Commission extra municipale 15 09 08

Le 15 septembre 2008, s’est tenue la seconde commission extra-municipale du Bas Saint Front.
Impossible d’y être. Par conséquent les informations qui suivent sont des paroles rapportées.

La nouveauté: l’installation de parcmètres place Mauvard à la place du parking souterrain.

:: Justifications officielles ::

Rendre le stationnement payant permettra d’augmenter le turn-over et par là de dissuader les voitures « ventouses » qui s’installent pour la journée.
Permettre un volume de stationnement équivalent à celui qui sera supprimé par l’aménagement du haut Saint Front.
Tout cela sera temporaire avant des travaux plus importants ! Quand un politique commence à employer le terme de temporaire pour un projet, cela revient généralement à signer, sinon l’abandon du projet, au moins à le renvoyer aux calendes grecques. Sans préjuger de la sincérité de l’annonce, chaque français connait un projet dit temporaire qu’il n’a pourtant aucun espoir de voir de son vivant.

Il faut donc inclure, dans la modification du parking existant, l’abandon du projet paysager qui prévoyait un aménagement important pour reconnecter Périgueux avec la rivière l’Isle, l’abandon des travaux de la place du Thoin, l’abandon du projet de créer une continuité entre la place Mauvard et la place de la Clautre.

A la place, un dilemme. Si le projet est réellement temporaire, alors il ne faut pas engager des travaux trop importants et savoir ce que traduit dans le temps le terme de temporaire. Mais si le projet est temporaire au sens très durable politiquement, alors il faut mettre en oeuvre un projet plus important, s’inscrivant dans la durée.  Courage à ceux qui doivent gérer concrètement cette situation…

:: Eléments techniques ::

Bas Saint Front
Capacité actuelle du parking Mauvard : 120/130 places
Turn-over : environ 240 voitures/jour
Projet de logement social vers la rue du Lys : soustraire environ 30 places. (Les logements auront leurs propres places de stationnement résidentiel).
Projet de modification du parking existant : environ 90 places
Turn-over : environ 500 voitures/jour, (car payant)

Haut Saint Front
Etat d’avancement : phase Avant Projet Définitif
Dernier trimestre 2008 : phase Projet
1er trimestre 2009 : Consultation des entrepreneurs ?
2ème trimestre 2009 : Réalisation ?

:: Faisabilité et budget de la ville ::

L’ancienne équipe municipale avait annoncé, y compris en interne, le début des travaux de l’ensemble du Bas Saint Front pour le 1er semestre 2009.
Aujourd’hui, la nouvelle équipe municipale dénonce l’impossibilité de ce calendrier, car il n’existe aucune budgétisation permettant, non seulement d’envisager un parking souterrain de 350 places, mais encore moins un démarrage des travaux tel qu’annoncé par le précédent conseil municipal.
A cela, le maire actuel dénonce aujourd’hui une situation financière de la ville qui n’aurait pas dû permettre de mener le projet tel que cela avait été annoncé. En d’autres termes, le maire de Périgueux relève les compteurs : il accuse indirectement son prédécesseur de manipulateur et d’irresponsable en terme de finances publiques. A suivre.

Par conséquent, il y a deux possibilités, dont il faudra savoir laquelle est réelle.

La première, c’est que le conseil municipal précédent n’était pas sincère et par effets d’annonces, mentait sur sa capacité à réaliser le projet qu’il avait commandé, dans le délai qu’il avait annoncé.
Dans ce cas, le conseil municipal actuel serait bien en peine de devoir assumer une telle incurie et on le remerciera de se démener pour trouver des solutions intermédiaires.

La seconde, c’est que le conseil municipal précédent était sincère et qu’il était en capacité de démarrer les travaux correspondant au projet annoncé et à la date voulue.
Dans ce cas, ce serait l’équipe en place qui se retrouverait dans l’une ou l’autre des situations suivantes (ou les deux à la fois).
Ou bien elle ment éhontément sur la faisabilité du projet et la capacité d’investissement de la ville. Ou bien elle n’est pas capable, faute des compétences requises, de réaliser un projet pour lequel l’ancienne équipe municipale avait le savoir faire.

