Michel Moyrand et les infortunes de la Vertu
Le maire de Périgueux fait régner sa loi. Pas la Loi votée par le Parlement qui est la seule à laquelle les citoyens dussent se soumettre, mais sa loi.
Michel Moyrand, au mépris du droit public garantissant l’égalité devant la loi, fait planer sa terreur. Le mot est fort et doit donc être circonscrit à l’envergure du personnage. Une terreur de caïd du quartier, voilà qui est plus mesuré.
En préambule, il peut être utile d’écouter le reportage de France 3 qui a réalisé un reportage (20/07/10) parlant des bars « sous surveillance municipale » où Michel Moyrand déclare:
La Vertu est un lieu de rassemblement de la jeunesse et qui a tendance à faire un peu la fête le soir et puis parfois un peu aussi à quelques débordements. Donc nous devons être vigilants. Mettre une terrasse supplémentaire est-ce que ce n’est pas augmenter la rencontre, le rassemblement et créer des nuisances supplémentaires.
Soirée paisible à la Vertu
Il y a quelques jours, nous avons passé une soirée place de la Vertu. Un groupe de jeunes personnes a traversé la place pour constituer un attroupement au-delà de la place elle-même, sur une placette près de la rue des Drapeaux. La police municipale a ensuite effectué au ralenti 4 ou 5 passages durant la soirée, rue de la Vertu constatant que la place de la Vertu mariait agapes et civilités. Puis ce fut le tour de la police nationale d’effectuer jusqu’à 2 ou 3 rondes, pouvant faire le même constat que leurs collègues.
Nous avons salué leur mission de surveillance et de maintien de l’ordre par une bronca périgourdine, comme il se doit, ce que les pandores ont accueilli avec le sourire, sachant parfaitement la tradition tout en ne relevant aucun trouble particulier, sinon celui qu’ils causaient eux-mêmes.
Pourquoi tant de surveillance ? Parce que la place de la Vertu est un lieu de débauche ou bien parce les attroupements sauvages ont tendance à déraper à l’extérieur de la place ? Nul n’ignore que le problème se situe dans la seconde partie de la question.
La police comme bras armé d’une vengeance personnelle
Pourtant Michel Moyrand a jeté son dévolu et sa hargne sur la place de la Vertu. C’est encore une place où le bon temps s’écoule non sous des parasols publicitaires mais sous de paisibles tilleuls. Une place où deux bistrots rassemblent une population qui aime à échanger, partageant le simple plaisir d’être là, allant souvent de table en table. Loin des étendues de béton désactivé, qui est à la voirie publique ce que le carrelage est à la ménagère, la castine permet à l’envie quelque partie de pétanque, sans oublier les glaçons.
Un peu à l’écart des pots de miels à touristes, la Vertu garde son âme. Les grands concerts qui résonnent depuis l’usine à gaz de la place du Marché au Bois, bien au-delà des limites légales, non. Les dépassements d’occupation du domaine public par les terrasses, non. L’affichage démesuré d’enseignes privées en Secteur Sauvegardé, non. L’hygiène de la charcuterie du Coderc, son trottoir collant et noir, non. La délinquance anecdotique de la place Francheville, même pas. Pour endiguer ces débordements, le maire n’a d’ailleurs jamais fait fermer les terrasses.
Le seul défaut de cette place, hormis de n’être pas défigurée pour attirer le chaland, c’est d’être la bête noire du maire. Il y flotte un vent de liberté insupportable pour notre petit timonier local, un je ne sais quoi de libéral (au sens de Montaigne) qui courrouce celui qui verse dans les velléités d’un dirigisme sorti du congélateur.
A ceux qui se plaignent du bruit sur les places du Coderc, Saint Louis et du Marché au Bois, il répond qu’il faut de l’animation, de la vie à Périgueux. A ceux qui se plaignent de la musique place de la Vertu, il ouvre les bras et envoie sa police. Une police qui stoppe un concert autorisé avant l’heure indiquée par le maire1. Une police locale qui, déviée de sa mission de prévention, se laisse instrumentaliser en bras vengeur d’un maire teigneux et revanchard, pour faire appliquer une coercition irrégulière.
