Périgueux son parking Montaigne et son urbanisme commercial

Après quelques sorties périscopiques, le projet de centre commercial de Périgueux sur l’actuel emplacement du parking Montaigne a replongé. 12 000 m², 3 niveaux, 120 mètres de façade, bref, un sous-marin de première classe censé attirer les franchises et les enseignes comme des mouches dans un pot de miel.

Le miel étant bien entendu l’avidité consumériste des périgourdins, lassés d’aller à Bordeaux le samedi après-midi faire leurs emplettes.

Aux dernières nouvelles, les élus, consciencieux, visitaient un bâtiment commercial du même tonneau à Poitiers. Comme si le groupe Eiffage, porteur du programme, avait lancé les Etudes d’Avant Projet sans l’aval du maire, indécis jusqu’à tâter le terrain poitevin.

Douce présentation, puisque le maire, en janvier 2010, annonçait déjà fermement la couleur1 :

Qu’ils se rassurent, Périgueux, bouge et va rattraper durant les dix prochaines années son préjudiciable retard. Je pense bien entendu à la transformation du parking de surface Montaigne en un lieu commercial attractif qui fera rayonner Périgueux et tous les commerces déjà existants bien au-delà de son cercle habituel…

Bref, il faudrait être bien crétin pour passer à côté d’une telle opportunité en matière d’urbanisme commercial : car c’est l’ensemble des 850 commerçants périgourdins que ce bâtiment fera rayonner par delà les frontières, peu importe de savoir lesquelles.

Comment le France est devenue moche

C’est sur ces enjeux que nous revenons ici. Pourquoi le groupe Eiffage veut-il se lancer dans ce projet ? Pourquoi le maire saute sur l’occasion avant même d’avoir consulté quiconque ou vu le moindre plan ? Peut-on consulter une étude d’impact de ce projet?

Ce projet s’inscrit-il dans un schéma de cohérence territoriale ? Répond-il d’une analyse des besoins de la population ? S’accorde-t-il avec le plan d’urbanisme commercial de la communauté d’agglomération ?

Qu’en est-il de l’architecture et de l’inscription de ce projet dans un secteur protégé de la ville?

Avant de pousser plus loin et parce que c’est très lié à notre projet de centre-ville, on pourra lire cet article de Télérama Comment la France est devenue moche, dont le chapeau est simple :

Echangeurs, lotissements, zones commerciales, alignements de ronds-points… Depuis les années 60, la ville s’est mise à dévorer la campagne. Une fatalité ? Non : le résultat de choix politiques et économiques. Historique illustré de ces métastases périurbaines.

Ce n’est pourtant pas faute d’interpellations depuis longue date de la part des professionnels de l’urbanisme (SFU, CNOA, FFP), qui, récemment encore en 2007, (Pour une réforme de l’urbanisme commercial en France)2, appelaient à davantage de raison.

Le contexte économique général

La consommation des ménages n’a pas baissé en 2009 (+0.8%)3. La crise a cependant fait glisser les achats « coups de cœur » vers des achats de raison. Le e-commerce poursuit une croissance structurelle avec un CA en augmentation de + 26%.

Mais les zones de chalandises sont de plus en plus concurrentielles, car l’augmentation du parc d’immobilier commercial est plus forte que celles du pouvoir d’achat et de la consommation. Résultat, une baisse du chiffre d’affaire au m² en France, doublée d’une baisse de la fréquentation (-3.7%) des centres commerciaux.

La crise n’a rien arrangé en 2009, puisque la baisse du chiffre d’affaire des enseignes de périphérie (-2.6%) est plus forte que celle des centres-villes (-1.5%). La rentabilité au m² diminue, alors qu’en 2010, 80% des surfaces en projet concernent des périphéries (5.9 millions de m²).

Plus précisément, c’est dans les périphéries urbaines que l’expansion est la plus forte. Rien qu’entre 1992 et 2006 la surface de vente totale du commerce de détail a augmenté de 50%. Du coup, les enseignes resserrent leurs critères pour investir dans les meilleurs « flux » dits « prime » et « n°1 ».

