Périgueux, Michel Moyrand navigue au gré du clafoutis
Décidément, à l’approche du printemps, Périgueux a des airs marins. Après avoir appris par un de ses proches que le maire Michel Moyrand avait le « charisme d’une huître », voilà t’y pas qu’il renchérit en conseil municipal sur le thème fort iodé de la navigation. Aussi les orientations budgétaires avaient un air de marée basse.
Tout avait été dit en conférence de presse la veille du conseil, par un maire emphatique sur son plan quinquennal. Aussi nulle surprise, sinon quelques précisions sur l’augmentation de la fiscalité ou les niveaux d’investissements. Le décor étant définitivement planté, nous reviendrons en détail sur ce sujet, documents en main, pour une analyse aussi nette que possible.
Mais pour l’heure, ami périgourdin, laisse toi porter sur les flots de l’insouciance, écoute les grues rejoindre leurs quartiers d’été, hume le vent des horodateurs autour de la cathédrale, et sors ton chéquier pendant que le maire fait ses cartons. Voilà en substance le message du maire:
propulser Périgueux à un niveau jamais atteint d’activité et d’attractivité
Voilà la salle du conseil municipal avant la séance, vide.
Attendant d’être comblé, le vide n’espérait pas tant de vent.

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:: Il n’a qu’à ouvrir l’espace de ses bras … ::
Eric Dosset a été grand. Eric Dosset a été Eric Dosset. Sans complexe et avec plénitude, il s’acharne à parodier la marionnette des Guignols de l’Info d’Alain Delon.
Il suffit d’écouter
Le roi de l’innovation touristique a encore frappé hier soir, révélant à bon marché tout son infini contentement de soi. Dommage que le maire se refuse à diffuser les conseils municipaux, car seuls ceux qui le connaissent comprendront le rapprochement avec la marionnette de l’acteur. Nous sommes bel et bien passés de la caricature de boulevard au néoréalisme burlesque.
:: Le vide, puis le vent, et rien, puis le vide ::
Bref, un monde sur lequel on vogue au gré du clafoutis, à ne pas confondre avec le clapotis.
Vous souriez peut-être, mais le maire se mord encore les doigts d’une telle entame pour sa première orientation budgétaire.
Car, comme le maire nous l’indique, il n’est pas le commandant du Titanic, un vulgaire bateau à moteur, (à explosion rajouterait l’adjoint Mathivet), mais le skipper d’un fier voilier, quitte à le confondre avec l’embarcation de Jean le Cam au dernier Vendée Globe…

afp
Là nous devons tirer un coup de safran à Jean-Marc Pennetier, dont on ne saurait ignorer le style, la pâte du littéraire sur le « charbonnier » Moyrand. Le directeur de cabinet, si l’on se permettait de filer sa nautique métaphore, pourrait s’entendre questionné sur le droit de vie et de mort du capitaine sur son équipage.
Ou encore de savoir, si quand les mouettes ont pied, n’est-il pas temps de virer ?
Nenni. N’en déplaise à l’adjoint lutte des classes de 6ème bleue contre 6ème jaune, Le Vacon, le maire est bien le skipper d’une bête de course, d’un étendard de l’America’s Cup. Alain Dosset est à la tactique, fier comme une pataras au pré serré, tendu comme un string.
Les adjoints Doat et Mathivet sont au réglage de grand voile, l’une prend des ris, l’autre des vents (purs).
Tandis que les gros bras au cabestan, s’activent et se remplacent, les nommés Dupuy et Le Vacon. Ils vous montent une grand voile comme à l’abattoir de Vincennes on vous découpait un bœuf au merlin pendant les 12 coups de midi.
Dans la position du « singe », comme on dit dans la littérature, à la manœuvre du spinaker, le conseiller Belloteau n’a de cesse de chercher le meilleur angle venteux. Non non, ce terme n’a pas été choisi en fonction du calendrier chinois. Seuls les critères d’agilité à repérer le sens du vent font la différence.
