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Rue de la chouette c’est fini : 2008/2013

Ce message signifie la fermeture du compte Rue de la Chouette et du blog éponyme. Il n’a plus de raison d’être. L’agora périgourdine ne s’en portera pas plus mal. Arrive un endroit où tout semble chicanerie. Un endroit où l’on ne peut dire que merci. Merci à tous, y compris mes contradicteurs.

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Rue de la Chouette et pseudonymat

De 2008 à 2013, voilà le temps que cela aura duré. Voilà aussi la fin de l’histoire. Tout ce temps je me serai appliqué au pseudonymat (à ne pas confondre avec l’anonymat) sur le web. Cela m’a régulièrement et parfois agressivement été reproché. J’ai toujours refusé que mon nom soit indexé et stocké dans un data center de multinationale. Appels anonymes et coups tordus avait émaillé l’élection de 2008. Une élection n’est pas ce qu’on lit sur le papier, c’est sale, ça pue, tout y est permis, on l’a vu. La politique sert à prendre le pouvoir, le reste est littérature.

Cette histoire de pseudonymat m’a toujours touché et fait réfléchir. Le web est davantage tourné vers ce qui est dit et moins par qui s’est dit. Le Pourquoi et le Comment sont plus intéressants que le Qui. On exige des individus qu’ils soient à nus, mais beaucoup moins de la chose publique. On n’attend toujours l’application de la loi de 1978 sur la transparence des informations publiques. Charité bien ordonnée…

Fortitudo Mea Civium Fides

Pour ceux qui ne voient que plaisir au bordel ou quelque intérêt politicien, laissez-moi vous dire ceci. Je ne me suis pas frotté à l’agora sans amour de l’autre, sans imaginer que le réel puisse être changé en mieux, pour lui. Et de l’amour pour Périgueux aussi. Pour cette ville qui tire sa force de ses concitoyens, de leur fidélité. Depuis 800 ans Périgueux vit avec la fierté de ceux qui la font. Ils conquirent leur liberté contre les seigneurs locaux et la négocièrent contre leur fidélité aux rois de France. Lorsqu’un maire laissait un trou dans les comptes, il devait le combler personnellement. On ne dirigeait pas Périgueux simplement pour du pouvoir, on dirigeait aussi Périgueux pour la rendre meilleure.

Les enjeux géopolitiques et la centralisation des pouvoirs ont tout changé. Mais voyez, 800 ans plus tard, nous faisons le marché au même endroit. Nous ne pouvons refaire de place de parking sans mettre au jour, sous nos pieds, d’autres périgourdins ; sur plusieurs mètres de hauteur.

C’est pourquoi le déménagement de la mairie pour motif technico-administratif est une erreur grossière. C’est pourquoi vouloir vendre la place Montaigne à un promoteur est une injure à la ville toute entière. Il en allait de même dans le années 50, de détruire les centaines de maisons du Puy Saint Front et d’en déporter un millier de familles vers la périphérie.

Je suis étonné aujourd’hui que les périgourdins n’aiment pas plus leur ville, au sens de la comprendre dans son histoire, et de la porter surtout. On descend dans la rue pour ou contre le mariage gay, mais on ne fait (presque) rien quand on veut vendre des morceaux de la ville à des intérêts privés. Il en avait été de même lors de la destruction des Rues Neuves. Quelque chose a cassé entre Périgueux et les périgourdins. Et comme par hasard, son déclin est régulier, constant et cruel depuis 100 ans.

On ne fait plus de différence entre le bâtiment des associations et l’hôtel Estignard. Deux lignes identiques dans un bilan comptable. Peu importe la chose et son histoire, son symbole ou sa fonction, on vend. On vend. On vend Périgueux comme une chose uniforme et homogène, comme une chose administrative uniquement.

Faisant fi de leur patrimoine, les périgourdins préfèrent aujourd’hui avoir une nouvelle mairie que reconstruire le Bas Saint Front, ils préfèrent vendre l’hôtel Estignard et vendre la place Montaigne, plutôt que trouver des solutions durables. Il n’y a plus ni fierté ni fidélité. On se moque que les promesses soient tenues ou non, on n’informe plus, on communique, on légitime le mensonge comme un instrument de pouvoir pour « fabriquer l’opinion ». Ce n’est contre personne ni aucun parti en particulier que Rue de la Chouette avait vocation. Mais bien contre cette chose, ce vice qui corrompt l’action publique et le sens de la citoyenneté.