Sans surprise, les centres-villes sont donc privilégiés aujourd’hui. Mais ils demeurent les plus difficiles à conquérir.

Les règles d’urbanisme y sont plus restrictives (ex. secteur sauvegardé) que dans des communes comme Trélissac, Marsac ou Boulazac, assez moches en soi pour les pourrir à qui mieux mieux comme c’est le cas depuis 20 ans.

Mais attention, si les « grands » centres-villes sont très prisés, en revanche, les villes de moins de 50 000 habitants ont plus de difficultés. Beaucoup connaissent un déclin de l’activité commerciale et une augmentation du taux de vacance des boutiques. C’est vraisemblablement le cas de Périgueux ou presque.

Normal, la communauté d’agglomération s’emploi corps et âme depuis des années à flinguer le centre-ville au profit de ces fameuses périphéries urbaines ; quand la CAP veut, elle peut (des fois).

Les intérêts de Moyrand et du groupe Eiffage

Lente mais structurelle désertification commerciale des petits centres-villes au profit des grandes braderies périphériques, voilà notre situation. On comprend donc, dans le contexte décrit plus haut, l’intérêt d’Eiffage à promouvoir ce commerce de détail plutôt que rénover un parking de surface qui ne rapporte que si peu. Les grands business périphériques n’ont plus la côte, qu’à cela ne tienne, il reste les centres-villes.

Pour le maire l’opportunité est conjointe. Profitant de l’intérêt financier des grands groupes, il entend augmenter la consommation intra-muros. Dans ce lot, il y aura une faible probabilité pour que l’attraction générée par de grandes enseignes profite également aux petits commerçants locaux.

Depuis 50 ans, les pouvoirs publics ont répondu à l’attente de consommation des français par un laxisme surhumain en laissant pourrir jusqu’à l’os les entrées de villes (ex. Marsac, Boulazac, Trélissac, etc.) Aujourd’hui, alors que les intérêts financiers basculent et s’échappent des périphéries, les maires invitent ces mêmes acteurs à s’occuper de leurs centres-villes.

Ca, c’est le contexte global dans lequel le maire de Périgueux accueille si favorablement le projet du groupe Eiffage. Attention, le passionné de meuble en kit (indémontable) serait déçu en croyant avoir ce service près de chez lui. La zone de chalandise minimum est de 1 million d’habitants pour Ikea qui consomme à lui seul 30 000m². Elle sera de 100 000 pour une grande enseigne de vêtements ou de bricolage, 50 000 pour un hypermarché, chaussures ou loisirs et 10 000 pour un hard discount, optique, sandwicherie.

Pour conclure ce point là, le groupe Eiffage suit un vaste mouvement structurel sur le re positionnement du marché et le maire de Périgueux suit Eiffage, en espérant lutter contre le déclin de Périgueux.

Le rôle de la Communauté d’Agglomération Périgourdine

Son absence est au service de son inutilité. La CAP aurait normalement son mot à dire. Le principe d’intercommunalité voudrait une concentration des compétences favorisant une cohérence urbaine, commerciale et économique. Dans ce but, la CAP devrait s’être dotée de documents de planification intercommunale, permettant de gérer économiquement et rationnellement le développement du bassin de vie.

Mais c’est bien trop demander à nos braves barons locaux, eux qui n’arrivent même pas depuis plus de 10 ans à constituer un périmètre cohérent pour l’intercommunalité. Car l’anarchie régnante au sein de la CAP démontre le contraire. Par exemple, nos joyeux cumulards n’ont jamais réussi à établir le moindre schéma directeur commercial et économique. De même, ils n’ont jamais été en mesure de produire un Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) pourtant exigé par la loi.

Le commerce et l’urbanisme n’ont jamais fait l’objet d’un intérêt intercommunal, chaque maire préférant continuer sa tambouille en solitaire avec les résultats que l’on observe aujourd’hui 4. Mais comme il fallait bien trouver quelque chose à vendre aux habitants pour justifier l’intercommunalité, c’est le Plan de Déplacements Urbains qui fait office de légitimation. Ce PDU est un cache misère qui soulève l’enthousiasme, il sera bien tard lors des bilans venus de démonter le stratagème.

