La nature a soif, économisons l’eau

La liste des départements les plus touchés par la sècheresse a été publiée le 16 mai dernier. La Dordogne y figure en niveau d’urgence 3 (maximal). Cf. Carte nationale de limitation en eau [.pdf]

L’eau manque en Dordogne et qui le sait ?

A la recherche d’un arrêté, j’ai téléphoné à la Préfecture, qui m’a dirigée sur la « direction départementale des territoires » (DDT) et son service « Eau, Environnement Risque » (SEER). Là j’ai pu parler au responsable du « pôle service départemental et police de l’eau » qui m’a gentiment servi de guide pour trouver, sur le site de la Préfecture, les textes et les cartes liés à la sècheresse en Dordogne.

Je vous explique : sur le site de la préfecture, en page d’accueil, vous cliquez sur la cascade (image de droite) et vous découvrirez toutes les informations pour vous tenir au courant de l’évolution de la situation. Car elle évolue vite, cette situation. Vous pourrez consulter les cartes qui montrent clairement les zones touchées par la sècheresse ainsi que les arrêtés de restriction de l’usage de l’eau.

Chez nos élus, rien sur la sècheresse

Par curiosité, je suis allée voir si le Conseil Général relayait l’information. J’ai peut être mal cherché mais je n’ai rien trouvé, même pas un petit lien en ligne. Sur celui de la CAP, arc-boutée sur son Agenda 21, aucun signalement d’une quelconque prise en compte de l’état critique de la Dordogne, aucun encouragement à la solidarité départementale.

Quant au site de la ville de Périgueux, le volet « cadre de vie » parle des « assises de la tranquillité » (qui ont plus d’un mois), il y a bien un volet « eau et traitement des eaux usées » mais on nous renvoie sur la CAP et la Lyonnaise des eaux…

A la veille de l’organisation du « festival art et eau », on n’envisage aucune mesure pour protéger la ressource… aucune sensibilisation à sa préservation.

Tant va la cruche qu’à la fin, il n’y a plus d’eau…

Vous me direz, peut être que le bassin de l’Isle n’est pas concerné et vous auriez raison … momentanément… Ce n’est pas parce que notre secteur est relativement préservé qu’il faut continuer à faire comme si de rien n’était. D’autres mesures seront arrêtées au fil des semaines.

L’eau est un bien commun de l’humanité. Si certains bassins en manquent, nous devrons partager la nôtre. Donc, plutôt que d’attendre qu’on nous l’impose, faisons un petit effort pour réduire notre consommation d’eau et faire en sorte que notre « réserve » soit suffisante pour tous. Cela ne concerne pas que la population mais également la gestion de l’eau dans les communes.

Périgueux solidaire de la nature

Quelques suggestions à M. le maire ?

  • faire vérifier l’orientation des systèmes d’arrosage automatique et espacer les rythmes d’arrosage. Exemple : celui de la place Francheville (entre le cinéma et le cours Montaigne) favorise plus l’arrosage du passage piéton que celui du gazon;
  • mettre les fontaines en sourdine;
  • éviter de nettoyer les trottoirs en ouvrant les vannes;
  • éviter pour l’instant de nettoyer les véhicules de la ville;
  • recenser les fontaines et installer des panneaux invitant à ne pas gaspiller et bien fermer le robinet après usage (j’ai pu voir sur la voie verte que ce n’était pas toujours le cas).

Jouez au colibri…

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! ». Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part ».

Alors mes petits colibris, qu’est-ce qu’on peut faire ?

