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Le maire de Périgueux sur Facebook ou l’anachronisme 2.0

Mark Zuckerberg peut remercier Michel Moyrand. Depuis que le maire de Périgueux s’est inscrit sur Facebook, le cours de l’action remonte. Certains n’y verront aucune corrélation. Rien n’est moins sûr. Car depuis que François Hollande est Président de la Dette, Michel Michel a accumulé les points de karma. Certes pas assez pour faire venir le TGV à Périgueux ou faire une véritable école du mime mais bon. Rendez-vous en 2038.

Voici donc le cours de l’action Facebook depuis que Michel le Maire s’est inscrit :

N’y voyez aucune diablerie, c’est juste la puissance de son karma.

L’information fait le tour du quartier du Toulon en quelques secondes

Trêve de sérieux. Le Michel a tellement peu d’amis que l’information était passée inaperçue. Il a fallu tout le talent des limiers pétrocoriens de la rédaction du Sud-Ouest local pour débusquer le scoop. Même Reuters et l’AFP avaient raté l’info. Mais le 09 aout, à 06h00 du matin, c’est la libération.

Le peuple périgourdin, en quête d’informations sur la situation internationale, découvrait avec joie et fierté que leur canard local s’illustrait parmi les plus grands quotidiens. Incroyable mais vrai, seul Sud-Ouest ce jour-là avait eu l’info et en partageait la primeur.

Quelques minutes plus tard, le scoop faisait le tour du monde et l’action Facebook jusque-là en plein marasme redécollait plein tube. Un grand bravo à la rédaction pour son talent journalistique !

Michel Moyrand sur l’autoroute de l’information

Car en réalité Sud-Ouest ne s’est pas contenté d’une dépêche. Toute la rédaction s’est mobilisée pour se fendre d’un dossier complet. Nous découvrons ainsi toute la genèse de l’histoire dans les moindres détails.

Ainsi apprend-on que le maire de Périgueux était frileux face à cet outil symbolique des nouvelles « Autoroutes de l’Information ». Il lui aura fallu pas moins d’un an pour se décider (chacun connait son rythme cognitif).

Ne comprenant strictement rien au numérique et pas plus à cette mode de d’jeuns qu’est l’internet avec ses 2 milliards d’internautes, le maire de Périgueux a sauté le pas et enfourché sa souris. Le voilà « branché » au réseau.

Sud-Ouest décrit alors une scène surréaliste et cite le maire :

Ce n’est pas mon outil de communication préféré, mais ne dit-on pas qu’il faut vivre avec son temps ! Alors il était bien temps que je l’adopte

On comprend alors que pour Michel Moyrand, avoir un compte Facebook, c’est « vivre avec son temps ». Cette phrase ne peut qu’attirer une profonde pitié. Michel Moyrand est bien de cette génération d’élus qui ne comprennent rien à la société contemporaine.

Il faudra attendre que cette génération disparaisse et laisse place à celle qui aura la lourde tâche de rattraper le retard pris par ces élus anachroniques.

Les plus optimistes verront un geste de courage de la part du maire pour s’adapter à cette époque qui le dépasse tant. Mais nous sommes en 2012, année d’entrée en bourse de Facebook et début de son déclin.

Facebook est déjà mort. Alors que près de la moitié de ses connexions se font sur mobile, l’entreprise n’a aucun modèle économique à proposer. Tablettes et mobiles ont ouvert un autre paradigme et le web stagne : l’ère post PC est engagée.

Et c’est grâce à ce support que le maire du pâté en croûte s’imagine dans le vent. Bon courage.

Michel devrait embaucher un community manager

Moyrand est un vrai politicien. Il se dit « très touché » par le décès de Jean-Pierre Gautherie. Il est tellement ému que sous ces doigts le nom devient : « Jean Paul Gaufherie ». Il ne peut même pas prendre le soin de respecter le nom du défunt mais a le culot de parler de « condoléances » à la famille.

Aussi le maire devrait vite créer un emploi pour écrire à sa place et masquer ce cynisme doublé d’incompétence.

Le meilleur ami de l’homme (et de tous les politiciens)

Heureusement il pourra compter sur le plus grand flatteur que le Périgord ait porté : Pascal Serres. Toujours prêt à dégainer ses brosses à reluire, le meilleur ami de tout le monde, autrement dit de personne, n’a pas perdu de temps :

Pour les élections municipales de 2014 on devrait se fendre la poire avec notre Michel 2.0.

