Aquitaine, les régionales sur Facebook

Il y a peu nous avons jeté un œil sur la façon dont les candidats aux régionales Aquitaine utilisaient Twitter dans le cadre de la campagne. Il manquait à relever les compteurs sur FacebookFB– pour clôre l’observation du mois de janvier.
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C’est un tweet de Jean Lassalle, le candidat Modem, qui a alerté mon attention le 1er février:

est honoré d’entrer au top 100 des politiques sur facebook… et désolé de voir deux aquitains en sortir…

La phrase indique une double satisfaction, bien que la seconde partie soit en creux. Il l’indique donc doublement en la communiquant sur sa page FB.

:: Over the Top ::

Mais la déclaration à de quoi étonner à plusieurs titres.

C’est tout d’abord la satisfaction, mieux, un honneur d’être dans le top 100 FB. A l’issue des résultats d’un institut de sondage on peut comprendre. Mais c’est dire ici la place que commence à occuper FB et l’influence grandissante que ce réseau acquiert.

Le second c’est la crédibilité que l’on donne a priori à ce classement que l’on veut fiable. Non en terme de mesure, mais en terme de critère de sélection. A examiner de près ces critères, il semblerait que la satisfaction de Jean Lassalle dénote un enthousiasme prématuré.
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:: FB top 100: baromètre de l’opinion ? ::

Les responsables de ce travail se veulent comme un nouveau baromètre de l’opinion. Comme ils l’expliquent, ils n’ont retenu qu’un critère parmi les trois « états » possible de FB : « rejoindre » « ami » et « fan », impliquant des fonctionnalités différentes. Seul le dernier a été retenu sur des critères subjectifs :

En effet, il est très facile de se dire « amis » avec tel ou tel homme ou femme politique tandis que le fait de se déclarer « supporter » nécessite une démarche plus volontaire et plus engageante.

Ce classement était hébergé par le blog MonTours.info de Christophe Becker, avant de migrer vers une adresse dédiée. Un passe-temps qui prenait en compte au début toutes les personnalités politiques et qui s’est précisé empiriquement.

Le travail est non professionnel et cela n’est pas dissimulé :

Notre classement, sans se prendre au sérieux, se veut un complément aux enquêtes d’opinions et aux sondages plus classiques.

Sans gâcher la joie du candidat Modem il faut rappeler que ses concurrents ont non seulement des « pages » approchant le millier d’abonnés mais en plus un compte « amis » comptant autant et plus de contacts. Au final, le candidat est derrière le PS et l’UMP, au coude à coude avec Europe Ecologie.
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Les critères et la partialité de ce classement n’ont qu’une valeur relative au point même que de dernier on peut devenir premier. Une sorte de comptabilité de chambre consulaire. Si l’on veut s’en convaincre, on peut consulter le top 50 2009 des entreprises sur FB. Les critères sont multiples et la quantité seule n’est pas déterminante. Et si Coca-Cola arrive premier, ce n’est pas du fait de quelques « fan » épris de boisson gazeuse. Au cas où, le 2° est Starbucks et le 3° Disney. La désintermédiation réoriente une part du budget com’ à la recherche de nouveaux consommateurs. A l’issue de ce type de classement, il y a en jeu plusieurs millions de dollars.

:: Information pour « le journal » ? ::

Plus surprenante encore est cette crédibilité accordée de fait et que l’on voit reprise par les journalistes, comme c’est le cas pour Le Journal du Pays Basque ou l’Express.  Outre la méthodologie employée, le classement créer une illusion de baromètre. Il faudrait déjà établir le lien de causalité entre la température politique, l’opinion, et le nombre d’abonnés. Entre cliquer pour exprimer un sentiment positif ou d’appartenance et cliquer pour s’abonner à un flux d’information, il y a une différence que n’exprime pas la mesure de la quantité. Ce n’est qu’un variable parmi d’autres.
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L’intérêt de ce classement est donc plus dans la valeur (symbolique) qui lui est accordée que dans l’information qu’il produit. Mais c’est un premier pas d’envergure qui tient FB en mass média et qui l’inscrit en grille d’observation de la vie politique dans la démocratie d’opinion. Et si avec une certaine immaturité, les politiques courent après les « fan » pour figurer dans ce classement, il ne fait aucun doute que la mesure et l’observation de cette « compétition » sera prochainement analysée avec bien plus de profondeur.

:: Les candidats sur FB ::

Sur FB, les candidats ont une tendance à l’inflation. Ici un groupe, là une page, ici pour son profil et là pour son parti et enfin pour la campagne électorale, etc. Je ne saurais avancer que ces choix relèvent d’une stratégie précise, en tout cas je ne la lis pas clairement.

