A Périgueux, un tourisme sans office
Un jour l’été viendra. Le tourisme en Dordogne est une des clefs de son économie. Il est donc un objet de prédation préoccupation politique de première importance. La gestion des sites est un confluent traditionnel d’affrontements entre intérêts privés et publics, financiers et patrimoniaux. Le touriste à Périgueux comme dans l’ensemble du Périgord, est l’objet d’une attention particulière.
La saison estivale n’est pas moins sacrée que l’ouverture de la pêche. On choisit son « trou » (le site), on coupe les herbes hautes (on prépare le site) et on appâte à grandes poignées de mique (communication). Et puis on vous attend, au calme, fixant son bouchon dans les reflets de l’été. L’ensemble du tourisme y est encore artisanal et il n’y a guère que la Semitour pour Lascaux II par exemple (organe tentaculaire et juteux du Conseil Général) qui affectionne le filet dérivant à mailles larges. C’est d’un tout autre tourisme dont nous voudrions vous entretenir.
Ici nous ne parlerons que du tourisme à Périgueux et en particulier d’une façon nouvelle (ici) de découvrir la ville. Il s’agit d’un audio-visio guide proposé depuis 2009 par Raconteur d’Histoire (Echappée Belle – Actualité touristique en Périgord). Nous en ferons une brève présentation en mesurant le changement introduit par cette approche (encore) peu conventionnelle en Périgord.
- Officine d’Echappée Belle – Rue de Lanmary – Puy-Saint-Front Adresse postale : BP 1023 – 24001 Périgueux Cédex Tél. 05 53 54 59 57 – contact@echappee-belle.net
C’est aussi l’occasion d’annoncer la sortie annuelle du dernier Périgord Découverte, magasine spécialisé dans l’information touristique en Dordogne.
Chaque année, cette publication est un pari; gagné encore pour cette édition qui apportera durant tout l’été nombre d’informations utiles à ceux qui parcourent le Périgord.
Découvrir Périgueux autrement
Cette visite se concentre sur l’ancienne ville médiévale de Périgueux, le Puy Saint Front.1 , correspondant à l’actuel Secteur Sauvegardé. La période historique abordée est large, de l’époque féodale au XX° siècle.
En voici la présentation générale :
Derrière le théâtre minéral, qu’il soit encore présent ou retrouvé par des photos anciennes, du plus remarquable au plus modeste, du plus majestueux au plus discret, se cache une histoire que l’on voudrait contée par les pierres, remontant le temps jusqu’à nous. Le principe novateur de cette visite qui associe le commentaire et l’image d’archive permet au visiteur de découvrir l’évolution de la cité au travers du temps. La spontanéité des diverses interventions sont autant de témoignages passionnés qui contribuent avec enthousiasme et émotion à l’intérêt de cette visite d’un nouveau genre.
Les visites guidées touristiques sont en général écrites par les structures publiques puis jouées par des acteurs. Le modus operandi est mécaniquement traité dans des proportions standardisées et industrielles2.
L’originalité de cette visite est d’abord de proposer à l’écoute des « vrais gens », qu’ils soient passionnés et autochtones ou ingénieurs du patrimoine, historiens, écrivains, historiens de l’art, tous spécialistes en leur domaine. Cette découverte se présente alors comme une émission de radio autour de l’histoire de la ville que l’on peut librement adapter à sa propre déambulation.
Tout l’enjeu consiste à ne pas prendre le touriste pour un veau, en lui faisant courir la ville au pas de charge afin d’enchainer les groupes. Le gavage d’oies est une tradition périgourdine dont l’extension du domaine de la concurrence colonise la gestion touristique.
Au contraire ici, l’exigence historique et la rigueur de la méthode ne sont pas sacrifiées pour un tourisme de flux. Tout l’intérêt du parcours consiste à travers ce qui est vu, le patrimoine, le bâti ou même le nom des rues, à plonger dans une histoire de chair et de sang, une histoire humaine. Cela demande de prendre le temps, celui que l’on veut au final.
La tablette numérique (non pitié pas un Ipad) offre à la fois l’indépendance requise pour vaquer en toute liberté, ainsi qu’un support pour des photos anciennes montrant la ville telle qu’elle n’est plus. Il est ainsi possible, parfois, de faire correspondre l’histoire et sa représentation tout en observant autour de soi un environnement différent. On se place alors dans une continuité, en accompagnant les mouvements qui ont modifié la ville. C’est le cas notamment pour le quartier des Rues Neuves ou la rénovation de la basilique Saint Front.