Un développement commercial et urbain anarchique et couteux, mais avec des couloirs de bus et des TER en pagaille. Il fallait bien 10 ans de travail et de querelles pour en arriver là.

Donc, pour notre projet commercial du parking Montaigne, (comme tant d’autres choses), l’intercommunalité ne sert strictement à rien parce qu’elle refuse d’exercer ses compétences. Tant que les élus locaux bloqueront cet EPCI au profit de leurs intérêts personnels, la CAP ne servira qu’à distribuer des sacs jaunes. Le principal étant que les habitants croient qu’il s’agit là d’un projet ambitieux et pharaonique; c’est bien parti.

Le jeu de rôle du législateur

Maintenant que la quasi-totalité des entrées de ville de France sont identiques, laides et formatées, le législateur déplore la catastrophe qu’il avait lui-même promu depuis les années 60.

Haro sur la loi « Royer » de 19735 qui a tant permis le bétonnage et l’urbanisme sauvage des périphéries. Ainsi va la tendance comme le montre le volontariste rapport Charié sur l’urbanisme commercial6 qui fait référence depuis 2009.

Un rapport « yaka faucon » dans la pure tradition parlementaire française, alors que dans le même temps, la LME d’août 20087 assouplissait encore les règles d’urbanisme commercial (CDAC).

Plus vraisemblablement, maintenant que les marchés en périphérie urbaine sont de moins en moins rentables et de plus en plus saturés, comme par hasard, le législateur se montre de plus en plus favorable à l’investissement dans les centres-villes.

Au nom bien sur d’un meilleur « vivre ensemble » et d’une politique urbaine maîtrisée.

N’en doutons pas.

Les centres-villes comme nouveaux hypermarchés

Si on récapitule, pendant 50 ans, les pouvoirs publics ont volontairement ou non permis la défiguration des paysages français, leur uniformisation, l’étalement urbain, le recul des terres agricoles, etc.

Qui plus est, le maillage routier et autoroutier a largement été organisé autour des ensembles commerciaux, au point qu’aujourd’hui, topologie et cartographie sont organisées autour des enseignes.
La nature des marchés financiers faisant bien les choses, cette politique est aujourd’hui remise en cause pour des motifs louables (sociaux, urbains, environnementaux…) et parallèle à une modification structurelle des intérêts commerciaux.

Comme la politique et la police, le commerce se veut de « proximité » pour être à la mode. Les périgourdins seront donc bientôt « dans le vent » avec leur centre commercial Montaigne et leurs marques comme-dans-les-grandes-villes.

C’est donc à ce nouvel ensemble de commerces que l’on confie aujourd’hui la tâche de sortir Périgueux de son déclin commercial. C’est en somme une mission que le politique confie au commerçant. Car précisément, la politique en matière d’urbanisme commercial a été si asymétrique et dévastatrice qu’aujourd’hui, il n’y a que le commerce pour rattraper les erreurs du commerce.

Et John Rambo, prix nobel de la paix, s’associe de tout cœur à Goldman Sachs pour réguler les dérives de la finance mondiale…

  1. Discours de Michel Moyrand lors de la cérémonie des vœux aux personnalités et à la population au Théâtre de Périgueux – 09 janvier 2010 []
  2. Pour une réforme de l’urbanisme commercial en France []
  3. Les commerces en France – Avril 2010, CBRE []
  4. Dernier exemple la CDAC de Leclerc et le recours de Périgueux ou encore le cavalier seul de Coulounieix-Chamiers à la Petite Borie []
  5. Loi du 27 décembre 1973 d’orientation du commerce et de l’artisanat []
  6. Rapport Charié sur l’urbanisme commercial, mars 2009 []
  7. Loi de Modernisation de l’Economie du 04 août 2008 []

12 Commentaires a Périgueux son parking Montaigne et son urbanisme commercial

  1. Julien 12 mai 2010 at 4:14 | Permalink |

    Si la CAP a privilégié les périphéries plutôt que la ville centre, c’est à la fois pour éviter la concentration et développer l’ensemble des communes de la CAP, puis les rivalités politiques n’y sont aussi pas étrangère, je ne pense pas que Béri-Débat avait envie d’offrir du pain béni à Darcos !!!

