Périgueux is magic, message aux étudiants de l’IUT

Message à caractère informatif aux étudiantes de l’IUT de Périgueux en « carrières sociales gestion urbaine développement touristique ».
Périgueux is Magic est un projet de monographie de la ville de Périgueux apparemment mis en ligne au fur et à mesure des avancées sur leur blog périgueux-is-magic, l’organisation de l’espace urbain.

Le dernier travail en date est leur analyse et classement des sons : ambiance sonore de la place Francheville. C’est très intéressant et a le grand mérite d’être maintenant sur la toile.

Ce billet s’adresse donc à ces étudiantes et concerne leur travail libellé « l’organisation de l’espace urbain ».

:: Quelques généralités ::
L’urbanisme n’est pas qu’un traitement spatial. Il va quelque part à partir d’une origine. Son horizon ne se limite pas au présent, ni à demain, sans tenir compte de son histoire. L’espace urbain est fondamentalement dans le temps. Nier ce temps conduit aux pires erreurs.

L’urbanisme et l’architecture sont étroitement liés au pouvoir politique. Relation si étroite d’ailleurs, qu’une des fonctions principales d’une collectivité est de préparer la ville aux futurs besoins en logements, infrastructures, voies de communication et d’échange, mode de vie, développement économique, etc.

C’est pourquoi l’urbanisme est en partie politique. Dès que nous disons politique, cela implique partis politiques, élections, rivalités, idéologie, intérêts particuliers. Ce qui émane de la rencontre avec Bertrand Debaye, dit « responsable du service études et prospectives urbaines et sociales » à la mairie de Périgueux est sur ce point révélateur.

Sur la méthode ici, l’urbanisme consisterait à découper en petits bouts une ville, à isoler les problèmes par quartier et apporter une solution. La somme de ces solutions est ensuite appelée « urbanisme de la ville ». C’est une erreur fondamentale et cela s’appelle « prendre la partie pour le tout ». (pars pro toto). Il en va de même si l’on fait des catégories de genre comme « routes et transports », « logements et habitat », « patrimoine et tourisme » etc., la somme de ces catégories ne représente toujours pas une vision réelle globale d’ensemble.

Une ville est un tout, comme l’est un individu. L’individu n’est pas le résultat de la somme de ses parties, il est avant tout et fondamentalement un individu. C’est pourquoi une douleur au pied n’exige pas forcément un traitement médical au pied mais ailleurs, par exemple au niveau du dos. C’est pareil pour une ville et c’est pourquoi son analyse requiert un diagnostic d’ensemble et non une série de zooms que l’on additionne ensuite.

:: La rencontre avec la mairie ::
Mais revenons à la politique et à votre entretien avec l’urbaniste (espérons) qui vous a reçu et dites-vous, familiarisé avec « les problématiques liées au développement urbain ».

Tout projet passe par l’accord du maire
C’est vrai, mais cela ne se limite pas à lui. L’Etat a prévu de soumettre les décisions du maire à un contrôle de légalité. Le pouvoir du maire n’est pas un droit mais la conséquence d’un droit. Il consiste à exercer le droit d’autrui. Or décider d’une construction chez soi est un droit. Droit qui bien sur doit correspondre à la norme en vigueur.

La CAP subventionne les politiques de la ville, de l’ANRU et les CUCS
Oui, elle ne fait qu’apporter des subventions si elle le souhaite. La majeure partie du financement provient de l’Etat selon des procédures précises que nous n’aborderons pas. Autrement dit, on a oublié de vous dire qui finançait réellement les CUCS et les programmes d’ANRU. Comprenez bien que la CAP, avec son budget, ses subventions et sa bonne volonté, n’est pas en mesure de financer de tels programmes comme celui du Gour de l’Arche par exemple. Elle apporte un soutien, rien qu’un soutien.On vous a donné une réponse politique mais pas technique ni réelle.

:: Périgueux et ses problèmes urbains ::

 Alors, quels sont les problèmes urbains spécifiques à Périgueux? Et comment la ville tente t-elle d’y remédier?

Sur ce point il faut bien comprendre que la réponse qui vous a été apportée n’est toujours pas de l’ordre de la science et du savoir, celle de l’urbanisme, mais de la politique et de la communication, je m’en explique.

Un problème de circulation routière à Périgueux ?
Déplacement des arrêts de bus sur les allées Tourny.

La ville manque de supermarché en centre ville ?
Construisons en un sur les boulevards, au hasard sur le parking Montaigne.

Le quartier de la gare est un désert ?
Faisons un pôle multimodal économique durable urbain…

Le quartier du Gour de l’Arche est enclavé ?
Faisons un quartier « durable »

Si vous rapportez fidèlement le discours de l’employé de la mairie, c’est qu’il a bien récité sa leçon. Derrière ces réponses partielles et pour certaines partiales, il n’y a pas de nécessité technique, au contraire, vous pouvez lire en toile de fond la prochaine campagne électorale.

Les bus et les platanes
Aucune trace du Plan de Déplacements Urbains visiblement. Cet outil est plus fait pour résoudre l’ensemble des problèmes de circulation qu’un simple déplacement d’arrêt de bus. Qui plus est, vous saurez que l’ensemble des boulevards de Périgueux est une réalisation du XIX° à l’origine pour servir de cordon sanitaire à la ville médiévale. Les allées Tourny sont aujourd’hui classées au patrimoine historique. Cela veut dire que l’on a pas le droit de les bousiller pour faire des arrêts de bus par essence provisoires.

Vive les supermarchés
Qui a décrété que la ville manquait de supermarché ?
En réalité personne, la question est posée après la réponse. La question s’est posée uniquement quand un investisseur privé a fait la proposition au maire de remplacer le parking Montaigne par des surfaces de commerce.
Nulle part, ni dans les programmes politiques divers, ni dans le Plan Local d’Urbanisme, ni à la Chambre de Commerce et d’Industrie, personne n’a jamais diagnostiqué techniquement un besoin particulier de supermarché.
C’est une pure opportunité financière qui est validée sans la moindre analyse des besoins, de l’urbanisme, de l’architecture, son impact, etc.

Le besoin de construire ou de ne pas construire résulte toujours d’une analyse globale. Quand il survient de nulle part, en pure opportunité et qu’il est annoncé comme un besoin, méfiez-vous. Il s’agira d’une fausse légitimation après coup.

Saint Martin sur les rails du succès
Le quartier de la gare et Saint Martin
Au XIX° on a construit le quartier Saint Martin en le vendant comme le futur quartier des affaires qui viendrait remplacer la vieille ville moche et insalubre. Aujourd’hui c’est exactement l’inverse. L’urbanisme se pense dans le temps.
Pour votre information, le quartier « multimodal », visant à regrouper les moyens de transport est un vieux projet. En revanche, l’idée de dynamiser économiquement le quartier, de produire une homogénéité urbaine, est une apparition plus récente que l’on a collé au projet sur les transports. Gageons sur ce dernier que l’histoire ne se répète pas.

Le Gour de l’Arche et son enclavement durable
Ah ! C’est le quartier qui est effectivement le plus problématique. Il a vu les horreurs des logements sociaux associés au parcage des populations que l’on ne voulait pas dans les centres villes, au prétexte de leur condition sociale ou de leur origine ethnique.
On lui applique un programme ANRU financé en grande partie par l’Etat et ce depuis longtemps. Sur ce point le maire actuel essaie d’y apporter sa griffe pour se l’approprier dans un but électoral et personnel.
Mais c’est un projet qui dépasse de loin les clivages politiques, car le mal est fait. Cette enclave de la honte n’a que peu de lien avec la ville de Périgueux. Cela ressemble plus à un découpage de frontière africaine au temps des colonies.
L’idée qui domine aujourd’hui de refaire le quartier plus joli plus durable, ne résoudra pas le problème de l’enclavement et de l’autarcie, autrement dit de l’exclusion, tant que les voies de communications ne seront pas améliorées. Il n’y a qu’un moyen. Réduire le temps de déplacement entre le quartier et la ville. C’est la réduction du temps de liaison qui rapproche les secteurs et qui les désenclave. Aujourd’hui on ne cherche pas à les désenclaver, il n’y a aucun projet réel pour cela. On cherche à améliorer leur condition d’existence dans leur petit coin à eux, bref à créer une sorte de village.

