A Périgueux, Michel Moyrand poursuit son One Man Show
Michel Moyrand, le maire de Périgueux, est l’homme qui écrivait en 2008 aux périgourdins :
J’ai pour Périgueux une ambition, c’est de donner du sens et de la vie à la démocratie dans notre cité.
Il se présentait alors comme un réformateur de la cité et annonçait sans chichi :
… ce que je veux aussi, c’est vous donner plus de responsabilités dans la gestion de notre quotidien en créant les conditions nécessaires pour l’exercice d’une nouvelle vie.
Dans son discours du 22 mars 2008, il enfonçait le clou avec emphase :
Aussi, en cet instant, je forme le vœu que le génie démocratique, que la démocratie participative à laquelle, vous le savez, je suis tellement attaché guide nos travaux et nous inspire.
Face à de tels ambitions, Moyrand se proposait de rester concret :
Je me suis engagé, nous nous sommes engagés à rendre régulièrement compte de notre travail.
Une fois élu, il fallait espérer que plus personne ne parle de ces engagements. Car deux ans plus tard, l’homme dirige la ville comme une permanence de parti politique et ses engagements ont disparu, il souhaite qu’on le laisse tranquille. Ainsi il déclare pour Sud Ouest début 2010 :
Laissez-nous travailler pour cette ville.
Faire exactement le contraire de qu’il avait annoncé, voilà tout le sens qu’il donne à son action. Saluons l’homme de parole.
:: Le renoncement et la manipulation ::
Ce qui se passe aujourd’hui pour la rénovation des abords de la cathédrale Saint Front est marqué du sceau de ces funestes promesses. Un bref rappel des engagements sera toujours nécessaire. Mais avant, il pourra être utile de revoir ce qu’était le projet d’aménagement de Saint Front.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=LBgwECgDTYQ[/youtube]
Pendant l’élection municipale, le candidat déclarait lors d’un tchat organisé par Sud Ouest:
Est-il vrai que vous arrêteriez le projet du bas Saint-Front si vous étiez élu ?
Le quartier du Bas Saint Front est, comme d’autres d’ailleurs (Quatre Chemins, la gare…), d’avantage un point noir qu’un grain de beauté pour la ville ! En conséquence, je n’ai nullement l’intention de remettre en cause ce projet d’aménagement, mais je reste fortement préoccupé par la réalisation du parking Mauvard, tant au niveau du coût que de la méthode retenue.
… Nullement l’intention de remettre en cause ce projet d’aménagement. C’est ce qu’il confirma par écrit à l’association Renaissance du Greffe en février 2008 :
Je vous confirme donc que les aménagements prévus sur l’avenue Daumesnil, la rue denfert Rochereau seront réalisés comme ceux de la place de la Clautre au plus tard dans les 3 années qui suivront mon installation à la mairie.
Ca, c’était du vent pour être élu. Aucun de ces engagements n’a été respecté. Le 17 juin 2008, le maire déclarait en conseil municipal qu’il mènerait les études du projet initial jusqu’à leur terme. Foutaises. En conseil municipal du 09 décembre 2008, la décision est prise d’annuler les crédits alloués aux études (projet initial) d’un montant de 280 000 €. Le projet était « différé ». En réalité il allait être remplacé.
Le printemps 2009 allait voir s’ouvrir une nouvelle phase dans le traitement du dossier. Nouvelle ligne de communication : le maire n’abandonne pas le projet, il l’étale sur deux mandatures !
Si nous sommes réélus en 2014 « nous mènerons une autre tranche de travaux » sourit le maire…
Cette déclaration à Dordogne Libre du 17 mars 2009 fera date. Le maire impose alors un calendrier rocambolesque, tout en annonçant un faux budget deux fois inférieur à ce qu’il est aujourd’hui pour la place Mauvard.
Surprise, à l’horizon 2010, le 24 novembre 2009 exactement, le nouveau projet semble se préciser dans les prévisions budgétaires. Le politicard a flairé les complications s’il ne donnait pas du grain à moudre aux périgourdins pour un projet qu’il traîne comme un boulet. Voilà donc le parking temporaire évalué à plus de 400 000 € HT.
Et c’est ainsi que le maire, le 14 avril 2010, présenta son petit projet de rénovation du parking Mauvard. Rénover un parking et y mettre des horodateurs, le tout agrémenté de quelques plantes vertes « pour cacher les voitures ». Voilà par quel bout il entend donner l’illusion de répondre à ses engagements en n’abandonnant pas le projet initial.
:: Les comptes rendus des médias ::
Pour Dordogne Libre, c’est « Un parking Mauvard à petits pas » :
C’est que le sujet est chaud pour avoir alimenté la campagne des municipales et vu le maire de Périgueux sabrer le projet de son prédécesseur. En lieu et place d’un parking (version Darcos) souterrain avec une dalle paysagée desservant via un ascenseur la place de la Clautre, Michel Moyrand préfère réaménager l’espace actuel pour 95 places de stationnements.