Dans le premier cas il y eu dans le passé manipulation et incapacité et l’on devra se contenter de ce que l’on peut faire avec les moyens du bord. Dans le second, il y a présentement manipulation et incapacité et l’on est face à une mascarade politique grave.

:: Farce, dindon et élection ::

Mais dans les deux cas, ou par le passé, ou aujourd’hui, les périgourdins ont été ou sont bernés par ce qui ce fait de plus crasse en politique. A la limite, on préfèrerait que les mensonges soient derrière nous, bien sur. C’est pourquoi il sera important pour la suite des évènements, de savoir d’où provient la malhonnêteté et quelle est l’origine de la manipulation. A quelques mois d’une élection, il est certain que nous aurions vite la réponse. Mais aujourd’hui, il est à craindre de devoir être patient.

Dans tous les cas, par rapport à ce que l’on a fait croire pour la ville, elle est perdante quelque part. Le nouveau logo situe bien la cathédrale comme l’identifiant visuel, symbolique et identitaire de Périgueux. Il serait aberrant de le reconnaître d’un côté et de le bafouer de l’autre.

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Nouvelles du Front

Les nouvelles du Front ne sont pas encourageantes. A un peu plus de 15 jours de la prochaine commission extra municipale autour du projet d’aménagement du Bas Saint Front, on peut se demander ce que nous réserve la municipalité.

:: Recadrage ::

Histoire de recadrer rapidement le projet, il s’agit ni plus ni moins que d’aménager les abords de la cathédrale Saint Front pour les raisons suivantes.

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, l’édifice religieux possède aujourd’hui le plus petit parvis dans sa catégorie, à peine équivalent à un trottoir de rue secondaire. Tout l’espace a été voué aux automobiles, pour atteindre un carrefour dont les caractéristiques dimensionnelles sont celles d’une route départementale.

Le trafic routier généré, via la pénétrante de l’avenue Daumesnil, a un impact direct sur la zone:

  • – Baisse de la qualité de l’air,
  • – dégradation de l’habitat, (salubrité des logements et apathie du quartier),
  • – abandon des commerces, (perte d’activité économique et impact sur l’emploi),
  • – érosion accélérée de la pierre, (conséquences sur les monuments et couts de rénovation),
  • – difficulté des déplacements piétons, (praticabilité et dangerosité),
  • – sous exploitation du potentiel touristique et culturel.

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.:: La position du maire ::

Etroitement lié au projet d’aménagement urbain et paysager, le projet de parking souterrain de place Mauvard est l’objet de toutes les attentions. Depuis longtemps le maire actuel n’y est pas favorable, il suffit de lire les comptes rendus des conseils municipaux où le sujet a été débattu. Pour autant, face au caractère d’intérêt public majeur de ce projet, on aurait pu penser que la filiation du projet avec l’ancienne municipalité ne soit pas un obstacle à sa continuité.

Aujourd’hui pourtant, force est de constater le contraire. Alors que le projet de parking souterrain est proposé à 8.8 millions d’euros par Vinci, le maire, dans Sud-Ouest, annonce un coût de 15 millions d’euros, alors qu’en dernière instance il avait toujours était question d’une estimation à 11 millions d’euros. Il lui plaît ainsi d’ajouter 4 millions, comme ça, histoire de tailler une bavette. Les chiffres seraient donc un peu comme les mots à la veille des élections. Pour flinguer ou retarder un projet, on ne s’y prendrait pas autrement; aussi, quand on veut se débarrasser de son chien, on commence par dire qu’il a la rage.

On notera au passage que le projet du Bas Saint Front a également pour objectif de rapprocher les périgourdins de la rivière l’Isle, à laquelle ils tournent actuellement le dos. Un des projets du maire est de faire de Périgueux une ville d’eau, notamment par le biais d’un festival bi annuel sur le thème Art et Eau. On pourrait donc penser que le projet BSF va dans le sens de ce projet de ville d’eau. Ca n’a pas l’air.