:: L’organisation du territoire urbain ::
Vous rapportez la problématique historique qui a donné naissance à la ville de Périgueux.
En somme, il y aurait un problème de mise en valeur car le quartier de la Cité serait déshérité alors que celui du Puy Saint Front serait pimpant et largement mieux doté.

A l’époque, au XIII° siècle, c’est la ville du Puy Saint Front qui l’avait emporté sur celle de la Cité. Cette disparité existait déjà et c’est parce que la ville du Puy Saint Front était plus riche et plus active que celle de la Cité a cédé. C’était aussi un changement dans l’organisation médiévale qui montre la fin de la culture féodale.

Effectivement, le quartier de la Cité est devenu résidentiel et administratif. Son unique intérêt – et pas des moindres – a résidé dans ses vestiges architecturaux et historiques, que la commune a mis en valeur notamment avec le musée Vesunna.

Alors on vous dit aujourd’hui qu’il faut laisser le Puy Saint Front dans son état et miser sur l’amélioration de la Cité.

Mais personne ne vous parle des problèmes existant dans le Puy Saint Front, comme celui du parking Mauvard qui est un trou laissé après qu’on ait rasé tout un quartier d’un millier de familles. Cela ne pose plus de problème à la mairie de laisser ce trou au pied de la cathédrale, on ne vous en parle même pas. Or ce trou est un dommage remarquable et un préjudice grave pour la ville. De plus, c’est de ce quartier qui n’existe plus dont tout le monde parle, parce que sur une décision politique d’annihiler un quartier et de déporter une population pauvre, autonome et hostile à la politique dominante. Le maire de l’époque y a gagné politiquement, mais on a en réalité détruit une partie de l’identité de la ville.

Par ailleurs, la circulation qui n’est même pas gérée dans ce secteur, est responsable d’une désertification en progression, de même que la pollution générée tend gravement à éroder le patrimoine architectural, dont la pierre est particulièrement sensible et fragile. Oh ce n’est pas une lubie, il existe des rapports sur ce point des services de l’Etat, que les échafaudages actuels ne font que confirmer.

:: Politique et urbanisme ::
Là encore, tout cela est dominé par la politique et ne relève pas de l’urbanisme et de l’intérêt général. Faire une ZPPAUP à la Cité c’est excellent. Mais cela n’est en rien exclusif du reste. Car en ce cas, où le service est en sous effectif, ou bien il manque de compétence.

Vous dites vous-même que le poumon économique de la ville est le tourisme. Sans économie pas de projets. Or vous voyez bien que les problèmes du secteur historique, qui est ce véritable poumon économique, sont aussi importants que les autres.

Sommairement, il y a deux options. Ou bien vous investissez dans ce quartier en misant sur le fait qu’il est le moteur de l’économie locale, via le tourisme en particulier, la vitrine de la ville et constitue son principal levier d’attractivité et de rayonnement. Et dans ce cas il faudra compter sur les dividendes de ces investissements (en tous genres) pour les reporter sur l’amélioration des autres quartiers. Ou bien vous considérez qu’il est suffisamment doté en l’état, et vous investissez directement dans les autres quartiers, mais sans l’espoir que ces derniers ne génèrent de dividendes pour la ville. Dans le premier cas vous essaierez de favoriser l’économie privée en rendant l’investissement privé attractif, (rentable), dans l’autre vous vous concentrerez sur les ressources publiques, notamment sur la fiscalité, pour financer votre politique.

Dans le premier cas vous considérez que votre rôle sera d’apprendre à pêcher celui qui veut du poisson, dans le second vous penserez qu’il consiste directement à donner du poisson. Les deux sont des options constituées par l’alternance politique et au fond tout cela se mélange en partie.

Autre aspect pour ce quartier du Puy Saint Front, la carte électorale. Ce n’est pas ce dernier qui l’a fait élire, au contraire. Il ne représente pas le cœur de cible de l’électorat du maire actuel. Il ne sera donc pas traité à la hauteur de ses besoins réels pour l’économie et le tourisme, mais traité à la mesure de ses besoins électoraux. C’est comme ça.

Je ne m’étendrais pas davantage. L’ensemble de votre travail est très intéressant. Mais par certains aspects, il pêche (c’est bien normal et ce n’est pas un reproche) par une pointe de naïveté face aux discours qui vous sont délivrés. Sachez qu’au-delà des plans en couleurs, des slogans, des analyses plus ou moins exactes, il y a toujours derrière l’urbanisme, une forte composante politique et financière.

Malheureusement, les orientations politiques, souvent électorales ou opposées au travail du prédécesseur, sont prédominantes dans les choix urbains. Et bien souvent, on légitime la décision strictement politique par une analyse urbaine, qui après, vient justifier le choix politique. Bien sur cela devrait être en partie l’inverse puisque dans ce cas l’urbanisme est instrumentalisé et ne peut remplir pleinement sa fonction.

:: Prospective et conclusion ::
Enfin, il n’y a dans ce que vous avez dit de la prospective que le nom. Une ville ne se pense pas comme vous le rapportez de la mairie, à l’échelle de 5 ans ou 10 ans. Il ne faut pas confondre le calendrier électoral avec l’anticipation des besoins futurs. En 2009, il faut déjà penser et agir sur ce que sera la ville en 2029, pas ce qu’elle sera en 2014 au moment des élections.
C’est un reproche que l’on peut faire à une mairie politisée à outrance, qui oublie sa mission première, (la gestion du bien commun), au profit de ses seuls intérêts politiques.

Aussi, ne croyez pas qu’en toute ville, quelque fut sa couleur politique, l’urbanisme soit traité de cette façon, aussi mal dirais-je. Périgueux connaît aujourd’hui un fort niveau de maltraitance de son urbanisme, pour quatre raisons principales :

– il n’a pas de fin en lui-même, la finalité qu’on lui assigne est politicienne
– il est abordé à des échéances très courtes, (calendrier électoral), et n’est pas utilisé comme un outil pour fabriquer l’avenir
– il est segmentaire, quartier par quartier, et n’a pas de vision d’ensemble ni de projet global
– il n’est fait aucun cas de l’histoire de la ville, son passé est simplement nié et ainsi, la ville est traitée comme une page vierge

Il est instrumentalisé, partiel et partial, immédiat, sans racine, sans but à long terme. Normalement, en étudiant la gestion urbaine, on doit vous apprendre que l’urbanisme est le contraire de tout cela.

Quand le rugby est l’alibi de l’industrie agroalimentaire

Une fois n’est pas coutume, un article de la Dordogne Libre nous fait vibrer.
L’article consacré au projet commercialo-sportif sur la plaine des sports de Périgueux, (18 09 09) mérite quelque complément et commentaire.

:: Un stade viendra à côté du Leclerc ::

Ce promoteur avait trouvé le financement d’une telle structure (près de 30 millions d’euros) qu’il doterait d’une galerie et d’un centre commercial avec le relais du propriétaire des Leclerc de l’agglomération.

La structure sportive ne serait pas exactement « dotée » d’une galerie et d’un centre commercial. C’est l’inverse. La galerie et le centre commercial seraient dotés d’un équipement sportif à proximité.

Tout simplement parce que les surfaces de commerces sont la source de financement du stade et la condition sine qua non de sa réalisation. En cela, la ZAE est bien plus importante par sa taille que le stade et elle serait réalisée en premier. De même, sur le plan commercial (impact et chalandise) et urbain, elle aurait bien plus de conséquences que le stade en lui-même.

:: Y a même des études d’avant projet: youpi! ::

Pourtant depuis un an, le patron du club de rugby et de l’entreprise Agema a préparé le terrain de son futur complexe.

A l’appui de cette phrase, les déclarations du promoteur : étude de sol, sous-seing (avec qui ?), relevé topographique, esquisse architecturale, étude béton.

C’est le minimum syndical pour ce genre de projet. Rappelons qu’il s’inscrit dans une zone inondable faisant l’objet d’un Plan de Prévention des Risques d’Inondation et qu’il nécessite une dérogation préfectorale. Car en l’état de la règlementation, l’Etablissement Recevant du Public de cette catégorie est interdit pour une question de sécurité des personnes.

L’étude de sol (type G12 surement) et le relevé topographique sont des « préparations de terrain » obligatoires et minimales. Quant à la soi-disant « étude béton », elle sert avant tout, à ce stade peu avancé du projet, à évaluer le coût de la réalisation.

Bref, ces études d’avant projet servent à l’analyse de la faisabilité, à évaluer les contraintes techniques pour produire une estimation prévisionnelle provisoire de l’opération. Il n’y a aucun zèle dans cette démarche, c’est le B.A B.A de la construction.