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L’UMP

L’Aquitaine avec Xavier Darcos – Régionales 2010. Fans: 281
Xavier Darcos pour l’Aquitaine. Membres : 770
Xavier Darcos. Fans : 881
Xavier Darcos. Amis : 1597

Le PS

L’Aquitaine – Alain Rousset 2010. Fans : 923
Alain Rousset. Amis : 2076
Alain Rousset. Fans: 69

Le Modem

Mouvement Démocrate – Modem Aquitaine. Membres : 189
Jean Lassalle – Candidat à la présidence de la Région Aquitaine. Membres : 473
Jean Lassalle. Fans : 1054
Jean Lassalle. Amis: 4

Aquitaine Ecologie

Europe Ecologie Aquitaine. Membres : 121
Europe Ecologie Aquitaine. Amis : 558
Monique de Marco. Amis : 1016
Monique de Marco. Fans : 356
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Entre le parti, l’équipe et la tête de liste les approches sont différentes. La question serait de savoir si les candidats utilisent vraiment les différents statuts relativement à leurs fonctionnalités, ou s’ils créent des pages au gré de leur feeling du moment. Il faudrait adresser quelques questions aux divers staffs à la fin de la campagne, ce n’est pas exclu.

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:: Pour conclure ::

Terminons par là où nous commencions. Jean Lassalle vient tout juste d’annoncer le lancement de son site de campagne (mieux vaut tard que jamais), soulignant ainsi la différence avec le site du Mouvement Démocrate qui servait jusque là de plateforme centrale.
En terme de web design, on ne saurait nier que les modèles de WordPress ont la côte. Cette uniformité a peut-être pour avantage de préparer le second tour qui sait ?

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#Aquitaine: les élections régionales et Twitter

Les élections régionales auront lieu dans un peu plus d’un mois. L’UMP et le PS auront attendu la fin du mois de janvier pour annoncer les listes départementales. La campagne en forme de blitz krieg de l’UMP rappelle celles des municipales de 2008 menée par le ministre du travail à Périgueux, avec le résultat que l’on connait.

Bref rappel en préambule, la cartographie des régionales sur la toile via Pearltrees

Régionales Aquitaine 2010

Ce qui découle de notre observation de janvier : autant le dire, si les candidats stagnent sur Twitter ils feraient un carton sur Foursquare. En effet, leur microblogging est largement destiné à dire où et quand les candidats seront, limité en grande partie à un usage d’agenda.
Nous avons donc relevé les compteurs pour mesurer (superficiellement) la pénétration et la progression des têtes de listes dans les principaux réseaux sociaux. Par ailleurs, il sera pris en compte cette fois les candidats Aquitaine Ecologie et le Modem qui viennent de créer des comptes Twitter depuis début janvier.

:: No FB Day ::

Pour ce jour nous ne regarderons que Twitter en laissant de côté Facebook, que nous verrons plus tard. La grande vue d’ensemble aurait été de rigueur mais en ce dimanche, les gazouillis ont plus retenu mon attention.
Depuis le dernier billet sur la question, Qui Twitte a mis en ligne un lien pour suivre l’actualité des élections régionales sur Twitter. Un peu avant, Le Post avait lancé Tweest, consacré aux politiques sur ce réseau. Enfin, Sud Ouest met à disposition une « list » des politiques en Aquitaine, c’est toujours pratique.

:: PS3 vs UM P2p ::

En terme de stratégie de communication générale, il est intéressant de s’arrêter sur celle du PS et de l’UMP, tant le contraste est grand. D’un côté, le PS continue de nourrir une activité soutenue sur son site de campagne. Les mises à jour sont régulières et de nouveaux contenus sont disponibles avec une bonne fréquence. Sur un plan pratique par exemple, depuis leur annonce officielle, les listes départementales sont consultables, ainsi que les sites départementaux sont développés en continuité du site général. Ce n’est pas le cas à l’UMP.

Mais plus original, depuis le 27 janvier, le PS vient de lancer rousset.mobi, une application pour Iphone afin de suivre la campagne. Certes, il  n’est pas distribué sur l’Appstore. De plus, le lien renvoyant sur la page de téléchargement ne fonctionne pas et l’on se contentera pour l’instant d’une déclaration d’intention :

A l’heure où plus de 300 000 Aquitains sont sur facebook et où 1,8M d’iPhone sont en circulation en France, l’équipe d’Alain Rousset a décidé de jouer à fond la carte des outils numériques pour renouveler les modes de communication traditionnels et toucher de nouveaux publics.

Peu importe, la victoire sur l’internet se dessine déjà. L’un est de plus en plus réactif quand l’autre est de plus en plus amorphe. Devrait-on leur rappeler qu’en choisissant une blitz krieg, ils ont opté pour une tactique de mouvement?