Un arrêté municipal et un excès de pouvoir
Et les mots sont pesés. Passons sur les détails techniques, les arrêtés en vigueur sont consultables en mairie et à la préfecture. Voici les faits. Le bar La Vertu a une autorisation d’occuper le domaine public (ce que le maire confond avec son pré carré) jusqu’à la limite édictée par la préfecture, soit 02h00 du matin.
Mais le bar d’à côté (10 mètres), Le Troquet, n’a pas eu droit au même traitement. Le maire lui a octroyé une autorisation ne pouvant pas dépasser 21h30 !
A l’appui de pressions scélérates et de violations de la loi, les élus municipaux auront bientôt ce qu’ils veulent : la peau de Martine. Une place vide, une place plongée dans un silence de mort avec ses tilleuls sans feuilles. Une place idéale pour des riverains soucieux de leur tranquillité. Bref, une ville de vieux, pour des vieux, par des vieux.
Alors que les mesures de police doivent s’appliquer à tous de la même façon, sans distinction, pour respecter le principe général d’égalité devant la puissance publique, Moyrand outrepasse les prérogatives que lui confère le Code Général des Collectivités Territoriales. D’où un excès de pouvoir que sanctionnerait tout tribunal administratif.
Pas de trouble à la Vertu mais un mensonge municipal
Ce fait du Prince qui confond autorité de la loi et arbitraire du pouvoir, nous fait sentir une drôle d’odeur venant du bureau du maire, voire de son bras droit, à moins qu’il ne s’agisse plutôt de son poignet. Car non content d’exercer un pouvoir juridiquement non fondé, autrement dit son dictat, ses motifs justifiant la mesure de police sont à sa hauteur d’esprit. La place serait le théâtre d’incivilités juvéniles se manifestant pas des chahuts nietzschéens et des bris de verre sur la chaussée.
Dommage Eliane. Car on voit mal comment la fermeture précoce d’un bar de quadragénaires entraverait d’une quelconque manière les d’jeuns de venir hurler sauvagement leurs passions post pubères à 50 mètres de là sur une autre place, souvent d’ailleurs quand les bars ferment, vers 02h00 du matin.
Pour la faire courte, le trouble à l’ordre public constaté est en dehors du domaine accordé au bistrot. De plus, ce trouble est antérieur à l’ouverture du bistrot. Enfin, ces troubles ne se déroulent pas sur la place de la Vertu. L’existence de ce bistrot est donc sans lien avec les épanchements de la jeunesse débridée.
Mesure de police illégale
Il serait étonnant pour cette mesure de police de voir que:
- Elle introduit une inégalité de traitement injustifiée entre les deux commerces
- Elle ne contribue en rien à l’objectif de maintien de l’ordre public
En somme elle ne sert qu’à établir une pression illicite qui remet en cause la viabilité des commerces et les emplois qui vont avec.
Manquement à son obligation de maire
C’est la police locale (entre autre) qui a la responsabilité de la tranquillité publique. Et c’est un devoir du maire que de la faire respecter. En l’espèce, ces troubles à l’ordre public sont de la responsabilité de Michel Moyrand, pas de cafetiers qui au contraire assurent la tranquillité sur leurs terrasses. Moyrand n’a donc pas honoré sa mission, (obligation légale), mais préfère en rejeter la responsabilité sur un bar qui n’existait même pas lors des faits.
Résultat. Michel Moyrand ne cumule pas que les mandats. Il se vautre dans des excès de pouvoir et des actes illégaux, tout en se soustrayant à son obligation de maintien de l’ordre. Car pendant qu’il dépêche sa police pour régler des comptes personnels, il ne la missionne pas pour endiguer ces débordements, qui, on le répète, se déroulent sur une placette à l’extérieur de la place de la Vertu.
Une conception du pouvoir inégalitaire
Ah ça pour creuser il creuse. On garde espoir qu’il finisse par toucher le fond.
