Mon programme donc je suis
Comment ne pas réagir à l’article de Sud Ouest, du 10 septembre 2009, consacré à l’interview du maire de Périgueux, sans avaler couleuvre ni pilule ?
Du fonctionnement des institutions à la démocratie participative, en passant par la rigueur du gestionnaire de bien public, on peut s’étonner, en rassemblant les morceaux, de réponses d’apparences contradictoires. Lisons.
:: Cumul des mandats ::
Le maire nous dit que la gestion de la ville, c’est compliqué, que la charge de travail est très importante, que les dossiers à traiter sont pléthoriques. Deux conséquences :
Il faut déléguer beaucoup, ce que l’on comprend sans peine. Il faut savoir que quand vous écrivez à un adjoint, il faut écrire au maire. Et quand vous voulez emprunter 5 tables à la mairie, il faut en faire la demande au maire en personne. Quand vous posez une question à un adjoint, il répond que c’est au maire de décider, etc.
En même temps, lorsqu’il délègue la communication, comme pour « l’affaire du marché du Coderc », son premier adjoint soulève d’emblée un tollé, unanime, un coup de maître, un dab est né. Et oui, il faut le temps de s’habituer au fonctionnement de la démocratie (locale).
Difficile de déléguer et de décider de tout en même temps. Il ne faut pas lui jeter la pierre. Il était la seule personne préparée à la fonction, confie-t-il entre les lignes.
Bref, toute cette charge de travail ne convient pas à un ministre. En revanche elle convient parfaitement à un vice-président de Région, contraint d’être à Bordeaux deux jours par semaine et dont l’équipe est en surchauffe, non intrinsèquement bien sur, mais parce que personne ne savait légitimement à quoi s’attendre en réalité.
Sur le thème de « on ne peut pas être au four et au moulin », petits fours et gros moulins, d’accord, mais ça dépend de la taille. En gros, le maire défend ouvertement le cumul des mandats, mais uniquement celui dont il décide ; nuance.

:: Démocratie participative et référendum local ::
Le référendum local c’est : « sympathique ». Attention ce n’est pas du premier degré. Cela semble vouloir dire plutôt.
- C’est bien gentil ta démocratie participative, mais ça c’est mon grand projet de campagne, alors tu vas pas m’… avec ta consultation populaire.
En termes plus châtiés, on comprend qu’il n’y aura pas de référendum local sur le déménagement de la mairie à la place de la Chambre de Commerce et de l’Industrie, pour les raisons suivantes :
- le projet est compris dans le programme, le programme doit être réalisé, donc le projet doit être réalisé.
Pourtant, la démocratie participative aussi est inscrite au programme de campagne. Et comme nous le verrons bientôt, il ne suffit pas de prendre des rendez-vous, d’aller au contact et d’organiser des réunions de comités de quartiers pour lui donner corps. C’est pourtant en ces termes que notre maire croit faire déjà de la démocratie participative. A ce compte là, tel Monsieur Jourdain, Yves Guéna fut à n’en pas douter, en son temps, un grand maître d’ouvrage de la démocratie participative.
- c’est un engagement et une nécessité
Ca l’engagement on l’a bien compris. Mais la nécessité, c’est plus compliqué. Renvoyant à l’ordre non contingent des choses, là il donne à ce projet une vraie stature philosophique, excluant a priori l’idée même de ne pas pouvoir être. Même si les périgourdins n’étaient pas d’accord, il s’entend : ici c’est trop petit, à 300m c’est plus grand, donc c’est nécessaire. Lorsque l’on comprend la nécessité par ces critères, on peut alors s’imaginer que chaque lever de soleil est, chaque matin, un sacré coup de chance !
:: Rigueur et gestion de bien public ::
Le projet du Bas Saint Front sera conditionné par l’état des finances de la ville, car lui ce n’est pas une nécessité, étant donné que c’était le projet de Xavier Darcos. Le maire se présente comme un gestionnaire rigoureux, ne gaspillant pas l’argent du contribuable, c’est bien le moins. Pour autant cela ne l’empêche pas de vouloir coûte que coûte un projet don le chiffrage est flou, la CCI, projet intrinsèquement connecté au réaménagement ultérieur de l’actuel hôtel de ville en centre culturel, pour lequel le maire ignore encore la destination réelle en l’absence de cahier des charges précis et par conséquent ne peut avoir la moindre idée sérieuse de budget.
