Michel Moyrand en flagrant délit d’exces de pouvoir

Comme s’il était encore besoin de souligner que Sud Ouest Dordogne se plaît plus que de raison à jouer les aboyeurs du maire de Périgueux pour soulager les frais de personnel de son service de communication, le journal populiste local vient de faire un gros coup.

A 17h22, Sud Ouest a mis en ligne le rapport Horizon 2015 ((« Gestion de l’eau à Périgueux, le vote c’est ce soir » 24/03/11 17h22)). Et c’est stupéfiant, on va voir pourquoi.

Michel Moyrand promène le journal Sud Ouest

Hier encore, Sud Ouest mentait sur la nature publique du document Horizon 2015

C’est la première fois que le journal met en ligne des documents complets! Vous êtes habitués sur Rue de la chouette depuis des années à cette méthode, elle est inaugurale pour les lecteurs de Sud Ouest. (On verra si c’est un « coup » ou une nouvelle pratique).

L’article de la fin de l’après midi répond à un premier article ((« Eau: pourquoi Moyrand abandonne la régie » 24/03/11 06h00)) où la journaliste relaie les éléments de langages du maire de Périgueux. Il est horodaté à 06h00, autrement dit de la veille.

Or dans cet article, la journaliste (Anne Marie Siméon) répète bêtement ce que lui dit le maire (c’est son gagne pain), à savoir que l’étude Horizon 2015 est confidentielle :

« Celle-ci n’est malheureusement pas publique ». (!!!)

Il n’y a rien de plus faux, puisque ce document administratif est sous le coup de la loi de 1978 [Loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 relative à l’amélioration des relations entre l’administration et le public] qui en autorise non seulement la consultation et la communication mais également la copie.

Hormis une méconnaissance élémentaire des lois de la République ou/et une tentative de manipulation de plus, la routine à Sud Ouest.

Non, ce qui est frappant, c’est l’heure et le jour auxquels Sud Ouest s’est vu remettre le document par la mairie pour faire son scoop. Pile poil le jour du conseil municipal.

Michel Moyrand prend la loi, retourne la loi, et …

Car jusque là qu’en était-il de ce document ? Des adjoints à la mairie de Périgueux ont eu l’autorisation de le consulter en mairie mais se virent interdits de le copier. Oui, des adjoints au maire, vous ne rêvez pas.

Qui plus est, une autre conseillère municipale a demandé la communication de ce document. Le directeur général des services, (Philippe Laporte), lui a sèchement refusé la communication au motif toujours de la confidentialité: un excès de pouvoir.

Bref, la municipalité a organisé, avant la tenue du conseil municipal, une obstruction patente à la communication d’un document public que mêmes les élus ne pouvaient avoir.

Depuis le 15 février 2011 l’étude sur la régie municipale était tenue au secret. Et par enchantement, le jour J, la municipalité décrète qu’elle devient publique et la transmet à Sud Ouest en même temps qu’aux élus.

Là-dessus, le journal (enfin appelez ça comme vous voulez) s’empresse de vibrer avec le maire : « A la lecture de l’étude d’Horizon 2015, on comprend mieux les motivations de Michel Moyrand ». Par ici les pubs de la mairie cet été…

Tout ça pour nous, les crétins censés applaudir

« Lecteur crétin », écoute la journaliste t’expliquer que hier encore ce document était secret, confidentiel, hors de portée.  Mais qu’aujourd’hui il est public, jour du conseil, amen, il est public.

Ecoute la journaliste t’expliquer à quel point le maire a fait les bons choix pour toi… En violant la loi, en méprisant la législation, en manipulant l’opinion, en désinformant les élus, en empêchant les représentants de s’informer a minima avant de prendre leur décision, etc.

Et le Front National rigole, rigole…

Préservation du domaine public: ce soir 18h00 allées Tourny

Suite aux billets  ((La place Montaigne appartient au peuple français; Cénotaphe de la place Montaigne, les collabos de la mémoire)) sur la manière dont la mairie de Périgueux considérait le domaine public de la ville en voulant vendre à un promoteur immobilier la place Montaigne, de nombreuses personnes nous ont demandé que faire. On vous fait part des dernières nouvelles.

Un rendez-vous est donné ce soir à 18h00, allées Tourny face à la statue de Michel Montaigne.

Ce rencard informel, à l’occasion de l’anniversaire de naissance du philosophe, le 28 février 1533, a pour but de prononcer l’acte de naissance d’un collectif.

