Antenne relais au-dessus d’une crèche: la honte

Vous vous souvenez peut-être qu’à Périgueux, et c’est une exception sur le territoire national en 2011, il y a toujours une antenne relais pour la téléphonie mobile à moins de 100 mètres d’une crèche

Quand de nombreux maires en France contestaient ce type d’installation à proximité de groupes « fragiles », le maire de Périgueux signait de bon cœur l’autorisation de cette implantation. Une autorisation délivrée en catimini, un ouvrage dissimulé dans une fausse cheminée, mais révélé par le collectif Priartem de Périgueux.

Un arrêt de la Cour d’appel de Montpellier du 15 septembre 2011 vient confirmer la décision de la Cour d’appel de Versailles. La Cour a ordonné le démontage d’une antenne relais SFR pour « trouble anormal de voisinage » et « crainte légitime d’un risque sanitaire ». [La totalité du dossier en pdf]

L’avocat des plaignants a pu conclure : Dans quelques années, on va assister à la mise en examen de maires à cause de ces installations

Au passage, le Conseil de l’Europe préconise vivement d’interdire les antennes relais à moins de 100 mètres de populations fragiles et il y a peu, en mai 2011, il vient de préconiser un seuil de prévention de 0.2 V/m et non 0.6 V/m comme c’était le cas.

Aussi, quand en juillet 2011, le magazine de la ville de Périgueux titrait : « La ville dans l’obligation d’accepter les antennes-relais », nous étions dans le mensonge le plus éhonté.

A l’ombre des opérateurs de téléphonie mobile auxquels il s’est offert dans sa plus stricte nudité, le maire de Périgueux se protège des radiations de la vérité. Dans son sillage, les élus d’Europe Ecologie s’émeuvent, parlent beaucoup, mais ne font rien et dans l’opposition, silence radio.

Quand prochainement, ce type d’installation au-dessus de la tête des gosses sera interdit par la législation ou que le niveau des émissions devra drastiquement baisser, il sera temps de se plaindre. D’ici là les gamins en auront pris plein la tronche, avec des conséquences pour la santé que nous découvrirons effrayés.

La lâcheté des élus se compensera par une communication dont ils ont le secret. Comme dans beaucoup d’autres affaires de ce type en France, lorsque les représentants politiques sont défaillants, par intérêt ou par lâcheté, ce sont les citoyens qui se sont faits entendre et ont porté leur cause devant la Justice.

A vous de voir, mais nul ne pourra prétendre n’avoir pas été informé de ce qui allait arriver.

La préfecture de Gironde, accusée de séquestration, joue avec la démocratie

Dans quel Etat le pouvoir administratif peut-il s’affranchir du respect de la loi et d’une décision de justice ? Dans quel Etat ce pouvoir administratif peut-il violer impunément sa propre Constitution ? Où donc un fonctionnaire peut-il décider que son autorité est légitimement supérieure à celle du pouvoir judiciaire ?

C’est en France et à la préfecture de Bordeaux, mais sans ambiguïté, en 2011.

Une préfecture qui s’affranchit d’une décision de justice

Le préfet Patrick Stefanini porte la responsabilité d’une conception très particulière du pouvoir réglementaire dans son administration et en particulier Françoise Jaffray, directrice adjointe du cabinet.

Le 30 juillet, le Juge des Libertés et de la Détention [JLD] a ordonné la remise en liberté d’un touriste indien en situation irrégulière (Cf. Rue 89 et Sud Ouest pour l’histoire). En effet, bien que cela paraisse incongru dans un pays où un Ministre de l’Intérieur reste en poste malgré une condamnation pour injure raciale, la détention d’un homme au seul motif qu’il ne possède pas de papiers en règle, est interdite (Cour de Justice de l’Union Européenne).

Mais au mépris des lois, du pouvoir judiciaire, de la démocratie et de la Constitution de la République, la préfecture de Gironde (que de souvenirs) a décidé de passer outre en l’enfermant au Centre de Rétention Administrative (CRA), jusqu’à son expulsion le 1er août.

Une préfecture qui agit au mépris d’un Etat de Droit

Le 04 août, la préfecture, par la voix de Françoise Jaffray, explique « qu’il ne s’agissait pas d’une bourde », le préfet assumait pleinement ses actes. Mais le jour même, la préfecture annonçait par communiqué « des mesures correctrices » pour un « dysfonctionnement tout à fait exceptionnel ». Prise la main dans le sac, la préfecture semblait donc s’enfoncer dans la panique et la confusion.

