A vendre: Centre ville de Perigueux

Brouillard en septembre…

En septembre voici ce que répondait M. MOYRAND à l’opposition qui demandait un calendrier sur le projet des boulevards :

« … nous avons déjà commencé à travailler sur le réaménagement des boulevards…il est bon d’avoir le résultat de l’étude commerciale et là nous la lancerons au début de l’année prochaine quand on aura décidé de ce que l’on fera parce que bien évidemment… si d’aventure nous disions – je ne sais pas comment il faut l’appeler – le commerce de Montaigne ne devait pas se faire, l’étude d’aménagement des boulevards dans son ensemble en serait changée, donc nous essayons d’être ordonnés.

C’est une grosse opération, si elle se fait, …elle peut être commencée fin 2014. …il faudra faire de gros travaux d’aménagement si on peut avant tant mieux mais je n’en suis pas sûr. Il y a des procédures juridiques, un projet à définir et à concevoir, et le projet n’est pas conçu,… aujourd’hui nous n’avons pas l’architecture précise, détaillée des bâtiments … Ce n’est pas un calendrier précis, absolument pas, aujourd’hui, nous ne sommes pas en mesure de vous donner des dates, il est possible que … mais c’est tout. »

Extraits du compte rendu en ligne du conseil municipal du 28 septembre dernier (vous pouvez consulter l’intégralité de la réponse de M. MOYRAND au maire sur le site de la mairie ou la télécharger en pdf)

Miracle en décembre

2 mois plus tard, ça y est, notre maire sait tout, même le nom du projet « les Galeries Montaigne » (je ne sais pas si Michel Eyquem apprécierait !). Finis les « peut-être », « je ne sais pas » . Mais alors, me direz vous, cette étude ?!!! Vous l’avez vue ? Elle est où ? Eh bien je me pose la question et je ne suis pas la seule.

Il y a des conclusions donc une étude puisque M. MOYRAND nous le dit. A partir de quels chiffres ? De quelle année ? Après quelle enquête ?

Tenant compte de quels éléments démographiques et économiques ? Y fait on l’analyse d’impact du projet sur le commerce ? Sur l’urbanisme ?

Sur l’environnement ? Sait-on quelle activité serait la plus pertinente ? Y a-t-il une étude de marché ?

A-t-on une idée de son articulation avec le PDU, avec le projet du quartier de la gare ?

Non, rien ! Mais des conclusions ça oui ! Il y en a, et du meilleur.

Un scoop : « il faut redynamiser le commerce de centre ville »!

Je ne l’invente pas, c’est écrit noir sur blanc sur le rapport qui nous est communiqué en avant première du prochain conseil municipal : « l’étude de la CAP fait apparaître dans ses premières conclusions la nécessité de redynamiser le commerce de centre ville de Périgueux ». Merci ! Merci infiniment pour cette révélation.

Pendant 20 ans on nous a chanté que la grande distribution de périphérie était complémentaire du commerce traditionnel, que la couronne commerciale dynamisait indirectement le centre ville, qu’il ne fallait pas s’inquiéter, que tout allait bien se passer, que ça ne ferait pas trop mal, patin couffin. Et aujourd’hui, le bon docteur nous avoue que c’est un cancer, qu’il faut employer les grands moyens : une greffe.

On veut donner l’impression que la CAP s’inquiète de notre sort parce qu’elle prépare une « charte commerciale », mais on connaît ce genre d’engagement sans fondement juridique. Ce n’est qu’une liste de vœux pieux, qui n’engagent que ceux qui y croient et qui a l’avantage, pour les élus, d’être beaucoup plus simple et moins contraignant qu’un SCOT.

Centre ville à vendre

On néglige toute velléité d’une politique commerciale digne de ce nom qui engagerait des investissements structurels capables d’attirer nos concitoyens : rendre notre ville accueillante, valoriser notre patrimoine, repenser le plan de circulation et de stationnement, maintenir et accroître la beauté de notre ville, l’animation culturelle, musicale et sportive.