Le collectif Rends-moi Montaigne !

Ce collectif, Rends-moi Montaigne ! s’adresse à tous ceux qui refusent d’être confinés au silence sur la vente d’un patrimoine public, et tout autant à ceux qui veulent se faire entendre sur l’opportunité de ce bâtiment commercial.

A ce titre, Rends-moi Montaigne ! a déjà un blog. Ce dernier propose une newsletter et une pétition en ligne. On y trouve aussi bien les raisons de ce mouvement que l’explication de la procédure administrative en cours.

Pour information. Nous rappelons aux lecteurs de cette note qui ne sont pas habitants de Périgueux, que le domaine public périgourdin n’est pas la propriété des périgourdins. Le domaine public appartient en totalité au Peuple Français.

Aujourd’hui, la procédure engagée par la municipalité de Périgueux est une tentative d’expropriation du peuple au profit d’un propriétaire privé. Cette procédure est menée dans l’ombre, sans la moindre information publique, excluant les citoyens, (seuls véritables propriétaires), de tout débat sur la question.

La démocratie avant les intérêts particuliers d’un promoteur immobilier

Dans notre démocratie, cette manière de procéder est une anomalie grave. Le maire, en tant qu’élu, outrepasse ses fonctions de gestionnaire pour se substituer aux réels propriétaires. Il a pour obligation la poursuite de l’intérêt général. Or en l’espèce, le seul intérêt à vendre le domaine public est constitué par l’enrichissement personnel d’un promoteur immobilier.

Si cette forme de démocratie altérée prospère, cela implique que demain, la municipalité pourrait se débarrasser d’autres domaines publics, d’autres places dans la ville pour contenter des intérêts privés.

Maintenant c’est à vous de voir.

Aujourd’hui un avant goût du conseil municipal

J’ai reçu jeudi dernier le dernier rapport concernant la réunion de la commission des affaires financières et économiques qui a lieu ce lundi à 17 H 30. En général, l’ordre du jour de cette commission reflète celui du Conseil Municipal.

Par curiosité, je suis allée voir sur le site de la mairie si ce document était en ligne. Non. Quand vous tapez « commission » dans « recherche », on vous envoie sur les comptes rendus du conseil municipal ou sur le guide du service public (sic !).

copyright Julie de Waroquier 2010 http://juliedewaroquier.com/

Dans la foulée, j’ai vérifié l’agenda du maire , apparemment, il s’arrête au 4 février ! Il me semblait qu’un agenda annonçait les rendez-vous… pas très chargé comme carnet de bal. A moins que tout simplement M. MOYRAND n’ait pas envie que l’on sache trop longtemps à l’avance en quoi consiste son emploi du temps ?

Ordre du jour de la commission des affaires financières et économiques

  • Débat d’orientations budgétaires 2011
  • Subventions aux organisations syndicales
  • Cession par la commune d’un appartement sis 1 av de Lattre de Tassigny à Périgueux, copropriété Sainte-Ursule
  • Cession par la commune d’un appartement aménagé en salle de gymnastique sis 1-3 av de Lattre de Tassigny, copropriété Sainte-Ursule
  • Aménagement urbain du bas Saint-Front – demandes de subventions
  • Legs de Monsieur Pierre Lalait
  • Immeuble Bidanchon 16 cours Tourny – Autorisation d’ester en justice.

Un peu d’explication de texte :

Monsieur BIDANCHON a légué à la municipalité en 1990 un immeuble complet « pour le service du musée » contre réparations (remis en état en 1996). Cet espace accueille l’école municipale de dessin et d’art décoratif.

Aux dires de notre maire, la remise en état coûterait trop cher (250 000 €). Donc, le maire envisage de le vendre et d’utiliser l’argent (estimation ?) pour financer un projet scientifique et culturel (l’un des 3 projets d’Aquitaine [Plan Musée en Région 2011/2013 .pdf]) concernant le musée du Périgord devenu d’Art et d’archéologie du Périgord. Le maire souhaite faire voter l’action en justice qui permettrait de vendre ce bien.

J’aimerais bien avoir plus d’informations sur le budget prévisionnel de ce projet… et curieusement, aucun investissement n’est mentionné dans le prévisionnel des dépenses municipales en 2011. Cette vente priverait ce même musée de tout espoir d’agrandissement et dans l’immédiat d’un espace pédagogique. Je me demande qui est intéressé par une si mauvaise affaire.