En revanche, il n’existe aucune étude d’impact en terme commercial et urbain. Pour mémoire, la ZAE de Marsac à l’ouest est à quelques kilomètres et l’on ignore avec force les conséquences que génèrerait une nouvelle ZAE sur la commune de Périgueux. Il en va de même sur le plan urbain, lui aussi ignoré avec brio. Ce n’est pourtant pas la taille de ce projet qui sera sans effet sur l’urbanisme périgourdin.

:: Son stade et son Leclerc sous chaque bras ::

Selon un de ses proches Francis Roux est capable, en cas d’échec à Périgueux, d’aller faire « son » stade ailleurs. C’est comme ça que Boulazac avait en son temps récupéré le basket de Périgueux.

Là je rigole. Quelle commune, dans l’agglomération, pourrait accueillir, non uniquement le stade du promoteur, mais surtout toute la structure commerciale qui le finance ?

Boulazac ? Trélissac ? Marsac ?
Pour donner quoi à la place du CAP… Le CAB, le CAT, le CAM ?

Euh, non sans rire. Antonne ou Chancelade?

Où est-ce qu’on a vu que dans un Etat démocratique a priori, un seul homme décide de « son » stade, en snobant les principes d’intérêt général et de service public, au seul prétexte de l’influence due à sa fortune personnelle?

Ah si. On pourrait proposer le Gabon ça pourrait marcher.

:: Un détail de 20 000m² ::
Nul n’est certainement contre un nouveau stade plus spacieux pour accueillir l’équipe du CAP qui évolue dans la même division que celle du Bugue (2762 habitants). Ce n’est pas cela le problème.
En revanche, le montage financier de l’opération, le financement du stade, pose de lourdes contraintes en terme commercial, règlementaire et urbain. Les conséquences en sont volontairement esquivées par le promoteur qui voudrait ne faire voir que le stade en point de mire.

Un promoteur fonctionne comme un promoteur. Il achète des espaces publics (de préférence), construit des bâtiments calibrés sur la garantie décennale, et les vend où les loue à des franchises qui exploitent.
L’idée d’appliquer ce modèle de ZAE d’entrée de ville (admirez le résultat autour de Périgueux) pour financer un stade, est baroque.
Demander à une ville de se séparer de sa piste d’athlétisme (et de ce qui va avec) pour la fourguer à un comité d’entreprise de la SNCF, est enthousiaste.
Solliciter une dérogation préfectorale parce que la règlementation sur la sécurité des personnes interdit la construction de l’ERP sur la zone est cocasse.
Faire croire que ce projet de stade émane d’un mécène alors qu’il sera financé par les consommateurs est bizarre.
Privatiser encore des espaces publics pour y implanter des surfaces commerciales au prétexte d’un stade à deux ou trois tribunes est bien une logique de promoteur, (oui, l’image de synthèse n’est peut-être pas le reflet de la réalité).

En cela, non pour le stade en soi, mais pour l’ensemble du projet et ses conséquences néfastes, nous espérons fortement que, par la voix de Céline Simon, la SNCF ne lâchera RIEN.
Quant au chantage mis en avant dans l’article, (Si ce stade ne se fait pas. Moi je lâche le club) il illustre bien l’esprit entourant le projet. Ce moyen de pression est d’une noblesse remarquable.

Alors effectivement, si l’on ne retient de ce projet que le stade, comme sur le blog de Jfcros, on s’étonne des difficultés, on râle après les élus et l’archaïsme de la SNCF. C’est facile. Cela consiste juste à oublier tout le reste. La privatisation de plusieurs hectares d’un domaine public, un hypermarché de 4 500m², et dans les 20 000m² de surfaces commerciales au total…
Un détail : La création d’une nouvelle ZAE au cœur de l’agglomération périgourdine. Comme ça, pour le plaisir du sport.

:: Mise à jour ::

Je me pose une question. Au regard de cet air du temps (Leclerc sur le stade, commerces sur monuments aux morts…). L’implantation de surfaces commerciales est présentée comme la panacée du dynamisme pour la ville. Est-ce bien si sur?

Une ville en mouvement, vivante, mutant sans craindre de changer, s’adaptant au présent, anticipant ses besoins futurs, est-elle forcément caractérisée par l’augmentation de ses surfaces de vente?

N’y a-t-il que l’installation de nouvelles franchises pour concurrencer l’effet centripète des périphéries?

Est-ce là tout ce qu’on attend d’une ville en matière économique, implanter toujours plus de commerces?

Est-ce bien en se moulant dans la logique qui prévaut en périphérie que le centre va rivaliser?

Périgueux, urbanisme en stade terminal

:: Epitaphe ::
Cela ne se fait pas, par chez nous, de soulever tout à la fois le manque d’analyse pour l’intérêt général et la complaisances des pouvoirs locaux. Puissances financières, pouvoir politique, pouvoir étatique, pouvoir médiatique, on approche le grand chelem.
Parfaitement conscient des risques et des conséquences potentielles, je maintiens qu’il n’y a rien, strictement rien, en démocratie, qui vaille le prix de la vérité. Aucune liberté fondamentale et par conséquent nulle démocratie, ne saurait se bâtir sur le mensonge, l’opacité et la manipulation.
L’idée qu’il faudrait dissimuler au peuple les choses véritables et les enjeux sincères, pour mieux le gouverner, ou qu’il faudrait lui présenter une réalité travestie et flatteuse pour le persuader sinon le convaincre, ne relève pas du respect de notre Constitution, ni des principes sur lesquels on a voulu construire notre République.
Le secret d’Etat n’existe pas au niveau des collectivités territoriales, c’est un truisme qu’il faut rappeler. Il n’y a pas de gouvernement légitime dans le mensonge et l’opacité ou bien il n’y a plus de peuple souverain. Cela vaut pour la gouvernance nationale autant que pour la gouvernance locale.

En souscrivant au fantasme machiavélique que tout projet d’envergure quel qu’il soit ne peut se faire que dans les couloirs et les antichambres, hors connaissance par tous et information publique, les puissants et les responsables politiques affaiblissent à proportion les principes d’intérêt général et de bien commun, pourtant au services desquels ils sont mandatés.

Je crois sincèrement, à l’inverse, qu’ils sortiraient grandis, de dire la vérité et d’informer complètement et sincèrement l’ensemble des administrés, sur les questions qui les concernent au premier chef.

:: Tirer à soi la couverture médiatique ::
Le quotidien Sud Ouest a publié le 16 avril 2009, une interview du maire de Périgueux, de sorte qu’il puisse nous livrer toutes ses informations sur le projet de nouveau stade tout en ne disant et révélant strictement rien. Le projet est porté par le co-président du club de rugby et patron de la société de promotion immobilière Agema, Francis Roux.

Aujourd’hui 18 avril 2009, Sud Ouest et Dordogne Libre se font l’écho du projet selon le plan de communication élaboré par le porteur du projet. Se transformant pour l’occasion en caisses de résonance, les deux quotidiens relatent fidèlement, non la réalité du projet et ses conséquences, mais le son de cloche « vendeur » préparé par le maître d’ouvrage.

Ce sera beau, ce sera grand, ça rapportera plein d’argent à tous les commerçants !

Et tant qu’à faire on va même redéfinir, pour le porteur de projet, l’identité de la ville de Périgueux par rapport à son stade !
On se croirait à Trincamp d’après le film Coup de tête (1979) de Jean-Jacques Annaud,  où Patrick Dewaere excelle. Dans une petite ville caricaturant une comédie humaine à la Balzac, tout le monde ne vit que pour son club de foutebol, s’employant à l’affairisme le plus crasse, les manipulations les plus sournoises, prêts à tout pour quelques buts.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=XPcGzAlpRbY[/youtube]

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Sud Ouest a vraiment joué le jeu à fond, puisque le journaliste ne dit pas un mot sur le complexe commercial de 4500 m² dont le projet de stade dépend entièrement.

Le mot d’ordre de cette communication est simple : faire rêver et en mettre plein la vue.
Pour le reste il n’y aura qu’à attendre l’enquête publique…

stadeDOR6.jpg

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(Images: sudouest.com, photo Loth Arnaud)

Sois heureux citoyen périgourdin, tu vas avoir un grand stade tout neuf, cela ne va pas te coûter un centime et tout le monde en profitera. Un gentil mécène va donner 30 M€ et l’équipement servira à tous. Ca, c’est la version pour les enfants.
Ce n’est pas que l’idée d’un nouveau stade soit mauvaise, au contraire. Mais on pourrait analyser dans le détail toutes les conséquences de ce projet avant de donner quitus aux fantasmes d’un seul homme, quand ces fantasmes impactent sur la ville et impliquent de plein fouet des questions d’intérêt général.