  • Ce n’est pas la mer à boire que de prendre une douche au lieu d’un bain ! Et pourquoi pas une « toilette de chat », comme faisait ma grand mère dans son « cabinet de toilette » qui sentait bon le Mont St Michel Ambré…
  • Et sous la douche, je ne vois pas comment vous pouvez vous savonner sans fermer le robinet ! Quant aux brossage de dents, itou.
  • Messieurs, quand vous faites la vaisselle (si, si ça arrive !) remplissez les bacs, au lieu de laisser couler l’eau.
  • Chargez la machine à laver au max avant de faire tourner, ou armez vous d’une bonne paire de gants maman-papa et lavez votre linge à la main.
  • La voiture peut attendre non ? Un peu de poussière n’attaquera pas la carrosserie
  • Et arrêtons un peu de tout décaper au Karcher ! Une bonne brosse à chien dent fait l’affaire et ça fait moins de bruit !
  • Faites la chasse aux fuites d’eau. Une chasse d’eau qui fuit, ca coûte 600 L d’eau par jour ! Mieux vaut investir dans un joint !
  • Mon grand père disait « un bon binage vaut deux arrosages », un peu d’huile de coude et en avant !
  • Vous avez un petit jardin ? Faites comme moi, utilisez un arrosoir. On vise mieux le pied de la plante. En plus, c’est beau vieil arrosoir en émail.
  • J’ai trouvé sur un vide grenier l’ancêtre de la baignoire, en fer blanc : super pour stocker l’eau de pluie.
  • Arrêtez d’arroser la pelouse et de la tondre, plus c’est tondu, plus ça cuit au soleil et plus c’est moche. En outre, nos dimanches seront moins bruyants, ça évitera à certains de nous briser les nerfs menus menus et de se fatiguer… que des avantages.

En plus, ça vous fera faire des économies…
Voilà, si vous avez d’autres idées, à vos commentaires.

Je ne peux pas vous quitter sans vous parler d’une nouvelle association, née la semaine dernière et dont vous entendrez bientôt parler : EAU24.

Je vous en dirai plus très bientôt !

EAU ! Tu n’es pas nécessaire à la vie, Tu es la Vie !!
Tu es la plus grande richesse qui soit au monde,
et Tu es aussi la plus délicate
Toi si pure au ventre de la Terre ……

Antoine de St Exupéry

La Dordogne c’est comme la Corse mais sans les fusils

Un préfet dit un jour de la Dordogne qu’elle était comme la Corse, mais sans les fusils. Le concept de neutralité dans l’attribution des marchés publics par exemple, ou celui de transparence des documents publics sont de curieuses abstractions.

Sur bien des points, la Dordogne au niveau de la gestion publique est une zone franche, ou plutôt en constant effort pour s’affranchir des règles nationales, trop rarement reconnues comme telles.

Mais aujourd’hui la Cour de cassation a confirmé la condamnation en appel du maire de Saint Martial d’Artenset, Monsieur Max Ley, à 3 mois de prison avec sursis pour prises illégales d’intérêts.

Le jugement du Peuple Français est à tout le moins rassurant. Il est à mettre à côté de la condamnation du maire de Mouleydier, Michel Branchut, en 2010, à 6 mois de prison avec sursis pour prise illégale d’intérêt et escroquerie.

Max Ley, un expert en prise illégale d’intérêt

Ainsi, le maire de Saint Martial d’Artenset, reconnu coupable, est condamné pour les faits suivants :

  • En 2002, Max Ley avait permis une exonération de taxe pour sa compagne
  • En 2001, il faisait octroyer le paiement d’un loyer par la commune à son beau-frère
  • En 2000, le maire signait un permis de construire pour un ouvrage implanté sur son propre terrain
  • Enfin, le maire modifia les règles d’attribution d’un marché public en cours d’exécution

Mais à l’instar du maire de Mouleydier, le maire de Saint Martial d’Artenset conservera son mandat de maire, n’étant pas frappé d’inéligibilité. Condamnés à de la prison avec sursis pour un délit pénal, ils conservent tous deux l’honneur de servir l’intérêt général.

Comment protéger les voyous de la République

Et oui, en 2010, le Conseil Constitutionnel a censuré le Code Electoral prévoyant une inéligibilité automatique en cas de corruption et délit financier. Par la magie du chiraquisme, un élu condamné à de la prison avec suris pour corruption conserve donc légitimement les prérogatives que lui confèrent son mandat.

Et ce qui est génial, c’est que le Conseil Constitutionnel, sans honte, fonde son tour de passe passe sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Non sans cynisme, cette censure s’appuie sur l’article 8, indiquant que « nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie« .

