Antennes relais, Priartem Perigueux claque la porte

On finit par n’y voir plus très clair dans toute cette transparence municipale. C’est dans une obscure limpidité que le collectif Priartem Périgueux (site très complet) va quitter la commission consultative relative aux antennes relais de téléphonie mobile.

Dès sa première séance, cette toute nouvelle commission extra-municipale explose en vol. Le comité Théodule aura fait illusion 5 jours jusqu’à sa première cession, s’avérant aussi la dernière peut-être.

Cette commission pour la régulation d’implantations d’antennes que Périgueux Ecologie dénonçait comme « anarchique » a été créée par la délibération n°15 du conseil municipal du 28 septembre 2010.

Aujourd’hui on apprend qu’en juin 2010, le maire de Périgueux a donné son accord pour une énième installation sur le toit d’un immeuble déjà bardé de ces équipements (Grenadière).

Il n’avait là encore prévenu personne, en toute transparence, avant d’écrire aux habitants de la Grenadière une lettre étrange. La commission sur les antennes relais, le 03 novembre 2010, aurait donné un avis favorable à cette installation autorisée depuis déjà 20 semaines!

Nous faisons donc le point ici, mettant à disposition quelques documents facilitant la compréhension du contexte. Mais ce qui compte, c’est de constater la bonne entente entre la mairie et les opérateurs téléphoniques. Tous nos vœux de bonheur à ces super héros de la couverture réseau !

Acte I La création de la commission relative aux antennes relais de téléphonie mobile

Suite à la négligence sanitaire de Michel Moyrand qui a autorisé une antenne relai à quelques mètres de la crèche des Arènes, citoyens et élus écologistes ne désarment pas.

Le maire, ayant donné son aval en toute ignorance du sujet, cherche depuis à rattraper le coup, mesurant bien le problème politique qui se présentera face à ces électeurs habituels.

Voici donc la délibération du 28 septembre 2010, censée apaiser les esprits inquiets de voir un maire conserver une telle opacité sur des sujets aussi graves.

Admirons le politicien à l’œuvre :

« C’est un problème important qu’il ne faut pas négliger »

Ensuite, on voit qu’il a été prévenu de toutes les actions déjà menées par des maires courageux, mais Michel Moyrand avoue ne pas en être et préfère étaler sa couardise:

« Si l’opérateur […] nous attaque au tribunal administratif, si on gagne tant mieux mais si on perd on peut avoir des dommages et intérêts à verser »

Pour finir il précise :

« Cette commission aura quand même un objectif majeur c’est qu’aujourd’hui nous avons quand même des doutes sur les effets de ces antennes à proximité des lieux de la petite enfance ».

Il ose quand même affirmer ça moins d’un an après avoir autorisé l’implantation d’une antenne à moins de 100 mètres d’une crèche. Les mots me manquent.

Comment peut-on afficher un tel cynisme sur un sujet qui concerne la santé de dizaines d’enfants en bas âge ?

Acte II La commission du 03 novembre niveau CM1

Les plus optimistes misaient sur une négligence coupable qu’il avait à cœur de rattraper en instaurant précaution et transparence via cette nouvelle commission. C’était mal connaitre l’animal et la grenouille portant sur son dos l’arthropode en est pour ses frais.

Le 03 novembre, Michel Moyrand caricature et tourne en ridicule les représentants du collectif Priartem en rétorquant « qu’on n’était plus au temps des indiens et de signaux de fumée ».

Pour oser une telle stupidité, il a au moins lu Lucky Luke. Qu’un maire d’une ville de 30 000 habitants puisse s’abaisser à un tel niveau d’infantilisme est consternant.

Il suffit de lire ensuite le très bon compte rendu du collectif Priartem Périgueux. Souvenez-vous du problème important qu’il ne fallait pas négliger et comparez maintenant avec sa justification d’un nouveau panneau antennaire à la Grenadière:

« J’ai laissé courir le projet (déposé en mai 2010) « Grenadière » (panneau antennaire) par rapport à vous je ne l’ai pas signé, sachant que deux mois après il était de fait acté ».

Michel Moyrand laisse courir en mai 2010, alors que le 30 septembre 2010 (Cf. Ecoblanchiment à Périgueux), 4 mois plus tard, il signe les déclarations suivantes : « l’inexistence d’un risque sanitaire n’est pas formellement montrée à ce jour », indiquant une « nocivité éventuelle » et le besoin de « sensibiliser aux méfaits des ondes électromagnétiques ».

Acte III La tentative de récupération politique

Vous pensiez qu’on touchait le fond ? Pas du tout ! Il ne manquait que le coup tordu politique, le voilà.

Le 03 novembre Michel Moyrand, toujours dans la transparence, indique sa récente autorisation de panneau antennaire à la Grenadière. Basta.
Quelques jours après, il écrit aux habitants de la Grenadière en ces termes :

« Ce projet a été présenté lors de la commission consultative relative aux antennes relais et n’a pas rencontré d’opposition particulière ».

A tel point que Priartem Périgueux oppose à cette déclaration opportuniste un démenti formel :

« Ainsi, le collectif Priartem Périgueux n’entend pas servir d’instrument dans cette instance qui lui semble n’être qu’une mascarade… »

Résultat, Priartem Périgueux claque la porte de cette commission fantoche dès sa première séance. Les implantations anarchiques vont pouvoir continuer et Michel Moyrand retrouvera l’intimité de sa relation avec les opérateurs téléphoniques.

Acte IV en guise d’épilogue sur ce minable épisode local

Dans le bêtisier de ce vaudeville de quartier, on notera deux choses.

La première c’est cette apologie de Dordogne Libre du 24 novembre 2010 :

Le maire avait promis de la transparence, en lançant en septembre une commission consultative autour des antennes relais de téléphonie mobile. Voilà qui est chose faite.

Durant son enquête, le journaliste qui a commis ce truc a du confondre sa carte de presse avec sa carte d’adhérent au PS. Dordogne Libre peut très bien s’engager en faveur du maire de Périgueux (hors période électorale). Mais sans plus de discrétion ce n’est plus un journaliste, c’est un porte-parole.

Sur le plan politique ça sent le grabuge. Périgueux Ecologie, qui avait tout fait pour retrouver un peu de crédit avec cette commission consultative, se voit encore grosjean comme devant.

Bien décidés à sortir de leur rôle de potiche électorale, (ayons une pensée pour l’aéroport), les écologistes sont à nouveau humiliés par Michel Moyrand.

Les dossiers s’accumulent et se règleront comptant en 2014.