C’est bien fini. Je ne ferai plus aucun commentaire, aucune observation. La chouette devient une carpe. J’y gagne, personne n’a jamais trouvé très amusant de clouer une carpe sur une porte. A première vue les détracteurs lisent une bonne nouvelle. Goûtez votre victoire, savourez vos méthodes.

Rue de la chouette 2008/2013

fun

 

PS : pour les archives le blog reste en ligne au moins temporairement. Si vous voulez vous en servir comme d’une tribune faites-moi signe, je verrais ce que je peux faire.

 

Sud Ouest et Michel Moyrand, main dans la main contre le droit

Avertissement. Il est conseillé aux agents publics de Périgueux de demander la permission à leur hiérarchie avant toute lecture, afin de vérifier qu’elle ne représente pas désormais un acte sanctionné par la mairie. On ne sait jamais, soyez prudents… En tout cas ne partagez pas ce billet sur un réseau social, ne likez surtout pas, ne laissez aucun commentaire, ne faites rien qui puisse froisser l’esprit de la démocratie locale. Bienvenue à Gattaca !

Une ville idéale
Une ville idéale

Pour Sud-Ouest Dordogne, le débat sur la surveillance des correspondances Facebook des agents publics de la mairie de Périgueux est clos. Simple, le maire répond et Sud-Ouest titre (05-01-13): « Moyrand renvoie Cornet à l’étude du droit ». Le journal qui jusque-là minimisait les faits sur la surveillance municipale de Facebook est libéré. Son champion a parlé, enfin !

Sud Ouest, une fois de plus, prend position pour le maire de Périgueux et s’autorise un commentaire indiquant que Michel Moyrand donne une leçon de droit à l’opposition. Peu importe l’importance de ce débat sur la liberté d’expression et le numérique. Rien n’intéresse moins Sud Ouest que les polémiques politiciennes, ça doit vendre mieux…

D’où ce titre outrancier et faux. Le journal qui prétend que « les faits sont sacrés » est bien loin de sa base. La réalité y est déformée à souhait afin de donner l’impression d’un ascendant juridique de la majorité contre l’opposition.

Ainsi Sud-Ouest s’empresse :

« Et oui, il a rappelé à l’ordre des agents pour avoir négligé leur droit de réserve, parce que c’est « la loi » » LOL et SIC, ce n’est pas un droit mais une obligation…

Confusion entre « réserve » et « discrétion »

En réalité le maire de Périgueux confond (intentionnellement ou non), l’obligation de réserve qui porte sur la liberté d’expression et l’obligation de discrétion, le secret professionnel associé aux documents administratifs. Cela est différent, sauf au service d’un bloubi boulga rhétorique.

On n’ose croire que le maire ou le journaliste n’aient pas vérifié une distinction aussi élémentaire que fondamentale. Ils auraient pu lire le JOAN du 08-10-2001 mais également la question au Gouvernement du 30 janvier 2007, dans laquelle le Ministre rappelle que:

« L’obligation de réserve, qui contraint les agents publics à observer une retenue dans l’expression de leurs opinions, notamment politiques, sous peine de s’exposer à une sanction disciplinaire, ne figure pas explicitement dans les lois statutaires relatives à la fonction publique. Il s’agit d’une création jurisprudentielle, reprise dans certains statuts particuliers, tels les statuts des magistrats, des militaires, des policiers… »

Mais non, le maire et le journaliste préfèrent entretenir une confusion lamentable, permettant d’instrumentaliser la règle au profit de bas intérêts politiques. Là on patauge vraiment dans un caniveau médiatico-politique.

Le communiqué du maire a beau être un tissu de mensonges et de contre vérités, le journaliste répète, flatte et se gargarise. On leur apprend à l’IJBA ???