Autrement dit, la loi, qui ne doit établir que « des peines strictement et évidemment nécessaires« , n’ayant pas prévu l’inéligibilité dans le cas d’espèce, permet aux élus voyous de poursuivre leur fonction.

Coupable mais pas coupable

Corruption et prise illégale d’intérêt ne sont pourtant pas des délits mineurs ; cf. Article L 432.12 du Code pénal :

« Le fait pour une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public ou par une personne investie d’un mandat électif public, de prendre, recevoir et conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou une opération dont elle a, au moment de l’acte, en tout ou partie, la charge de la surveillance, de l’administration, de la liquidation ou du paiement ».

Le maximum encouru est de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.

Mais qu’importe, Max Ley et Michel Branchut sont toujours officiellement « premiers magistrats » de leur commune. De même, ils sont toujours agents de l’Etat, officiers de police judiciaire et officiers d’état civil.

Bref, ils sont de part leurs fonctions responsables du respect de la loi. LOL

Inversement, intégrer la fonction publique avec l’examen du bulletin n°2 du casier judiciaire peut s’avérer beaucoup plus compliqué que conserver la fonction de magistrat d’un ville avec un casier long comme le bras. C’est le République Circus Show.

De l’avantage de faire les lois pour soi

Les responsables politiques entretiennent entre eux une bienveillance de classe, sinon de caste. Car sinon Yvan Colona serait préfet, Antonio Ferrara directeur d’un service pénitentiaire et Imad Lahoud dirigerait le renseignement français.

Bref, deux maires viennent de se faire épingler et on peut s’en réjouir. L’impunité est un ferment révolutionnaire tant il concrétise l’injustice de classe. Mais combien de Michel et de Max sévissent encore en Dordogne…

De la toiture du château d’Yves Guena ((Construction de l’hôtel IBIS, 700 000 francs)) aux jardiniers du Conseil Général chez un cadre ((Photos de jardiniers du CG en service)), en passant par le pôle interconsulaire ((un des plus gros scandales périgourdins des prochaines années)) ou les falsifications de CDEC de la CAP ((Le directeur du développement économique en personne qui refile des dossiers à falsifier sur sa demande)),  combien sont-ils à quotidiennement à contourner la loi, parce qu’au fond, en Périgord, biaiser la loi, c’est une véritable profession de foi.

Optimalité du net donc blocage des IP de l’Assemblée Nationale

Alors que la révolution gronde à Bassillac avec un certain Que Se Vayan Todos – et à commencer par lui – où le maire de Périgueux a reçu des œufs dans son jardin, (pour fêter Pâques c’est plutôt sympa) et une rafale de AKA 47 3 plombs en acier ; nous ferons une annonce moins anecdotique.


L’optimalité d’internet pour servir le contrôle gouvernemental du réseau

A l’Assemblée Nationale, la députée Muriel Marland-Militello (UMP) balaie l’idée de neutralité du net comme une «utopie séduisante ». Une saillie philosophique ? Non du business et du flicage. Basta.

Au fondement du réseau internet, sa neutralité, serait substituée l’optimalité du net ((Cf. l’optimum de Pareto)). La différence ? Simple, la neutralité d’internet passerait au second plan de la régulation des usages.

Conséquence ? Au lieu de ne faire aucune différence entre les internautes et les contenus (égalité d’accès), l’optimalité défend l’idée d’un contrôle non judiciaire des réseaux, administratif et politique, permettant tout type de censure, de blocage, etc.

Blocage des IP de l’Assemblée Nationale

A l’initiative de plusieurs blogueurs [#WP-NeutralityFR 1.0 : La Neutralité du Net expliquée de manière optimalisée à Muriel] pour montrer ce que l’absence de neutralité peut signifier, a été mis en ligne un plugin WordPress permettant de bloquer les IP de l’Assemblée Nationale.

Ce plugin [Télécharger ici ZIP] permet ainsi de bloquer directement toute tentative de connexions depuis l’Assemblée Nationale:

  • 80.118.139.160 à 80.118.139.191 (80.118.39.160/27)
  • 62.160.71.0 à 62.160.71.255 (62.160.71.0/24)
  • 84.233.174.48 à 84.233.174.63 (84.233.174.48/28)

C’est le cas dorénavant sur Rue de la Chouette. Aucun accès à ce blog depuis la Grande Chambre des Cumulards de la République. Notez que nous concernant, l’accès est directement bloqué depuis plusieurs serveurs qui hébergent de nombreux sites.