Le comportement de la préfecture de Gironde est gravissime. L’avocat a annoncé une plainte prochaine pour séquestration. En ce sens, le bâtonnier de Bordeaux (Me Michel Dufranc) est clair :

« On touche à la privation de liberté, c’est extrêmement grave et inadmissible. Si l’affaire est portée devant un juge d’instruction, elle peut aboutir à la mise en examen de responsables préfectoraux».

L’ Union Syndicale de la Magistrature (USM) est scandalisée :

« Que l’Etat, par l’intermédiaire de son représentant en Gironde, viole les principes fondamentaux que sont la séparation des pouvoirs, la liberté individuelle et l’indépendance de l’autorité judiciaire, constitue un événement extrêmement grave et dangereux pour notre démocratie ».

Et pire encore. Car ce que la préfecture appelle un « dysfonctionnement tout à fait exceptionnel » apparaît davantage comme un fonctionnement habituel. Au CRA, « 16 des 31 personnes placées l’ont été suite à une garde à vue pour défaut de papiers, ce qui est illégal » note l’USM.

Un préfet à qui l’on pourrait demander n’importe quoi ?

Dénigrement systématique du pouvoir judiciaire et politique xénophobe à des fins électoralistes peuvent intercéder en faveur du préfet pour comprendre sa conception hallucinée d’un pouvoir réglementaire affranchi des lois et du pouvoir judiciaire.

Il n’en reste pas moins l’homme, qui, en conscience, applique avec zèle les directives centrales, les sachant pourtant frappées du sceau de l’abject et de l’infâme. Pourrait-on ainsi donner n’importe quel ordre à cet homme, du moment qu’il vint de la hiérarchie, pour qu’il l’appliquât, sans se soucier ni des lois ni de l’humanité ?

Comment surnommerait-on alors le Centre de Rétention Administrative de Bordeaux où l’on s’habitue sans vomir à incarcérer des êtres humains (non blancs de préférence) en toute illégalité ?

[En complément on peut voir que le préfet Patrick Stefanini n’en est pas à son coup d’essai La préfecture de Gironde s’assoit sur le droit]

Philippe Cornet veut de la vidéo surveillance pour lutter contre l’insécurité

Oh piti ça va chauffer ce soir. Attention ! Les délinquants qui envahissent la bonne ville de Périgueux, si paisible d’ordinaire, seront avertis.

Trop c’est trop ! Ce soir, l’UMP est dans la place et y a du monde sur la corde à linge. Et oui, dans son souci constant d’efficacité, « la-droite-is-back » organise son évènement sécuritaire à elle (rien qu’à elle).

Après les Assises de la Tranquillité du maire socialiste consacrant la puissance du discours sur les actes et revendiquant le pouvoir de s’y substituer, c’est son principal opposant, Philippe Cornet, qui fait son show.

Crédit photo Periblog

Pour Philippe Cornet, ne pas confondre incivilités et invasions barbares

Il faut dire que les Assises de la Tranquillité furent originales mais peu portées sur le maintien de l’ordre public (dont tout maire a la responsabilité).

En effet, on apprenait que le sentiment d’insécurité chez les vieilles dames était amplifié par la présence des crottes de chiens sur les trottoirs. C’est bouleversant.

Par ailleurs, on notait que le bruit des gens dans la rue dérangeait grandement une population qui, dès 19h00, voulait être tranquille devant sa télé. On déplorait collectivement l’absence de double vitrage.

D’où l’évidente conclusion que « dans-les-bars-y-a-que-des-drogués-et-des-alcooliques » et que ce n’est pas de la musique qu’ils font mais tout simplement du bruit. Bienvenue à Périgueux.

Les hordes de délinquants qui attaquent les bonnes gens

Face à ce tableau balzacien et pittoresque de la société périgourdine, l’UMP a senti l’opportunité. Car effectivement, ce n’est pas cela l’ordre public.

On ne peut mettre dans le même panier (seul Michel Moyrand en était capable d’ailleurs) ce qui relève d’une nuisance sonore et d’une amende de 3ème catégorie avec des délits ou des crimes punis d’emprisonnement.

Alors voilà que Périgueux est attaquée ! La délinquance monte en flèche ! Comme le relaie Sud Ouest, ils violent les femmes, il dealent de la drogue dans nos écoles, ils volent des sacs à main, agressent les gens respectables, etc. etc. Mais qui ?