Non ce n’est pas la loi

Non ce n’est pas la loi parce qu’il n’y a pas de loi sur l’obligation de réserve des fonctionnaires. En 1983, le législateur a décidé de légiférer sur les « droits et obligations des fonctionnaires », sans toutefois assortir le texte de limitations liées au devoir de réserve. Au contraire, le législateur a garanti ces droits en suivant la Constitution et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Depuis 1983, le législateur a préféré laisser l’appréciation au juge administratif, ce qui en fait un droit strictement jurisprudentiel.

Faire confondre « loi » et « jurisprudence » est époustouflant. Et tout ça pour se targuer d’une leçon de droit ? On atteint un niveau de malhonnêteté intellectuelle stratosphérique. On dirait Sud Ouest parti en campagne électorale derrière le maire de Périgueux.

Ce que nous dit le droit

La responsabilité est donc laissée au Conseil d’Etat par le législateur. Et que dit le juge ? « Qu’en manifestant son opinion sur des questions à caractère historique ou politique, l’intéressé n’a pas transgressé les limites compatibles avec sa qualité d’agent public alors qu’aucune faute ne lui est reprochée en ce qui concerne sa manière de servir dans l’exercice de ses fonctions ».

La propagande, l’atteinte à la fonction et à la hiérarchie, l’outrance, la polémique, la diffamation, sont sanctionnables en fonction du contexte. Mais en soi, la liberté d’expression reste protégée.

Le droit reste très prudent car la liberté est la règle, l’obligation de réserve une exception. Ainsi les arguments du maire de Périgueux ne reposent en rien sur « la loi », mais relèvent de sa subjectivité. Son interprétation de la loi ferait effectivement passer la Russie pour un pays non autoritaire et une « grande démocratie » comme le dit Gérard Depardieu.

Un like Facebook ? Oui Monsieur, une propagande insoutenable !

Pour le maire (suivi par Sud-Ouest dans la teneur de l’article), un « like » Facebook représente visiblement un acte de propagande insoutenable (à géométrie variable quand même), et non la simple expression d’une opinion, fut-elle politique (et autorisée).

En somme cette histoire en dit long sur la « mentalité municipale ». Le maire semble regretter qu’une expression politique divergente, au sein des 580 agents publics, puisse s’exprimer librement (dans les règles). En cela il travestit l’esprit de l’obligation de réserve et en fait une arme de répression politique.

 Je te surveille, mais par hasard

Magnanime, Sud Ouest, pour finir va jusqu’au bout pour son favori en graissant le texte: « Le maire dément surtout organiser la surveillance de ses agents, et évoque son « attachement aux libertés individuelles ». »

Ah bon. Alors comment la collecte de données sur Facebook s’est-elle faite ? Qui a fliqué les comptes Facebook des agents publics, les a lu, puis rassemblé ?

Combien de personnes, pendant combien de temps, ont-elles été dévolues à cette tâche ? Parce que pourtant, tout ressemble bien à l’organisation d’une surveillance.

C’est donc assez marrant. D’un côté le journaliste raconte n’importe quoi sur le plan juridique mais s’arroge le droit de flatter la majorité pour accabler l’opposition  »

Un peu de lecture pour le journaliste…

http://www.snasub.fr/spip.php?article18

http://www.lagazettedescommunes.com/1559/l%E2%80%99obligation-de-reserve-des-agents-territoriaux-en-10-questions/#q9

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006068812http://www.authueil.org/?2007/02/02/280-qe-107547

La mairie de Périgueux surveille ses employés sur Facebook et sanctionne leurs « like »

Ah la liberté d’expression… Cette invention saugrenue semble titiller la mairie de Périgueux, qui l’a fait savoir à ses employés municipaux (cf. Dordogne Libre du jour). Convoqués et avertis, ces derniers sont accusés d’avoir quitté leur « devoir de réserve » à cause d’un comportement subversif sur Facebook. L’un a « liké » un commentaire de l’opposition municipale, l’autre a laissé un commentaire personnel et le dernier impétrant se voit reproché d’être « ami » avec le fils du leader de l’opposition municipale ! Non mais où va-t-on ?!