Car il commence à y avoir un gouffre avec l’UMP. De son côté, le site de campagne de l’UMP reste peu mis à jour et faiblement nourri de contenus : il est à l’heure actuelle l’inverse d’un site vivant et donc l’objet d’une réelle communication. L’immense « panneau » Twitter au milieu de la page ne sert quasiment à rien, puisque le candidat a envoyé 7 tweets depuis le 07 janvier 2009.

D’ailleurs c’est marrant. A l’instant, le site vient d’être mis à jour et les « encarts » Twitter et Facebook ont été remplacés par des annonces évènementielles (aujourd’hui pour un meeting). Les têtes de listes départementales sont également à jour. Au regard de ce que nous allons dire, c’est assez significatif qu’ils décident de changer de stratégie.

Autrement dit, il semble que l’UMP a fait le choix de ne pas faire campagne sur l’internet, évoquant sa présence sur les réseaux sociaux plus qu’il n’y participe et délaissant son site officiel, parent pauvre de sa campagne électorale. On peut même aller jusqu’à se demander si au fond, ce désengagement sur le réseau ne correspond pas à une réalité plus matérielle quant aux véritables objectifs de la droite dans cette élection.

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:: La politweeque en chiffres ::

Voici les résultats bruts et l’évolution des comptes depuis qu’ils sont mis en observation.

@moniquedemarco (AE) analysé sur Twittercounter. 48 abonnés et 44 tweets.

@jeanlassalle (Modem) analysé sur Twittercounter. 35 abonnés et 25 tweets.

@RoussetAlain (PS) analysé sur Twittercounter. 153 abonnés (+51) et 68 tweets (+56).

@XavierDarcos (UMP) analysé sur Twittercounter. 756 abonnés (+145)  et 27 tweets (+7).

:: Les gazouillis de Xavier Darcos ::

Le compte UMP obtient la marge de progression des abonnés la plus importante alors que paradoxalement, c’est lui qui communique le moins. Il semble que l’aura de la fonction ministérielle y soit pour beaucoup, ce compte est national bien plus que régional.
Cela dit le ministre communique en variant les thèmes et propose un agenda, des réflexions « personnelles » des liens vers son blog ou le site de campagne. Il est certes très rare, mais pas inutilement.

:: Les gazouillis d’Alain Rousset ::

Quantitativement, le candidat socialiste a accéléré avec plus de 50 tweets. Mais cela demeure obstinément quantitatif. Il se contente en grande partie de poster des liens sans titres renvoyant sur sa page Facebook. Qui pourrait bien avoir envie de cliquer sur un lien de ce type ? Cette communication abstraite et monotypique a peu de chances de générer beaucoup d’abonnés, de même que peu d’effet dans le référencement. Ce compte n’est pas fait pour durer au-delà de la campagne mais il pourrait lui profiter, ce qui n’est pas probant.

:: Les néo gazouilleurs ::

Quant au Modem et Aquitaine Ecologie, les nouveaux arrivants semblent s’être impliqués un peu tard dans la campagne. On peut se demander si, en terme de communication, cet investissement connaîtra bien un retour et offrira ce qu’on peut attendre de lui, des électeurs. En deçà de cet objectif, il a au moins pour effet une amélioration infra réseaux.

Centristes et écologistes s’y prennent différemment et se sont créés à deux jours d’intervalle. Ils seront donc intéressants à suivre pour ça et l’on peu penser que leur manière de communiquer fera la différence. L’avantage est aujourd’hui à Aquitaine Ecologie et nous prenons le pari qu’à l’arrivée ils seront nettement devant.

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Le Modem accumule les tweets de liens Facebook sans autre forme d’informations, du temps perdu selon moi. Les deux réseaux ont leurs particularités. Utiliser Twitter en boîte à lettre de liens Facebook a peu de chance de rencontrer satisfaction. Pour le détail, poster des url de 126 caractères sans passer par bit.ly par exemple est une légère faute de goût. Seuls 3 tweets sur 35 sont à caractère personnel, traduisant un sentiment ou une appréciation. On reste dans une communication politique froide et objective. Le résultat est connu maintenant. Ces comptes sont toujours en déficit d’abonnés par rapport à ceux qui se montrent personnels et quotidiens..

Côté Verts il semble y avoir une meilleure organisation ou une meilleure communication entre communicants. Pour commencer, Europe Ecologie a su se ventiler comme un label sur l’ensemble du territoire. Chaque Région est porteuse de son compte Twitter, c’est efficace en terme de présence et de diversité, unique et commun à la fois si l’on peut dire. C’est à l’intérieur de ce réseau largement maillé que le compte de la candidate s’inscrit personnellement. Elle est d’ailleurs 2 fois plus listée que le candidat Modem.