Il sera opportun de rappeler en préambule que Francis Roux co-dirige également l’association la Voie des Airs, contribuant à la perfusion financière de la ligne aérienne que le maire voudrait voir pérennisée tout en diminuant l’engagement de la ville.

Comme cela n’est surtout pas dit, ce projet de stade est conditionné, financièrement, par la construction d’un ensemble de commerces, dont un, principalement est un hypermarché Leclerc, sensé drainer une cohorte de franchises dans sa galerie marchande (entre 40 et 50). En complément même, il est prévu l’installation d’une grande franchise de sport aux abords du stade. Cet ensemble nécessiterait la création d’un parking d’une contenance d’environ 1500 places de stationnement, soit environ 37 500 m² (3.75 ha).

Sans la création de cette zone d’activité économique, pas de stade.
Pourquoi ?
Pourquoi ne pas construire un stade sans construire une telle zone commerciale en plein cœur de l’agglomération ?
Pourquoi ne pas se satisfaire des surfaces dédiées depuis des années au commerce sur les zones de Boulazac, Trelissac, Marsac ?
Pourquoi couper en deux cette plaine des sports de Périgueux, de sorte qu’en amont se trouve le stade, puis la zone commerciale, puis un autre stade et la piste d’athlétisme ?

Car en terme d’urbanisme et de logique d’aménagement, ce projet est une aberration, au sens premier il s’agit d’une monstruosité urbaine. En définitive, comment un projet aussi débile peut-il trouver tant de soutien ou à défaut une caution passive de la part des responsables politiques ?

C’est à ces questions que nous allons apporter quelques pistes. Trop d’éléments de ce projet sont passés sous silence, tandis qu’il implique des conséquences majeures pour la ville et devrait être traité avec toute la transparence exigée et le respect de l’accès à l’information des habitants.

:: Construction d’un ERP en zone inondable ::
Le premier élément concerne l’implantation du projet dans une zone inondable, qui doit servir de zone de régulation de crue en cas de débordement de la rivière. C’est pour cela que le terrain, sans être inconstructible, requiert des précautions.
La surface importante concernant les Etablissements Recevant du Public, (ERP), oblige à rehausser la voirie à un minimum de + 20 cm au dessus du niveau de la crue centenale.
Cette prescription légale est justifiée par la nécessité d’un accès permanent, même en cas d’inondation, à tous les bâtiments, par les services de secours et de lutte contre l’incendie. Comprenez qu’il peut très bien y avoir un incendie majeur dans un établissement contenant plus de 1500 personnes en période de crue. Il faut donc garantir un accès sécurisé à la protection civile dans tous les cas de figure.

Or cette mise en œuvre de la voirie est impossible dans le cas de ce projet, la voie des stades étant inondable. C’est pour cette raison qu’il est demandé une dérogation au représentant de l’Etat, le préfet. Le préfet a donc demandé au Service Départemental d’Incendie et de Secours de se prononcer pour avis. Cet avis a été visiblement favorable.
Car, si l’on ne saurait, en aucun cas, mettre en doute le professionnalisme des services de la protection civile, on tiendra compte également du fait que les pompiers, aussi, comptent dans leurs rangs des amis du rugby.

Il n’y a pas lieu de penser qu’il existe la moindre faille de sécurité dans le dispositif prévu par les pompiers. Cependant, il sera instructif de connaître leur plan d’action en cas d’incident majeur. Pour information, en cas de crue, l’ensemble de la zone serait interdit au public, les commerces seraient fermés, ce qui rassurerait sans doute plus les pompiers que les assureurs.

:: Montage financier de l’opération ::
L’équipement sportif est financé par les dividendes générés par la vente et la location des surfaces commerciales. Le stade remplacera les bénéfices d’usage. Ce type de promotion immobilière, consistant à acquérir ou louer des terrains publics (dans la plupart des cas), pour construire à bas coût et de qualité médiocre des bâtiments ou plutôt des hangars de luxe destinés à la vente de produits manufacturés divers au profit de grands distributeurs franchisés, permet de larges bénéfices.

En complément :

Résumé, Rapport Dupont « Les entrées de ville ou redonner le goût de l’urbanisme« 

L’exemple récent est le développement de la zone du Ponteix à Boulazac, projet porté par la société Agema et dont tout un chacun peut se faire une idée. De Décathlon à Darty, en passant par Perle de Chine, vous pourrez admirez ce qui se fait dans le genre, et préparer vos caddies pour l’activité sacrée du samedi.


Agrandir le plan

Cela permet aussi de pouvoir constater à quel point les entrées de villes sont uniformisées, défigurées, salies durablement, par des projets dont le seul et unique objectif est la rentabilité, piétinant à ce titre les règles du développement durable, architecturales et urbaines.

Ces surfaces publiques cédées en toute complicité par les politiques qui y trouvent leurs intérêts via la levée de nouveaux impôts, sont généralement dotés de règlements d’urbanisme tenant davantage de la feuille de chou que de la règle de l’art.

A l’heure où sur le territoire national, on tente globalement d’inverser la tendance destructrice initiée dans les années 60/70, consistant à sacrifier à un urbanisme barbare les entrées de villes que l’on peut constater aujourd’hui, nous, en Dordogne, on va faire mieux.

On se propose de créer ce type d’aménagement d’entrée de ville en plein cœur de la ville même, en zone inondable et entre deux espaces destinés à des activités sportives et publiques !

:: Evaluation des besoins en terme de surfaces commerciales ::
Au bout de la chaîne, c’est le consommateur qui va indirectement financer le stade en grande partie. La question du besoin de ces aménagements commerciaux n’est pas posée. Ce n’est pas l’analyse des besoins de la population qui a déterminé le projet de surface commerciale, cette dernière n’étant justifiée qu’en tant que levier financier.

Il faudra pourtant passer par une autorisation d’exploitation commerciale, ce qui se négociera sous le manteau, puis en commission, (l’ancienne CDEC, Commission Départementale d’Exploitation Commerciale). Voir la réforme sur le sujet.

La question de la proximité de ces structures commerciales avec la zone de Marsac sera soulevée. L’opportunité de cet ensemble de commerces, par rapport aux besoins de la population, devra être abordée. Il faudra produire une simulation et une étude d’impact sur le commerce et l’emploi par rapport au bassin d’activité. Mais nul doute que ces conclusions soient favorables, à l’avance, vu qu’elles conditionnent la faisabilité du stade.

C’est pourquoi la commission devrait rendre un avis favorable. Après tout, ces commissions sont l’occasion de se retrouver entre amis et de papoter gentiment.
Pour ma part, j’ai eu l’opportunité de monter un de ces dossiers et d’assister à une commission à la préfecture. Le dossier faisait une centaine de pages, répondant à des études assez poussées (en théorie). Sauf que les dés étaient pipés.
C’est un responsable de la Communauté d’Agglomération Périgourdine qui m’avait donné un dossier « témoin », celui de Leroy Merlin à Marsac, dans lequel il n’y avait qu’à changer ou adapter les éléments.
Une fonctionnaire de la Direction Départementale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes, (DDCCRF), avait bien soulevé quelques questions sur des chiffres suspects, mais vous connaissez les chiffres. Quand on les fait parler…
(Copies des dossiers et des emails sont sauvegardés, les faits sont incontestables).

Ensuite, il revenait au demandeur de passer les bons coups de fil à ses amis politiques les mieux placés. Nous avons eu sans discussion l’autorisation à l’unanimité. On m’a dit à plusieurs reprises qu’en certains cas un peu frileux, il fallait graisser la patte des récalcitrants et mettre du liquide dans les rouages. Mais je n’ai pas pu vérifier de mes yeux cette opération.

Bref, vous comprendrez aisément qu’il s’agit pour ce qui nous occupe d’une formalité. L’opportunité d’un tel dispositif commercial en supplément des autres sur l’agglomération, sera prouvée et approuvée par la commission, j’en prends ici le pari.