Car c’est de vent qu’il s’agit, sentir d’où il vient, pour l’utiliser opportunément, afin de zigzaguer vers son destin. Le maire tire des bords, empanne, souque, autour des bouées qu’il s’est donné pour parcours. Dans le poste de pilotage, à l’abri des risées, analysant les données météo et donnant le cap à 24h00 chrono, les technocrates Laporte (pour souffler le chaud) et Pennetier (soufflant le froid) s’activent à éviter les écueils, en donnant leurs instructions de route.
:: La croisière s’amuse ? ::
Et vogue, et vogue et vogue. Et les autres direz-vous ? L’Equipe !
Ah madame, il s’agit d’un équipage de course, pas de la Croisière qui s’Amuse !
Les autres ne font pas du shopping sur le pont n°2, ils servent de lest, ils basculent et font masse.
Au pré, ils se mettent en position inverse à l’inclinaison et décuplent l’ouverture de grand’ voile par rapport au vent. Leur fonction est de faire poids, mais face à leur qualité d’être forts différents, voire opposés, le skipper doit donc sans cesse mouvoir cette masse en équilibre avec son cap. Bon courage.
:: Un sponsor omniprésent ::
Le bateau est luxueusement sportif mais son sponsor, Bernard de Cazeau Comte du Périgord, redouterait, dit-on, le manque de préparation de son équipage à enchaîner les manœuvres si rapidement. Aussi, il verrait d’un bon œil que le skipper s’étranglât d’un os de lapin au passage d’une bouée. Se débarrassant d’une embarcation usée avant d’avoir commencé, il pourrait ainsi armer un bateau flambant neuf pour la prochaine régate en 2014. N’est pas Comte du Périgord qui veut…
D’autant que la bête de grand large périgourdine est en passe de se faire coiffer par l’aviron bergeracois. Il ne manquerait plus que ça !
Alors voilà, 6 anorexiques à la rame pourraient donc doubler le 60 pieds du sous commandant Moyrand ?
Que le grand Cric me croque !
C’est inacceptable !!!!
Et on reconnaît les capitaines à leur détermination, voire à leur obstination, grisés qu’ils sont par le large et la fatigue, forces nées de la mère. Tatatan.
Alors il augmente l’impôt de 5%, investit comme jamais alors qu’il dit les finances en berne, manque à sa parole en ne respectant pas ses engagements, fait croire à de l’investissement quand il s’agit de fonds perdus, mais, mais.
Il déploie 11.5 M€ pour la rénovation des écoles. Chapeau bas. Ayant tout loisir d’apprécier le contenu décidé par l’Education Nationale, il aura au moins des contenants impeccables.
Par exemple, avec 11.5 M€, vous pouvez acheter le château Puycharnaud, modèle de Napoléon III au nord de Nontron, pour 3.5 M€. Avec le reste, vous pouvez rénover l’ensemble du bâti, le mettre aux normes et même faire un hôtel de luxe**** avec spa et restaurant.
Pour tout renseignement, s’adresser à La Perla Living, à Saint Jean de Côle.
Les écoles ne sont jamais assez neuves ni suffisamment équipées. Gageons qu’avec une telle somme, on soit tranquille pour un moment quand même. Mais comme le maire ne veut rien dire publiquement sur les écoles concernées, il est difficile de se faire une idée. Foutue transparence.
:: Ouin Ouin et son totem ::
Finissant par là où nous avions commencé, il parait que le maire a vu rouge en apprenant qu’un proche collaborateur lui avait attribué des caractéristiques normalement réservées à François Hollande. C’est lui au départ, et lui seul qui devait avoir le charisme d’une huître. Pas Michel Moyrand.
Toujours en recherche de compromis, ne serait-on pas inspiré de regarder une fois encore notre ami Ouin Ouin (allias Antoine Decaune) dissertant allègrement de son totem?
Cela ne vous rappelle rien?
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=R09CXOocyxI[/youtube]













Beurk, tout cela m’a un peu donné le mal de mer.Entre le radeau de la Méduse et les révoltés du Bounty, J’hésite à opter pour un scénario….celui des cinq prochaines années. Allez, souquez ferme moussaillons.
Je me demandais ce qu’était ce bruit de tambour…c’est pour donner le rythme de nage sur la galère!