Sélection Ufunk
Sélection Ufunk

Quand la mairie de Périgueux fait de la (sur) veille sur Facebook

La mairie a donc mis en place un système de surveillance des correspondances Facebook afin de pouvoir blâmer ces comportements déviants des règles administratives. Le Directeur Général des Services, Philippe Laporte, explique qu’il s’agit là d’un comportement contrevenant au « devoir de réserve » d’un employé municipal.

Pour le DGS, ces employés municipaux sont coupables de ne pas respecter leurs devoirs, car un agent public, même à titre privé dans son salon, n’a pas le droit « d’exprimer son opinion personnelle mais se doit de respecter la neutralité et son obligation de réserve ».

Le syndicat UNSA a réagi en parlant de « fliquage », affirmant que « ça fait un peu Stasi comme démarche ». Non pas du tout dit le DGS, qui évoque une démarche « préventive et pédagogique » afin d’apprendre aux agents le comportement à adopter sur Facebook.

Neutralité et devoir de réserve dépendent du parti politique soutenu

Cette neutralité semble toutefois à géométrie variable. Elle ne vaut semble-t-il que dans le cas où un employé municipal « like » l’opposition municipale. A l’inverse, cette neutralité n’est nullement atteinte quand un employé municipal milite ouvertement en faveur de la majorité socialiste (que l’on pense à Marc Demaison par exemple, un ancien employé municipal très actif sur les réseaux et ancien directeur de campagne de l’actuel maire de Périgueux).

Ainsi le « like » UMP est proscrit mais le « like » socialiste est autorisé. Ceci est une grande leçon de neutralité administrative effectivement…

Le « like » inscrit au devoir de réserve d’un fonctionnaire ?

Il semble que le Directeur Général des Services ait une lecture particulièrement restrictive du droit attenant à la fonction publique. Ce devoir de réserve est une création jurisprudentielle et ne fait pas l’objet d’une loi statutaire relative à la fonction publique.

On peut citer en ce sens le Journal Officiel de l’Assemblée Nationale du 8-10-2001 qui précise :

« Mais il convient de rappeler, au plan des principes, que cette obligation de réserve ne saurait être conçue comme une interdiction pour tout fonctionnaire d’exercer des droits élémentaires du citoyen : liberté d’opinion et, son corollaire nécessaire dans une démocratie, liberté d’expression. Ces droits sont d’ailleurs, eux, expressément reconnus par l’article 6 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ». 

Aussi la question serait. En faisant un « like » Facebook sur un commentaire de l’opposition municipale, le fonctionnaire a-t-il violé son devoir de réserve ou a-t-il exercé normalement ses droits élémentaires ?

Dans le premier cas, on veut bien croire Vladimir Poutine lorsqu’il écrit que « la Russie n’est pas un pays autoritaire », en tout cas pas plus que la France. Dans le second cas, la mairie de Périgueux aurait besoin de se rappeler que les droits fondamentaux préexistent au devoir de réserve.

Ce système de surveillance est-il légal ?

A l’inverse on pourrait demander à la mairie quelque précision quant à la finalité poursuivie et les moyens mis en œuvre. Tout système de surveillance n’est jamais anodin, il vise le contrôle des individus. Aussi serait-on tenté d’interroger la mairie elle-même sur la légalité de cette surveillance organisée sur la correspondance de ses employés.

Car le pouvoir de police administrative octroyé à un organe communal n’a rien de commun avec celui de la police judiciaire dans le cadre d’une enquête. Quel est le but poursuivi ? Y a-t-il des traces écrites de cette surveillance ? Qui est désigné pour la réaliser, combien de temps et avec quels moyens ?

Toutes ces questions pourraient former le périmètre légal de la surveillance, ou bien caractériser une organisation plus proche de l’espionnage et par conséquent totalement illégale.

Si des juristes veulent se manifester pour préciser le contexte, ils sont les bienvenus.

Vaincre l’incivilité… un mal de chien

C’est quoi l’incivilité ?