Un autre projet a été directement mis en concurrence, celui du déménagement de la mairie dans un bâtiment tout aussi adapté que le premier, bien que plus vaste, mais qui a le mérite d’être vierge d’une odeur politique qui n’est pas la sienne.

Aujourd’hui qu’entend-on ? Les commerçants du Puy Saint Front semblent un peu désabusés. Lorsqu’ils demandent des nouvelles du projet BSF au maire, ce dernier répond :

on a plus d’argent

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.:: Tombé du ciel ::

Et oui, depuis que Périgueux a fait l’objet d’un rappel à l’ordre sur l’état des finances, assorti d’une note de 29.09 / 30, communiqué par le Préfet et le Trésorier Payeur Général, ami de la famille politique au pouvoir, rien ne va plus. Cela a d’ailleurs valu au préfet un petit tour au Ministère de l’Intérieur, où MAM n’a pas du se montrer des plus souriante, on l’en sait fort capable. Bien sur, le préfet a tenté de minimiser l’affaire dans la presse, mais trop tard. La manœuvre réussie de la gauche a mis en difficulté le premier représentant de l’Etat, coincé entre l’habileté du TPG et un Ministère de l’Intérieur acquis à la cause du Ministre de l’Education Nationale..

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Du pain béni pour la majorité qui voit dans cette note toute l’opportunité de manœuvrer à son avantage. En terme de gestion de bien public c’est désolant. Cette difficulté, au lieu d’être mise sur la table en toute transparence, pour voir quels sont les problèmes réels, est instrumentalisée en tactique politicienne. Traduction pour les habitants :

on a pas plus d’argent

Comprendre, on n’a plus d’argent, sauf bien sur pour ce qui nous intéresse. Le projet du Bas Saint Front semble ne plus intéresser le conseil municipal, entièrement tourné vers le déménagement de la mairie, projet devenu prioritaire en coulisses. Il faut rajouter en coulisses, car le maire ne prend pas ses responsabilités de décideur politique. Il ne défend pas un projet contre un autre, en assumant ses décisions, mais camoufle d’un côté et agit en douce de l’autre, comme s’il n’y avait pas de choix à faire.

Ainsi, le projet du Bas Saint Front, fait maintenant l’objet d’une commission de pilotage, dont on se demande si, tant qu’à faire, il ne faudrait pas y associer Saint Pierre et Miquelon, tant les acteurs invités à donner leurs avis sont disparates et pour certains fraichement concernés par le projet.

:: Le dernier en premier et vice et versa ::

Cela n’empêche pas, au contraire, de poursuivre les études sur l’aménagement qui ne concerne pas le parking. Pour mémoire le projet bas est en stand bye, mais doit commencer en premier. Le projet haut avance bon train mais doit commencer à être réalisé en second. Cette logique, qui ferait froid dans le dos à tout investisseur averti, devrait être clarifiée lors de la prochaine commission extra municipale.
D’un côté, pour la réalisation du projet du Bas Saint Front, il est présenté par le maire comme nécessaire de :

  • – Consulter une commission de pilotage
  • – Attendre les résultats de l’audit financier sur les finances de la ville
  • – Reconsulter les entreprises de réalisation du parking
  • – Attendre la mise en place du Plan de Déplacement Urbain par la communauté d’agglomération
  • – Avoir une démarche budgétaire extrêmement serrée

.
De l’autre côté, pour le déménagement de la mairie, rien. Il est simplement accessoire de prendre en compte le cout de :

  • – Rachat du foncier et du bâti de l’ancienne CCI
  • – Réhabilitation et mise aux normes du bâtiment et des abords
  • – Réhabilitation et mise aux normes de l’actuel bâtiment municipal