Voilà la page qui s’affiche si l’on essaie de se connecter depuis l’Assemblée Nationale.

A la cantonale…

Une petite précision tout d’abord histoire de tordre le cou aux vilaines petites idées : NON, les élus qui acceptent d’être présidents ou vices présidents (ou délégués, ou assesseurs) de bureaux de vote ne perçoivent pas d’indemnités.

Julie-de-Waroquier

Ils le font à titre bénévole. Seuls les salariés, et c’est bien normal, sont rémunérés. Les élus ont droit à du café recuit et des gâteaux secs. Je veux bien vous concéder cet avantage en nature et vous laisse le soin d’en estimer le montant au cours actuel du gâteau sec. On rêverait de tartines de foie gras et de saucisson avec un petit Bergerac. Mais non, le réconfort est comme le hareng saur : sec, sec, sec.
Bon, ça c’est fait.

Sur les genoux j’étais…

Je disais donc que ce dimanche était mon deuxième des cantonales. Au premier tour, j’étais vice-présidente (je prenais le relais du président l’après-midi, de 13 à 19 H). Au deuxième tour, j’étais présidente, c’était ma première fois (j’aime bien les premières fois).

J’officiais à St Georges, au bureau N°15, aux Mondoux, de 7 H 45 à 13 H et de 17 H 30 à 20 H –relayée entre temps par la vice-présidente, Elisabeth-.

Dès 7 H 30 les agents de la mairie avaient tout préparé. Les salles de classe étaient déménagées, les isoloirs installés, tout comme les tables avec les bulletins et les enveloppes, l’affichage et les documents réglementaires, le tableau noir et la craie préparés pour l’inscription des scores horaires et du vote final, le code électoral, les bureaux sur lesquels trônaient l’urne et ses deux clés, le tampon et son encreur, le registre et la liste des électeurs, les avis de procuration…

8 heures, le scrutin est ouvert !

Quelle ambiance ! D’accord, c’est dur (surtout quand on perd une heure de sommeil) mais une fois qu’on a fait connaissance, la traversée semble moins pénible aux rameurs. On parle de tout -surtout pas de politique- et le partage des petits gâteaux assouplit les zygomatiques.

On compte sur les doigts d’une main, dans l’année, l’occasion de voir défiler en un jour tous les personnages des romans de Balzac, de Hugo ou de Bazin ; ou celle de croiser en une fois toutes les générations, de « La Grande Illusion » à « Harry Potter ».

Plus le temps s’écoule, plus le Bureau ressemble au plateau de « Perdu de vue » : les gens s’interpellent, se reconnaissent, et remettent à l’heure la pendule du souvenir.

Certains ont gravé leur nom en même temps que leur métier au bas de la page du grand livre de nos mémoires : les artisans et les commerçants, les professeurs des écoles… points d’ancrage de la cité.

Ils retournent à l’école faire leur devoir.

Il y a ceux qui semblent avoir fait ça toute leur vie : un vrai coup de canon : ils se jettent sur les bulletins, se saisissent d’une enveloppe, filent dans l’isoloir, ressortent avec en main leurs cartes d’électeur et d’identité, nous saluent, posent leur enveloppe sur la fente de l’urne, attendent qu’on appelle leur numéro et qu’on retrouve leur nom, se penchent pour signer à l’endroit indiqué comme on chausse les starting blocks et repartent au coup de feu du « a voté » traditionnel.

