personnel infidèle, couper tout projet de co-financement avec des partenaires privés et même publics. J’ai même réussi à vendre Castel Pessard sur Ebay. J’ai du en rabattre des rêves, à part celui de mes indemnités, j’ai du aussi lutter pour préserver la ligne TER entre Périgueux et Limoges. O rage ! O désespoir ! O vieillesse ennemie, n’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers, que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
Et bien non ! Les lauriers sont là, devant vous mes chers compatriotes. Il était de mon devoir, comme je m’y étais engagé, de ne pas vous décevoir. Ne vous l’avais-je pas promis ?
L’échéance électorale qui arrive est l’occasion pour moi de vous redemander votre confiance. Mais cette fois ce n’est plus pour affronter le désastre laissé par mon prédécesseur, non ces âges obscurs sont derrière nous.
Cette fois ce n’est plus pour survivre, mais pour vivre. Et même plus !
Je m’engage devant vous à réaliser mon programme de 2008. Et même plus !
Car à cause des incuries de l’ancien maire, celui pour lequel il est dorénavant interdit de prononcer le nom par décret municipal, je n’ai pu mener à bien, dans les 6 premières années de mandat, mon grand dessein pour Périgueux. C’est pourquoi j’ai l’honneur de vous présenter mon programme, les yeux dans les yeux brillants d’avenir.
Je vais déménager le quartier du Gour de l’Arche au pied de la cathédrale Saint Front, à la place du parking Mauvard. Oui nous pouvons le faire ! Nous devons le faire ! Comment accepter que des quartiers défavorisés soient ainsi désavantagés face à ceux qui habitent et jouissent, parce qu’ils en ont les moyens, tout près de notre cathédrale ?
C’est un grand projet mes amis et avec vous, vous pouvez y arriver, je peux y arriver. Car c’est votre projet que je soutiens, à travers ma démocratie participative. C’est votre choix, à vous, les périgourdins, qui avez exprimé votre désir lors de la réunion publique du jeudi 06 janvier 2010 à 09h30, dans la salle polyvalente du Sans Réserve. Ce projet est le vôtre, car cette ville est la votre, cette ville est en action !
Vous me connaissez, je suis prudent. Très prudent. Homme de parole, homme de raison, homme de parole raisonnée, je ne laisse jamais la passion, fut-elle sournoisement à l’affût dans le lit de mes sentiments les plus spontanés, envahir subrepticement le siège de ma raison, quotidiennement au service de l’intérêt général que j’incarne à présent.
Je ne me serais pas engagé dans un tel projet s’il n’était pas nécessaire, au moins au titre de l’exemplarité, en laquelle je crois beaucoup, vous le savez. Cela veut dire quoi l’exemplarité ? Cela veut dire que nous commencerons par le Gour de l’Arche, et ensuite, si ça marche, si les résultats sont là, nous passerons aux autres quartiers.
Il était moins onéreux de déplacer la cathédrale dans le quartier, mais l’Etat s’y est refusé. C’est le prix à payer pour les collectivités locales opposées à la politique du président Sarkozy élu à vie. Nous assumerons donc le prix de la liberté, mais aussi celui de l’égalité et de la fraternité. Surtout celles là d’ailleurs.
En 2020, je vous le dis, je vous le promets, le Gour de l’Arche sera au pied de la cathédrale Saint Front !
Baiser ! Le mot est doux, je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l’ose ; s’il la brûle déjà, que ce sera-ce la chose ?
Ne vous en faites pas un épouvantement. N’avez-vous pas tantôt, presque insensiblement, quitté le badinage et glissé sans alarmes, du sourire au soupir et du soupir aux larmes ? Glissez encore un peu d’insensible façon, des larmes au baiser, il n’y a qu’un frisson.
Combien de sacrifices n’ai-je consenti pour que notre ville ne retrouve ses couleurs, ses parures, son budget, son investissement ? Tous, sans exception, tous les sacrifices : je n’ai rien fait. Rien d’autre que des coupes franches, des privations et des impôts, pour enfin aujourd’hui pouvoir investir à nouveau de l’argent. J’ai redonné du pouvoir d’achat à cette ville, certes avec le votre, mais toujours au nom du bien commun. C’est ce frisson que je vous demande de sentir, après les larmes, embrassez votre destin.
Voilà qu’aujourd’hui nous pouvons à nouveau investir, s’endetter, réaliser des projets. Ne suis-je pas le mieux placé pour le faire ? Ne suis-je pas celui qui a su faire des économies ? Ne croyez-vous pas que je suis le mieux à même de les dépenser ? Qui peut le plus peut le moins dit-on. Et aujourd’hui je le peux le plus, heu, non le moins. Saperlipopette. Oui je le peux ! Je peux le faire !
Quand je dis « je » je dis « nous ». Car en réalité je ne suis pas seul, vous l’avez peut-être remarqué ces dernières années. Je veux parler de mon équipe bien sur, mais également de mon directeur des achats, qui nous a permis de faire tant d’économies. Je veux parler de tous ceux qui, au présent, donnent le meilleur d’eux-mêmes pour rendre votre vie meilleure. Ceux qui jamais ne profitent de leur situation et toujours font preuve d’abnégation, de courage et tels des fourmis, me remontent les informations me permettant de vous comprendre, d’être proche, au plus près vous, juste derrière vous.
Mais je salue aussi ceux du passé dans l’histoire, je pense à Zarathoustra, Gengis Khân, Léon Bloy et le Cannavaro, Toussaint Louverture et Bernard Henri Lévy, sans oublier Cali, autant de VIP de l’histoire avec un h qui guident mes pas et sans qui je n’aurais pas fait ce que je vais faire.
« Un homme seul ne peut rien » disait Victor Hugo. C’est donc collectivement que je suis présent devant vous, et je ne dis pas que je ne peux pas le faire. Non, je dis que nous pouvons le faire !
YES OUI CAN ! YES OUI CAN ! YES OUI CAN !
Merci














Excellent…mais restons vigilants afin que la fiction ne devienne réalité!
Cette fiction ne sera jamais la réalité, c’est une fiction. Ce vers quoi vous portez votre vigilance est une autre histoire.