Une présentation de la visite Raconteur d’Histoire
La présentation audio de la visite par son narrateur Michel Grégoire.
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Le reportage de France3 Périgord à l’occasion du lancement de la visite du Puy Saint Front
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QVKvOAdnNsM&feature=player_embedded[/youtube]
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Un reportage dans « Ca me dit » de France 3 Aquitaine
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=LWRovC2pTzI&feature=player_embedded[/youtube]
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Pourtant, cette visite est introuvable à l’Office du Tourisme de Périgueux, ce qui pourra étonner les visiteurs non avertis des pratiques politiques locales. En règle générale, pour une raison évidente d’intérêt commun, les villes se montrent ouvertes à ce genre de prestation et les partagent volontiers. Périgueux est une exception à cette règle car le régime municipal actuel pose en prérequis à toute citoyenneté d’être un partisan inféodé à la cause du maire.
Le contexte du tourisme à Périgueux
Tout ou presque y est géré par la municipalité à travers son bras armé : l’Office de Tourisme. Le directeur de cette structure y joue le rôle de portier3 pour l’adjoint en charge du tourisme4. Tout se décide et se passe à la mairie.
Et comme les intérêts de la ville sont confondus avec ceux du clan municipal, ce dont nous avons parlé fait l’objet d’un ostracisme politique. Comprenons-nous. La mairie utilise les structures publiques pour promouvoir ses « amis » ou affidés5 et lutter contre ceux qui n’ont pas fait allégeance.
Peu importe le contenu ou la qualité d’un projet, son originalité ou sa pertinence. Le critère de sélection n’est pas là, il est dans un système d’affiliation et dans l’entre soi d’un réseau de connivences.
Ce projet a été écarté et ignoré pour des motifs strictement politiques et partisans, c’est pourquoi il demeure invisible dans les structures publiques. L’Office de Tourisme préfère donc continuer à promouvoir un audio-guide déplorable (Guide du Routard) enchaînant les contre vérités historiques au service d’une communication officielle6.
Il faut le savoir, l’administration de Périgueux, ses structures publiques et son réseau associatif sont aujourd’hui modelés sur les bases organisationnelles d’un parti politique. Si vous êtes de ce parti politique municipal, vous entrez ; si vous n’en êtes pas, vous sortez. Certes, le système bouscule le concept administratif d’impartialité ou d’égalité pour la puissance publique, mais il nourrit en retour (spirituellement cela va sans dire) une foule de militants et de sympathisants.
- On peut consulter par exemple Périgueux et son canon de Pompadour ou La vigile de la Saint Jean [↩]
- Par exemple Allovisit avec Zevisit.com [↩]
- Observé en réunion pour l’OMAC [↩]
- Eric Dosset, parrain du tourisme périgourdin [↩]
- Encore vu à l’occasion de la formation de l’association municipale du CLAP [↩]
- La quasi totalité du guide sur le Puy Saint Front est simplement fausse [↩]
















MAIN BASSE SUR LA VILLE
De démocratie participative, il ne reste plus qu’une lointaine incantation!
De démocratie tout court pas plus!
De transparence un vague mot!
Main basse sur le commerce et l’artisanat, main basse sur la culture, main basse sur le tourisme, le tout au profit des copains et au service d’une politique autocratique dont les seuls soucis sont le partage des intérêts et la réélection.
Ils ont tués Jaurès…
Office de tourisme et syndicat d’initiatives. C’est cocasse de voir celui qui est public être habilité à avoir des compétences commerciales ! Pour le reste, il ne semble avoir un avis consultatif que sur le développement du tourisme et la coordination des actions. La cheville ouvrière ne se situe-t-elle pas chez les professionnels du tourisme, les commerçants et les artisans ? Ne serait-ce pas là où il faudrait chercher l’inspiration pour les projets structurants et que par rapport à ceux-ci les édiles choisissent les projets qui leur semblent les plus réalistes ou les plus plus pertinents ? Quand je suis touriste, je cherche des informations sur la ville et un syndicat d’initiative, virtuel ou réel, me suffit. Par contre si j’enfilais la casquette d’investisseur, j’aimerais avoir un interlocuteur apte à m’orienter dans mes choix et surtout responsable des décisions prises par la signatures des permis, autorisations et arrêtés nécessaires à mon activité. Dans le cas précis, qui fait cela ?