En 2010, Monsieur LALAIT a légué ses biens à la ville de Périgueux aux fins d’aider à l’hébergement des personnes en réinsertion professionnelle par le CCAS ou l’aide sociale.

Comme les biens de M. LALAIT comportent actuellement plus de contraintes que d’avantages, il est question de refuser le leg
Donc, pour ne pas investir en réparations (dont on ignore le montant), on se priverait d’une possibilité à venir d’hébergement des personnes en difficulté.

Vente de deux appartements rue de Lattre de Tassigny aux yeux du maire sans utilité. 148000€ + 215000€ . La ville marque son souhait d’ « optimiser son patrimoine » en vendant ces deux biens immobiliers.

Pour mémoire : ont été vendus ces derniers mois un appartement, une maison, un château (Castel Peyssard) pour un montant d’un peu plus d’un million d’euros.

Cherchent financements pour le parking Mauvard…

C’est un projet qui mijote depuis 3 ans en deux temps : l’ascenseur et la rampe d’accès pour lequel il semblerait qu’une demande ait été faite auprès du FISAC (nous n’en savons pas le résultat), puis le parking Mauvard réduit à 70 places qui devrait être rendu paysager…et s’intégrer à l’architecture.

Un tour de force qu’on a peine à imaginer. Vu le nombre si restreint de places, on se demande même à quoi servira un ascenseur (qu’auraient justifié les 400 places de parking du précédant projet).

Les coûts de l’aménagement de ce parking de poche sont estimés à 1,5 M€ HT (y compris la rampe d’accès). On nous demandera au conseil municipal de donner l’autorisation au maire de chercher des financements…

Le débat d’orientations budgétaires 2011

Outre le vote d’un fonds de réserve permettant de provisionner les 2/3 de la taxe d’habitation de la Bourse du travail, comme il est de coutume depuis 1984 (l’autre 1/3 étant payé par le conseil général), on abordera lors du prochain conseil municipal le « débat d’orientation budgétaire pour 2011 ».

En fait de débat, nous aurons un exposé des grandes orientations décidées par le maire suivi des questions posées par l’opposition. C’est un rapport de 30 pages sur lequel nous aurons, j’espère quelques éclaircissements lundi soir. J’y reviendrai.

Dans une semaine, le Conseil Municipal

Donc, ce lundi à 17 H 30, nous rencontrerons l’adjoint chargé des finances accompagné du directeur des services de la mairie et de quelques élus. Nous demanderons des précisions, des explications et poserons des questions.

C’est une répétition générale en quelque sorte du Conseil du 15 février prochain. De gestion de l’eau, point n’est question… Mais nous avons parfois des surprises de dernière minute…

A suivre…

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage

Jean de La Fontaine

Cénotaphe de la place Montaigne, les collabos de la mémoire

Le 13 juin 1944, cinq jeunes périgourdins sont exécutés par la Gestapo après avoir été torturés. Dans les jours qui suivent, un cénotaphe est spontanément élevé par les habitants, formant un monticule de fleurs autour d’un drapeau tricolore.

En 1968, le Comité pour Léguer l’Esprit de Résistance – CLER – proposa, déjà, l’édification d’un cénotaphe officiel.

20 ans plus tard, le 08 mai 1987, Yves Guéna inaugure un nouveau cénotaphe en lieu et place de l’original. Il est à l’emplacement exact du massacre, place Montaigne, à quelques pas du palais de justice.

Mais aujourd’hui en 2010, ce monument dérange le promoteur Eiffage pour son projet de centre commercial. Alors le maire de Périgueux explique dans Sud Ouest, le 13 décembre 2010, qu’il a « consulté les anciens combattants pour le déplacement du cénotaphe ».

Dans une silencieuse et générale indifférence, des questions se posent.

  • L’emplacement du cénotaphe est-il bien désigné pour recevoir Zara ou H&M ?
  • Les anciens combattants sont-ils les seuls concernés par cette mémoire ?
  • Un cénotaphe se réduit-il à être transporté pour devenir du terrain à bâtir ?

Bientôt Séphora sur le cénotaphe ?

Loin de moi l’idée d’un plaidoyer lyrique pour la mémoire avec un grand M. Mais il y a peut-être des limites dans l’extension du commerce. C’est aujourd’hui un lieu appartenant à la sacralité, qui demain, serait transformé en vulgaire, oui vulgaire, surface commerciale.