    Le PDU est une absurdité, il ne réglera pas le problème de circulation urbaine, un coup d’épée dans l’eau sans véritable révolution, à l’image de la ville de Paris, on va pourrir la circulation automobile et non véritablement donner de nouvelles alternatives à la voiture, comme le PDU se limite à un périmètre très réduit (10km).
    Le matin, les habitants qui vivent à 30km (voire plus) de Périgueux prendront toujours leurs voitures pour poser leurs enfants à l’école et aller travailler en dehors de la ville, il me parait aussi impossible de prendre le Péribus quand un habitant a des horaires décalés, genre horaires de nuits etc .

    En revanche le projet Montaigne me parait nécessaire afin de permettre aux Périgourdins d’avoir justement des enseignes qu’ils doivent aller chercher sur Bordeaux, faisant ainsi des économies en Km, en carburants (écologie), et créer des emplois sur place. Ceux qui dénoncent déjà les places de parkings en moins devraient s’aperçevoir que les souterrains ne sont jamais complets et ceux qui évoquent la mort du petit commerce de centre ville, c’est qu’il n’est sans doute plus adapté à la population et à leurs revenus, et en perte de vitesse en restant de « belles endormies ». Il faut un effet « coup de fouet » pour redynamiser le centre-ville, de la concurrence nait le dynamisme.

  2. Cro Magnon 12 mai 2010 at 19:31 | Permalink |

    Nouveau quartier commercial:
    Quels commerces vont s’installer? Auront-ils la chalandise nécessaire pour perdurer ?
    Quels clients vont venir? A quelles périodes de la semaine et de l’année ?
    Quel avenir pour les anciens commerçants? Les sédentaires et les non-sédentaires ?
    Quel impact sur l’immobilier commercial en transaction et en location ?
    Ne risque-t-on pas de voir des effets de vases communicants ?

    Ces questions ne sont pas complètement traitées dans votre article.

    Pour autant, pour compléter ce que dit Julien, il faut jetter un coup de pied dans la fourmillière des commerçants périgourdins. Ce sera une occasion pour eux d’arrêter de se regarder le nombril. Une façon de les réveiller. Ils ont du métier et des talents, les nouveaux vont les booster. Je ne doute pas qu’ils sauront faire pour montrer leurs compétences commerciales.

    Quant à la circulation et au stationnement, il n’y a pas de solution miracle. Cinq minutes d’attente dans les embouteillages ou de marche à pied ne sont pas si catastrophiques que cela. Par contre, penser aux personnes qui ont des difficultés pour marcher, rendre la ville moins hostile au handicap et aux méfaits de la vieillesse serait un grand progrès et une reconnaissance.

  3. JF Cros 13 mai 2010 at 12:50 | Permalink |

    Je rejoins en de nombreux points notre rédacteur très « chouette » et je voudrais dire à notre ami lecteur Julien de ne pas trop fantasmer sur les enseignes qui devraient s’installer sur ce futur centre commercial… Pas d’Ikéa, de H&M ou autre FNAC et Zara, pas assez grande notre bonne ville… Vous aurez les clones de ce qui existe déjà rue Taillefer ou rue de la République mais aucun géant mythique !

  4. Lacassagne Jean 13 mai 2010 at 13:26 | Permalink |

    Hier, après 18h et mon travail..comme d’habitude, en venant de la zone commerciale de Boulazac et du centre Leclerc…un Péribus n’est pas passé, dans le suivant le chauffeur avoue, avec philosophie, la situation actuelle (avec des embouteillages, et des ralentissements perpétuels entre 17h et 18h) et celle de la journée, certes un peu exceptionnelle mais quand même ça doit interroger quelque part.. »j’ai mis plus d’une heure pour traverser le centre ville et passer devant St Front ».