.
Pour ce projet, plus rien de ce qui est évoqué plus haut n’est nécessaire, cela coule de source. Disparue la rigueur budgétaire invoquée en déesse de la méthode comptable, envolées les commissions techniques « essentielles », évaporée la gestion des flux communale et extra communale, aucune importance de l’audit financier en cours, accessoire également l’inscription du projet au Plan Local d’Urbanisme de Périgueux. Seule réponse aux périgourdins :

Un projet de première nécessité

 

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:: Deux poids deux mesures ::

Il n’est pas question de dresser un projet l’un contre l’autre, les deux ont leurs propres justifications. Mais c’est dans la différence de traitement sur le plan de la communication du maire que l’écart est le plus éloquent. Là où l’on ne devrait parler que d’intérêt général, de priorité en terme de gestion de bien public, d’équité et de transparence dans la présentation des enjeux, on se heurte à l’ego, à la dissimulation, à la manipulation de l’information; au service de la couleur politique et des ambitions personnelles, à l’inverse de la mission de service public découlant de l’élection.

Il n’est pas certain que ces manipulations, somme toute grossières, trouvent satisfaction chez les électeurs. Si d’un côté le nouveau maire a obligation de se démarquer de la politique de ses prédécesseurs pour matérialiser la promesse de rupture qui l’a porté au pouvoir, de l’autre, avec un écart de 113 voix aux élections et une population en attente de résultats concrets et rapides, l’absence de lisibilité politique par le biais d’un homme peinant à incarner la fonction de maire, (ce qui oblige entre autre à assumer les yeux dans les yeux avec la population des choix politiques), risque de se traduire par un désaveu brutal.

Cette absence de lisibilité et les tâtonnements convulsifs des trois premiers mois de mandature ont été absorbés par la difficulté compréhensible de prendre ses marques. Si en revanche cet état perdure et s’inscrit comme griffe de la méthode municipale, se caractérisant par l’absence de vision à long terme pour Périgueux et de projets structurants, il est certain que les périgourdins ne s’y retrouveront pas et le feront savoir.

Le projet porté par le maire était celui d’une ville dynamique, avec une démocratie locale modernisée, au commerce relancé, au tourisme redynamisé, aux quartiers revitalisés, avec une politique de l’emploi volontaire et un rayonnement extra communal de fait et non de droit. En somme, il s’agissait de proposer un projet faisant entrer Périgueux de plein pied dans le XXIème siècle.

En commençant par saborder le projet du Bas Saint Front et en déplaçant la mairie à 300 mètres, on a du mal à comprendre les moyens mis en œuvre répondant des objectifs du projet de campagne électorale.

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Propagande pour bas du front ?

BAS ST-FRONT : LES HABITANTS ET USAGERS SE CONCERTENT

La ville de Périgueux poursuit les études d’aménagement du quartier Saint-Front et des abords de la cathédrale. L’équipe municipale, qui accorde une grande importance à la concertation et aux avis des usagers, a choisi de renouveler la participation du comité consultatif du Bas Saint Front aux études d’aménagements urbain. Chargé par ses avis d’éclairer la pertinence des choix faits, ce comité s’est réuni à la mi-juin pour examiner les propositions des concepteurs sur la place de la Clautre et l’avenue Daumesnil. L’inscription de membres supplémentaires permet d’articuler cette instance aux autres commissions intégrant des Périgourdins qui vont accompagner la vie municipale (voir la liste des commissions extra-municipales sur le site internet de la Ville : www.perigueux.fr)

Ce texte est tiré du bulletin municipal bulletin-municipal. Il n’était pas au programme d’en parler, mais, chemin faisant, on se surprend à se demander :

Diantre nous prend-on vraiment pour des bas du front ?

Le Code de l’Urbanisme, nous en avons déjà parlé, est très clair, à l’article L 300-2 :

I – Le conseil municipal ou l’organe délibérant de l’établissement public de coopération intercommunale délibère sur les objectifs poursuivis et sur les modalités d’une concertation associant, pendant toute la durée de l’élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées dont les représentants de la profession agricole, avant :
a) Toute élaboration ou révision du schéma de cohérence territoriale ou du plan local d’urbanisme ;
b) Toute création, à son initiative, d’une zone d’aménagement concerté ;
c) Toute opération d’aménagement réalisée par la commune ou pour son compte lorsque, par son importance ou sa nature, cette opération modifie de façon substantielle le cadre de vie ou l’activité économique de la commune et qu’elle n’est pas située dans un secteur qui a déjà fait l’objet de cette délibération au titre du a) ou du b) ci-dessus.