Et ben les détraqués, les miséreux et les arabes…  J’ai bon ?

Convaincu par la puissance des mots de par sa double casquette d’avocat et de politicien, le leader UMP organise donc un débat sur la sécurité. On va voir ce qu’on va voir et attention ce n’est pas juste un « coup politique » hein ?!

Les inquiétudes de Cornet, les réponses de l’UMP

Bon alors ma pauv’ dame tout fout l’camp. L’insécurité grandit. Parmi les judicieuses solutions apportées à ce problème par le gouvernement, on notera :

  • La baisse des effectifs de police et le gel des moyens d’accomplir leur mission.
  • Pour ceux qui restent, l’obligation de privilégier la répression parce que la prévention c’est un truc de tapette.
  • Appauvrir le pouvoir judiciaire pour le ramener au niveau de la Turquie et de la Russie.
  • Fierté nationale, le budget de la Justice française est un des plus faibles d’Europe…
  • … tout en installant des peines planchers, allez zou ducon au trou et pis c’est tout !
  • Oui mais le trou est déjà tellement plein que la France est condamnée par l’Europe pour violation des Droits de l’Homme.

Flûte alors, autant de trucs qui auraient peut-être servi à contenir la montée de la délinquance dans la bonne ville (mais assiégée) de Périgueux.

Donc pour votre sécurité, la police vous filmera 24h/24h et les méchants ils s’en alleront

Du coup l’UMP locale a une idée géniale, faire comme Christian Estrosi dans la bonne ville de Nice. Installer des caméras de vidéo surveillance.

L’idée, c’est qu’en transformant l’espace public en vaste plateau de téléréalité, l’insécurité chuterait et disparaitrait comme par enchantement.

Bon, la vidéo surveillance est un échec écrasant à Nice, qui coûte aussi cher qu’il est inefficace. Donc Philippe Cornet tempère immédiatement (dans Sud Ouest) :

Ce n’est pas la solution à tout, mais ça peut soulager certains lieux ou certains commerces

C’est effectivement une solution très partielle et bien plus dévouée à un problème électoral qu’à celui de l’insécurité et l’ordre public.

Genèse de l’invention d’un clivage politique pour préparer les élections

Car en termes de clivage politique, le maire socialiste, en appliquant méthodiquement le programme de Xavier Darcos, n’offre que l’espace d’une feuille de cigarette à l’UMP pour se positionner. Rien n’a changé sauf le logo.

Engluée dans des querelles de vizirs depuis 3 ans pour savoir qui de Jean Paul Daudou ou de Philippe Cornet serait le successeur du vaillant Darcos, l’UMP locale, de défaites en défaites, avait réduit son offre politique à des polémiques infantiles et des communiqués de presse bileux.

En parallèle, depuis 2008, l’opposition votait main dans la main avec Michel Moyrand toutes les grandes orientations de la ville, ne pouvant récuser l’application de leur propre politique. Economie, urbanisme, commerce, ressources naturelles, le socialiste a littéralement siphonné le programme de l’UMP.

Le modeste apparatchik a ainsi réussi une greffe inattendue en faisant pousser des roses sur un pommier. Par cette tactique, le maire réalisait une forme d’ouverture à l’envers, en faisant entrer l’opposition dans sa majorité pour tous les choix stratégiques.

L’insécurité comme repli stratégique pour exister (ou au moins en avoir l’espoir)

Hormis le thème de l’insécurité, il ne restait donc pas grand-chose à Philippe Cornet pour créer un clivage politique qui puisse faire office de porte drapeau électoral.

Alors là où Michel Moyrand se gratte encore la tête pour comprendre comment mamie devient parano à cause des merdes de caniches, Philippe Cornet joue la carte de ce qui fit le succès de Nicolas Sarkozy : Créer de la peur, diviser la population, générer de l’angoisse, transformer les faits divers en généralités, etc.

En injectant des électrochocs anxiogènes pour montrer à quel point nous sommes en danger, notre « Sarko local » aura donc beau jeu de lancer des bouées de sauvetage après avoir crié au nauffrage.

Quoi donc:

  • L’augmentation des effectifs de police ?
  • Un recadrage des missions d’investigations ?
  • Une lutte accrue contre les causes de la violence ?
  • Proposer des solutions locales contre le chômage?
  • S’attaquer à la misère et optimiser les structures sociales?
  • Un meilleur dispositif judiciaire ?