:: Les compensations politiques ::
On ne construit pas impunément un tel ensemble commercial, sans contrepartie pour les responsables politiques, de même qu’on attrape pas les mouches avec du vinaigre. Il est, ou était à l’étude, l’élaboration de cette contrepartie.
La première, c’est la construction de logements sociaux, qui seraient bien pratiques pour le maire de Périgueux. Il se trouve opportun que la société Trélidis (Leclerc) est propriétaire de terrains à l’emplacement du night club le Privilège. Que de meilleur emplacement pour y bâtir quelques logements à bas coût ?
Dans la foulée, vous aurez remarqué là-bas le caractère « insatisfaisant » des locaux de la Semitour, société d’économie mixte gérant le tourisme départemental, dont le directeur n’est autre que le premier adjoint du maire de Périgueux. Tant qu’à faire, on pensera donc à de nouveaux locaux pour la Semitour, cela ne peut pas déplaire.
Enfin, on étudierait la question d’une nouvelle crèche, ce qui permettrait au maire de s’en tirer à bon compte financier et politique.

:: Pousser les murs pour Leclerc ::
Bien que le budget de la ville prévoit la réfection de la piste d’athlétisme pour la somme de 500 000 €, il faut quand même la déplacer pour laisser toute la place à la structure commerciale. Il a donc été projeté de la déplacer sur les terrains du COPO et de la SNCF. Elle serait prise en charge par le porteur de projet bien sur, après avoir sollicité la participation de la ville puisque c’est déjà inscrit à son budget.
Sauf que pour cela, il faudra l’accord des premiers concernés. En effet, l’installation de cette piste nécessitera au passage de combler le trou représenté par l’actuelle piscine publique, car il n’y a pas la place pour les deux équipements. Pas d’inquiétude. Cette piscine est obsolète et ne fonctionne plus.
Voilà en quoi précisément réside toute la négociation avec les instances dirigeantes de la SNCF et du COPO. Sauf que par tradition, ce type de structure est peu enclin à laisser privatiser des biens publics au seul bénéfice de franchises commerciales. Après s’être fait dépossédés des jardins ouvriers pour l’extension des voies de circulation, il est possible qu’ils ne voient pas d’un très bon œil que ces derniers soient remplacés, à côté, par un hypermarché Leclerc, voire un fast food Mac Donald’s comme cela a été aussi évoqué dans le projet.

:: Rugby et politique ::
Les politiques locaux se bousculent pour aller au stade et avoir le droit de faire un tour dans les vestiaires. C’est une des figures imposées de leur profession de foi. C’est l’occasion de serrer des mains précieuses et de travailler son image.
Il y a quelques mois, l’adjoint au sports Vianney le Vacon a même piqué une crise en apprenant que le leader de l’opposition, Philipe Cornet, avait fait un tour dans les vestiaires et pas lui. C’est dire.
Il n’y a donc rien à attendre d’eux face à ce projet, sinon de le soutenir par devoir et opportunisme, dès qu’ils seront assurés de sa réalisation, c’est-à-dire dès qu’ils sauront ne prendre aucun risque électoral.
Le maire ne peut pas se mettre à dos, ni le monde du rugby local et le pouvoir financier, ni la force représentée par les communistes dans son équipe municipale. Il doit laisser faire en attendant, c’est pourquoi Sud Ouest a l’impression de le voir marcher sur des œufs.

Il remplit donc sa mission au minimum, en ayant fait travailler ses services techniques à la faisabilité administrative (note confidentielle sur la zone inondable et l’occupation des sols) et en ayant envoyé son Directeur Général des Services à une réunion de concertation dans les bureaux d’Agema. On ne compte pas les rencontres informelles.
Ce n’est pas cher payé pour avoir sa loge VIP, loge qui lui est de toute façon acquise par principe.

:: Conclusions ::
En terme d’urbanisme, ce projet n’a pas été pensé ni réfléchi pour le bien commun et le développement de la ville, mais dicté par des intérêts marchands au service des ambitions d’un seul homme (puissant et influent).
Le projet urbain et commercial ne découle pas d’une analyse détaillée sur l’urbanisme de la ville et ses mutations à venir, ses besoins et ses enjeux, mais obéit servilement aux principes d’un montage financier correspondant à de la promotion immobilière d’entrée de ville avec les conséquences que l’on connaît.
D’où l’aberration de voir un hypermarché entre deux espaces dédiés à des activités sportives, dans un cadre général où les pouvoirs publics, politiques et les journalistes, se retrouvent à cautionner sans l’analyse de rigueur, un projet dont ils devraient rendre compte clairement et distinctement aux citoyens.

La complaisance de la préfecture, ne s’opposant pas en apparence à déroger à la loi pour permettre le projet, sans autre forme d’analyse, souligne une position de principe assez « molle » de l’Etat. Comme ce fut le cas par exemple pour la construction de l’abattoir à canards de la ZAE Grand Font à Saint Laurent / Manoire, à 100 mètres de laquelle on pourra construire un hôtel ou une quincaillerie, une installation classée au titre de l’environnement à deux pas du ruisseau le Manoire et dont les délais légaux du Code de l’Urbanisme n’ont pas été respectés (travaux commencés avec extinction du droit des tiers). C’est la magie du pouvoir.

La complaisance des politiques de tous bords qui craignent, avant de répondre à la mission conférée par leur mandat, de se mettre à dos les puissances locales, qu’elles soient financières ou politiques. On n’a pas entendu le groupe Verts par exemple, appartenant à la majorité. Toujours prompts à donner des leçons en matière d’environnement, rien ne semble leur poser question dans ce dossier. Un miracle.

La complaisance des journalistes, tel pour Sud Ouest, Thomas Villepreux, qui esquive dans son article le projet adjacent au stade, des enjeux, des implications, etc. Rien. Préférant se faire le docile porte voix du projet de stade, il opte pour de grandes images flatteuses contre un véritable article soulevant questions et croisement d’informations. Quitte à déranger, comme cela arrive parfois à tout journaliste exerçant sa mission de chien de garde de la démocratie, mais cela ne semble par être son problème présentement.

Voilà, sans révélations fracassantes, on peut aussi parler clairement. Il n’y a pas deux sortes de réalité. L’une à l’usage des citoyens, appauvrie et incomplète mais non payante, et l’autre en version complète et payante, détenue par les puissants et les initiés.

Bas Saint Front, dommage collatéral de Michel Moyrand

Nous revenons aujourd’hui sur le projet du Bas Saint Front, dont l’importance pour la ville de Périgueux peut difficilement être contestée.Pourtant, ce projet, pâtissant d’être le « souffre-douleur » de Michel Moyrand, est à classer parmi les dommages collatéraux de sa politique générale et orientations budgétaires.

Documentation pour information

1. Orientations Budgétaires 2009/2014
2. Archives ruedelachouette / commissions extra-municipales
3. Engagements du candidat Michel Moyrand
4. Procès verbaux des conseils municipaux
5. Déclarations à la presse ( DL et SO)
6. Analyses de Jean Paul Daudou, faisabilité du projet

Ce projet de rénovation urbaine a été présenté en long en large et en travers sur ce blog. Aussi, nous ne reviendrons pas sur les éléments fondateurs du dossier, (que l’on peut toutefois relire ici).

Tout le monde sait également que le maire de Périgueux s’était engagé par écrit à livrer le projet réalisé, exception faite du parking souterrain, pour le mois d’avril 2011. (Vérification ici).

Il est apparu pourtant que le maire n’a pas porté aux orientations budgétaires la concrétisation de la parole donnée, comme si cette dernière n’avait ni sens ni importance. A la suite du conseil municipal d’orientations budgétaires du 17 mars 2009, il donna les explications suivantes en aparté :

1. Il aurait fait ce qu’il pouvait contre l’avis majoritaire de son équipe, en maintenant un bout du projet.
2. Il respecte cependant ses engagements de campagne en prévoyant la réalisation d’un parking de surface place Mauvard (sic).

Cela ne saurait prétendre à tirer un trait en guise de conclusion sur la situation, ces engagements et ses dernières propositions. C’est pourquoi nous commençons par faire l’état des lieux de ses intentions et de ses propositions.

Durant le conseil municipal du 17 03 09, il lui a été rappelé son dédit envers ses engagements politiques. Sa réponse fut courte. En substance il a assumé des choix (« pratiques et pragmatiques ») en reportant le projet.