Un cénotaphe c’est quoi ? « C’est un tombeau vide à la mémoire d’un mort enterré ailleurs ou sans sépulture ». Le mot vient du grec kenotaphion, associant keno, le « vide » et taphtein, « ensevelir, enterrer » ((Alain Rey; Dictionnaire historique de langue française)).

C’est un tombeau. C’est une sépulture symbolique, mais une sépulture avant tout. C’est un tombeau sans corps. Et parce que le roi du béton local voit l’opportunité de se faire des couilles en or, le lieu de cette sépulture servirait bientôt à vendre des parfums ou des sandwichs ?

Cénotaphe spontané de 1944 place Montaigne (Coll. G.Penaud)

A-t-on bien conscience de ce que nous nous apprêtons à laisser faire ? Les vieux cons et leurs monuments on s’en fout, ce qu’on veut c’est de la marque comme à Bordeaux. C’est ça ?

Souvenons-nous que cette sépulture est à l’emplacement exact de l’exécution. La déplacer n’a aucun sens. On ne fait pas virevolter les tombeaux au gré des opportunités financières.

Michel Moyrand : le devoir de mémoire (mais courte)

En 2008, le maire de Périgueux créait une délégation d’adjoint au « Devoir de mémoire ». Mais qui le sait à part les potentiels électeurs concernés ?

Le 02 septembre 2010, le maire faisait un discours à la Filature à l’attention des anciens combattants de la seconde guerre mondiale.
Le politicien opérait tactiquement en deux temps. Dans le premier, il allait annoncer le contraire de ce qu’il défendrait dans le second.

« Je suis convaincu qu’il faut respecter l’identité de chaque lieu, sinon le risque serait grand de voir le temps effacer le souvenir ».

Après la pommade, les clous :

« Je veux ici redire mon attachement particulier au dernier lieu cité, la place Montaigne. Vous le savez, le projet d’une galerie commerciale, porté par un opérateur privé, est actuellement à l’étude sur cette place. Avec leur l’accord, car sans leur accord je n’aurais pas poursuivi la réflexion sur le projet, le monument qu’on appelle le cénotaphe sera – si le projet se concrétise – installé à un autre endroit de la place où, mieux mis en valeur, il pourra continuer à être un témoin, une vigie, pour les générations futures ».

Sans plans ni projet, personne ne saura ni où ni comment. Sur un air de On the road again, nous savons que le cénotaphe part en ballade. Il serait au mieux en périphérie d’une emprise foncière de 3000 m², ni plus ni moins que la surface de la place Montaigne.

On saisit alors le sens d’ « attachement particulier »

Qui sont les dépositaires du cénotaphe ?

Le maire considère que les seuls à pouvoir donner leur avis sont les anciens combattants. Comme si en voulant déplacer un palais de justice, l’on ne consultait que les magistrats.

Cette mémoire est commune, chacun peut en justifier l’héritage. Un héritage légitime qui n’est pas plus la propriété d’un groupe de survivants, que la mémoire collective des descendants que nous sommes.

Et selon le maire, nous n’aurions pas un mot à dire. Il faudrait constater qu’en lieu et place de ce cénotaphe, trône une galerie marchande avec son Geneviève Letue ou son Pizza Machin ?

Le promoteur immobilier décide, le maire exécute les ordres et nous, nous éteignons la radio. La sépulture sans corps de ces jeunes résistants ne vaudrait donc plus aujourd’hui que l’indifférence. Elle ne mériterait donc pas plus de respect qu’elle est transportable au gré des opportunités immobilières.

Voilà un égarement lourd de sens. Le lieu des morts se marchande donc aussi facilement que du terrain à bâtir. A l’heure où un vieil homme de 93 ans pousse le cri de « Indignez-vous ! » ((Cf. Stéphane Hessel sur Rue 89 par exemple)), je ne veux pas croire que l’apathie périgourdine méprise jusqu’à la mémoire de ses morts.

La place Montaigne appartient au peuple français

« Je ne vous demande QUE de déclasser le terrain ! ». C’est avec emphase que le maire de Périgueux défend son projet de privatisation de la place Montaigne, domaine public de 3000 m² qui doit être vendu à un promoteur immobilier.

Que n’aura-t-il insisté sur la trivialité de cette décision, se heurtant pourtant à l’abstention d’une partie de sa majorité ((Les Verts se sont abstenus et les courageux communistes ont voté pour, dans le droit fil de leurs convictions)). Le déclassement de la place Montaigne, une décision triviale ?