    Dans les voitures, aucun changement, nous sommes toujours dans le concept une ou deux personnes par voiture..un passage incroyable, une saturation (à certaines heures, il faudrait procéder à un comptage..instructif) par le centre-ville, alors que pour la plupart il s’agit de personnes qui se déplacent et vont ailleurs, ne s’arrêtent pas, mais passent par là..uniquement parce qu’elles ne peuvent pas trouver des moyens rapides, de dégagements ou des échangeurs extérieurs de circulations.

    Sur le..modes de transport en commun -Péribus- il n’est pas « efficient », ni totalement satisfaisant (trajets, horaires, pas d’indication informatique dans les arrets, pas de voies propres ou de parcours réservés, dégagés).

    Il est vrai qu’à l’extérieur de Périgueux, les grandes zones commerciales poussent comme des champignons..mais sans grande réflexion sur les aménagements, les manières de créer des routes de dégagements ou de faire arriver au mieux des moyens de transports en commun.

    Vraiment utile de déboucher enfin…sur une solution ferroviaire régulière, rapide, fiable et pas trop chère pour permettre de désengorger.. tout en apportant des perspectives aux familles, citoyens pour transiter entre Périgueux et son agglomération.

    Sur le projet commercial de la Place Montaigne, je ne crois pas qu’il soit utile et crédible de courir après des villes comme Bordeaux…dont nous ne pouvons, voir finances et projets, nous approcher…et puis qu’est ce qui empechera le périgourdin de se rendre sur Bordeaux, pour y trouver un choix commercial plus vaste ?

    La vitesse avec laquelle ferment et ouvrent des commerces dans notre centre ville..démontre, en est-il besoin, qu’il ne suffira pas de bétonner et de défigurer…pour avoir une activité pérenne, vivant en bonne intelligence en plus avec le petit commerce.

    Si le projet commercial marche..ce sera un nouvel aspirateur à voitures, camions et camionnettes…en plein centre ville, et avec quelles possibilités de dégagement pour ne pas géner ou accroitre déjà la saturation existante ?

    N’oublions pas les réalisations du passé…le stade du CAP sans parking, sans dégagement clair et moderne pour les bus/piétons/vélos.

    La réflexion doit porter aussi sur la raison d’être de Périgueux, de son vécu historique, de ses belles rues et pierres, de sa qualité de vie à apporter à ses citoyens, de son développement et son dynamisme à retrouver (voir simplement le niveau de sa population, les revenus par habitant etc..)…pas possible selon moi de ne penser qu’en terme de commerces, sans penser aux moyens d’attirer des jeunes…créatifs sur la ville, sans s’interroger sur les belles demeures parfois dégradées, aux murs recouverts de pollution…simplement parce qu’elles ont le malheur d’être au bord d’une route fréquentée du centre ville.

  5. Julien 13 mai 2010 at 23:04 | Permalink |

    Pour répondre à JF CROS, je ne fantasme pas sur la venue de nouvelles enseignes, nous le savons tous, comme le précise Rue de la Chouette, pour un Ikéa, déjà ce genre de magasin s’installe en périphérie des villes, ce qui est le cas à Bordeaux, près du Pont d’Aquitaine, puis il faut une zone de chanlandise de 1 million d’habitants.

    Pour nous, si on élargit au delà de la CAP, on atteind presque les 100 000 habitants, (60 000 en zone CAP, 18 000 habitants en zone CdeC Isle Manoire, Cde C Astérienne Isle et Vern (CCAIV) 14 000 habitants ; soit 92 000 habitants de zone de chanlandises potentielles sans compter la zone de Sarliac et Excideuil, qui consomment aussi sur Périgueux.