Encore heureux que la mairie ait choisi, sous la contrainte de la loi, de consulter les citoyens ! Nous devons marquer une infinie gratitude à nos élus de bien vouloir appliquer le Code de l’Urbanisme et de consulter les gueux que nous sommes sur des projets aux conséquences profondes sur leur vie quotidienne.

A la demande du maire, le projet a été soumis à modifications, il a été subdivisé en deux projets distincts contre l’avis général, pour remettre en cause la faisabilité de l’acte 1, la place Mauvard.

Nous avions parlé exactement du même subterfuge de l’ancienne équipe municipale. A savoir celui qui tend à faire croire, pour une question d’image et de propagande mayorale, qu’il agit de bonne grâce, par consultations citoyennes, alors que ces dernières sont obligatoires. Nous avions épinglé le maire-ministre sur cette instrumentalisation de la loi durant la campagne, nous ne pensions pas que le nouveau maire s’en inspirerait si vite.

Ces techniques d’auto promotion dans un bulletin municipal, bien que courantes, ne sont qu’une manipulation de la réalité. Quand l’élasticité de cette réalité est par trop malmenée, et ramenée à la question de la vérité, cela s’appelle tout simplement du mensonge.

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Bas Saint Front: financement du parking Mauvard

Le premier des arguments du maire en défaveur de la réalisation du projet du bas Saint Front était celui du PDU de la CAP. Nous avons vu que le lien entre les deux projets était quelque peu artificiel, sophistique par certains aspects, tant par la justification que par la faisabilité.

Le second des arguments est celui du financement du parking de la place Mauvard. La question qui brûle les lèvres de beaucoup de citoyens initiés au projet est :
Comment se fait-il que le financement du parking ne semblait pas poser de problème avant les élections de mars 2008, alors qu’il semble en poser un aujourd’hui ?
Pas de réponse hâtive. Ce n’est pas forcément parce que l’ancien conseil municipal était une bande de tête brûlées de la finance ; ce n’est pas non plus parce que le nouveau conseil est tellement timoré qu’il n’ose plus investir 1€ dans un projet dont la légitimité s’impose.

Dans ce qui va suivre, tout contre argument sera le bienvenu au bénéfice de la véracité. Nous faisons part des informations les plus récentes qui nous sont parvenues.

:: Résultat de la négociation avec l’entreprise chargée de la réalisation ::

Pour le premier cas, le maître d’œuvre consulté était Vinci. Tandis que les services techniques de la mairie avaient donné une évaluation du coût de travaux autour de 9.5 millions, la société Vinci avait répondu à 11 millions. Ce que l’on sait moins c’est que la même société avait répondu en seconde consultation à – 20% que sa proposition d’origine, soit environ 8.8 millions d’euros HT, (en sachant que la ville récupère la TVA avec un décalage de deux exercices). Loin de toute philanthropie, qui n’est pas leur activité, ni première, ni dernière, l’intérêt du groupe Vinci réside dans la maîtrise de l’ensemble du parc de stationnement.

:: Etalement du financement sur plusieurs exercices ::

Entre le lancement de l’opération et le début de sa réalisation, il aurait fallu compter une année. Les travaux, eux, auraient duré 1 an et 6 mois,  minimum, (sans compter les dérapages). Cela représente donc un financement de l’opération sur deux exercices, soit grosso modo, un investissement de 4.4 millions par exercice, soit un peu moins d’1/4 par an de l’investissement.

