Casino CCI No Limit, Michel Moyrand relance « all in »

Près d’un périgourdin sur quatre est contre le projet de déménagement de la mairie. [Consulter l’intégralité du sondage BVA de juin 2011]. Le maire feint dans les journaux de s’en moquer (« je m’attendais à bien plus !« ). Trop tard, l’erreur est faite et il ne peut plus reculer.

N’ayant jamais été délimité sur un plan budgétaire, ce projet est un puits sans fond. L’absence de maîtrise et d’analyse en fait un divertissement investissement sans limites. Il coûtera ce qu’il coûtera.

Quand en 2008 Michel Moyrand a pris les commandes, il ne savait ni combien coûterait réellement son projet de nouvelle mairie, ni comment il le financerait. Depuis il a trouvé une martingale.

La CCI a bel et bien été transformée en casino, Michel est assis à la table. Il prend une trempe. C’est pas grave; Michel aime jouer. Michel recave et relance au tapis avec le patrimoine immobilier de la ville. Plus ça cogne en face, plus il allonge. Il vient de sortir des poches de la ville pas moins de 15 bâtiments pour pouvoir suivre les enchères.

Rien ne va plus à la roulette municipale !

Le coût de la nouvelle mairie a été multiplié par 7 en trois ans, atteignant officiellement la somme (provisoire) de 7 millions d’euros HT.

L’évolution du coût de cette nouvelle mairie est assez épatante.

  • 2008: 1 000 000 € (campagne électorale)
  • 2009 : 3 576 000 € (PPI 2009/2014)
  • 2010 : 5 700 000 € (PPI 2010/2014)
  • 2011: 7 000 000 € (estimation architecte)

Côté financement une parade de circonstance a été trouvée.

La mairie flambe ? Vendez le reste de la ville !

Au prétexte que la ville aurait un patrimoine immobilier important, ce dernier est une réserve sans fond. Il n’y a qu’à céder autant de patrimoine qu’il faudra pour réaliser le rêve de Michel.

C’est ce que Michel appelle une « opération blanche », qui ne coûte pas d’argent aux périgourdins. En réalité si. Ca leur coûte simplement plus de 8 millions d’euros de patrimoine immobilier, dont par exemple la maison Estignard (mais tout le monde s’en fout).

Les dépenses (pour l’instant) consacrées à la nouvelle mairie

Acquisition du bâtiment : 2.63 M€
Démolition : 120 000 €
Honoraires maîtrise d’œuvre : 367 000 €
Travaux : 3.536 M€ (estimation maître d’œuvre avant marché de travaux)
Stylos et plantes vertes : 175 000 €

Cela nous fait une petite note que le maire arrondit à 7 M€ en conseil municipal. Sans compter à l’évidence sur la rénovation et la mise aux normes de l’actuelle mairie pour accueillir de nouveaux services publics.

Autant dire un minimum de quelques millions d’euros toujours absents des budgets prévisionnels. Mais à ce niveau là c’est une question de plaisir, on ne compte plus mon brave !

Les recettes issues de la vente du patrimoine immobilier

Là il n’y a qu’à se servir. Voici donc la petite liste dressée par le maire.

Ventes déjà effectuées
3.5 M€ (dont Castel Peyssard pour 940 000 €)

En 2012 :
La Daudie : 1 000 000 €
Hôtel Estignard : 700 000 €
Trésorerie municipale : 380 000 €
Rue Lacombe : 100 000 €
Restaurant du golf : 191 000 €
Rue des Tanneries : 20 000 €

En 2013 :
Salle horticulture : 420 000 €
CAPEB : 145 000 €
Rue Ernest Guiller (après ouverture maternelle la Cité) : 350 000 €

En 2014:
Maison des associations : 825 000 €
Office de tourisme : 250 000 €
Pavillon Bidanchon : 300 000 €
Fonds de commerce CIJ : 250 000 €

Il faut ajouter à cela une dote du comte Cazeau du Périgord de 900 000 €.

On arrive à un total de 8.431 M€ pour plus de 15 bâtiments liquidés. Autant dire que le maire prévoit déjà quelques dépassements budgétaires.

Disons que prudent, Michel s’offre une marge de dérapage d’encore 1.5 M€.

Moralité, heureusement que la cathédrale n’appartient pas à la commune de Périgueux sinon elle serait déjà en vente…

Oui vous avez bien lu, en 2014

La dernière ligne de recette est marrante. Car il devra attendre d’avoir libéré l’actuelle mairie pour y installer des services occupants aujourd’hui des bâtiments prévus à la vente.

Voici donc l’histoire. L’emménagement dans la nouvelle mairie est prévu pour mai 2013. Bon là ça se complique. En moins d’un de 12 mois il aura du réaliser les travaux de l’actuelle mairie. Quand on sait qu’il annonçait en 2008 l’inauguration de la nouvelle mairie pour 2010…

Conclusion, Michel Moyrand disposera d’environ 10 mois non seulement pour réaliser 1 800 m² de travaux mais aussi pour libérer et vendre 4 bâtiments pour un montant de 1.625 M€ avant la fin de son mandat en 2014… LOL Michel !

Autant dire qu’en pleine campagne électorale, Michel, s’il y retourne, devra assumer en réalité un bordel sans nom, entre des travaux non finis au pire et au mieux un trou de 1.625 M€.

Attendez-vous à d’ubuesques galimatias sur cette question…

Le respect de l’argent public ? C’est démodé

Depuis que Moyrand constate sa propre dérive sur le financement surréaliste de son projet, il n’oppose qu’un seul argument pour sa défense.

Systématiquement, il renvoie à la Filature, projet de son prédécesseur dont le coût des travaux avait été magistralement sous-estimé.

Il n’a pas manqué de le faire en conseil municipal le 22 juin :

« …mon prédécesseur avait entrepris une grande rénovation d’un grand bâtiment, il avait démarré à 2,5 M €, il a terminé à 8,5 M €, il n’est pas encore tout à fait achevé, nous devons le faire et c’est peut-être la fonction qui fait que ».

Autrement dit, les gabegies du passé justifient celles du présent. On ne sort donc jamais d’un tel cercle vicieux.

Michel Moyrand se pose ainsi en conservateur d’une tradition budgétaire laxiste et insouciante. Si Xavier Darcos aimait la jouer « grand prince » avec l’argent du bon peuple, alors Michel Moyrand aussi.