A la fois maire et commercial chez Eiffage

En mode « Force de vente » depuis le début de l’année 2010, le maire de Périgueux fait tout pour caser le projet de son pote Eiffage. Le procès verbal du 14 décembre 2010 est en ligne depuis peu, mais nécessite un bref retour en arrière pour apprécier la qualité des fumigènes.

Quand Eiffage planta sa petite graine dans la noble assemblée

En conseil municipal du 23 février 2010, le maire de Périgueux lance « une étude préalable et opérationnelle pour la requalification des boulevards et l’aménagement d’un complexe commercial de centre-ville ».

Le début du titre importe peu, il s’agit de justifier « par une étude » le projet d’Eiffage que le maire appelle aujourd’hui par pudeur le « projet Montaigne ».

Cette étude, derrière le blabla, n’a d’autre objet que la justification de l’« aménagement d’un complexe commercial en centre ville » (par un organisme « indépendant », sous vos applaudissements).

Dans son élan, le maire parlera ensuite du « projet que nous portons » [avec Eiffage] et qui a pour unique finalité le projet de promotion immobilière, à savoir : « notre volonté avec cette étude c’est de créer un lieu fédérateur et porteur de dynamique ».

En fin de séance, le maire oublie les précautions de départ et concluait sobrement : « C’est pourquoi je vous propose d’approuver le lancement d’une étude opérationnelle pour la requalification des boulevards et de l’aménagement d’un complexe commercial ». Et hop.

Chacun l’aura compris, l’étude d’urbanisme commercial sur le centre ville n’est qu’un prétexte fumeux pour « vendre » à la population ébahie le projet Eiffage, miraculeusement volontaire pour sauver les commerces de proximité.  Ils en ont de la chance ces commerçants…

On le fait c’est sur, mais on leur dit pas tout de suite

Par la suite, la promo l’étude Eiffage rentra à grands coups de talons dans une délibération de la CAP pour financer une étude sur une « charte commerciale » consistant à rationaliser les implantations commerciales… [Ne cherchez pas c’est un tour de magie].

Ensuite vint l’interlude du magazine de propagande municipale du 1er trimestre 2011. Le maire s’y montrait sur de lui:

« 2010 aura aussi été une année importante pour le lancement de grands projets qui vont aboutir à court, moyen et plus long terme :

– Le projet d’implantation d’un centre commercial place Montaigne,… »

Notez qu’à cette date où le maire annonce ses certitudes sur la réalisation du projet, pas la moindre « étude d’opportunité » ne lui est parvenue sauf celle d’Eiffage, évidement.

Les périgourdins nous emmerdent avec leur domaine public, on vend!

Contrastant avec ses certitudes du 1er trimestre 2010, un mois avant, le maire voulait donner l’illusion d’attendre les résultats de l’étude pour s’engager : « aujourd’hui je suis incapable de vous dire s’il y aura un aménagement ou non ». [Grillé].

Pour le 14 décembre, en plein conseil municipal, le maire se montrait ferme comme un coup de trique :

« Aujourd’hui, nous avons demandé à la communauté d’agglomération de nous faire une étude d’opportunité, une étude commerciale, qui va nous être rendue vers la mi-janvier ».

Zut, cette fameuse étude tant attendue pour louer la possibilité d’un bâtiment commercial navigue encore en eaux troubles, annoncée aujourd’hui pour le mois d’avril 2011. Version administration, 3 mois de retard n’équivalent qu’au ¼ d’heure périgourdin, nous sommes presque en avance.

Des infos en veux-tu en voilà

Evoquant peut-être les Chroniques de Mars, the maire annonçait alors qu’ « il y a déjà beaucoup d’informations qui ont été données ». Seule question restante étant : « Ah, lesquelles ? »

Bref, le rapport n°7 sur le « Projet de construction des galeries Montaigne – Lancement de la procédure en vue de la cession de la surface du parking Montaigne » consacre un grand moment de vide dont Michel a le secret.

Encore une galère assurée pour le service de com qui va devoir titrer : « Le projet Montaigne, un exemple de démocratie participative ».

J’ignore jusqu’à quel point l’on peut prétendre associer les périgourdins à des idiots. Mais de tout évidence le maire de Périgueux a décidé de placer la barre très haut. Aux habitants d’en démontrer le contraire.