Deux remarques.
1. La première est qu’un engagement est libre à moins d’être nul. Qu’étant libre à l’annonce de son engagement, ce dernier représentait déjà un choix (« pratique et pragmatique »). Par conséquent, il lui revient d’assumer des choix contradictoires relevant de l’incohérence de gestion.
2. D’autre part, révélant avoir fait un choix, c’est qu’il n’a pas été contraint d’abandonner le projet faute de capacité financière. A ce propos, le budget d’investissement le prouve. On n’entendra donc plus le prétexte de la pauvreté de la ville pour ne pas faire le projet.

LE DEBAT D’ORIENTATIONS BUDGETAIRES
GERER AVEC RIGUEUR ET VOLONTARISME DANS UN ENVIRONNEMENT INCERTAIN

III Les orientations 2009 : véritable année de départ de la mandature

La part d’investissement en « Urbanisme, aménagement urbain », représente 16% de l’investissement global, pour la somme de 6.35 M€. C’est le second budget, loin derrière « l’Administration et Centre Technique », comptant pour 31.5%.

Dans le cadre du plan de relance national, la ville de Périgueux peut inscrire en « recette » la somme de 900 000 € de l’Etat, si elle réalise un investissement en 2009, supérieur de 1M€ à la moyenne d’investissement entre 2004 et 2007, soit une somme supérieure à 11.3M€. Selon le maire, cette somme en 2009 compense une perte sèche équivalente en 2010 (réduction des dotations de l’Etat).

C’est ce que le maire a décidé de faire, notamment à travers la présentation de son Programme Prévisionnel d’Investissement 2009/2014, en consacrant la somme de 60M€, environ 10M€/an, à l’investissement.

En guise de première tranche d’investissement 2011/2012, le maire entend investir dans le projet du Bas Saint Front à hauteur de 1.17 M€. Pour comparer et rester dans l’ordre du million, ce budget est proche de l’aménagement du nouveau Centre Culturel, (actuellement l’hôtel de ville), du lot « Espaces Verts », ou du budget « Parc Automobile + Réparations ».
Par comparaison, il est de 2 fois inférieur au budget informatique et 4.5 fois inférieur au déménagement de la mairie (foncier + travaux + travaux).

Il faut préciser que l’estimation des travaux sur la CCI, à 1 M€, est ou une coquille dans la colonne, ou un mensonge.
Un bâtiment de 2800m², dont le ratio des travaux de réhabilitation est de 357 €/m², ne correspond en rien à la réalité du marché.
Même en admettant que la structure, la charpente et la couverture et les planchers soient sains, l’ensemble des travaux impliqués par les mises aux normes diverses et les finitions, y compris abords et VRD (Voirie Réseau Distribution), ne peut en aucun cas se ramener à un ratio de 357 €/m². C’est impossible en France aujourd’hui.

:: Décomposition de l’investissement dans le planning de réalisation ::

2011 : 420 000 €
Réalisation du parking de surface et horodateurs, + ascenseur arrivant place du Thouin.

2012 : 750 000 €
Continuité et livraison de la tranche initiée en 2011.

2013 : 1M€
Aménagement urbain (Clautre + Denfert-Rochereau OU Denfert-Rochereau + Daumesnil ?)

2014 : 2M€
Continuité et livraison de la tranche initiée en 2013.

Pourtant le coût du projet d’aménagement hors place Mauvard représente un total à investir de 6.5M€. Sachant qu’à la fin de son mandat et dans le meilleur des cas, le maire n’aurait réalisé que la moitié du projet (haut), il a pris le soin de préciser par voie de presse :

Dordogne Libre, 17 03 09

Si nous sommes réélus en 2014 « nous mènerons une autre tranche de travaux » sourit le maire…

Sud Ouest, 17 03 09

Nous ferons le reste si nous sommes riches et réélus 

Sachant très bien qu’une ville comme Périgueux aura toujours les moyens de financer 3.5M€ de travaux, la seule inconnue est sa réélection. Ne pourrait-on pas demander au maire, lorsqu’il s’adresse à la population, par surcroît sur des sujets importants, de traiter les choses avec moins de désinvolture et de sarcasme. Ou bien montre-t-il en définitive un plaisir à la politique inversement proportionnel à son intérêt pour Périgueux ?

La livraison qu’il avait promis pour avril 2011 se trouve donc, de ses propres aveux, soumise à 2 nouvelle conditions.

1. Sa réélection
2. Son jugement sur la capacité financière de la ville

Cela implique tout d’abord qu’il entend pouvoir convertir un engagement non tenu en promesse de campagne électorale.

Cette contorsion politique n’est pas acceptable. Car Michel Moyrand, après avoir torpillé le projet, ne propose que d’être réélu pour faire le dit projet !

Ensuite, cela signifie, en cas de réélection, que s’il juge les finances insuffisantes, les travaux du Bas Saint Front ne seront pas réalisés avant 2019/2020, à l’horizon de la mandature suivante. La manœuvre d’évitement n’aurait dans ce cas duré que 11 à 12 années, laissant le soin à son successeur de terminer un projet à moitié commencé.

Pourtant, en conseil municipal du 17 09 08, le maire savait très bien à quoi s’en tenir sur l’incurie d’étaler trop longuement les travaux et surtout d’en renvoyer la moitié aux horizons 2014/2015 au mieux et 2019/2020 au pire :

Il faudra bien aussi qu’on l’étale dans le temps, mais relativement court, afin de limiter les nuisances et les incidences sur le commerce de proximité. C’est une de mes préoccupations parce que le commerce de proximité sera perturbé, nul ne l’ignore.

Cynique et méprisant à l’égard des citoyens qui ont cru en sa parole et agit en conséquence, Michel Moyrand ne peut se montrer satisfait que de sa forfaiture.

:: Les propositions concrètes du maire sur le Bas Saint Front ::

Ce nouveau parking, sur le parking actuel, devrait être fini pour 2013. Il serait équipé d’horodateurs pour accélérer le turnover et éviter les voitures « ventouses ».
Cette mesure avait été annoncée en commission extra-municipale (15 09 08) pour compenser la perte de places de stationnement sur la place de Clautre, rendue piétonne à la suite des travaux.

Mais la place de la Clautre, demeurerait donc un parking pendant au minimum 3 ans, « si nous sommes riches », et davantage si nous ne le sommes pas.
D’où l’on comprend l’inutilité caractérisée d’un parking qui n’a de cohérence que dans un ensemble et participant d’un tout. A tout prendre et à défaut de poursuivre le reste, cet investissement est intrinsèquement absurde, inutile et coûteux pour ce qu’il est.

A votre avis, le maire en a t-il conscience ? Oui ! (CM 17 06 08) :

…je dis que c’est un grand projet à deux volets, mais je sais bien aussi que c’est complémentaire

(La longue phrase dont ce jugement est tiré, ne modifie en rien, dans son contexte, ce que l’on peut lire ci-dessus)

Le parking n’a de sens que parce qu’il anticipe la piétonnisation du secteur haut et créer un lien direct avec la rivière. Et sinon quoi ?!
Michel Moyrand aura fait un parking à la place d’un parking. Un coup de génie qui lui vaudrait la Marianne d’Or, c’est certain.

Le projet du « haut » Saint Front, quant à lui, est divisé en deux tranches, l’une sur 2013/2014, tandis que l’autre demeure suspendue à une réalisation incertaine (réélection et finances).
Il s’engage donc à financer 25% du projet tout en ne pouvant affirmer s’il pourra réaliser les 25% restant. Ce genre de déclaration engage la crédibilité du gestionnaire public. Cela en devient dangereux.
Imaginons deux secondes un particulier qui prévoit un budget pour acheter une voiture mais qui ne sait pas s’il pourra assumer les frais d’essence, l’assurance, et les réparations…

En terme d’urbanisme, il faut imaginer le « raccord » entre une place de la Clautre rendue piétonne et rénovée et un Greffe restant dans son « jus ». Ou bien l’inverse, c’est au choix (municipal). Ce n’est plus de l’aménagement urbain, c’est du bricolage dominical.

Ainsi au bout de 6 budgets et de 60 M€ programmés, il n’aura su investir qu’un peu plus de la moitié de la somme nécessaire à la réalisation du projet global, (4.17M€ pour 7.67M€), en le divisant en trois tranches de réalisation, dont la dernière est conditionnée par sa réélection.
Et tout cela en ne réalisant pas le parking souterrain, se contentant d’horodateurs en surface.