Pour France 3 Périgord le problème est aussi très clair :
Exit l’aménagement paysager du Bas Saint Front, la mairie a son projet. En lieu et place de ce parking en 2011, un autre parking, de surface, jusqu’à 95 places sont prévues, quelques plantes et des voitures qui resteront donc visibles.
Pour Sud Ouest la version est officielle : « La rénovation du Bas Saint Front se précise »
L’ambitieux projet de la précédente municipalité avait été suspendu après l’élection de Michel Moyrand. Mais pas abandonné. Il vient d’être présenté aux membres du comité consultatif.
Passer d’un projet global à l’échelle d’un quartier à un aménagement temporaire d’un parking de surface ne pose aucune question à Sud Ouest. Leur crédo semble de s’imposer comme relai officieux de la communication municipale et c’est plutôt réussi. Souvenez-vous du maire : le projet n’est pas abandonné.
En dépit de la réalité décrite par les autres médias, Sud Ouest s’entache d’une partialité de plus en plus voyante.
:: Etat des lieux ::
D’ici quelques semaines, le maire présentera au public son projet de rénovation de parking, avec horodateurs et plantes vertes. Il indiquera que cet aménagement est temporaire. Un aménagement qu’il annonce cependant à 1.8 M€, dont plus de 400 000 € serviront au parking « temporaire ».
Décidément l’argent public est méprisé. Ce saupoudrage ne sert qu’à financer une illusion justifiant des engagements en réalité non tenus. Le projet initial a été réfuté pour des motifs politiques, malgré sa pertinence incontestée : recréer le lien entre la ville et la rivière.
:: La CAP, prétexte de l’immobilisme ::
L’argument avancé par le maire pour justifier son immobilisme, le Plan de Déplacements Urbains de la Communauté d’Agglomération, est un leurre de plus, un lièvre donné aux lévriers. Incapable d’affronter les conséquences de ses décisions (reporter la réalisation du projet), il préfère rejeter la responsabilité de son inaction sur une CAP de laquelle il est pourtant premier vice-président. Quand ça l’arrange, le PDU n’est pas un obstacle, c’est ainsi qu’il a fait valider son Plan Local d’Urbanisme.
Or la CAP étant une usine à gaz d’intérêts politiques et personnels peu convaincue par le concept d’intérêt général. Elle ne peut qu’annoncer sans cesse le report de la mise en œuvre du PDU en affichant l’impuissance qui la caractérise: une collectivité paralysée par l’absence d’unité. C’est encore une manière de gagner du temps en masquant ses responsabilités, comme les gouvernements français ont pris l’habitude de le faire avec l’union européenne. Le bouc émissaire en politique est considéré comme une martingale.
:: Le troubadour de la CCI ::
Contrarié par ses propres engagements et confronté à la volonté des habitants, Michel Moyrand s’enfonce dans une impasse. Faire et ne pas faire à la fois. La rhétorique au secours de cette contradiction échoue lamentablement sur le principe de réalité (même agrémenté de plantes vertes).
Il n’y a plus de projet d’urbanisme, de finalité cohérente et globale. Comme il l’avait annoncé il donne pourtant le meilleur de lui-même. Cette excellence consiste aujourd’hui à rénover un parking en investissant des centaines de milliers d’euros dans une réalisation temporaire et inutile. Voilà tout ce qu’il propose pour alternative au projet initial.
En 2014, lorsque son verbe sera mielleux pour bonifier son bilan, serrant des mains et flattant les caniches, il affirmera avoir tenu ses engagements. Cela tiendra plus du comique troupier que du responsable politique. On attend maintenant le One Man Show avec impatience, le rire étant tout ce qui reste de ses promesses.














La vidéo est incomplète
Je sais; elle fait 12 minutes au total. Je vais voir ce que je peux faire.
Il y a deux choses qu’il fait super bien depuis son élection: cumuler les indemnités et dépenser généreusement l’argent des Périgourdins sans un seul investissement générateur de richesses pour la ville…
Cela me fait penser au métier de restaurateur. Il affiche une carte alléchante et au final c’est lui qui choisit les mets que le client va savourer. Tout va donc dépendre du flacon qui va accompagner les plats !!! Ne pas oublier qu’un verre ça va, deux bonjour les dégats sur le permis de conduire. C’est vrai que l’image donnée par les abords de cette belle cathédrale n’est pas terrible. C’est vrai aussi que le stationnement ne s’améliore pas, bien au contraire avec la construction d’une résidence…
Comment agit un politique dans ses choix? D’un côté des rapports de forces contradictoires, quelquefois même des lobbyings pas obligatoirement économiques, de l’autre des contraintes financières et techniques. Ce n’est pas compliqué, c’est complexe et le résultat souvent des non-choix.