:: Comparaison avec les autres parkings réalisés ::

On peut également comparer ce projet à ce qui a été réalisé. Il s’agit d’un parking de 350 places, de deux fois inférieur en capacité aux parking Montaigne ou Francheville. Les budgets tournaient, ces dernières années, autour de 15 millions d’euros. Ces parkings ayant été réalisés sans entraîner de banqueroute, on peut penser que l’affaire ainsi budgétée n’est pas irrationnelle.

:: Le coup de la place ::

Lors de la commission extra municipale du 16 juin 2008 sur le bas Saint Front, le maire a annoncé un coup moyen par place de 28 000 euros. Ce chiffre nous rapproche d’un montant global de 9.8 millions, ce qui doit correspondre à peu près à l’estimation des services techniques. En tenant compte de l’offre de Vinci à 8.8 millions, la place reviendrait à 25 000 euros.

:: En conclusion ::

Le financement de ce parking se présente comme un investissement classique, sans particularité financière. Si ce n’est la volonté politique. Car ce projet mobilise lourdement la ligne d’investissement de la ville sur les deux exercices précités. Dans tous les cas, il est malintentionné de comparer le financement global du projet, de tout le bas Saint Front, (21 millions), à la seule ligne d’investissement de la ville sur un exercice, (18 millions).

Une nouvelle consultation

Le maire nous a dit en commission extra municipale, qu’il élargissait la consultation des entreprises au nombre de 3, ce qui est le chiffre minimum correspondant à l’usage. Cela nous amène à penser qu’il reproche à Vinci au moins une des ces deux choses :

1. D’être trop cher à 25 000 euros la place
2. D’être Vinci

Dans le premier cas, souhaitons lui toute réussite dans la négociation. Pour autant, le coût plancher ne devrait plus être très loin. Pour le second, on comprend la réticence des humanistes. Mais il faudrait donc d’abord changer le monde, au moins une partie, avant de réaliser ce parking, qui est loin quand même, de valoir la Joconde.

Pour répondre à la question première, ce n’est donc pas en raison d’une difficulté technique de financement, ou un investissement démesuré pour la ville, que le maire met le projet entre parenthèses consultatives. Ce qui change ce n’est pas l’investissement en lui-même, c’est visiblement la volonté d’investir.

Il eut peut-être fallu, en définitive, que cette idée de projet bas Saint Front vienne de lui. Les périgourdins paieront ou le temps qu’il lui faut pour qu’il se l’approprie, qu’il le fasse sien, parce qu’il est d’un intérêt général plus qu’évident, ou bien nous sommes spectateurs de grandes manœuvres politiques, consistant à allumer des feux de pailles tous azimuts pour servir des intérêts qui ne seront pas opaques bien longtemps.

Comme a dit un évêque bien connu :
« On commence par faire de la fumée mais ensuite on se plaint de n’y plus rien voir »

Bas Saint Front: état des lieux et réalité des enjeux

:: Préambule ::

Cet article ne fait pas l’économie de la longueur. C’est un peu regrettable mais nécessaire pour aller au plus près de ce qui se joue réellement pour l’avenir du quartier du Puy-Saint-Front et l’aménagement de l’écrin de la cathédrale.

Lors de la commission extra municipale du 16 juin 2008 et du conseil municipal du 17 juin 2008, le maire a présenté son état d’esprit en tant que maître d’ouvrage du projet d’aménagement du Bas Saint Front.

:: Etudes et commissions ::

Elles sont reconduites, à travers des modifications demandées au maître d’œuvre, en phase d’avant projet. Pour l’occasion le maire a formé deux commissions :

1. Commission extra municipale « Bas Saint Front »
La composition de cette commission est du seul fait du maire, elle est constituée comme suit :

– 9 élus du conseil municipal dont le maire
– 4 représentants des autres compositions extra municipales
– 15 représentants d’associations liées au cadre de vie
– 27 habitants, usagers et acteurs de la vie économique

Avec un élu pour 3 habitants triés sur le volet par le maire, le conseil municipal impose un poids conséquent à la limite de la surreprésentation. Si le maire a bien le pouvoir légal de procéder ainsi, ce n’est pas comme cela que les choses se passent dans les communes engagées vers une démocratie participative. Passons.