    Pour information, la ville d’Angoulême, qui a une communauté d’agglomération de
    104 638 habitants (regroupées en 15 communes, dont Angoulême 42 000 hab. et Soyaux 10 000 hab. pour les communes « poids lourds ») à en son centre les enseignes Zara, H&M et les Galeries Lafayettes sur 3 niveaux.

    Donc nous avons du potentiel pour accueillir ce type de commerce, il nous manque cependant une cohérence teritoriale de l’agglomération pour avoir une cohérence commerciale.

  6. Hélène ROBERT 14 mai 2010 at 7:35 | Permalink |

    @ Lacassagne: « La vitesse avec laquelle ferment et ouvrent des commerces dans notre centre ville..démontre, en est-il besoin, qu’il ne suffira pas de bétonner et de défigurer…pour avoir une activité pérenne, vivant en bonne intelligence en plus avec le petit commerce. »

    Une partie du problème de turnover important est dû au fait que la plupart des pas-de-porte en centre ville sont trop chers et que les nouveaux installés se sont souvent contentés d’un bail précaire non-renouvelable qui les oblige à vider les lieux au bout de 24 mois…

    Certains se réinstallent de façon identique plus loin, d’autres quittent la ville.
    Ces baux précaires induisent un comportement commercial qui ne va pas toujours dans le bon sens puisque c’est temporaire.

    Ces personnes ne se battent pas pour leur commerce de courte durée comme ils le feraient pour une entreprise durable dans le temps.

  7. Pat 14 mai 2010 at 7:57 | Permalink |

    Attirer les jeunes …..
    Alors que penser de cette conseillère municipale interrogée par un habitant de Périgueux, sur le projet d’un MacDO à la place vacante de Pier Import qui a répondu: « Ah surement pas, on est de gauche quand même! »
    Est-il utile d’ajouter un commentaire?

  8. Lacassagne Jean 15 mai 2010 at 12:07 | Permalink |

    Hélène..

    J’ai même vu un « coiffeur » s’installer en face du mien, à quelques numéros près, sortir le grand jeu (apéritif et petits fours pour l’inauguration)…arriver avec une camionnette de « maçon », s’installer, s’agiter dans un salon tout propre et refait…mais sans aucun client…et puis un mois ou deux après, sans tambour ni trompettes..il a plié bagages !

    Maintenant un autre commerçant s’est installé, pourvu que ça soit plus sérieux…c’est quand même pénalisant pour notre ville, de montrer de telles situations..vitrines abandonnées et pas de reprise. Je me doute que c’est pas simple en ce moment.

    Je reconnais que si les loyers commerciaux sont trop élevés, ça ne facilitera pas les installations durables…maintenant avec la crise, il faut faire des efforts, et fraichement je vois pas l’intérêt d’avoir des locaux inoccupés et sans rentrée financière..alors qu’en baissant un peu, ça aiderait.

    Pat..

    Mc Do à la place de Pier Import..à quelques encablures de nos commerçants « fins », des bons produits de terroirs, de nos marchés..ce serait un symbole, un message quand même « délicat » à assumer…veut on que le centre ville de Périgueux se construise « commercialement » comme tant d’autres centre ville, avec les mêmes enseignes et en plus « la mal bouffe » en pleine Dordogne ?

    Cela ne serait pas cohérent me semble t-il.

    De telles enseignes sont déjà présentes en périphérie…et je ne vois pas bien ce que celà apporterait…bien sûr qu’il faut penser à une restauration « plus jeune » (déjà il y a, par ex, le concept de ventes de « nouilles »), plus attirante et spécifique..mais le Mc Do est il l’unique choix ? Ne faut il pas voir avant auprès des jeunes, universitaires ?