Pour autant, nous parlons ici beaucoup de la pierre. N’est-ce pas la partie visible de l’iceberg d’une gestion municipale? L’humain avec ces terribles parents d’élèves, ces gens qui utilisent en cachette le CCAS, ces vieux qui veulent être maternés, ces exclus qui veulent vivre, ces commerçants qui demandent de l’activité, ces petits propriétaires qui n’arrivent pas maintenir leur petit patrimoine en état d’être loué, etc. Il y a tout cela qui ne se voit pas mais comment le mesurer?
Périgueux ne doit guère déroger aux autres villes dans l’objet des rendez-vous demandés à leur maire. En un, le boulot, en deux, le logement, en trois la place dans une crêche, en quatre, des problèmes personnels, la pierre ? Jamais ! Sauf pour un permis de construire foireux…
Il vous faudra bien accepter, un jour, qu’aux dernières municipales…ce n’est pas l’équipe de droite qui l’a emporté, mais celle de gauche…et qu’il devait bien avoir certaines raisons, les citoyens l’ont exprimé dans les urnes.
Peut être vous faudrait il vous pencher dans le dernier livre de Guena, pour percevoir…le déclin d’une droite qui n’a pas su s’adapter, ni être à la hauteur des attentes « sociales, humaines » des citoyens, et qui fine..a choisi comme lors de la dernière campagne régionale de faire venir Besson et Raffarin à Périgueux, pour parachever son suicide..comme en d’autres temps, Sarkozy était venu avec le résultat que l’on sait.
Guena met en valeur les qualités de ce gaullisme, qui plaisait aux périgourdins, et qui se traduisait dans le concret..réelles créations d’emplois et réalisations etc…
http://www.sudouest.fr/2010/04/22/l-apres-de-gaulle-par-guena-72664-4625.php
Actuellement nous ne sommes plus que dans le constat..circulation complétement délirante à certains moments de la journée ou des weeks end, sens de circulation dans la ville plus que curieuse, multiplication des parkings et des arrets intempestifs pour s’acheter une baguette, difficultés réelles pour créer des espaces pour les piétons/les cyclistes, blocages niveau PDU avec les communes des environs, inertie autour du CAP/de son stade de rugby et de ses installations etc….
Et il aurait fallu en rester aux projets de l’ére Darcos, avec la poursuite de la création de parkings géants (même en sous terrain) et dans quel but ? Il aurait fallu aussi que vous présentiez la note, et la facture…
Pourquoi n’a y t-il pas d’autres options (tours de parking, juste à la sortie de Périgueux) avec des liens étudiés en mode de transport doux (petites voitures électriques ou navettes, vélos avec paniers etc…) pour désservir le centre ville ?
Même la vidéo présentée..montre cette présence perpétuelle et excessive de la voiture à Périgueux, dans son centre ville…et la cohabitation délicate avec les piétons, les touristes, la présentation et la mise en valeur des lieux.
Michel Moyrand connaît ma position sur le sujet je ne me cache pas – ni hypocrisie, ni cynisme, ni ironie – le projet de Périgueux 2010 était retenu selon des procédures normales et il convenait. Il était ambitieux mais il faut savoir avoir quelques ambitions de temps en temps sur un espace aussi majeur à l’heure de la dévitalisation du centre historique.
On ne marque pas l’histoire avec un coup de peinture dans une école et un meuble dans un club du troisième âge. Je caricature à dessein tout en reconnaissant qu’il faut aussi faire du court terme.
A lui de communiquer sur ce refus de poursuivre ce qui était bon… On a perdu deux années. Que ceux qui sont contre bloquent ( comme les agriculteurs ) les accès de circulation à la cet espace. Il faut de l’action.
Je pense même iconoclaste jusqu’à la porte de la prison que l’argent mise sur l’hôtel de ville aurait du être mise en priorité sur ce grand projet structurant qui modifie, embelli, enrichi et attirerait des activités et des touristes et même des perigordins qui dessertent. Mais rappelons-nous la phrase de Michel Moyrand : « Vous me jugerez à la fin de mon mandat ». Vive la démocratie participative !
Lacassagne
Les petits soldats du fanatisme politique sont fatigants. Incapable de concevoir la politique autrement que comme des luttes de partis faites d’une religieuse distinction entre le Bien et le Mal. Rassurez-vous Lacassagne vous êtes dans le camp du BIEN. Vous luttez contre les forces du MAL. Bravo!
Vous ne comprendrez jamais que défendre un projet (urbain ou de démocratie en l’occurrence) n’est pas la même chose qu’adhérer à un parti ou une idéologie. Pour vous c’est la même chose et c’est plus pratique ainsi.
Alors le Bas Saint Front est un projet de droite et le déménagement de la mairie est un projet de gauche. Rien ne vous effraie, pas même l’absurde.
Cela vous demande néanmoins de déblatérer des généralités pour toute réponse à des citations précises. Et ça aussi c’est bien pratique.
Un jour je vous demanderais en quoi la politique de Moyrand est-elle une politique de gauche. En attendant allez vous battre contre l’antenne relai (socialiste? )au-dessus de la crèche, ce sera surement plus utile à votre nouveau parti.