Evidement, « pour ce qui est du coût des travaux, on en est pas encore là ».
Autrement dit il y a un projet qui n’est pas conditionné par l’état des finances de la ville, achat du foncier, rénovation et mise aux normes + rénovation et mise aux normes de l’actuel hôtel de ville. Absence de cahier des charges précis, absence de coût global. Bref, un grand exemple de rigueur de gestion.
Et puis il y a le projet du Bas Saint Front, qui fait l’objet, lui, de toute la rigueur possible en matière de finances publiques, parce que notre maire a fait une analyse précise de la non priorité du projet, à savoir :
- La dégradation des façades du patrimoine architectural à cause de la pollution, ce n’est pas si grave.
- La mise en valeur de la Cathédrale Saint Front, pour lui donner un parvis digne de son classement à l’UNESCO, c’est un détail.
- L’aménagement urbain, mixant les offres entre voiture et déplacements doux, valorisant au passage l’un des deux marchés de Périgueux, ce n’est pas si convaincant.
- L’amélioration de l’habitat et du commerce dans une zone sinistrée par le transit routier, cela frise le superflu.
Soyons sérieux deux minutes. On peut comprendre la gêne que ressent le maire à porter un projet initié par son prédécesseur, mais cela doit demeurer largement secondaire, dans le cadre d’une opération dont la priorité a été soulignée par les services d’urbanisme de la ville autant que par tous les services de l’Etat compétents.
Cette petite politique partisane n’honore pas la fonction de premier magistrat de la ville. Ainsi, quand le maire déclare en interview qu’il a une colonne dépense bien fournie et une colonne recette vide, laissant supposer que cela signe la quasi impossibilité du projet Bas Saint Front, il n’en admet pas la non faisabilité, mais son incapacité à le réaliser. Que nous dit-il au fond ? Pas qu’il ne veut pas le faire ce projet, mais qu’il ne sait pas le faire ; cela est bien plus inquiétant.
Quand un maire déclare son incapacité à réaliser des projets structurants de premier ordre pour la ville et son rayonnement supra communal, en tentant de masquer cette réalité par des projets subsidiaires et d’apparence narcissique, on est en droit de se poser la question de l’accident de l’histoire.

:: Epilogue ::
N’étant pas de nature pessimiste, on ne saurait croire à ce qui est pressenti ci-dessus. On continue donc de penser que notre premier magistrat est homme courageux, ambitieux et capable. On continue donc de penser qu’il honore la fonction autant que cette dernière à son égard. On veut croire à la rigueur de ses analyses dans le sens de l’intérêt général, non en faveur de ses intérêts partisans ou son calendrier électoral.













Mon logo donc je suis, Pour changer la ville de périgueux, on change de logo, avec des motifs rouges bien sur, enfin je me demande où va la ville de périgueux, notre belle cité, avec sa cathédrale sans parvis et sans parkings, son maire qui, si le jugement annule les élections, ne le sera pas pour bien longtemps, un déménagement de mairie qui frise la lubie, la supression programmée de la ligne périgueux-paris, et en contre projet non pas les 3 milliards du train de Neuvic mais des milliards pour l’électrification de 100 km de voies ferrées, bref à ce rythme là, la ville de périgueux va devenir une simple commune. De 2001 à 2004, pour périgueux, c’était les années autoroutes (A 89), en 2008 c’est l’année de la déroute, l’avenir de périgueux est flou, les dérives politiciennes sont légions et Périgueux qui espère est un Périgueux déchu, Comme on disait « Avec Guéna, c’était l’entrain, avec Darcos, c’est le déclin, béh avec Moyrand aussi » Visiblement entre deux cumulards de mandats, on aurait due garder celui qui en avait le plus, car visiblement la ville était mieux gérée depuis Paris que depuis Bassillac….. Affaires a suivre.
Certes, en même temps que la cathédrale incarne l’image de Périgueux sur le logo, le projet d’aménagement urbain autour de cette dernière se fait noyer en conjectures; c’est une ironie politique.
L’électrification Limoges Périgueux est un dossier intéressant, important, mais long, lourd, impliquant communes / Etat / Départements / Régions / SNCF. Le CR Aquitaine participera au financement des études de faisabilité. Combien d’années avant réalisation, si réalisation?