Bonjour à tous,
J’aimerai avoir quelques précisions du le paragraphe consacré à Bernard Cazeau, est-il défavorable à l’équipe en place à Périgueux ??? aimerait-il que cette équipe se saborde pour mettre en place une autre équipe ????
J’aimerai savoir un peu plus là dessus car cela me parait important si même le Président du CG, socialiste, désavoue l’équipe Moyrand, c’est un signe fort de sens.
Si l’on peut m’éclairer, merci par avance.
@ Julien
L’ »inimitié » entre les deux hommes est de notoriété publique.
De plus, nombre d’élus viennent directement du Conseil Général
( Sud Ouest, 17 03 09, « Moyrand Bétonne sa citadelle »
Parmi les élus du Conseil municipal, Éric Dosset, Vianney Le Vacon, Fabrice Mathivet, Marie Moulènes et (jusqu’à récemment) Vincent Belloteau travaillent tous, directement ou indirectement, pour le Département.
D’autre part, la ville de Périgueux n’était pas censée être « prenable » quand M. Moyrand a été mis en place, justement, en connaissance de cause. Jusqu’à récemment, ce poste était un « placard » politique probablement maîtrisé par Bernard Cazeau, le président sénateur du département.
Enfin, quand DL titre: « Equipe municipale: qui c’est le patron? », le 14 03 09. Il fait apparaître : « Eric Dosset, le premier adjoint au maire, est déjà baptisé ‘Le maire bis’.
Ce n’est pas fortuit.
Eric Dosset, s’il n’a pas directement été mis en place par M. Cazeaud, (ce qu’il conteste), demeure un proche collaborateur et dirige la Semitour, société mi privée / mi publique en charge du tourisme. Une manne à billets (pas que d’entrées payantes).
J’ignore si l’intérêt de M. Cazeau consiste à voir « trébucher » un homme qu’il ne pensait pas là. En tout cas l’évènement a perturbé l’équilibre de l’échiquier politique. Ce n’est jamais anodin quand on vit de la politique.
Il n’y aura jamais de désaveu officiel, c’est impossible. C’est un sport sans contact et surtout pas public. Les « signes forts de sens » en ce domaine ne font pas les manchettes. Surtout pas, et c’est une des fonctions des journalistes de mettre à jour les réels enjeux par delà les conventions politiques, ce qu’ils ont fait (cf. ci-dessus).
Il y a deux forces pour un même territoire. L’idée fut de « partager » ses territoire sur un consensus commun. Créer du suspense est toujours valables pour les deux parties. Si l’une des parties se trouve sans espace vital, elle peut ressurgir là où l’on ne la veut pas.
Le centre à la Droite et les périphéries à la Gauche, alliance historique après guerre. (Périgueux, Bordeaux…). Sauf que dans la décentralisation, les français, depuis quelques années, ont décidé de confier le national à la Droite et le territorial à la Gauche. Un des effets par rebond est que le Sénat devrait passer à Gauche si la tendance est confirmée. (Une première !)
Il y a du mouvement sur l’échiquier comme à Périgueux. Ceux qui ne devaient pas faire de vague(s) en font. Et en vrai capitaine, M. Cazeau sait que les vagues entraînent le tangage. Un mouvement aux effets imprévisibles. Ce qui n’est jamais souhaité.
Il n’est donc pas certain, (a fortiori avec les incompatibilités d’humeur), qu’au nom d’une bannière commune, les intérêts soient si communs. Le plan d’occupation des sols politique a, en général, intérêt à découler d’une stratégie. Le seul gagnant, c’est le propriétaire du casino.
Merci pour vos éclairssissements, je savais que les deux hommes ne s’appréciés pas trop mais de là a se tirer dans les pattes, c’est un peu nouveau.Donc pour Bernard Cazeau, en somme, « trop de gauche tu la gauche ».
Non je ne crois pas, ce n’est pas tant un problème de bannière ou d’idéologie si vous préférez, que ce que j’ai dit plus haut. C’est vous qui déduisez qu’ils se tirent dans les pattes.
J’ai fait une nouvelle tarte, le « clapouti de Michel », et les clients l’ont trouvée excellente.
Comme quoi il est quand même sorti quelque chose de bon de cette réunion du conseil municipal!