Depuis 2 ½ ans, Michel Moyrand déballe sa méthode et sa conception du pouvoir, asymétrique, inégalitaire et clientéliste. Il a divisé les périgourdins en deux catégories. Il s’acharne à punir les gens qu’il n’aime pas ou insoumis et favorise ses amis ou créanciers politiques, bien loin déjà de toute notion d’intérêt général.
Les premiers, il pense pouvoir les tordre à coups d’arrêtés municipaux illégaux ou autres moyens de pression crapuleux2. Les seconds, ils n’ont qu’à se présenter à lui pour obtenir des subventions comme son ami Jean-Pierre Moreau et son Manifeste de l’Artisanat d’Art.
C’est pourquoi dans un prochain épisode, nous vous raconterons comment les potes arrivent et repartent de la mairie avec accord pour 6 930 euros. Pour quoi faire ? Pour quel contenu ? Dans quel but ? C’est la question que nous vous soumettrons.














Il est clair pour tout le monde qu’il s’agit d’une attaque personnelle envers Martine.
Que peut-on faire contre de tels abus de pouvoir?
Notre bon édile fait donc semblant d’ignorer que nos jeunes ne vont plus au troquet du coin depuis belle lurette ? Ce troquet ci serait il le QG clandestin de la Chouette ?
Moi je serais lui je ferais comme à Bangkok, loi martiale, à 5 personnes hop au trou…
Il règne sur cette ville une forte odeur de malaise aggravée par la cécité de ceux qui pensent qu’être un maire de gauche fait de vous un être bon et compétent, et tant pis pour la démocratie… Il n’y a qu’à lire les réactions de certains à propos de cette adjointe à la santé! qui n’a -à ma connaissance- pas encore démissionné de ses fonctions, mais non ma brave dame, c’est de la sphère privée parait-il…
Cher Admin, je me demande pourquoi devant ce type d’inégalité, que personne n’est alerté la Préfecture ou porter plainte contre la Mairie fasse à ces abus et différences de traitements, ont-ils peur ?
Merci de m’éclairer sur ce point !!
@Maguy
La démission aurait été proposée. Cela étant c’est un problème à plusieurs niveaux. On peut être un bon adjoint, prendre une cuite et se faire pincer, ça arrive. L’évènement ne remet pas en cause sa capacité de travail. C’est plus un problème d’image politique pour l’adjointe à la santé et aux affaires sociales (langues de belles mères et chapeaux pointus au Centre d’Action Sociale c’est moyen). Mais même dans ce cas la démission est difficile à accepter. Deux conseillers viennent d’être remplacés et un autre était déjà parti l’année dernière. Cela deviendrait un conseil municipal par intérim, ce n’est pas terrible non plus en terme d’image. Et ce d’autant qu’une autre adjointe est en difficulté pour une gestion « douteuse ». Ajoutez à cela le clash qu’il va y avoir au sein de la majorité sur la question de la distribution d’eau potable à la rentrée et la situation devient vraiment délicate. Le délitement et l’érosion de la majorité confronté aux promesses sur « l’intelligence collective » pourrait noircir le tableau de rentrée politique. Cela dit tout le monde s’en fout aussi dans la mesure où depuis belle lurette le maire dirige seul la ville avec son directeur de cabinet. A suivre.
@Julien
Et que ferait la préfecture? Situation contingentée par le climat politique. S’il est à l’apaisement rien ne bougera. Personne ne devrait saisir le tribunal administratif en recours pour excès de pouvoir. Démarche difficile et longue, voire couteuse. J’imagine que les commerçants sont avant tout soucieux de faire leur travail et n’ont que peu de temps pour ce genre d’aventure judiciaire. Concernant la Vertu elle serait en vente, le maire pourra se montrer satisfait quand ce sera par exemple une extension de la Pataterie qui aura remplacé Martine. Ce sera trop tard pour râler. Concernant le Troquet il vient d’ouvrir et a un clair avantage au statu quo. Aussi je ne crois pas que ce soit par peur. Lassitude de subir des pressions crapuleuses d’un côté, intérêt bien compris de l’autre. Je pencherais pour ces versions.
