Bas Saint Front: financement du parking Mauvard

Le premier des arguments du maire en défaveur de la réalisation du projet du bas Saint Front était celui du PDU de la CAP. Nous avons vu que le lien entre les deux projets était quelque peu artificiel, sophistique par certains aspects, tant par la justification que par la faisabilité.

Le second des arguments est celui du financement du parking de la place Mauvard. La question qui brûle les lèvres de beaucoup de citoyens initiés au projet est :
Comment se fait-il que le financement du parking ne semblait pas poser de problème avant les élections de mars 2008, alors qu’il semble en poser un aujourd’hui ?
Pas de réponse hâtive. Ce n’est pas forcément parce que l’ancien conseil municipal était une bande de tête brûlées de la finance ; ce n’est pas non plus parce que le nouveau conseil est tellement timoré qu’il n’ose plus investir 1€ dans un projet dont la légitimité s’impose.

Dans ce qui va suivre, tout contre argument sera le bienvenu au bénéfice de la véracité. Nous faisons part des informations les plus récentes qui nous sont parvenues.

:: Résultat de la négociation avec l’entreprise chargée de la réalisation ::

Pour le premier cas, le maître d’œuvre consulté était Vinci. Tandis que les services techniques de la mairie avaient donné une évaluation du coût de travaux autour de 9.5 millions, la société Vinci avait répondu à 11 millions. Ce que l’on sait moins c’est que la même société avait répondu en seconde consultation à – 20% que sa proposition d’origine, soit environ 8.8 millions d’euros HT, (en sachant que la ville récupère la TVA avec un décalage de deux exercices). Loin de toute philanthropie, qui n’est pas leur activité, ni première, ni dernière, l’intérêt du groupe Vinci réside dans la maîtrise de l’ensemble du parc de stationnement.

:: Etalement du financement sur plusieurs exercices ::

Entre le lancement de l’opération et le début de sa réalisation, il aurait fallu compter une année. Les travaux, eux, auraient duré 1 an et 6 mois,  minimum, (sans compter les dérapages). Cela représente donc un financement de l’opération sur deux exercices, soit grosso modo, un investissement de 4.4 millions par exercice, soit un peu moins d’1/4 par an de l’investissement.

:: Comparaison avec les autres parkings réalisés ::

On peut également comparer ce projet à ce qui a été réalisé. Il s’agit d’un parking de 350 places, de deux fois inférieur en capacité aux parking Montaigne ou Francheville. Les budgets tournaient, ces dernières années, autour de 15 millions d’euros. Ces parkings ayant été réalisés sans entraîner de banqueroute, on peut penser que l’affaire ainsi budgétée n’est pas irrationnelle.

:: Le coup de la place ::

Lors de la commission extra municipale du 16 juin 2008 sur le bas Saint Front, le maire a annoncé un coup moyen par place de 28 000 euros. Ce chiffre nous rapproche d’un montant global de 9.8 millions, ce qui doit correspondre à peu près à l’estimation des services techniques. En tenant compte de l’offre de Vinci à 8.8 millions, la place reviendrait à 25 000 euros.

:: En conclusion ::

Le financement de ce parking se présente comme un investissement classique, sans particularité financière. Si ce n’est la volonté politique. Car ce projet mobilise lourdement la ligne d’investissement de la ville sur les deux exercices précités. Dans tous les cas, il est malintentionné de comparer le financement global du projet, de tout le bas Saint Front, (21 millions), à la seule ligne d’investissement de la ville sur un exercice, (18 millions).

Une nouvelle consultation

Le maire nous a dit en commission extra municipale, qu’il élargissait la consultation des entreprises au nombre de 3, ce qui est le chiffre minimum correspondant à l’usage. Cela nous amène à penser qu’il reproche à Vinci au moins une des ces deux choses :

1. D’être trop cher à 25 000 euros la place
2. D’être Vinci

Dans le premier cas, souhaitons lui toute réussite dans la négociation. Pour autant, le coût plancher ne devrait plus être très loin. Pour le second, on comprend la réticence des humanistes. Mais il faudrait donc d’abord changer le monde, au moins une partie, avant de réaliser ce parking, qui est loin quand même, de valoir la Joconde.

Pour répondre à la question première, ce n’est donc pas en raison d’une difficulté technique de financement, ou un investissement démesuré pour la ville, que le maire met le projet entre parenthèses consultatives. Ce qui change ce n’est pas l’investissement en lui-même, c’est visiblement la volonté d’investir.

Il eut peut-être fallu, en définitive, que cette idée de projet bas Saint Front vienne de lui. Les périgourdins paieront ou le temps qu’il lui faut pour qu’il se l’approprie, qu’il le fasse sien, parce qu’il est d’un intérêt général plus qu’évident, ou bien nous sommes spectateurs de grandes manœuvres politiques, consistant à allumer des feux de pailles tous azimuts pour servir des intérêts qui ne seront pas opaques bien longtemps.

Comme a dit un évêque bien connu :
« On commence par faire de la fumée mais ensuite on se plaint de n’y plus rien voir »