De même, à saucissonner un projet en autant de tranches que d’opportunités politiques, non seulement la cohérence de l’ensemble se dissout, mais il sera impossible de dire, si, en définitive, le projet aura été réalisé ou non réalisé.

:: La preuve en image ::

Le maire, ayant bien compris qu’il risquait de griller son mandat en manquant à sa parole et en récusant un projet objectivement sain et cher aux périgourdins, a cherché et trouvé une solution bâtarde, un panaché de faire et de non faire.
Le peu qu’il fera lui permettra de dire qu’il fera. Au prétexte de flanquer des horodateurs sur le parking Mauvard en 2011, il se permet aujourd’hui d’affirmer poursuivre le projet.

Dordogne Libre, 20 03 09

Le projet d’aménagement de la place Mauvard n’est pas abandonné. Je ne le laisse pas tomber.

Justification: accrochez-vous vous pénétrez dans la 5ème dimension…

Un budget de 4 170 000 euros est prévu pour la place Mauvard et la rénovation urbaine autour de Saint-Front. On peut donc difficilement appeler cela abandonner !

1. Ce qui a été abandonné c’est son engagement politique
2. Ce qui a été abandonné c’est la moitié du projet (un détail)
3. Ce qui a été abandonné c’est le planning de réalisation
4. Ce qui a été abandonné c’est la démocratie et la concertation (au trou les commissions extra municipales)

Dans la foulée, il a budgétisé des modifications de travaux sur le parking Mauvard dont nul ne sait aujourd’hui ce qu’ils seront en réalité. Aucune étude ne permet de mesurer la pertinence de l’investissement par rapport à un projet en plans. Forcément, il aurait bien du mal, après avoir annulé les crédits de 280 000 € alloués aux dites études (conseil municipal du 09 12 08).

Pourtant, ne déclarait-il pas, sur les études du Bas Saint Front, en conseil municipal du 17 juin 2008:

Je l’ai dit, je le répète, je tiens à ce que ces études, même si elles sont onéreuses, soient menées jusqu’au bout.

:: Mensonge ou incohérence ? ::

Selon le même principe d’enfumage permanent, souvenez-vous. Ne déclarait-il pas lors de la même séance que ce projet du Bas saint Front était conditionné par le Plan de Déplacements Urbains. Et qu’en est-il ? Le PDU est toujours à l’étude, loin encore de la moindre enquête publique.

Il savait très bien en séance que le PDU n’était pas un élément conditionnant la faisabilité du projet. La preuve, c’est qu’il a modifié, planifié et budgétisé la réalisation du parking Mauvard avant de connaître les conclusions du PDU.

Les études liminaires à l’investissement sont faites au doigt mouillé, de la même façon que le budget prévisionnel des travaux de la CCI est volontairement sous dimensionné, à proportion de la surévaluation du budget travaux des écoles.

L’accumulation de fausses déclarations, intentionnelles ou non, mêlée à l’empilement déclaratif de fausses intentions, ne peut plus prétendre à la cohérence exigée par la gestion honnête d’un bien public.

Bas Saint Front, les confessions comptables du maire: différer n’est pas jouer

Il ne faut pas.
Il ne faut plus.
Il ne faut plus parler du projet de réaménagement du Bas Saint Front autour de la cathédrale du même nom.
Ah ? Pourquoi ?
Parce que le projet a été enterré manu militari par le maire de Périgueux, qui vient de flinguer les crédits alloués à la poursuite du projet. Le maire, contradictoirement avec ses déclarations récentes en réunions et ses engagements de campagne électorale, prouve sa mauvaise foi par des actes comptables. (Conseil municipal du 09 décembre 2008).

En section d’investissement :

Au chapitre 20 « immobilisations incorporelles » – 297 285 € dont annulation des crédits sur opération du bas Saint-Front de 280 000 €.

En justification, répondant aux questions de l’opposition, le maire n’a qu’un mot :

Parking Mauvard, vous l’avez dit vous-même, vous l’avez lu, l’étude est différée.

« Parking Mauvard ». Voilà un bien bel exemple de métonymie. Voilà que l’ensemble du projet du Bas Saint Front est réduit au terme de parking Mauvard.

Y a-t-il écrit :

  dont annulation des crédits sur opération du bas Saint-Front de 280 000 €.

Ou bien :

  dont annulation des crédits sur opération du parking Mauvard de 280 000 €.

On est bien d’accord.

Si tel n’était pas le cas, cela signifierait que les études concernant les autres parties du projet se poursuivraient.
Or ce n’est pas le cas, dans un contrat de maîtrise d’œuvre classique, cela répond d’une « suspension de mission ». A ce jour les études sont gelées, il est donc impossible d’enclencher la phase PROJET, et ainsi la consultation des entrepreneurs en vue de la réalisation.

L’engagement. L’engagement par écrit. Le maire n’hésite pourtant pas à y souscrire. N’a-t-il pas pris sa plume pour écrire, en février 2008 :

C’est avec plaisir que je vous confirme tout l’intérêt que je porte à ce quartier, à son aménagement, si nécessaire comme pour d’autres secteurs qui méritent également une grande attention.

Poursuivant :

Je vous confirme donc que les aménagements prévus sur l’avenue Daumesnil, la rue Denfert Rochereau seront réalisés comme ceux de la place de la Clautre au plus tard dans les 3 années qui suivront mon installation à la mairie.

Engagement pris de réaliser les travaux pour le mois de MARS 2012 et non de commencer les travaux en MARS 2012.
Ah mais c’est vrai ! Stupide, j’oubliais que cet engagement écrit auprès d’une association représentant directement et indirectement plusieurs centaines d’habitants, s’est fait en campagne électorale…

Tout engagement écrit comptait-il pour du beurre ?

Alors, quels sont aujourd’hui les arguments que le maire oppose pour esquiver lesdits engagements ?
Autrement dit, quelle est aujourd’hui sa vision du projet et pourquoi ce dernier n’est plus digne de l’intérêt qu’il lui portait tant en campagne électorale, jusqu’à en éprouver du plaisir ?

1. Le Bas Saint Front est un projet de quartier et ce quartier n’est pas prioritaire

Sophisme municipal
Périgueux est composée de plusieurs quartiers, dont certains furent délaissés par l’ancienne municipalité et qui sont par conséquent plus prioritaires que le quartier du Bas Saint Front. De plus, ce quartier est un quartier de nantis, comparé à d’autres où le tissu social et économique est beaucoup plus fragile.

Le projet du Bas Saint Front concernant les abords de la cathédrale n’est pas un projet de quartier. En comparaison, le projet de mairie de quartier du quartier Saint Georges est un projet de quartier, (ce qui ne l’a pas empêché d’être annulé aussi).
La cathédrale Saint Front concerne et touche TOUS les habitants de Périgueux. Ce n’est tellement pas un problème de quartier que cet édifice a été classé par l’UNESCO à l’inventaire du patrimoine mondial. Le maire entend faire croire que seuls les habitants du quartier de la cathédrale s’intéressent à la cathédrale Saint Front. Cela mériterait d’être vérifié et éprouvé.
De même, le maire, pour son nouveau logo, a choisi la cathédrale Saint Front pour symbole de la ville, toute la ville. Un hasard ?

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Un projet global
Le projet du Bas Saint Front comporte des aménagements routiers, pour la régulation des flux, qui dépassent non seulement le cadre du quartier, évidemment, mais la ville également, et touche l’ensemble de la communauté d’agglomération.
De même, l’aménagement des abords de la cathédrale touche à la vie économique de l’ensemble de la cité, qu’il s’agisse du développement touristique ou des marchés de plein vent. Que l’on sache, les dividendes provenant du tourisme ne sont pas versés dans les caisses d’une association de quartier pour l’unique bénéfice des riverains, mais sont utilisés pour l’ensemble de la ville.
La pollution engendrée aujourd’hui par la mauvaise gestion des flux routiers se cantonne-t-elle uniquement au dessus du quartier de la cathédrale ? S’inspirerait-elle de son maître en la matière, le nuage de Tchernobyl ?

Le coup des nantis, une ville en forme de carte électorale
Enfin, il s’agirait d’un quartier de « nantis », donc non prioritaire. L’argument du projet de quartier ne valant rien, ce dernier s’écroule avec lui.
Et quand bien même, il faudrait voir les statistiques lui permettant de fonder ses dires.
Car en définitive, ce que le maire désigne par « nantis », c’est une catégorie de personnes dont il présume qu’en terme électoral, elle lui est moins favorable.
C’est un des problèmes pesant sur l’honnêteté intellectuelle de ses actions. Le maire n’aborde la vie communale qu’en fonction de la carte électorale des élections municipales et fonde son action en récompense des meilleurs scores électoraux. Cela induit dans sa stratégie de ne considérer Périgueux que sous un angle sectorisé, segmenté en zones électorales et en maillage de bureaux de votes, trahissant l’unité de la ville qui demeure légitime, ne lui en déplaise, à former un tout.

