Démocratie participative locale

L’Association pour la Démocratie et l’Education Locale et Sociale, (ADELS), publie, en co-édition avec le CEDIS, (Centre d’Ecodéveloppement d’Initiative Sociale), un ouvrage intitulé DEMOCRATIE PARTICIPATIVE LOCALE, Comprendre, Agir, Proposer.

Commande du livre est faite, en deux exemplaires. Le second exemplaire, nous l’offrirons à notre adjointe à la démocratie participative de Périgueux, l’ouvrage ne saurait lui déplaire, nous l’espérons.

L’ADELS a mis en ligne 4 textes de référence cités dans le livre:

Démocratie participative-Démocratie de proximité, intervention de Marie-Hélène Bacqué à Brest en mars 2002

Marie-Hélène Bacqué est professeur à l’Université d’Evry et chercheuse à l’Unité Mixte de Recherche LOUEST (Centre de Recherche sur l’Habitat – CNRS)
Elle analyse le terme de « proximité », terme autant surabondant que flou, pour circonscrire une notion que les politiques (et les citoyens) ne distinguent pas assez de la participation ou de la délibération.

« Une délibération publique engage la mise en discussion de véritables enjeux et l’existence d’une marge de pouvoir et d’initiative suffisante qui permette aux individus impliqués de peser sur les choix de gestion locale. Elle requiert à la fois une participation intense, une information réelle des citoyens et un véritable espace décisionnel. Elle passe par une politisation, au sens large du terme, pour que la démocratie participative ne se réduise pas une démocratie de proximité« .

La démocratie participative, sous conditions et malgré tout. Un plaidoyer paradoxal en faveur de l’innovation démocratique, texte de Loïc Blondiaux paru dans la revue Mouvements n°50 de juin 2007.

Loïc Blondiaux est Professeur à l’institut d’études politiques de Lille II, Chercheur au CNRS (CERAPS/Lille II).
Dans une introduction sans concession, il revient sur le modèle français, ses croyances et ses phantasmes, nourris par une classe politique aux préoccupations franco-françaises. L’auteur décline 5 critiques fondamentales à l’égard de la démocratie participative:

1. L’argument du consensus : la démocratie participative comme machine à éradiquer le conflit
2. L’argument de l’asymétrie : la démocratie participative comme instrument de renforcement des inégalités sociales
3. L’argument de l’apolitisme : la démocratie participative contre les groupes organisés
4. L’argument de l’artificialité : la démocratie participative comme manipulation
5. L’argument du simulacre : la démocratie participative comme trompe-l’oeil

Sans gommer les difficultés, théoriques mais surtout pratiques, il en vient par la suite à la partie « plaidoyer » du texte:

1. La démocratie participative comme opérateur de reconnaissance politique
2. La démocratie participative comme instrument de justice sociale
3. La démocratie participative comme arme de contestation
4. La démocratie participative comme moyen de contrôle de l’action publique
5. La démocratie participative comme élément de transformation politique

En tout cas un article fourni et exigeant sur le sujet, à ne pas manquer
« En remettant en cause la capacité de ces procédures à influencer le processus de décision, ils pointent ce qui serait leur limite principale : leur absence d’effectivité. De fait, cette question de l’articulation de la participation sur la décision reste la question principale. Est-il possible de prétendre faire droit à la participation des citoyens tout en laissant aux représentants le monopole final de la décision ?« 

Démocratie locale et décision, intervention de Loïc Blondiaux au colloque de l’AMGVF en octobre 2003 à Mulhouse.

Loïc Blondiaux revient sur la culture participative et ses diverses applications, en partant d’un résultat paradoxal: un consensus général autour du besoin de participation en politique couplé à un constat qui frise l’échec, ou déclenche en tout cas désarroi et désillusion.

« Lorsque l’on regarde les débats parlementaires autour de la loi de 2002, les élus sont en fait arc-boutés sur une conception très traditionnelle de la décision et de l’intérêt général. En fait, le risque qui me semble profond, c’est que les élus veuillent que tout change pour que rien ne change. Ils veulent à la fois le beurre de la participation et l’argent de la représentation, ou inversement« . Mais c’est bien un motif à poursuivre et non l’inverse, qui prend place dans la conclusion.

Enjeux et attentes d’une démocratie participative, texte de Yves Saintomer paru dans l’ouvrage Conseils de quartier mode d’emploi, Adels, 2e édition, 2003

Yves Saintomer est maitre de conférences en sciences politiques à l’université Paris VIII et administrateur de l’ADELS

Les objectifs des mesures prises en faveur de la démocratie participative, quels sont-ils réellement? Quelle est la nature des dispositifs en place pour les atteindre, pour quelle relation entre participation et représentation, telle est l’introduction de l’auteur. Regard intéressant sur le contexte politique de la loi Vaillant sur la démocratie de proximité.

« La gestion de proximité exige d’abord d’informer, car en l’absence d’une information accessible, lisible et largement diffusée, la démarche ne fonctionne pas. Il faut ensuite une discussion de qualité basée sur des procédures, permettant un apprentissage du dialogue qui est loin d’être spontané« .

En guise de conclusion, parce qu’on entend déjà certaines voix se méfier de trop de littérature, signe d’un manque d’action, voici l’introduction de l’ADELS à cet ouvrage