  9. Pat 15 mai 2010 at 13:38 | Permalink |

    Il reste que le MacDo est certainement plus attractif et vivant que les banques et les mutuelles ! Il y avait plus de monde place de la Mairie quand nous avions une pâtisserie à la place d’Ociane! non?
    Pour ce qui concerne la réaction de la conseillère municipale, on aura compris que le problème est essentiellement une question de réaction « idéologique ».
    D’ailleurs n’en est-il pas de même pour le refus d’un MacDO, au nom d’on ne sait quelle mal-bouffe !
    J’ajoute concernant la mal-bouffe que j’aime ma ville et j’adore aller au restaurant, mais il faut reconnaître que nos restaurateurs périgourdins sont loin d’être des champions dans un département qui a partout la réputation du bien vivre, du bien manger et des bons produits. Un seul étoilé pour une capitale « gastronomique » (de réputation), il y a de quoi s’inquiéter. Mais c’est vraiment un trait bien de chez nous que de vivre sur les lauriers d’un très lointain passé. C’est tout juste si l’on ne venterait pas des pâtés d’Antoine Courtois, comme si le XVIIIe c’était hier!
    MacDo a de beaux jours devant lui.

    P.S.: je ne vais jamais au MacDO.

  10. Julien 15 mai 2010 at 19:18 | Permalink |

    En effet, installer un MacDo en lieu et place de Pier Import demande réflexion. L’enpire de la mal bouffe est avant tout une question d’éducation au goût chez les parents, en effet, un enfant habitué à une nourriture saine et équilibré sera tenté de poursuivre cela en étant autonome, puis le réaction de la conseillère municipale est une réaction politique, vu que pour beaucoup, à l’image de José Bové, MacDo, c’est l’empire du capitalisme moderne.

    Ce qui est surtout dommage, c’est la fermeture progressive des lieux de restaurations en centre-ville. Le Rotonde, bar barsserie, fermé au profit d’une banque, ou encore plus marquant, la fermeture, qui date un peu, de la cafétéria qui était au premier étape du centre leclerc de Clos Chassaing (les anciens s’en souviendront), et qui était comble chaque midi.

    Pour manger sur les boulevards, c’est simple, c’est soit le Garden Ice café, soit les enseignes de nouilles, Monoprix en snaks et les bars à coté de la Maison de la Presse, ainsi que le café du théâtre pas loin.

    Pour conclure, j’ai une certaine méfiance vis à vis de certains restaurateurs qui prétendent vendre du Périgord dans l’assiette mais c’est du succedané de Périgord !!!! Donc un MacDo ne me choque pas trop.

  11. admin 15 mai 2010 at 20:15 | Permalink |

    Avant la loi du 02 août 2005 (Le décret n°2007-1827 du 26 décembre 2007 en précise le dispositif), les mairies ne pouvaient pas préempter un fonds de commerce. C’est maintenant possible : « Droit de préemption urbain sur la cession des fonds de commerce et des baux commerciaux ».

    Pour ce faire, la ville doit être dotée dans son PLU d’un « périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat ». Beaucoup de villes ont déjà saisi cette opportunité pour maîtriser et orienter le commerce de centre-ville, objet trop fréquent de la voracité des banques, des assurances, etc.

    Or ce n’est pas le cas à Périgueux. Ce PLU a pourtant été adopté puis révisé depuis mars 2008, sans que ce dispositif urbain n’ait été prévu. Le projet de société d’économie mixte pour le commerce et l’artisanat est une planche à billets pour les copains (fonds FISAC). La charte d’urbanisme commercial serait en cours d’élaboration alors que l’intercommunalité ne la prévoit même pas. Et le fameux périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat n’est jamais en mesure d’être révélé: il n’existe pas.

    C’est à l’aune de ces documents, qui eux seuls donnent les moyens d’agir à une collectivité, que l’on mesure l’engagement politique. Force est de constater que derrière les innombrables déclarations d’intentions du maire, ce dernier se révèle impuissant à se doter des règlements d’urbanisme nécessaires à la sauvegarde des commerces de centre-villes.

    Le reste c’est de la flûte.

  12. maurice melliet 16 mai 2010 at 8:39 | Permalink |

    j’ai l’impression qu’à la mairie de Périgueux, on est en perpétuel 1er avril !
    les poissons sont accrochés et le lendemain aussitôt décrochés !
    Et pourtant les appâts ne manquent pas… a moins que ce soient des leurres !