Politique de l’habitat
En terme de politique de l’habitat, nous savons que ce maire là, a, comme le ministre et comme ses prédécesseurs depuis 50 ans, pour objectif et devoir d’enrayer la chute de la population à Périgueux. Par l’absence de projet autour de la cathédrale, l’habitat se dégrade et les logements vacants augmentent. Il n’y aurait que le maire pour penser que le réaménagement du quartier n’aurait pas un impact positif sur les réhabilitations, les locations et les achats.

Cathédrale d’une ville, non d’un quartier
C’est donc aux périgourdins de faire comprendre au maire, même si ce n’est pas facile, que le projet de réaménagement des abords de la cathédrale Saint Front n’est pas le projet d’un quartier de la ville mais le projet de la ville toute entière. C’est à eux de faire entendre à la municipalité que sa stratégie de division et de sectorisation des habitants de Périgueux, si elle se comprend en terme de politique électoraliste et clientéliste, n’est pas, loin s’en faut, ce que les administrés peuvent en attendre.
Périgueux est une ville, les habitants font et sont cette ville, et ne se réduisent pas uniquement à des actions politiques par quartiers.
La cathédrale Saint Front EST la cathédrale de Périgueux, ce n’est pas la cathédrale du quartier Saint Front.

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2. Le projet du Bas Saint Front est un projet du ministre Xavier Darcos

Sophisme municipal
C’était un projet de Xavier Darcos. Il est à l’UMP, mais Michel Moyrand est au Parti Socialiste. Donc il n’a pas à réaliser son projet. De plus, ce projet n’était pas dans son programme de campagne, donc les périgourdins ne l’ont pas élu pour cela.

C’est un argument bien pratique pour enterrer le projet, que de mettre en avant une telle stupidité. Certes, le projet a été initié par cette équipe municipale. Mais l’ensemble des abords de la cathédrale souffre à en crever de l’absence de politique constructive depuis plus de 35 ans.
Autrement dit, tel ou tel projet n’est pas l’œuvre d’un homme, quelle que soit sa bannière partisane, cela n’a aucune espèce d’importance. Au contraire, ce serait la moindre des choses qu’un politique ait enfin le courage de s’attaquer au cœur historique de la ville, autrement qu’en le détruisant, comme l’a fait dans un geste barbare et aveugle, Yves Guéna en son temps.

Le projet des habitants
Le projet initié par l’ancienne équipe a fait l’objet de consultations et de concertations et au final, ce sont bien les habitants qui ont donné leur accord au projet présenté. Le caractère démocratique est incontestable et démontre tout l’engagement des habitants derrière le projet. Cela gêne le maire aujourd’hui. Lui qui se prétend plus démocrate, prétendant rendre la vie locale plus démocratique, alors qu’il ne fait rien, sinon accroître le service administratif de proximité. Il ne fait que confondre administration et démocratie, un détail.
Le maire se trouve confronté à un projet qui est cher aux habitants de Périgueux, non parce que c’était le projet de Xavier Darcos, mais parce que c’était leur projet.

Commission extra municipales
Il pourra bien dire qu’il a organisé des commissions extra municipales sur le projet et les a présidées. Oui, c’est vrai.
A la première commission, en somme, le maire s’est fait expliquer le projet dans les détails et a fait le point sur l’avancement des études.
A la seconde commission, il est venu présenter avec autoritarisme le découpage du projet en deux parties, en présentant l’abandon pur et simple du parking souterrain, l’aménagement de la place du Thouin, et le projet paysager allant de la place Mauvard à la rivière.
Non, en réalité, les commissions extra municipales ne lui servent qu’à gagner du temps et à préparer les habitants à l’abandon du projet. Malheureusement, il n’y a pas d’élément contradictoire aujourd’hui à ce constat.

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3. Il n’y a pas les financements pour réaliser le projet du Bas Saint Front

Sophisme municipal
Les dernières études ont montré que les finances de la ville de Périgueux étaient en grand danger et que la situation était alarmante. Par conséquent, il faut réduire les investissements pour retrouver un niveau d’autofinancement satisfaisant. D’où la nécessité de ne réaliser des projets que s’ils sont ultra prioritaires.
Ne considérant pas que le projet du Bas Saint Front soit dans cette catégorie, il doit être différé jusqu’à retrouver la capacité de le financer.

Périgueux, sur le plan économique, se situe aujourd’hui dans la moyenne de sa strate nationale. Passons.
Admettons qu’il faille être particulièrement vigilant sur les investissements, plus qu’à d’autres périodes, ce qui se comprend au regard de la conjoncture économique et sociale.

 Le fait du Prince
Ce n’est qu’en cet endroit qu’il dévoile réellement son choix en tant que décideur politique : la priorité accordée au projet du Bas Saint Front est inférieure, loin s’en faut, à celle de Son Déménagement de la mairie. Evidement, cette analyse politique est discutable, dommage qu’elle ne soit pas opposable, nous serions sur d’obtenir raison devant un magistrat.
Car en réalité, le maire déclare que tout projet doit faire l’objet d’une analyse financière poussée avant d’être engagé. Sauf celui du déménagement d’une mairie qu’il confond de trop près avec sa propre propriété. Ce dernier projet est annoncé avec force manchette, mais sans avoir fait l’objet d’aucune justification financière.
Le fait du Prince, c’est ça. La différence dans le traitement et la rigueur budgétaire est un privilège qu’il s’octroie, car pour son projet, il y aura toujours assez d’argent, rien ne sera trop beau.

Définition des priorités et déni de démocratie locale
Son Déménagement de la mairie n’a pas un caractère d’urgence prioritaire, tel qu’il impacterait positivement sur les finances de la ville en retour sur investissement, au contraire, cela alourdira sensiblement le budget de fonctionnement. Il n’aura pas un impact positif sur la rénovation de l’habitat et l’augmentation de la population, sur la diminution de la pollution, la sauvegarde du patrimoine architectural de la ville, etc. Tout au contraire du projet du Bas Saint Front.
De même que Son Déménagement de la mairie ne sera pas au bénéfice de l’ensemble des périgourdins, mais uniquement de quelques uns, comme la centaine de fonctionnaires territoriaux concernés, (ces derniers ont ils été seulement consultés?) et les élus (et les citoyens qui se marient).
Son Déménagement de la mairie est un luxe, un projet narcissique et égocentrique, symbolique et dispendieux.
Le grand désavantage de la situation, c’est que le maire n’a que ce projet à proposer en son nom, lui permettant de laisser une trace durable de son passage, et c’est ce qui fait à ses yeux la priorité de ce projet.
Quand bien même, a-t-on vu le démocrate Moyrand parler de consulter la population pour la réalisation d’un projet de cette importance ? Pas de si tôt. Il ne fait que se dissimuler derrière son programme de campagne, comme seule justification populaire, craignant s’il en est de se confronter lui et son projet directement à la population.

Mandature à projet unique ?
Mais il ne faut pas se laisser entraîner sur cette pente, consistant à laisser croire que le projet de déménagement de la mairie est en concurrence avec celui du Bas Saint Front, comme si la ville en était au point de devoir choisir entre les deux. C’est faux, c’est une manipulation. Cette concurrence ne fonctionne que dans la mesure où le maire entend prélever des financements destinés au projet du Bas Saint Front pour faire Son Déménagement. Là s’arrête la comparaison. L’étalement sur plusieurs exercices accompagné d’objectifs et quantifications en terme de retour sur investissement permettrait de rationnellement poser le projet en terme comptable. Il le sait très bien, il le sait comme tout le monde à Périgueux.

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En conclusion

La prochaine étape est celle du budget primitif de mars 2009. Au contraire des discours, les chiffres traduiront la réalité de la politique mise en œuvre.
Il est pourtant certain de devoir en finir avec une rhétorique qui ne convainc plus personne, ou presque, peut-il encore espérer. Car c’est à prendre les habitants de Périgueux pour plus naïfs qu’ils ne sont que cette rhétorique pourrait se retourner contre lui-même.