Il y a les débutants, intimidés par la solennité des préparatifs. Ils viennent à nous ne sachant trop par où s’y prendre. Après leur parcours, ils repartent tout fiers, leur carte fraîchement tamponnée dans la main. Ou encore les petits nouveaux qui habitent le quartier depuis peu et qui, reprenant le fil de leur vie citoyenne, font connaissance avec les lieux…

Il y a les déboussolés parce qu’on a interverti les bureaux 15 et 14, ceux qui donnent leur carte de donneur de sang, ceux qui se trompent de bureau ou oublient de voter avant de signer, ceux qui exhibent une carte d’électeur passée à la machine ou n’en n’ont pas (même des élus, j’ai les noms !)…

Il y a les fratries entières qui vous donnent l’impression de jouer au jeu des 7 familles, et parfois, du fond d’un isoloir, surgit la voix argentine d’un enfant, qui, le nez au niveau de la tablette, demande à son père : « qu’est-ce-tu fais ? »

Et c’est ainsi, non stop, jusqu’à 18 heures…

A 18 heures, le scrutin est clos. A partir de ce moment, on récupère les clés, on vérifie les émargements et on les compte. Pendant ce temps, on débarrasse les tables, on les regroupe et on constitue l’équipe de dépouillement (parfois il en faut deux).

Ce sont tous des bénévoles, ceux de l’équipe du Bureau ou certains parmi les électeurs qui sont revenus nous donner un coup de main. On ouvre l’urne, on sort les enveloppes et on en les compte par paquet de cent. On compare leur nombre avec celui des émargements et s’il y a une différence, on est quitte pour recompter ! (Jamais compris comment on pouvait en mettre dans les chaussettes !).

Pour le bureau 15, on a compté 4 sachets de 100 et 1 de 50. On range l’urne, on y place les deux cadenas assortis des clés, et les sachets.

Puis, l’orchestre s’installe

Trois violons pour le dépouillement, un baryton pour le récital, deux violoncelles annoncer le nombre de vote et l’inscription. Je suis debout et je donne le « la » et renverse la première enveloppe tout en surveillant la partition.

Dans le silence troublé par le chuchotement des spectateurs, s’élève la mélopée des « Colbac », « Trapy », soutenue par le contre point des « 1-1 ; 2-2 » des violoncelles… le tout dans le frou-frou des enveloppes que l’on vide et des bulletins que l’on déplie ; jusqu’au premier incident : une enveloppe vide !

On fait constater, on note, chacun des greffiers contre signe l’objet du litige (rangé soigneusement dans un sachet spécial), et la musique reprend… « Trapy », « Colbac » jusqu’au prochain bulletin rayé, double, déchiré, ou blanc… 32 sont comptabilisés en fin de la séance.

20 heures, l’adieu aux urnes

Une heure et des poussières après, le concert prend fin. Les scribes vérifient leurs totaux, on croise les doigts pour que le total fasse bien 450, les résultats sont proclamés et inscrits à la craie au tableau noir. On signe les procès verbaux qui sont rapatriés au Bureau central pour les proclamations finales.

La mission se termine. C’est l’entrée en piste des agents de la mairie chargés de la remise en ordre et du nettoyage : en un tour de main, tout est débarrassé, le matériel enlevé, le sol balayé et lavé. L’endroit, rapidement, retourne à la scolarité.

A 20 heures, on se sépare avec le sentiment du devoir accompli. Un peu tristounets, on espère former la même équipe au prochain scrutin. Une manière de ne pas se perdre de vue…

Je peux dire que j’ai eu de la chance pour une première présidence, la Fée Clochette veillait sur moi (et ne cherchez ni contre pétrie ni message politique sibyllin !).

« La politique ne se résume pas au choix d’un candidat aux élections, c’est une manière de vivre »

Costa Gavras

Election cantonale: propagande électorale illicite sur Facebook

A partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de diffuser ou faire diffuser par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale.

Article L 49 du Code Electoral.

Facebook est un site internet avec des pages html…

La règle est bien connue. Le jour d’une élection on refrène ses envies d’appel au vote pour ses champions.

Depuis les années 2000, « tout moyen de communication » englobe également les communications sur Internet, on s’en serait douté ((28 mai 2001, le Premier Ministre dans une réponse parlementaire : « Du fait du développement rapide de l’utilisation des sites ouverts sur le réseau Internet en matière d’élections politiques, le ministère de l’Intérieur a fait savoir à plusieurs reprises qu’était applicable la législation générale…»
25 septembre 2001, Tribunal Administratif de Toulouse, (Mme Monique Herment c/ Préfet de l’Aveyron ; n° 01/1141) : Internet est saisi par le droit électoral)).