Triviale mais rapide, voire empressée. Le maire a justifié hier cette décision par la pression du promoteur. C’est donc dans l’unique intérêt de l’acquéreur qu’est déclenchée cette délibération de déclassement.

Le domaine public est inaliénable, imprescriptible et insaisissable. Il n’est pas la propriété de l’Etat ou d’une collectivité territoriale et encore moins celle d’un de ses représentants. Un domaine public est la propriété indivise de TOUS les français ((Cf. Excellent point de la situation de François Patard, Departement Génie civil et urbanisme – INSA RENNES)).

D’où un régime extraordinaire, exubérant de droit commun, de la domanialité publique. On n’exproprie pas le peuple français. Aucun de ses représentants, du Président de la République au maire de Périgueux, n’a le droit de vendre la terre de la Nation.

C’est dans l’ignorance de ces principes fondamentaux qu’on peut croire à la trivialité de cet acte de déclassement, à la hauteur d’une vulgaire parcelle de lotissement. Et c’est cette ignorance toujours qui créer la confusion chez le maire, confondant le gestionnaire et le propriétaire.

Car en refusant la procédure légale qui doit au préalable accompagner ce déclassement vers le domaine privé, le maire agirait en propriétaire terrien de la commune de Périgueux.

A contrario, cette procédure vise, au préalable du déclassement, à constater que ce domaine n’est plus à l’usage du public et que ne rendant plus ce service public, (parking), il peut être déclassé dans un régime ordinaire de droit commun.

Autant dire que le contrôle de légalité préfectoral devrait montrer la confusion des vanités municipales en frappant la décision d’illicéité.

Reporter sans frontières

Au peuple le choix de vendre son bien commun

Mais en attendant, nous ne nous laisserons pas réduire au silence sur une telle décision, alors que la loi nous invite à nous exprimer en premier chef. Aujourd’hui c’est la place Montaigne. Et demain c’est quoi??? La place de la Clautre? La place du Marché au bois?

Nous sommes propriétaires de notre terre et sommes conviés à exercer nos droits fondamentaux avant même qu’un de nos représentants n’en décide.

Aussi avant que le maire ne puisse vendre une partie du domaine public à un promoteur immobilier, tous les périgourdins sont, en droit, invités à donner leur avis. Toute procédure inverse, mettant les habitants devant le fait accompli, serait un ukase.

La justification d’un bâtiment commercial d’1 hectare en centre ville est seconde. Il s’agit en premier lieu de savoir si nous acceptons que 3000 m² du domaine public soient privatisés.

Face à ces enjeux, il est inacceptable que la mairie s’abaisse dans la rétention d’information, (projet architectural, impact financier et commercial, plan de travaux, etc.).

En refusant de mettre à disposition les documents permettant aux habitants d’appréhender le projet, la municipalité manque à ses obligations d’information du public.

Il sera bientôt demandé auprès d’un juge administratif de remettre cette procédure dans le chemin de la légalité.

Notre terre ; la terre du peuple, n’est pas à vendre. Et si elle l’était, ce serait par la décision directe de son unique propriétaire, le peuple et non ses représentants. Un mandat électoral n’a jamais été un titre de propriété.

  • Ceux qui considèrent donc que la privatisation d’un domaine public n’est pas triviale.
  • Ceux qui considèrent donc que la terre de la Nation n’est pas la propriété des représentants mais de tous.
  • Ceux qui considèrent donc que l’application de la loi prévaut sur les intérêts privés et les demandes d’un promoteur.
  • Ceux qui considèrent donc que leurs droits fondamentaux doivent être appliqués avant que l’on ne décide pour eux.

Ceux qui considèrent donc tout cela, sont invités à se faire entendre et à faire acte de citoyenneté.

Au Tribunal Administratif de trancher bientôt

Hier le maire a présenté sa vision de la procédure. D’abord il s’ouvre la possibilité de déclassement ((Attention, « Le fait d’engager une procédure de déclassement d’une voie n’implique pas son déclassement. Tant qu’il n’est pas intervenu, la voie ne cesse d’appartenir au domaine public« .
(C.E. 2 mai 1994, Verdeille, req. 142313)).