Au lieu de cela, le maire vend un des sites les plus stratégiques de la ville. Il envisage, sans ciller, de céder la surface du parking à des investisseurs privés pour y implanter 10 000 m² de surface de vente (l’équivalent du centre Leclerc de Trélissac) pour moins de 30 000 habitants, 64 000 pour l’agglomération (En comparaison le Centre des Cordeliers à Poitiers, c’est 13 000 m² mais pour 84 000 habitants et 140000 pour le Grand Poitiers ). Certaines mauvaises langues disent qu’il faut bien trouver de l’argent pour aménager la nouvelle mairie.

On achève bien les chevaux

Donc, très bientôt fini le stationnement aérien du parking Montaigne. « Il conviendra d’en retrouver l’équivalent pour maintenir l’équilibre du contrat de délégation de service public » écrit Michel MOYRAND. Oui, bien sûr, « il conviendra » ! mais comment ? Où ? On rase les platanes de Tourny ? Après avoir réduit la capacité de stationnement de la place Mauvard à peau de chagrin, supprimé des places de rue, on supprime le parking Montaigne…

Sachant que les réfractaires aux parkings sous terrains sont pour la plupart des femmes et des personnes âgées, clients par excellence du marché et du commerce de centre ville, que pensez-vous qu’il adviendra ? Pensez vous qu’on pourra les forcer à remplir les sous terrains ? (Ce qui par ailleurs pourrait convenir à Vinci, dont les tarifs augmentent). M’est avis qu’ils iront se garer sur les parkings des hypermarchés.

Un exemple qui pourrait bien être suivi par nos visiteurs pendant les deux années de travaux, et donc deux années de bouchons. Formidable non en période de crise ? Crise qui s’annonce plus sévère en 2011. La périphérie s’en régale d’avance. Une manière comme une autre d’achever le commerce traditionnel de Périgueux.

C’est quoi l’environnement ?

Et l’écologie dans tout ça ? Rien, nada, bernique. Qui parle du flux supplémentaire de camions de livraison, après la valse des bennes, grues et autres engins ; du flux modifié des voitures, concentré autour d’un rond point déjà sur engorgé. Comment s’inscrit il dans le PDU ?

Le bâtiment sera-t-il de Haute Qualité Environnemental ? Y aura-t-il des espaces verts ? Des murs végétaux ? Je ne vois rien de tout cela aux Cordeliers à Poitiers (13 000 m² pour une ville de 83 000 habitants, 140 000 pour le Grand Poitiers!).

Oui-oui au pays de Valdemore

Le plus grave c’est que le maire puisse croire qu’Eiffage, l’un des trois majors français du BTP avec Bouygues et Vinci (tiens Vinci !), coté au Cac 40, se creusera la tête pour savoir quelle offre commerciale manque à Périgueux. Eiffage louera à ceux qui en auront les moyens –point- Il privilégiera donc aux enseignes nationales.

Il suffit de voir la liste de celles qui se sont installées aux Cordeliers à Poitiers.

On assistera dont au déplacement de certaines des enseignes présentes en ville et à l’apparition de « dents creuses », si ce n’est d’immeubles entiers abandonnés (comme celui de Monoprix qui est bien silencieux pour le coup).

Puis, en un deuxième temps, à une augmentation générale des baux qui accélèrera la fermeture des commerces traditionnels et mettra un terme à la diversité de l’offre. Ainsi les créations d’emplois se feront sur le dos des employés licenciés ou ne seront en fait que des transferts.

Qu’on se console, on nous jure que le bâtiment sera beau, conforme aux directives de l’architecte des bâtiments de France. Beau comme quoi? Comme ça ? Vous trouvez ça beau ?


Le conseil municipal de mardi 14 décembre prochain, à 18 H 00, qu’on se le dise.

« Le monde n’est qu’une branloire pérenne »

Michel de Montaigne