La candidate mélange les temps et les personnes. Là « elle est », ici « nous serons », etc. bit.ly apparait dès le 3ème tweet, l’apprentissage est allé vite! Quelques retweet, un ton dynamique, réactions, évènements variés, le compte est vivant. Ce n’est pas qu’une impression, le vocabulaire joue son rôle. L’exemple est amusant, voici les débuts de tweets. Débattre, consulter, réagir, rejoindre, sont des verbes employés dans les messages souvent mêlés d’enthousiasme sans être niais. La candidate évite ainsi un piège dans lequel tombe souvent les politiques : montrer d’eux-mêmes un compte mécanique et impersonnel, comme s’ils étaient l’Agence France Presse de leur emploi du temps.
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A mon sens, ces quatre comptes sous exploitent les ressources de Twitter. L’ingratitude d’être politicien, candidat par surcroît, conduit à un compte qui ne s’intéresse qu’à lui-même. C’est se priver de la fonction retweet qui est un des outils les plus dynamiques de Tweeter. Enfin et j’ignore pourquoi, on constate une absence totale de htags. Là encore c’est faire une économie couteuse en référencement.

:: La politique entre marketing et communication ::

Ce qui continue d’être frappant, c’est la continuité ici entre marketing et communication politique. Et par extension même, les règles du personnal branding. Le format et les ressources de Twitter conduisent à des stratégies équivalentes en approche et en méthode. Les politiques qui ont le plus de succès et qui sont le plus en avance sont ceux qui se sont adaptés à Twitter et ses usages et non ceux qui ont voulu que le réseau ne soit pour eux qu’un destinataire comme un autre. Or cette adaptation semble passer par l’intégration des règles de Twitter, règles communes au marketing et la com’.

Cela demande forcément du temps. C’est pourquoi aussi l’on peut douter de l’utilité de créer un compte pour une seule campagne, électorale ou publicitaire. Si l’on peut s’exprimer ainsi, les « dividendes » des comptes Modem et Aquitaine Ecologie ne seront pas pour l’élection de 2010. Ils servent davantage aujourd’hui à montrer que l’on n’est pas en retard et non plus comme il y a peu encore que l’on était en avance.

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Cela dit ces réseaux sont aujourd’hui des outils incontournables par leur transversalité. La campagne à papa, la grande pyramide montée sur roulettes est une forme de communication qui recule face à l’unicité et l’égalité des adresses IP. Il reste que les politiques ne sont pas égaux face à ce darwinisme numérique qui n’occulte pas (encore) l’action de terrain.

Aquitaine 2010, les Régionales vues de Pearltrees

Aujourd’hui je poursuis l’exploration de la campagne des élections régionales Aquitaine 2010 sur le réseau. Jusque là, j’avais observé mensuellement le « match » PS/UMP sur Twitter et Facebook, en décembre et janvier (la cession de février promet des surprises).
Pour mémoire ou à l’attention de ceux qui l’observent de loin, le phénomène se développant sur internet est nouveau au niveau régional. Les politiques comme les électeurs sont en train d’apprivoiser de nouveaux outils, dont la maîtrise dépend souvent de celle qui a été acquise dans d’autres contextes, (personnels, professionnels, etc.). Cette période est particulière, car le maniement de ces outils, s’ils sont simples d’usage, requièrent une expertise certaine dès qu’on les met en oeuvre. Chacun sait qu’une partie non négligeable de l’élection se joue sur internet, alors que les subtilités de ce réseau ne sont pas encore totalement maîtrisées en communication politique.

La stratégie politique, aussi chaotique qu’elle puisse être parfois, ne peut ignorer ce qui se joue sur la toile et a l’obligation d’agir. Suite à l’élection de Barack Obama, beaucoup ont compris la nécessité de l’outil quand d’autres y ont même vu un eldorado électoral.
Dans cet ordre d’idées et à la suite du succès de mybarackobama.com, l’UMP et le PS viennent de lancer leurs réseaux sociaux militants, Créateurs de possibles pour le premier et Coopol pour le second.

:: Politique internet et réseaux sociaux ::
Ce qui nous intéresse là, c’est le niveau de pénétration actuelle des réseaux par les partis politiques dans le cadre des régionales en Aquitaine. C’est l’objet d’un passe temps, c’est donc incomplet et encore superficiel. Néanmoins, à terme, car le travail est en cours, nous espérons pouvoir livrer une carte assez fidèle de cette campagne. In fine, nous pourrons tirer quelques conclusions sur les stratégies qui ont été mises en place par les forces politiques régionales.