Ensuite il fait fermer le parking et constater sa désaffectation. Là il signera ensuite le déclassement vers le domaine privé ((Méfiance pour le recours: « La délibération portant déclassement de la voie n’est pas un acte réglementaire (il en va d’ailleurs de même pour la décision de classement). Son illégalité ne peut donc être invoquée par voie d’exception après l’expiration du délai de recours contentieux pour contester un autre acte. (C.E. 23 octobre 1995, commune de Moiselles, req. 125961)). Puis il rouvrira le parking en attendant de vendre la place Montaigne. NI VU NI CONNU.

A cette présentation des choses qui nous met tous devant le fait accompli, nous opposons la procédure suivante. En préalable, l’article L 3111-1 du Code Général de la Propriété des Personnes Publiques exige l’inaliénabilité d’un domaine public.

Une des questions importantes sera celle posée par le « détournement de pouvoir« .

1. Constater la désaffectation « effective et matérielle » de la place Montaigne

Le déclassement d’un domaine public est la conséquence d’un constat de désaffectation ((Par exemple, affaire Michaud, position du commissaire du gouvernement Franc: « Une désaffectation formelle ou déclassement n’est possible que si elle consacre une désaffectation de fait du bien en cause, soustrait à l’utilité publique qu’il servait jusqu’alors. Une décision de déclassement est illégale si elle ne sanctionne pas ni réalise une désaffectation de fait« .)) du domaine public. L’argument s’appuie sur l’article L 2141-1 du Code Général de la Propriété des Personnes Publiques.

Or le Code de la Voirie Routière prévoit en tel cas l’obligation d’une enquête publique (article L 141-3) quand « l’opération envisagée a pour conséquence de porter atteinte aux fonctions de desserte ou de circulation assurées par la voie« .

Par conséquent il sera demandé l‘annulation de toute délibération de déclassement avant d’avoir, sur conclusions d’un commissaire enquêteur, constaté que la place Montaigne « n’est plus affecté à un service public ou à l’usage direct du public« .

2. Dénoncer la future désaffectation artificielle du parking

L’idée du maire de fermer le parking, le temps de sa désaffectation, puis de l’ouvrir à nouveau en attendant sa vente sera dénoncée. Il va de soi que cette désaffectation ne serait pas sincère, mais uniquement au service d’un stratagème pour contourner la loi. Prévoyant, le législateur indique qu’il faut « constater la désaffectation  » et non l’organiser intentionnellement, bien sur.

Ce n’est pas la désaffectation qui sera alors constatée, mais l’obstruction municipale à l’accès du domaine public (constat d’huissier à l’appui), une faute valant recours en excès de pouvoir. A l’appui, on peut citer une référence discrète:

« Une collectivité publique ne peut déclasser un bien de son domaine public pour le vendre ou permettre la constitution de droits réels tant que l’affectation publique de ce bien demeure, car, dit la jurisprudence, ce déclassement méconnaîtrait les conditions de fond de la domanialité publique et viserait à une aliénation que celle-ci interdit « .

Eiffage, un promoteur maître des domaines publics périgourdins?

Le promoteur claque des doigts et le maire s’exécute. Aussi Eiffage veut bien s’engager mais veut devenir propriétaire d’un domaine public en plein centre ville?

Pas de problème, le maire est à son service? La mission de défense de l’intérêt général du maire s’arrêterait-elle aux desiderata du promoteur immobilier?

Cette manie de décider dans le secret, de faire croire à des consultations fantoches, de vouloir biaiser la loi et de mettre les citoyens devant le fait accompli, finit par générer des soupçons.

Derrière les apparences d’intérêt général, n’y a-t-il pas, masqués, des intérêts très particuliers? La question d’un conflit d’intérêt finit bien par se poser. Quels sont vraiment les accords passés entre le maire et Eiffage?

Comment réagit Vinci, l’exploitant du parking? A quelle hauteur les périgourdins contribueront-ils à l’indemnisation de la fermeture du parking? Vinci gagnera-t-il en échange l’exploitation du parking Mauvard par exemple?

Il y a un moment où si les citoyens n’apportent pas eux-mêmes la contradiction à ceux qui les infantilisent, alors ils ne pourront prétendre ensuite à être traités autrement que comme de grands enfants.

Aussi devront-ils se contenter d’une réalité simpliste et ludique, où on leur annonce que « pour leur bien« , on a fait un grand et beau bâtiment dans lequel ils trouveront leurs marques préférées.

Quant aux questions compliquées, dont on présume que ce grand enfant n’y entendrait rien et pour ne pas le lasser, quelques bonnes âmes dévouées s’en occupent, comme le maire et le patron d’Eiffage.

Notre démocratie vaut mieux que cela.