2. Comité de pilotage pluri institutionnel, comportant élus et services de la ville, ainsi que les représentants techniques des organismes suivants

– Direction Départementale de l’Equipement
– Conseil Général
– Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine
– Communauté d’Agglomération Périgourdine
– Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement
– Chambre de Commerce et de l’Industrie
– Chambre des Métiers et de l’Artisanat

Ce comité de pilotage exclut tout représentation des associations ou des habitants, laissant d’un côté la palabre, les goûts et les couleurs, et de l’autre ce qui est technique et opérationnel. C’est dommage. D’autant que cette liste pourrait s’étendre à d’autres services. Tant qu’à faire pourquoi pas la DRAC pour l’archéologie, la DDASS pour l’accessibilité handicapée, et ainsi de suite.

:: Le cadre légal ::

Le maire fait mention de l’article L 300-2 du code de l’Urbanisme comme cadre légal de cette organisation. Précision doit être faite.
Cet article du code de l’Urbanisme est une contrainte réglementaire, non un choix laissé à l’appréciation du pouvoir mayoral. C’est pourquoi, dès le lancement du projet, l’ancien maire avait déjà mis en place la procédure respectant la législation.
Le maire ne met donc pas en place la procédure du L 300-2, comme il est écrit dans le rapport du conseil municipal, mais remet en place une procédure déjà en cours et en voie de s’achever. Du code de l’Urbanisme au langage courant, en terme procédural, cela se traduit peu ou proue par : « repartir à zéro ».

:: La position du maire sur le projet ::

Il se veut prudent, au regard de certains éléments problématiques du dossier, tout en affirmant vouloir le mener à bien, (dans les 3 ans suivants son élection, c’est son engagement).
Comme nous l’indiquions, le maire a divisé le projet en deux projets. L’un qui ne semble pas poser de réel problème, et un qui en pose, l’aménagement de la place Mauvard. L’un pour lequel les études se poursuivent, l’autre qui est suspendu au montage financier et au PDU de la CAP.

Pour autant, il le souligne aussi bien en commission extra municipale qu’en conseil municipal, le projet demeure global et indivisible pour rester cohérent. La réalisation du parking souterrain de la place Mauvard serait dans tous les cas « l’acte 1 » de l’ensemble de l’aménagement. Par « acte 1», nous devons comprendre le premier coup de pioche.

Le maire créer donc une chaîne de causes et d’effets, impliquant un ordre dans les réalisations, une subordination hiérarchique entre les différents éléments du projet, précisons les.

Si la place Mauvard est « l’acte 1 » du projet d’ensemble, alors le reste du projet sera réalisé postérieurement à la place Mauvard.
Si le calendrier des travaux de la place Mauvard est subordonné à celui du PDU de la CAP, vraisemblablement la fin des études, cela conduit au minimum à janvier 2009.
Les modes de financement du parking n’ont pour leur part, aucun calendrier, les consultations sont en cours.
En cas de problème, au niveau du PDU ou à celui du financement, cette causalité devient un critère de faisabilité forte du projet d’ensemble.

:: La cause et l’effet ::

Posons nous quand même les questions suivantes.
Quelle est cette relation de causalité entre le parking de la place Mauvard et le PDU ?
Pourquoi il n’y avait pas de difficulté de financement du parking souterrain avant mars 2008 alors qu’il y en a une aujourd’hui ?