Non vous n’y êtes pas!

On vous parle de politique, de marketing électoral et de communication. Alors on se contentera de quelques caméras de vidéo surveillance.

Ah ok !

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Mode doux, drogue dure

Vélo, boulot, dodo

D’accord, c’est pas facile de s’y remettre ; c’est comme la natation : on trempouille un doigt de pied en se demandant ce qu’on fait là. Finalement, on se décide à plonger, l’air décontracté, tout en maugréant. Une fois lancé, on oublie tout. C’est une autre planète.

Le vélo, c’est pareil. On regarde l’engin de torture qui attend bien sagement, on se dit qu’il est à plat, qu’il fait trop froid et qu’on ferait mieux d’y aller à pied ou en bus, on se souvient avec angoisse de la première sortie … Et puis on se pousse.

On installe le panier, on évite les sacs en bandoulière, on range le chat, on ouvre la porte et c’est parti pour la magie. La ville, les gens, les rues ont soudain une autre allure. On ouvre les yeux et les narines, on part à la chasse aux sensations, on oublie qu’on va travailler !

Au retour, on prend le temps de flâner, d’observer… Et à 22 heures, pas besoin de nous bercer pour tomber dans les bras de Morphée.

Voie verte, my love

Frisquet ce matin de presque été à vélo le long du canal… Le matin, je ne croise pas la même population que le soir. Le matin, c’est la sortie des chiens chiens à son pépère, le cancanage de la famille cols verts (tiens, il manquait un petit), le potin du cosmonaute chargé de l’entretien des berges qui balance à l’eau l’herbe et ses locataires, pour le grand régal des poissons.

Le soir, c’est le peuple des accros du footing, des mamies qui font leur balade de santé en papotant, des grappes d’enfants désœuvrés ou armés de cannes à pèche. Le soir, c’est aussi le chant des oiseaux, des merles surtout, et les odeurs mêlées encouragées par la chaleur du soleil déclinant.

L’aventure en ville

Et si j’allais directement en centre ville en passant par les arènes, un extra… ? Chiche. Je traverse la rue Claude Bernard (le médecin) j’enfile la rue Paul Bert (l’élève de Claude), et là, je m’énerve. Je vous explique :

La rue Paul Bert descend en sens unique. Elle est équipée d’une (rare) bande cyclable en contre sens. Mais en haut de la côte, il y a une école… Et il semblerait que les parents n’aient absolument pas compris « qu’on-ne-peut-pas-stationner-sur-une-voie-cyclable ».

Ils s’étonnent même qu’on puisse râler (je râle d’autant qu’il y a, plus bas, des places de parking…) parce que tout de même il faut faire 50 mètres à pied, les enfants sont fatigués et à quoi sert d’avoir un 4×4 si on ne peut plus escalader les trottoirs ?! (Tant pis je l’ai dit)…

Au bout de la rue Paul Bert : RIEN. Il faut que je traverse la rue Chanzy (un Zouave je crois) mais comment ? Descendre de mon vélo au feu rouge et remonter à pied jusqu’aux arènes ? Me lancer à vélo, en serrant les fesses, pour remonter le sens interdit d’en face ? (ô la vilaine) . Et là, soit je fais le tour du jardin, soit je le traverse à pied. J’opte pour les Arènes à vélo (en mode trottinette).

A la sortie, je ne peux pas emprunter la rue des Gladiateurs (Maximus..) ni la rue Duguesclin (ah ! Tiphaine) toutes deux en sens interdit. Il faut que je fasse un crochet une rue plus loin et que je remonte par la rue Lafayette (le copain de Washington). Vous me suivez toujours ? J’atteins la rue Wilson (« Seul au Monde », le ballon)

La galère continue : je rejoins le flot de voitures qui m’ignorent absolument, serrent le trottoir, démarrent au feu en me frôlant. Puis la rue Taillefer, la bien nommée : un vrai coupe jarret jusqu’à la cathédrale, des trottoirs immenses et une voie de circulation étroite en pente (ce n’est pas un puy pour rire) qui interdit le dépassement…

Mais méfiance ! Pour décourager les plus pressés, je roule au milieu, de quoi vous former les mollets lorsqu’on vous marque à la culotte en vrombissant d’énervement…

Quant à garer sa petite reine, macache. Rien n’est prévu et comme on nous interdit de l’attacher à un mobilier urbain…

De quoi décourager les drogués du mode doux non ? Car il faut être un brin mordu pour continuer à pédaler à Périgueux dans ces conditions : pas d’itinéraires protégés, quelques bandes cyclables (parfois tracées sur les trottoirs), pas de code de la rue (et pas de prunes aux indélicats), pas de sas de sécurité aux feux… A croire qu’on le fait exprès : on attend notre extermination sans lever le petit doigt comme comme pour le thon rouge.