On ne sait pas si ce sera possible, ni combien cela coûterait, ni si les principaux intéressés veulent participer. Cela devrait donc être soumis à discrétion au moins jusqu’à l’étude de faisabilité. C’est de la communication creuse pour l’instant.
C’est donc une fausse concurrence avec la ligne aérienne, quid de Périgueux entre la fermeture de la ligne aérienne et l’arrivée du TGV, si TGV ? Pour l’instant rien.
Pour autant, une ligne aérienne portée à bout de bras par les finances publiques pour seul désenclavement de Périgueux, cela ne peut pas être satisfaisant. C’est quand même un problème, voire une anomalie. C’est en pleine décentralisation que Périgueux se découvre la nécessité d’une liaison rapide avec Paris; c’est encore assez ironique.
Thomas
Je suis d’accord avec votre analyse mon cher Thomas sur le thème de l’électrification de la ligne Limoges-Périgueux, en effet, un grand flou artistique entoure ce projet qui au font risque coûter bien plus cher que la ligne aérienne actuelle, et encore si un TGV arrive jusqu’à notre porte. Si l’on regarde le projet de la LGV SEA (sud europe atlantique) Paris Bordeaux Victoria, ce projet mobilise l’Etat et les régions depuis des années, et les premiers résultats sont espérés pas avant 2015, donc pour un TGV à Périgueux, un calendrier à 2025 ne serait pas une utopie.
Puis si l’on se penche sur le parcours et la réalisation de L’A89, où il a fallu 40 ans pour que l’on passe du projet à la réalité, pour ne citer que cet exemple ; Donc en attendant cela il faudra bien une solution de secours, et Bassillac et la solution de secours. Cette ligne aérienne sert les intérêts de notre tissu économique local, en gros, les cadres et chefs d’entreprises vont à Paris pour négocier des contrats pour apporter du travail en Dordogne, donc si on ne veut pas une désertification économique de notre localité, il faut se donner les moyens de nos ambitions, si l’on veut dynamiser Périgueux, il faut dynamiser son économie, ce à quoi sert la ligne Périgueux Paris.
En somme ce que oubli de faire nos collectivités territoriales, c’est de promouvoir cette ligne aérienne, d’en faire un moteur pour l’économie car en ce moment on ne peut pas dire que nos élus plébiscitent cette outil.
Et le fait que Monsieur le Maire décide pour tous le monde ce qui est bon ou pas, sans réellement répondre aux besoins des entreprises pour satisfaire un programme et un électorat, pour la ligne aérienne on n’est pas dans du clientélisme politique mais dans le cadre de l’aménagement de notre territoire.
Peut-être que la ligne aérienne est vécue comme une injustice, un outil pour « riches » financièrement supporté par tout le monde. Evidemment dans ce cas on ne veut pas voir le retour sur investissement en terme de dynamisme économique et d’emploi.
Mais peut-être que les promoteurs de la ligne pourraient en montrer les impacts positifs sur le bassin d’emploi. Pour l’instant ce n’est pas clair.
Après, les politiques ne soutiennent pas cet outil en raison de leur électorat traditionnel et de leurs alliances avec la gauche extrême, dont il ne faut pas attendre autre chose qu’une concurrence symbolique entre le train, (service public, nationalisation, égalitarisme) et l’avion, (société privée, économie et capitalisme).
Cette ligne aérienne semble cristalliser ce clivage idéologique, à tort ou à raison ce n’est pas la question, mais place en tout cas le débat sur le terrain de la communication pour le plus grand nombre et celui des réseaux d’influences pour les initiés, auxquels les décideurs ne peuvent pas non plus fermer la porte, parce qu’on ne fait pas un budget sans créer de la richesse.
Thomas
Parue dans Sud Ouest :
« La ville augmente son aide aux écoles privées
Périgueux – (Dordogne) Le vendredi 26 septembre 2008 à 18h04
L’aide allouée par la ville aux 326 enfants scolarisés dans les écoles privées catholiques de Périgueux va augmenter de 5% cette année, passant à 610 euros par enfant. Celle allouée aux enfants des écoles publiques est actuellement de 1000 euros. »
En bon administrateur du bien public.