Bémol à la description unifiée de cette stratégie, les principaux acteurs politiques présents sur les réseaux sociaux l’étaient avant la campagne. Certains mélangent comptes personnels et comptes de campagne et des groupes préexistants militent pour l’occasion en surcroit de leur activité habituelle.

:: Les élections vue de Pearltrees ::
Nous avons développé cette carte sur Pearltrees, qui semblait un outil particulièrement adapté et simple d’accès. Précaution renouvelée avant usage, le travail est en l’état, non achevé. Son incomplétude correspond parfois aux partis politiques eux-mêmes, n’ayant pas encore dévoilé leurs listes ou communiquant confusément des informations pourtant essentielles.
Enfin, cette carte, nous l’espérons, sera utile aussi pour suivre les élections de près, dégageant une vision synoptique des sites, blogs et réseaux sociaux. C’est pourquoi, aux lecteurs que cela intéresse, toute aide sera bienvenue afin de compléter le travail.

:: Les niveaux de pertinence visuelle ::
La carte se développe selon un principe centrifuge à quatre niveaux pour l’instant.
1. Elections régionales
2. Les forces politiques en présence
3. Les outils médias utilisés
4. Les individualités actives sur les réseaux (FB uniquement pour l’instant, le plus populaire)

:: Ebauche de Pearltrees ::
Avant de cliquer sur « la perle », voici l’état des lieux

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Régionales Aquitaine 2010

:: Les premiers éléments de stratégie de communication ::
Une brève présentation, à chaud.

Les extrêmes gauches
Globalement, internet ne semble pas être une priorité pour l’extrême gauche. L’absence de séparation claire, parfois, entre enjeu national et régional, ou la profusion de partis politiques, ne permet pas dans Google un référencement clair et distinct. Leur préférence va à Facebook et encore, sans aboutissement.

Le Parti Socialiste
Le parti socialiste a misé largement sur son site de campagne, de loin la plateforme la plus efficace et la plus aboutie en matière d’outils et d’ergonomie. Présent sur Twitter et Facebook, Dailymotion et Youtube ainsi que sur Flickr, c’est le parti qui a le plus exploité les outils à disposition. En revanche, les têtes de listes départementales ne sont pas explicites et tout est misé sur la personne d’Alain Rousset.

Aquitaine Ecologie
Le schéma semble clair pour Aquitaine Ecologie. Le groupe fait l’économie d’une communication sur Twitter mais compense par une forte activité sur Facebook, dont la page est complète. Par ailleurs la liste des candidats par départements est clairement affichée et dans cette lignée, la communication se veut davantage collective que portée sur la tête de liste, notamment sur Dailymotion.
Ils se présentent ainsi comme un parti structuré et clair et dont les ambitions ne sont pas moindres qu’aux élections européennes.

 Le Modem
De son côté, le Modem possède la page Facebook la plus complète et la mieux renseignée. On notera une bonne présence des têtes de listes dont les comptes Facebook sont actifs. En revanche, ils font l’impasse sur Twitter Youtube et Flickr, ce qui peut étonner au regard de la dimension numérique voulue initialement au niveau national.

Le Centre Démocrate
Nous nous permettrons une zone d’ombre concernant le Centre Démocrate, politiquement en attente de clarification de la maison mère. Sur le plan des outils médias, Twitter (29 followers) et Facebook sont les cibles. De manière surement approximative, on le trouvera aussi sur Myspace, ce qui ne sert à rien en l’espèce.

L’UMP
L’UMP présente une stratégie particulière, difficile à synthétiser. Les têtes de listes départementales ne sont pas livrées, en revanche chaque zone a déjà son porte-parole avec sa fiche d’identité, mais sans parole. Le parti est présent sur Flickr mais ignore les formats vidéo. Il y a un site officiel, mais le blog personnel de Xavier Darcos lui sert de relai de communication, comme son compte Twitter. L’accent est mis sur une carte interactive pour apporter une valeur ajoutée participative, mais toute la campagne repose sur la personnalité du ministre. La ligne de mire est par conséquent complexe à isoler, notamment aux travers des comptes Facebook servant à la communication gouvernementale.

Mise à jour. Vers 22h00, Xavier Darcos twitte sa liste de candidats départementaux. 

Le Front National
Quant au Front National, il offre une visibilité minimale, globalement discret dans les réseaux sociaux (Facebook) et isolé sur internet en général. La moindre vague en dehors de « son territoire » déclenche des tsunamis numériques.