L’incivilité au XVe siècle, c’était « le  manque de courtoisie ou de politesse, soit en acte, soit en parole ». Plus le temps passe et plus les « actes d’incivilité » sont nombreux et variés, plus ou moins agressifs. J’évoquerai ici les incivilités quotidiennes, les plus sournoises parce qu’elles ne sont sujettes, la plupart du temps, à aucune réprimande : les dégradations, l’abandon d’emballages, l’écobuage, le bruit, l’impolitesse,  en résumé : tout ce qui exprime l’irrespect des gens et des espaces publics.

Les universitaires se sont emparés de ce phénomène de l’incivilité pour en faire des thèses sociologiques, les politiques l’utilisent pour s’assurer des voix… mais en attendant, redescendons sur terre…

L’incivilité réitérée agit sur nous comme le bruit du moustique les nuits d’été. On peut se tartiner de citronnelle ou brancher un diffuseur d’insecticide, on peut mettre des boules Quies et se résigner aux cloques en attendant que ça se tasse. On peut aussi, à bout d’argument, surgir de son lit tel un diable de sa boite pour pulvériser les bestioles à grands coups de tapette et parsemer les murs de leurs cadavres.

Le ferment de l’incivilité : l’ignorance

« Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l’Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l’exécution des actes de l’Etat qui y sont relatifs ; La police municipale a pour objet d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. » (http://www.police.online.fr/maire.htm). Donc, le maire prend des arrêtés et la police les fait respecter.  

Mais qui les connaît ? Qui peut citer un paragraphe du dernier arrêté règlementant l’utilisation du skate-park par exemple ? Qui connaît le n° de téléphone pour signaler une infraction ? Qui pourrait dire le montant de l’amende sanctionnant les dégradations : combien coûte par exemple l’arrachage des jeunes tilleuls sur la voie verte (phénomène récurrent) ? Quelle peine pour les 39 cannettes de bière jonchant  le « Plateau des Vagabondes » ? Quelle amende pour l’écobuage de quartier ?  Combien pour les vieilles baskets accrochées dans les arbres, les grilles de bouches d’égout arrachées, combien pour le scooter qui roule sur la voie interdite aux véhicules à moteur ?

Pour avoir une idée de la réglementation et des arrêtés qui la fixent, il faut aller à la pêche en mairie. On se demande pourquoi ils ne sont tout simplement pas affichés à proximité des aires de jeux ;  pourquoi ne rappelle t’on pas clairement les amendes encourues sur des panneaux à l’entrée des voies et des aires protégées ; enfin pourquoi on ne met pas tout simplement en ligne sur le site de la mairie les arrêtés concernant la vie de tous les jours des citoyens.

Dans l’ignorance, certains d’entre nous, (si ! si !) peuvent être incivils !

Utiliser la perceuse électrique à 8 heures un dimanche, brûler ses mauvaises herbes dans son jardin sans souci d’enfumer les voisins comme des jambons, faire la fête au-delà de minuit sans égard pour le sommeil du voisin-qui-a-bossé-toute-la-journée, ignorer les crottes laissées par son chien sur le trottoir parce qu’on a oublié le sac plastique, ne pas répondre au salut du passant parce qu’on est dans la lune…

Je repense à mon père, à qui, à 83 ans, ma sœur et moi avions reproché d’avoir pris un sens interdit -lui qui n’avait jamais été verbalisé en 55 ans de conduite et dont la conscience avait été forgée à grand coup de leçons de morale- Très en colère, il nous avait répondu « Eh bien ! Si à mon âge, je ne peux pas prendre de sens interdit ! ». Eh oui, l’incivilité ponctuelle, personne ne peut être assuré de ne pas la commettre un jour ou l’autre même les meilleurs d’entre nous.

La récurrence, c’est ça qui nous donne envie de saisir la tapette !