:: Mauvard et PDU ::

Le maire nous dit que c’est un projet qui dépend des objectifs qui seront fixés dans le PDU, au niveau du ferroviaire, du bus et de la voiture. Par exemple, en conseil municipal, il a fait référence au pont des Barris, à sens unique ou double, piéton ou automobile, etc. Il a fait référence également au pont de l’Arsault, en débat actuellement, permettant le contournement du centre ville pour aller globalement d’Est en Ouest.
Il faut donc voir si :

1. Selon le schéma du PDU, le parking sera justifié ou non
2. Selon le schéma du PDU, le parking sera réalisable ou non

Le lien principal entre Mauvard et le PDU est bien celui du flux automobile. Partons des éléments concrets. Le parking Mauvard est existant, son accès principal se trouve Boulevard Georges Saumande. Cet accès est desservi par les flux entrants et sortants :
Boulevard G. Saumande en provenance de Trélissac
Boulevard G. Saumande en provenance du pont des Barris
Boulevard G. Saumande en provenance du pont Saint Georges
Boulevard G. Saumande en provenance du Greffe

1. La justification
Au regard de l’étude présentée par la CAP sur le PDU, en aucune façon, bien au contraire, il n’y a de raison valable de remettre en cause sur la place Mauvard une aire de stationnement, qu’elle soit souterraine ou aérienne. On sait que l’offre en stationnement est juste correcte et pourtant qu’elle est déjà saturée. Il faudrait donc remplacer cette offre place Mauvard par une autre équivalente, ce qui n’est absolument pas envisagé, voir envisageable.

2. La faisabilité
Quelque soit les orientations futures du PDU, il est absolument exclus sur le B. Georges Saumande que :
1. l’accès automobile depuis Trélissac soit interrompu
2. l’accès automobile depuis le pont Saint Georges soit interrompu
3. l’accès automobile depuis le pont des Barris soit interrompu, (confirmé par les services techniques)

Dans tous les cas de figure, il s’agit de comprendre que les voies de contournement ne sont pas faites pour éliminer le trafic automobile sur une zone, mais pour éviter d’ici les 15 prochaines années, de passer d’un état de congestion chronique à celui de saturation totale et des conséquences désastreuses induites.

Dans le scénario défendu par le parti communiste, pour le tout ferroviaire et l’interdiction de la voiture en centre ville, Mauvard deviendrait même indispensable pour stocker les véhicules dans cette zone de l’agglomération. A moins que la place Mauvard ne devienne une gare et le boulevard Georges Saumande une voie pour le TER ou la navette ferroviaire, pourquoi pas. Mais là c’est une autre histoire dont nos futurs petits enfants seraient les témoins.

:: En conclusion ::

Quelque soit le scénario choisit pour le futur PDU, qu’il soit monolithique ou panaché, il n’y a strictement aucun lien de causalité, ni sur le plan de la justification, ni sur le plan de la faisabilité, entre le parking de la place Mauvard et la gestion des déplacements sur le plan intercommunal. Aucun lien de causalité. Vous pourrez interrogez qui vous voulez, les urbanistes, les paysagistes, les services techniques de la mairie ou de la CAP, vous ne trouverez dans leur réponse aucun argument de causalité entre les deux projets.
Le parking est nécessaire et existant, qu’il fut aérien ou souterrain ne change par le problème du PDU et ce dernier exclut toute voie piétonne ou ferroviaire boulevard G. Saumande, de même que pont ou pas pont il y aura des véhicules en demande de stationnement à l’entrée du centre ville.

Pour notre part et jusqu’à preuve du contraire. Nous excluons d’un raisonnement logique, l’argument consistant à lier par un principe de causalité, le projet du parking souterrain de la place Mauvard et celui du PDU de la CAP.

De l’argument du maire de Périgueux
De deux choses l’une. Ou bien il s’exprime en toute sincérité. Dans ce cas il faut renforcer la pédagogie et lui expliquer concrètement les critères de faisabilité régissant les différents projets. Les services techniques sont là pour assister les élus et les aider à prendre des décisions sur des sujets complexes.
Ou bien il ne s’exprime pas en toute sincérité. Dans ce cas nous lui demanderons de le faire, étant donné qu’il n’est pas légitime qu’un élu trompe et masque ses intentions réelles envers les citoyens. Ainsi il pourrait expliquer les raisons réelles de ses tergiversations pour le moins étonnantes.

L’article suivant sera consacré, sur les mêmes bases que celui-ci, au financement du parking souterrain.