:: Conclusion temporaire ::
Tout d’abord, il faut le répéter, le travail est cours et comporte certainement des erreurs que nous essaierons de corriger.
Premier étonnement devant cette carte, les similitudes entre les extrêmes. La présence numérique, le choix des outils et des médias sont assez proches, mais pour des raisons différentes surement. L’extrême droite n’a pas, sociologiquement et dans sa pyramide des âges, intérêt à se risquer dans une communication trop large sur le réseau. Mais l’extrême gauche, elle, éparpillée et diluée, répond peut-être davantage d’un facteur culturel, d’assemblées générales en rassemblements humains, dans des couches sociales encore partiellement « numérisées » (?).

Second étonnement, il y a d’un côté Alain Rousset et Xavier Darcos, de l’autre le Modem et Aquitaine Ecologie. L’effet est accentué puisque ni PS ni UMP ne dévoilent les listes de candidats sur leurs sites de campagne. Pour ces deux parties, tout se joue sur l’unique personne du n°1. Cela est flagrant pour le PS, alignant une multitude de vidéos dans lesquelles les interviewés disent tout le bien qu’ils pensent non de l’équipe ou du parti, mais de la seule personne d’Alain Rousset. Cette focalisation est peut-être due au déficit de notoriété du candidat sortant qu’a révélé un sondage récent.

Stratégie inverse pour le Modem (non sur le plan national) et Aquitaine Ecologie, jouant la carte de l’action collective. L’attention de l’électeur est plus difficile à canaliser que dans un face à face avec le n°1, mais le mouvement correspond plus à l’air du temps et surtout à l’image initiale d’Europe Ecologie. Deux stratégies s’affrontent donc. Celle du leader charismatique pour le PS et l’UMP contre la synergie de groupe pour les autres.

Au début du mois de février nous pourrons faire un point plus complet sur le niveau de pénétration des réseaux, avant de compléter et d’élargir cette carte.

Régionales Aquitaine: cyberpolitique, Rousset devant Darcos ?

Nous vous avions proposé de suivre l’évolution de la campagne des régionales sur la toile en ce qui concerne le PS et l’UMP. Le 02 décembre avait été l’occasion d’un premier regard. Après un peu plus d’un mois, quelques changements sont à observer.
Nous nous limitons à mettre en parallèle 3 médias principaux : le site de campagne, Facebook et Twitter.

:: Les sites internet ::
Le PS
Le site est actif. En particulier, les responsables de la communication misent sur un mur Dailymotion dynamique, enrichi régulièrement par des interventions d’élus et responsables politiques. Si cette forme de communication fonctionne bien, en revanche les contenus dépendent de la prestation de l’intervenant. Celle de Benoit Secrestat, secretaire fédéral PS 24 est calamiteuse. Il lit un texte placé un texte au-dessus de la camera, un peu comme une pelleteuse ferait de l’art lyrique. C’est sa marque de fabrique, puisqu’il a réitéré l’exercice dans sa présentation des vœux 2010 pour le PS. Effet Botox garanti, il passe à côté du message et de l’intérêt même de la vidéo.

Le bandeau défilant sur les actus met à ce jour l’accent sur l’écologie, Flopenhague et le service public notamment avec les transports en commun. Pied au plancher sur les réalisations écolo par exemple avec le lycée de Blanquefort HQE. Peu importe que ce label n’ait aucune signification réelle, en com’ il passe bien.

L’UMP
A la place des vidéos, les communicants ont misé sur une carte interactive pour créer du lien « participatif ». Signaler un problème, poser une question, etc. Ces participations semblent surtout être une tâche confiée aux militants pour faire vivre une relation à l’apparence poussive. En prime, l’équipe des portes paroles y est sans voix, ce qui ne manque pas d’ironie.

Côté actus 5 nouvelles déclarations. Hormis un sujet sur Flopenhague, (obligé), le site suit les consignes de l’Elysée : taper sur la fiscalité et les finances, 14/12/09.

Impôts régionaux +17%
– Pression fiscale sur les ménages et les entreprises +26% > moy. nationale.
– Taux de la taxe professionnelle de + 64% en 11 ans en multipliant par 3 en 11 ans les charges de personnel.
– Aquitaine comme la 7ème région pour le poids de la fiscalité.

Bref, c’est affreux, l’UMP n’augmentera pas les impôts nous assure-t-on.

Evidement c’est à comparer avec le bilan proposé par le candidat socialiste :

– Un redressement spectaculaire des finances de la Région en 10 ans.
– L’Aquitaine est passée de l’avant-dernière place au trio de tête des Régions les mieux gérées de France entre 1998 et 2007.
– La dette a été divisée par deux tandis que les recettes de la Région étaient dans le même temps multipliées par deux.

Débrouillez-vous avec ça.
A part cette sortie pour honorer le plan com’ national, soit le site sommeille, soit il est en gestation. L’activité n’y est en tout cas pas visible.