On rêve parfois d’une énorme tapette à mouches pour assommer certains jeunes ou moins jeunes, sportifs ou promeneurs qui salissent régulièrement nos espaces publics -démontrant ainsi qu’ils n’ont guère plus de cerveau que ces diptères-! Demandez aux agents de nettoyage ce qu’ils trouvent sur le skate-park ou sur les bords du canal. Demandez leur s’ils ne sont pas fatigués d’avoir à ramasser les papiers gras, les emballages de biscuits, les bouteilles en plastique pour citer que le plus banal (J’y ai déjà vu un matelas, une béquille cassée en deux, un banc retourné, une grille d’égoût…)

Alors la brigade verte sur la voie du même nom, pas mal comme idée dans la mesure où elle ne focalise pas ses efforts sur les mêmes, et si elle s’adresse AUSSI aux publics moins faciles à stigmatiser et surtout à attraper : les motocyclistes indélicats, les ados du skate parc, les cyclistes fous qui prennent la voie verte comme une piste d’entraînement… En attendant d’en chopper quelques uns, je propose d’informer le plus grand nombre en distribuant le code de bon usage de la voie verte.

Actuellement, il semblerait que la « tapette » du maire soit réservée aux propriétaires de chiens qui parfois osent offrir un peu de liberté à leur toutou, liberté relative et très ponctuelle (qui d’après la loi ne divague pas tant qu’il se balade à moins de 100 mètres de son propriétaire, à portée de voix –page 7 du guide-.

Eh oui, laisser un peu de liberté à son chien, dans des espaces verts non entretenus, loin des trottoirs de la ville, provoque l’ire des agents. Qu’importe si la vieille dame a habitué son (féroce) caniche abricot à trottiner dans ses jambes, qu’importe si l’aspirant maître chien se fait obéir au doigt et à l’œil : il faut une laisse, et d’un mètre s’il vous plait ! Pourquoi pas les porter comme des sacs à main ?

Plutôt que d’appliquer l’arrêté à la lettre, ne serait-il pas judicieux d’écouter ces périgourdins qui paient les taxes locales et participent solidairement à l’entretien des espaces. On les culpabilise à grands coups de tonnages de déjections récupérées chaque année, on oublie de parler du coût du nettoyage des rives et des espaces publics, du tonnage des déchets qui y sont régulièrement ramassés et qui ne peut leur être reproché.

Et si, au lieu de traumatiser les petites dames du canal, on essayait de dialoguer ? Et si on regardait ce qui se fait de mieux ailleurs par ceux qui ont compris qu’un chien n’est pas un meuble que l’on pose dans un coin. C’est un COMPAGNON qui fait partie de la vie et souvent de celle de personnes seules et âgées, qui contribuent à leur santé morale et physique. Une étude menée par l’agence Siloe souligne « l’animal peut devenir une solution thérapeutique ou au moins une piste de travail pour les maladies psychologiques modernes particulièrement répandues en milieu urbain ; l’animal est également un outil pédagogique ou socio-éducatif dans les classes ». Ils ont donc droit à un minimum de considération.

Les tenir en laisse, soit. Qu’ils fassent leurs besoins dans des espaces dédiés ? Pourquoi pas,  à condition qu’ils soient nombreux, visibles (comme les « canisites » de Chartres) et que les distributeurs de sachets ne soient pas vides ! ». Ces chiens ont besoin de courir (quand certains maîtres ne le peuvent plus !) Des villes ont résolu le problème en créant des parcs à chiens comme à Paris, comme à Clermont Ferrand avec son lieu d’ébats ou comme à Issy les Moulineaux et son cani parc.

Alors, de grâce, un peu plus d’attention et un peu moins de mordant !

« un chien qui court de joie de vivre est le bonheur personnifié »

Peter Gray

Chicken Run vers la Mecque tu seras étiqueté

Rarement Rue de la Chouette sort de son poulailler. Mais là non. Non non non. C’est quoi le délire ? En pleine crise sociale et financière, à l’heure où le modèle économique européen est mis sous tutelle des banquiers, où le chômage affiche une croissance de start-up, où la paupérisation s’impose pour briser une croissance financée à crédit, où l’on sait d’ors et déjà que le prochain président de la république française sera notre Papandréou national, le candidat Sarkozy part en torche.

Une histoire de fou entre le Président, le Premier Ministre et les chicken run halal.

Selon lui, le principal sujet de préoccupation de « nous les gens », serait la viande hallal et sa « prolifération » dans les cantines en cas de vote des étrangers ???