Legislatives Périgueux 2012 vive Sarkozy, vive la xénophobie

55% des électeurs disent aujourd’hui avoir voté François  Hollande pour virer Nicolas Sarkozy. Ironie du sort, c’est la seule lueur d’espoir de l’UMP alors que leur mentor quitte le paysage politique. Sarkozy a maintenant rendez-vous avec les « petits pois » qui l’attendent de pied ferme. De 2007 à 2012 le caïd de Neuilly a tout perdu politiquement, les régions, les municipalités et les cantons (avec pour conséquence le Sénat). La xénophobie d’Etat sur laquelle il a cru s’appuyer pour conquérir l’extrême droite a échoué.

Sauf qu’on n’efface pas une doctrine politique comme ça et que pour les législatives, il faudra faire avec.

source @periblog

Attaché au piquet, il attend son boucher

A Périgueux en 2007, alors que Nicolas Sarkozy avait gagné, le candidat socialiste avait explosé le patron de la droite locale par 58.96% à 41.04%. Autant dire que le candidat UMP de 2012, Philippe Cornet va clairement à l’abattoir. François Hollande a réalisé 59.8% contre Nicolas Sarkozy à 40.2%. Une victoire dans la défaite annoncée serait de prendre quelques points au député sortant par rapport au score national. Ce n’est pas inespéré, vu l’envergure du socialiste aujourd’hui aux manettes.

La seule chose à attendre, c’est un débat clownesque où l’on verra Pascal Deguilhem avec son seul argument politique, celui d’être sportif et d’avoir fait du rugby. Et quand il parle de justice on s’amuse un peu de certaines actions menées durant les municipales de 2008 à Périgueux…

Amitiés partisanes et haute culture française

D’autre part Philippe Cornet à de drôles d’amis à l’UMP. On avait vu le conseiller municipal se rapprocher de David Douillet, un grand moment. Mais l’avocat périgourdin sur sa lancée a décidé de marquer les esprits. Il faisait il y a peu l’éloge de Nadine Morano sur son site. Élégance et hauteur de vue. A s’afficher avec les pires seconds couteaux de la Sarkozie, il n’y a même plus de campagne électorale.

Philippe Cornet: "Nadine Morano m'a bluffé"

On va se la refaire quand même pour l’occasion, allez Nadine, c’est à toi:

« Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c’est qu’il aime son pays, c’est qu’il trouve un travail, c’est qu’il ne parle pas le verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers. »

L’idéologie frontiste de Sarkozy laisse des traces

Par ailleurs le candidat UMP s’est montré un fidèle et ardant partisan de la campagne de Sarkozy. La défaite du seigneur sera aussi celle du vassal. Et ce d’autant que ce vassal provient à l’origine d’une droite centriste qui a suivi aveuglément la droite maurrassienne sur les sentiers de la xénophobie arabo musulmane. Entre autres faits d’arme sa suppléante, Elisabeth Marty, résumait la pêche à l’électeur frontiste à de « l’ouverture d’esprit ».

Sauf que la Dordogne n’est pas la région PACA et Périgueux n’est pas Bergerac (où le FN a fait 20% au premier tour). A toute fin utile, une dernière fois, souvenons-nous que la stratégie électorale de Sarkozy a été conçue par l’ancien directeur du journal Minute Patrick Buisson.

Une des raisons de la défaite de Sarkozy tient sans doute à ce climat xénophobe et sectaire. Expliquer aux électeurs que la cause de leur difficultés financières tient aux flux migratoires africains n’a pas marché deux fois de suite. Sauf que la machine est lancée, les argumentaires restent les mêmes pour les législatives.

Les effets de bord de la droitisation (extrême) de Sarkozy

Largement engagé derrière le chef, Philippe Cornet a suivi le mouvement, (peut-être même à ses dépends). Et que la défaite est amère ! Ainsi sur la page Facebook, c’est un véritable festival.

Philippe Cornet s’est enfoncé jusqu’au coup dans cette doctrine sarkozyste. Elle le poursuit manifestement encore au lendemain de la présidentielle. Sauf que la chasse est finie. La future défaite aux législatives va définitivement lui ôter son fusil des mains.

