Stade de France 3 Périgord
Je sais. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes périgourdin. Mais quand même.
C’est avec stupéfaction que j’ai découvert l’édition de FRANCE 3 PERIGORD du 21 avril 2009 sur…
Le projet de stade de Périgueux ET sa zone d’activité économique bien entendu.
Occasion de redire ici s’il en était besoin que ce n’est pas le stade en lui-même qui pose question, mais l’opportunité de construire une vaste surface d’équipements commerciaux, privés, en surplus des surfaces périphériques existantes, en plein cœur de l’agglomération, détruisant par la même occasion l’unité de la plaine des sports de Périgueux, zone inondable qui plus est. Voilà.
L’édition de F3P est disponible ici. Le reportage est signé S. Bouwy et N. Pressigout.
1 :23
Montrant l’équipement commercial adjacent au stade, le journaliste commente :
Près de l’arène sportive, est prévue une galerie commerciale de 300 à 400 m².
2 :49
Le journaliste confirme ses chiffres :
Côté commerçant, l’arrivée envisagée d’un espace de 300 à 400m² de galerie marchande, est plutôt accueilli fraichement.
——————- soupir
Heu, il y a manifestement une erreur anodine et sans conséquence.
Alors rectifions pour le prochain reportage. A moins de laisser entendre que les bougies sont plus chères que le gâteau bien entendu.
Le projet d’hypermarché est d’environ 6 000m², surfaces de vente et techniques confondues, (usage des 2/3 – 4000/2000 – en agroalimentaire.
Mais au total, c’est 15 000 à 20 000 m² de surfaces commerciales et techniques qui sont projetées, entre 1.5 et 2 hectares.
Il semble que la modélisation montrée dans le reportage se rapproche de cette estimation, ou bien il faudrait expliquer comment financer 30M€ avec 400m² de surfaces commerciales… Ou bien encore dénoncer vivement un très grave problème d’échelle dans la représentation graphique, boudiou les architectes !

(Images: sudouest.com, photo Loth Arnaud)
Bref, autant le reportage détaille les aménagements sportifs et techniques liés au stade en lui-même, ce qui est tout à fait louable, autant il se fait fortuitement sibyllin et approximatif quand il aborde la question de l’aménagement commercial et levier financier de l’opération.
Mais nous chipotons. De 15 000 à 400, c’est quasiment 40 fois moins. Tout cela ne tient que du détail.













En arrivant à Périgueux j’ai été surprise par le nombre d’hypermarchés et centres commerciaux pour une ville qui compte 30 000 habitants et bien peu dans la périphérie.
J’ai vécu à Nice (à l’époque 400 000 habitants) et il y avait un hypermarché Auchan avec galerie marchande à l’est, un Leclerc (plus petit que celui de Trélissac) avec galerie marchande à l’ouest et un Carrefour avec galerie marchande un peu plus loin à l’ouest également, et cela n’a pas changé depuis.
On s’étonne que le petit commerce soit moribond à Périgueux!
Je suppose que le véritable but est le centre commercial, le stade étant le prétexte détourné pour implanter une grande surface en ville?
Et vous dites que les autorisations ne poseront pas problème dans une zone inondable?
C’est fou ce qu’on peut faire avec du fric!
Chouette politique!
Je m’interroge sur ce projet annoncé en fanfare par les médias locaux, car il y a une autre question qui se pose, est ce que ce projet au stade est le signe de la disparition du « Petit Leclerc » en coeur de ville ?
Donc de la disparition d’un commerce de proximité pour la population âgées mais aussi la population étudiantine de la Grenadière qui viennent faire leurs courses sans avoir besoin de transports.
De plus de nouveaux « hangars » sont prévus sur le site du Ponteix à Boulazac sur une surface de près de 4 500 m2.
De plus il y a encore des espaces vides sur le site de la Feuilleraie, donc il serait bon d’avoir une étude de marché avant de mettre les projecteurs sur ce projet.
@ Hélène
Non, le véritable but est bien le stade. Cependant le projet de ZAE en cœur d’agglo est attractif. La toxine du commerce de masse, après avoir contaminé les bras et les jambes, ne demande pas mieux que d’atteindre le cœur. C’est au cerveau de réagir.
Si le chiffre de 300 à 400% (moy nationale/ m² de commerce/habitant) annoncé avec réserve par le président de l’association de commerçants est exact, c’est bien qu’il y a un problème dans la gestion publique et politique des surfaces de commerces. Laxisme, collusion, incompétence, diverses causes sont possibles. Et la réforme des CDEC ne va rien arranger en la matière. Les amitiés, les réseaux, les intérêts personnels, les « fraternités », sont autant de freins à l’impartialité, la transparence, l’intérêt général et la juste application de la loi. Parfois, souvent peut-être, à Périgueux comme ailleurs, les premiers sont malheureusement en conflit avec les seconds.
@ Julien
Clairement oui. Les journaux en ont fait état il y a quelques semaines.
Le site de la Feuilleraie… pour y mettre un Leclerc par exemple ?
Une étude de marché ne résiste pas aux stratégies globales des enseignes nationales de l’agroalimentaire. Le risque de déséquilibrer une collectivité ou un groupement de collectivités n’est pas le problème de la concurrence entre ces « géants » qui représentent des milliards d’euros. Il revient donc pour devoir aux représentants politiques de distribuer et d’organiser les espaces alloués à ces enseignes, en fonction des besoins de la population et non des intérêts du « marché ». Les retombées en terme de taxes ou d’emplois, flatteuses à l’échelle d’un mandat électoral, ne sont pas justifiées à long terme en matière d’urbanisme, d’architecture, de cadre de vie, de développement durable par exemple.