:: Sur Facebook ::
Le groupe PS
Au 02/12/09 : 740 inscrits. Au 07/01/10 : 815. +75.
Dernier message officiel, 21/12/09.
Le groupe UMP
Au 02/12/09 : 478 inscrits. Au 07/01/10 : 706. +228.
Le retard est en train d’être comblé. On notera une forte participation d’utilisateurs quand pour le PS il s’agit essentiellement d’annonces officielles.

:: Sur Twitter ::
Le groupe PS
Au 02/12/09 : 70 followers et 6 tweets. Au 07/01/10 : 102 followers et 12 tweets.
C’est toujours extrêmement bas, sinon inexistant. L’augmentation des followers ne tient quasiment qu’à des comptes factices pour faire du chiffre. L’utilisation du média est restreinte au minimum pour des annonces officielles, ce qui ne fonctionne pas sur Twitter.
Ou bien la com’ se plante, ou ils ont fait le choix délibéré d’ignorer ce média, peut-être parce qu’au regard de sa notoriété il n’est pas encore jugé rentable en terme de visibilité.
Le groupe UMP
Au 02/12/09 : 441 followers et 16 tweets. Au 07/01/10 : 611 followers et 20 tweets.
Là encore quelques comptes fictifs, mais marginaux. Même s’il est loin d’une NK_M (34 933) ou d’un Benoit Hamon (26 065), il est là, participant très peu et pour des annonces officielles.
On est loin sur Twitter d’une campagne politique à tendance urbaine et numérique. Il semble que cette présence tienne à la dimension nationale du candidat, au fait des tendances, contre un président de Région dont le 1/3 de la population ignore le nom.

:: Conclusion ::
La campagne ne semble pas avoir encore pris sur les réseaux sociaux malgré un début de mobilisation. Cela étant, l’activité du site et le taux de couverture est à mettre à l’actif du PS, face à un groupe UMP qui semble attentiste. Cette impression provient également de la structure même des sites, dont la plateforme socialiste est conçue dans un schéma beaucoup plus dynamique.

Pour l’instant en Aquitaine apparemment, il faut faire du terrain. Les usages numériques semblent encore éloignés d’une population rurale ou composant de moyennes et petites villes. La campagne des principaux candidats sur internet doit être proportionnelle à ce qu’ils en attendent : pas une influence déterminante visiblement. Mais il faudra continuer à suivre pour le savoir.

Quant à Aquitaine Ecologie, dans un style beaucoup plus classique et voulant montrer son attachement pour le fond, du débat, des textes et quelques vidéos. Une surprise cependant qui témoigne de l’ambiguité de cette campagne. Bérénice Vincent, par exemple, est conseillère régionale et adjointe au maire dans des majorités socialistes. Comment justifier dans ce cas les critiques contre le bilan d’Alain Rousset et de pointer les carences du Conseil Régional en matière environnementale?

Critiquer son partenaire et cracher dans la soupe de sa propre majorité, tout en sachant qu’en cas de non victoire d’Aquitaine Ecologie, les fauteuils Verts sont acquis si le PS veut conserver la Région, c’est limite et ça ne peut faire illusion qu’un temps. Bérénice Vincent contre Alain Rousset, c’est un peu comme si Hervé Morin faisait campagne contre le gouvernement Sarkozy. Ce n’est simplement pas crédible.

On ne peut pas se poser en alternative de son propre bilan tout en étant garanti de poursuivre la même politique après la victoire. Il y a là une schizophrénie politique et une forme d’hypocrisie.

Des élections régionales en Dordogne? Ah bon? Nonnnn

Si Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux sports et Alain Rousset, candidat sortant à la Région Aquitaine, étaient à Périgueux, hier, ce n’était pas pour faire campagne. Rien à voir. D’un côté Rama Yade annonçait une « simple visite privée à des militants UMP » pour partager une petite bouffe et de l’autre, Alain Rousset passait par là et en a profité pour boire l’apéro avec ses amis socialistes.

Pour fêter ça, ils se sont tous retrouvés à l’inauguration d’un stade, occasion de faire quelques discours pour savoir, qui, des collectivités locales socialistes ou du gouvernement UMP, avait le plus contribué à ce projet pharaonique.

Croix de bois croix de fer, aucun d’entre eux n’avait présence liée avec la campagne électorale des régionales. Je ne comprends pas à quel point ces gens là sont-ils capables de nous prendre pour des cons. Cela semble hors limite. Ils seraient pris la main dans le sac, ils diraient encore que le sac leur a sauté dessus.

Une brève revue de presse permet néanmoins de dénuder les fils de la manipulation.