Au secours Green Peace !

Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins,
à bicyclèèètteueueu

Pierre Barouh

What canal do ?

Je fréquente le canal, matin et soir, à vélo ou à pied.

Le niveau est tellement bas, qu’on a l’impression que les canards marchent sur l’eau… Les poissons se regroupent à la recherche d’oxygène, bientôt ils nageront le ventre en l’air. Les poules d’eau, suivies de leurs petits, semblent perplexes. Les ragondins, rescapés du grand massacre, trottinent d’un terrier à l’autre sans se mouiller les pattes. L’eau est devenue verte et glauque.

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J’y croise l’insouciance, la grâce…

Je croise régulièrement les promeneurs, les joggeurs, les cyclistes, les vététistes, concentrés et insouciants. «How can we danse when the world is burning » ? Réponse : we can ! Le beau temps fait plaisir aux citadins…

Peu importe qu’à quelques kilomètres de là, une éleveuse de chèvres devra bientôt, la mort dans l’âme, faire abattre 40 de ses bêtes faute de pouvoir les nourrir. Les gamins dans la plaine des jeux poursuivent leur valse à deux roues, mêlant la grâce à l’audace.

Une grande indifférence semble s’être installée sur la voie verte.

… la bêtise ordinaire

Certains adultes font des barbecues dans le Jardin des Vagabondes, à la lumière des phares de voiture. Dans ce jardin, consacré à la biodiversité, je vois régulièrement pousser des fleurs de carton souillé, des bouquets de canettes de bière, des buissons de détritus au creux des arbres.

Une branche arrachée d’un jeune tilleul reste suspendue à l’arbre, comme la larme à l’œil. Sur la voie verte des modes doux, j’ai croisé des scooters, et même un camion de quelques tonnes, chargé à bloc de palettes…

Au matin il n’est pas rare que la fontaine publique crache son précieux liquide à gros bouillon. Le clapet ne fonctionne plus, la CAP n’a toujours pas investi dans l’entretien de ce matériel et il semblerait que ce soit difficile de tourner un bouton

Et ses conséquences

N’avez-vous jamais eu envie de botter le train des décervelés sans respect pour la nature ? Moi si, j’avoue. Je n’ai jamais mis en pratique, je vous rassure.

Mais rien que de l’imaginer, ça me fait du bien. La colère est une réaction saine à condition de savoir la maîtriser…

Hier j’ai croisé un jeune homme promenant sa fille en poussette. Il était en pleine dispute avec un retraité. Indigné, il montrait le canal et criait : « vous avez vu dans quel état il est ? Et vous avez le toupet de balancer une bouteille pour vérifier la profondeur de l’eau !»

Eh oui ! La bêtise n’a pas d’âge et l’aîné bafouillait dans sa barbe. Embarrassé, il refusait d’assumer la portée de son geste. La colère du jeune papa était rassurante, mais à côté de lui, la petite fille, apeurée, pleurait.

Nous sommes seuls, donc inefficaces

Alors, faut-il laisser filer ? Ne rien dire ? Mauvaise pioche. A St Georges, les plaintes s’accumulaient devant l’incivilité d’un groupe de jeunes. Le maire a fait la sourde oreille. Il a laissé filer.

C’était lâcher la bride des gamins, qui –normal- en ont rajouté une couche. Du coup, la colère des riverains est montée d’un cran et s’est organisée. Conséquences, à présent, on parle de conflit « entre les jeunes et les vieux », ou plutôt entre « les jeunes incompris » et les « vieux cons de bourgeois ».

Belle réussite après des assises de la tranquillité. Les Brigades vertes n’ont jamais vu le jour, encore promesse de Gascon. Les tensions montent : on en vient aux insultes, et bientôt aux mesures coercitives.

C’est ce qu’on appelle une belle réussite.

« La colère est nécessaire, on ne triomphe de rien sans elle si elle ne remplit l’âme,
si elle n’échauffe le cœur. Elle doit donc nous servir non comme chef, mais comme soldat. »

Aristote