Sur les pressions crapuleuses je vais vous en donner une autre. Il y a peu un adjoint est passé faire son numéro d’affranchi. Martine a 35m² de terrasse. le milieu de la place disait l’adjoint boursouflé, doit servir à la circulation des touristes et de passants. C’est bien légitime. Mais sur la place du Marché au Bois les brasseries occupent la quasi totalité de l’espace public et même le parking quand il n’y a pas de voitures. Quant à circuler place Saint Louis, alors là on est mort de rire. C’est ce genre de traitement qui vous est réservé quand vous n’êtes pas sur la listes des « amis du maire ».
Je n’étais pas au fait de ce genre de querelles… C’est bien dommage car effectivement la place de la Vertu est un petit îlot paisible où il fait bon se reposer à l’ombre des tilleuls.
Vous avez raison, c’est une belle injustice si l’on compare à ce qui se passe sur d’autres places pétrocoriennes…
@Hélène
Désolé je n’avais pas vu votre question. Hormis une très improbable action en justice rien. La place de la Vertu va crever dans son jus. La sacro-sainte tranquillité des riverains est élevée comme un étendard par le maire qui fait en cela exactement ce que la droite a fait pendant 30 ans pour maintenir la ville dans sa léthargie. Ce concept de tranquillité publique est à géométrie variable. L’administration en a exempté plusieurs places et l’applique à d’autres. Ici c’est les grattes papiers qui décident là où il peut y avoir de la vie. Alors il n’y en a quasiment pas, les retraités sont contents.
« La sacro-sainte tranquillité des riverains est élevée comme un étendard par le maire qui fait en cela exactement ce que la droite a fait pendant 30 ans pour maintenir la ville dans sa léthargie. »
Avec une grande différence: cela ne s’applique que pour la place de la Vertu!
Les riverains du Coderc, de la rue Limogeanne et autres rues adjacentes ont beau se plaindre du tapage nocturne, hurlements entre 2h et 5h du matin par exemple,rien n’y fait.
Accepter les bruits de l’été et le droit aux jeunes de sortir et de s’amuser ne constitue pas le problème, on s’adapte, boules quiès et fenêtres fermées
C’est ce qui fait la vie et l’animation d’une ville.
Plus personne ne se donne la peine d’appeler la police, car elle se déplace rarement et quand c’est la police du maire, il suffit qu’ils croisent des gens qu’ils connaissent pour qu’il tapent la discute pendant que les autres continuent de hurler impunément et nous sommes nombreux à l’avoir constaté de visu.
Bref, tout ça pour dire qu’il se concentre sur une cible bien précise: Martine et la Vertu…
Petit, mesquin, lamentable…
Michel Moyrand n’aime pas le centre-ville, trop « bourgeois » pour lui et pas assez populaire comme le sont les quartiers du Toulon ou de l’Arche (et il me semble qu’il a bâti l’essentiel de son électorat dans le premier cité)… Finalement, MM est assez « conservateur » (changement de la mairie pour un bâtiment plus « chi-chi pon-pon », réglementations municipales plus sévères, plus dures). Dites, MM ne ferait pas de « l’UMP » dans le fond ?
Ce Maire est *** !!!! sa sois disante politique devant faire bouger Périgueux n’est que du vent!!! on peut critiquer tout les politique mais la politique précédente pour la Ville de Perigueux était quand même bien plus tolérante !!!!
Michel Moyrand tu n’auras pas ma voie!
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Alors là ****** ! Ça me troue le *** j’en ai plein les ******** de voir qu’à périgueux on s’acharne ainsi sur le bar de la vertu (Sud-ouest du 2 septembre !)
Quand est-ce que ces ******** d’******* vont arrêter de faire ***** le monde ?
Alors là putain ! Ça me troue le bas, j’en ai plein les godasses de voir qu’à périgueux on s’acharne ainsi sur le bar de la vertu (Sud-ouest du 2 septembre !)
Quand est-ce que ces frustrés d’excités vont arrêter de faire râler le monde ?
Vous y avez cru hein !