:: Alain Rousset est en (pré) campagne ::
Comment dire. Ce n’est pas facile. Attends, on va copier. Alors par exemple, on peut le faire à la manière de Jérôme Glaize pour Sud Ouest :

Dans ce petit jeu, à l’évidence, tous les regards sont bel et bien tournés vers un seul objectif : les élections régionales de mars prochain.

Ca marche bien, c’est habile. La métaphore du regard tourné permet de ne pas la nommer tout en indiquant le chemin (de la compréhension).

Après il y a une autre technique, consistant à ne rien laisser entendre de la réalité de l’évènement et à citer fidèlement le candidat, tout en déroulant les faits contradictoires avec les termes :

Alain Rousset, le président de la Région Aquitaine n’aime pas que l’on dise qu’il est en campagne.

La preuve encore, nous détaille Julie Martinez qu’il n’est pas encore en campagne, puisqu’il est en pré-campagne :

Hier, sa venue à Périgueux, au centre de la communication pour les Rencontres de l’Aquitaine, autour de la fédération de la Dordogne du parti socialiste, était « une préparation de la campagne », nuance-t-il.

Une préparation de campagne dans laquelle l’article détaille le programme politique d’Alain Rousset pour la Dordogne, occasion de dérouler son slogan, « innovation, solidarité, écologie ».

Nous sommes prévenus, Alain Rousset n’est pas en campagne électorale. Il fait simplement un tour de chauffe dans lequel il bat la campagne en exposant son programme devant des citoyens au sujet desquels il ne verrait aucun mal à ce qu’ils votassent pour lui. Vous voyez la nuance j’espère ?

:: L’UMP, au hasard des rencontres ::
Côté UMP cette fois, la campagne n’est pas lancée non plus. Peu importe que le Figaro, (que l’on ne saurait soupçonner de félonie envers le chef de l’Etat), titre le 29/11/09 :

Régionales : Sarkozy lance la campagne UMP

Euh oui, ce titre fait suite à une petite réunion du parti UMP avec le conseil national de l’UMP dans laquelle Nicolas Sarkozy a effectivement évoqué les élections régionales.

Mais force est de constater que là encore, l’UMP n’est pas en campagne en Dordogne et à Jérôme Glaize encore d’en démontrer l’ambiguïté :

Rama Yade a beau assurer qu’elle ne vient pas en Dordogne dans le cadre de la campagne des élections régionales, qui n’est d’ailleurs pas encore officiellement lancée du côté de l’UMP, l’autre volet de sa visite est bel et bien politique.

Bref, la venue de la médiatique secrétaire d’Etat aux sports n’a rien à voir, mais strictement rien à voir avec la l’échéance des élections régionales.

Au point même que la coupe en est pleine de ces manières politiques qui ne sont qu’un écran de fumée aussi grossier que malhabile. Jérôme Glaize à la manœuvre conclut :

Si ce n’est pas un lancement de campagne électorale UMP en Dordogne, ça y ressemble en tout cas drôlement !

Tout ce petit monde n’est pas en campagne électorale, mais agit et parle comme s’il l’était. Au point que ce double jeu s’avère bien trop hypocrite pour être traité dans la dentelle littéraire.

:: Tout ce qui peut être dit… ::
peut être dit clairement, ce dont on ne peut parler, il faut le taire. 

Ainsi, Michel Labussière pour la Dordogne Libre ne s’embarrasse pas de la communication officielle des partis politiques et titre :

Élections régionales – Deux rassemblements gauche-droite se télescopent aujourd’hui.Le match Alain Rousset – Rama Yade

Et là le journaliste déroule sans se soucier des apparences que les politiques essaient de préserver contre l’évidence :

Plus autistes que névrosées, les deux organisations politiques confirment avoir prévu leurs rencontres périgourdines respectives parallèlement? Voici plusieurs semaines, en s’ignorant l’une l’autre.

Histoire de finir au bazooka contre cette mascarade :

En revanche, en apprenant que les deux manifestations de campagne allaient se télescoper, elles ont essayé d’ajuster savamment le tir pour occuper le terrain chacune à leur façon.

Il n’y avait pas besoin de jouer les avaleurs de sabre pour expliquer la situation. Ils parlent comme s’ils étaient en campagne, ils agissent comme s’ils étaient en campagne, ils sont en campagne. Maintenant que les candidats minaudent parce que ces actes et ces mots ne correspondent pas exactement à leur calendrier officiel, cela n’a aucune espèce d’importance pour la réalité de leurs objectifs. Essayer en plus d’en convaincre les populations et les journalistes (vigilants) est un déni de réalité insultant pour ceux qui sont contraints de subir leurs logorrhées auto satisfaites.