Du coup la sanction encourue est la même pour tous supports : l’annulation du scrutin. Autant dire que ce n’est pas rien. Car en cas d’élection serrée, ce type de manquement à la loi peut être reconnu de nature à fausser la sincérité du scrutin.

Il semblerait qu’en Dordogne le message ne soit pas encore très bien passé.

Ces élus qui dérapent sur Facebook

Car cette loi ne semble pas concerner le maire de Coulounieix Chamiers, Jean-Pierre Roussarie qui s’est lâché dimanche 27 mars.

A 10h00 sur son compte Facebook, Roussarie attaque en fanfare:

A 11h00, la conseillère régionale et adjointe à la ville de Bergerac contre attaque. Bérénice Vincent soutient ouvertement le vote écologiste :

Si l’élection est serrée il peut y avoir des problèmes. Respectivement, Jean-Pierre Roussarie et  Bérénice Vincent peuvent compter sur 2 220 et 3 797 « amis » ((Le nombre d’amis impliquerait vraisemblablement le statut public de ces communications)).

On ne doutera pas de leur bonne foi, ni par ailleurs qu’il s’agisse là de détails, mais c’est simplement illicite. Il suffit d’en prendre conscience si l’on tient à respecter la législation.

D’une campagne l’autre et la relativité en amitié

Le canton ouest de Périgueux qui a vu l’affrontement socialo-communiste contre écologistes est significatif. Le PS a mené une campagne de collages sauvages contre leurs anciens amis. La droite, battue par le FN au 1er tour, s’est plu à faire bouillir le lait.

Presque une habitude, puisque Michel Dasseux (PS), ancien maire de Coulounieix Chamiers, révélait sur son blog que la droite avec le candidat Fumarède avait fait élire l’actuel maire de la ville en 2008, Jean-Pierre Roussarie (PS).

Mireille Bordes, alors sur la liste de Michel Dasseux, était battue par une alliance PS/UMP… Il était aujourd’hui cocasse d’accuser les écologistes de recevoir l’appui de l’UMP.

La lutte fratricide aura été cinglante. Le parti socialiste sur son site, le 24/03/11, déclarait ouvrir un « Front Républicain » à Périgueux, pas contre le FN, évincé au 1er tour, mais contre les écologistes: « La candidate de la gauche, c’est Mireille Bordes, c’est elle qui est la candidate du front républicain« .

La posture des communistes et du Front de Gauche pouvait étonner. Car à l’occasion, les écologistes affirmaient avoir reçu une proposition de l’extrême gauche au 1er tour, les invitant à faire alliance pour battre le Parti Socialiste.

Lors du débat sur France Bleu Périgord, (24/03/11), les candidats Mireille Bordes (PS) et Jean-Marie Rigaud (EELV) s’en seront donnés à cœur joie. L’un et l’autre se seront accusés de malversations et de corruption sur la maison de retraite de Coulounieix Chamiers sans qu’aucun ne puisse clairement montrer la moindre transparence.

Souvenirs émus des élections régionales de 2010

Évidement, lorsque le PS devait sauver sa peau contre l’UMP lors des régionales de 2010 en s’appuyant sur des écologistes en quêtes de sièges, Bérénice Vincent par exemple, l’entente était plus cordiale.

Le vent tourne et les mouches changent d’ânes d’une élection à l’autre. Aussi, demain,  en fonction des intérêts électoraux, attendez-vous à voir roucouler à nouveau tout ce petit monde sur Facebook.

L’amitié en politique se calcule en fonction d’un retour sur investissement déterminé par le comptage des voix. Aux antipodes de Montaigne et La Boétie, loyauté et fidélité n’ont pour étalon que le résultat électoral.

C’est pourquoi tour à tour ils s’unissent, puis se trahissent et se détestent, puis s’aiment à nouveau dans le grand tourbillon des calculs politiques.

Et l’abstention, inexorablement, poursuit sa progression. Ça t’étonnes Marcel?