Nicolas Sarkozy ravale son steak halal

Tout ça pour un putain de poulet qui doit regarder vers la Mecque avant d’être égorgé ?

On saisit la stratégie électoraliste. Il faut récupérer maintenant les voix Front National ou c’est la porte. Et pour récupérer le vote FN, on abandonne des sujets comme l’emploi, la santé, le pouvoir d’achat ou l’école, au profit du poulet qui regarde vers la Mecque.

On se tourne tous vers la Mecque, la Mecque !

En arriver là pour être réélu est vertigineux. Faire dire à son « collaborateur » (et ça prend du sens) de Premier Ministre que les musulmans et les juifs devraient abandonner leurs rites d’abattage n’est pas moins versé dans l’irrationnel. La laïcité protège les confessions tout en les tenant à distance, elle ne leur dit pas comment préparer les falafels ou le couscous.

Certes, c’est une manière de remettre la main sur le débat après le bide intégral sur l’Education Nationale et la rémunération des professeurs. Ca tente aussi de faire oublier un candidat conspué à Bayonne et aplati comme un Poilu dans une tranchée. Mais à quel prix ?!

C’est quoi le problème ? C’est d’avoir un boulot décent pour nourrir ses gosses ou c’est de savoir si la bidoche sera étiquetée « Attention, poulet mort en regardant vers la Mecque » ?

C’est ça ton problème l’électeur de droite ? Alors une fois que tes poulets seront étiquetés selon le rite confessionnel de leur abattage tu seras satisfait ? Tout beigne pour toi ?

Et quand ton putain de poulet laïc est bourré d’antibiotiques, défoncé comme un junkie jamaïcain, élevé avec le bec brûlé au chalumeau, les ailes coupées aux sécateur et engraissé aux OGM, là non, c’est bon. C’est cool.

L’arabe, la solution deux doigts coupe-faim de l’électeur de droite

Tu sais, électeur de droite, tu ne me rassures pas. La xénophobie comme solution à ta vie de merde m’inquiète. Celui qui potentiellement va essayer de voler ce 4X4 qui fait ta fierté et compense tes fantasmes de virilité n’est pas arabe, noir, ou roumain. Il est pauvre.

L’idée que tous ces bougnoules c’est du concentré d’Al Qaïda qui veulent nous envahir n’est pas dans ta tradition politique. C’est une idée ultra nationalistes, pour séduire les moins républicains d’entre nous, qui imaginent que la France de Jean-Pierre Pernaut est un modèle de civilisation.

Sinon après les poulets Cacher, c’est quoi, la barbe ? Tu as pensé à la barbe ? C’est un signe religieux pour certains, ostentatoire même. Ils font de leur pilosité une revendication confessionnelle et politique. Ne devrait-on pas, pour faire respecter les valeurs de la France, raser les barbes musulmanes et israélites ? Votre barbe est-elle bien laïque monsieur ? Ne doit-on pas créer le Ministère de la Pilosité Nationale ?

Buffet à volonté au Maroc ou la nostalgie de l’Empire

La grande peur de l’islamisation des campagnes françaises. Il y a 70 ans encore, le français organisait des zoos humains au jardin d’acclimatation à Paris (et ailleurs). Aujourd’hui c’est lui qui va dans les anciennes colonies en vacances parce que la bouffe est pas chère. La roue tourne mon cochon…

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=iFuurVZzBXM[/youtube]

L’arabe, le noir, porteraient ainsi le germe anthropologique, (quand ce n’est pas le gêne), de la violence, du désordre et de la haine. Des hordes d’ « arabo-musulmans » prépareraient une nouvelle colonisation à l’envers. Ce n’est qu’une trouille bleue, le crépuscule d’un peuple.

Chercher dans la stigmatisation des minorités une issue de secours à son déclin, est-ce tout ce dont on est capable quand on parle de grandeur de la France ? Est-ce tout ce qu’on peut vouloir quand on appelle à la force de la République ?

Tu m’inquiètes électeur de droite. Car en cherchant à te plaire, ton candidat se ridiculise pantalon aux chevilles derrière les ultra nationalistes. Et s’il gagne, ce n’est pas lui qui aura gagné.