Philippe Cornet, législatives et municipales, souffler n’est pas jouer

A 3 mois des élections législatives -10 et 17 juin 2012- Philippe Cornet, leader UMP de Périgueux annonce dans Sud Ouest le lancement de sa campagne électorale. Même si le scrutin aura l’intérêt de le faire connaître davantage, le conseiller municipal de Périgueux a bien plus à perdre qu’à gagner. Mais avant de voir pourquoi, nous allons revenir sur ses présentes annonces.

A l’écoute de ce qui rapporte des voix

Et oui, c’est par cette déclaration fracassante que le candidat ouvre le débat : « nous souhaitons être proches des attentes des électeurs ». On s’en serait douté. A défaut d’originalité, cette phrase en appelle une autre : « C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases ».

Une campagne ni archaïque ni apathique

Creusant le sillon de l’originalité, le candidat poursuit son labour : ‘Le tandem UMP veut une campagne « moderne et dynamique »’. Avec une réelle prise de risque dans le discours, on s’interroge. L’UMP voudrait-il copier La Liste 2008 et son slogan novateur : « L’avenir est pour bientôt » ?

Pour un candidat qui promet dans le même article de l’originalité et des innovations ça commence doucement…

Autoroutes de l’Information et pensée progressiste

Par moderne et dynamique, le candidat parle en réalité d’internet et de David Douillet. En 2012, après l’arrivée de l’ADSL dans les années 2000, Philippe Cornet souligne l’arrivée de son futur site internet. Une véritable révolution. On en salive d’impatience.

Mais ce n’est pas tout. Le candidat compte également s’appuyer sur les réseaux sociaux. On est déjà face à des déclarations en acte, puisque le candidat sans prétention déclare : « On va éviter la campagne à l’ancienne. C’est passé de mode, on essaiera de vous surprendre ».

Et ça promet, puisque cette phrase suit l’annonce de la venue de David Douillet en tête de gondole. Ce député à qui Nicolas Sarkozy a donné un siège parlementaire en échange de son soutien a tout compris de notre société en 2012.

La classe

Autobiographie, « L’Âme du conquérant » 1998:

« On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes! »

Toujours dans cette vision progressiste et lumineuse de la société qui le caractérise :

« Pour l’équilibre des enfants, je pense que la femme est mieux au foyer, à gérer affectivement la cellule familiale »

Simone de Beauvoir et son Deuxième sexe (1949) n’ont qu’à bien se tenir avec leurs déclarations de « tapettes » :

« On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin ».

Pour le philosophe David Douillet, l’explication est exactement le contraire de celle de Simone de Beauvoir :

« C’est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d’élever les enfants. Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n’est pas par hasard ».

Bref, avec David Douillet on l’aura compris, les hommes sont misogynes ou pédés et la soumission des femmes à la gente masculine s’explique et se justifie par son dispositif génétique. C’est donc tout ce qu’a trouvé Philippe Cornet pour une campagne novatrice. Pas de doute, on est bien à l’UMP.

Philippe Cornet et la communication

Ce n’est pas une histoire d’amour. On se souvient du site internet l’Esprit d’Equipe, aussi éphémère que vide de tout contenu.

Côté 2.0, le candidat cultive une approche à la limite du trivial.  Pour faire court, le candidat n’a pas de compte Twitter, ce qui lui fait confondre « réseau social » et Facebook, réseau sur lequel son compte est suivi par 682 personnes. La photo du profil est éloquente.

Manifestement en vacances, l’homme domine un port (Arcachon ?) depuis un appartement stylé. Le teint hâlé, dans un style vestimentaire dont les professions libérales ont le secret, il scrute l’horizon d’un œil si perçant qu’on l’imagine apercevant au loin la statut de la Liberté. Bref, un cadre idéal quand on s’apprête à battre la campagne périgourdine.

Dans la photo suivante, Philippe Cornet et l’équipe d’opposition donnent l’impression d’organiser un débat d’information sur les risques d’infections colorectales. Au fond du long tube, derrière les autres (dont certains ne sont même pas élus), c’est lui qui parle. Tout un symbole.

crédit photo SO ou DL ?

Sur cette photo, Philippe Cornet tendrait à nous faire croire qu’il est en réalité le premier adjoint du maire de Périgueux, Michel Moyrand.

crédit photo ? (signalez vous)

Et enfin, quand Philippe Cornet veut rassembler les jeunes autour de lui, toujours avec son association l’Esprit d’Equipe, il fait venir à Périgueux Jean Roucas et Olivier Lejeune… Comme le dit Philippe Cornet en personne, « une association qui nous ressemble »… [Reportage de Jo l’embrouille pour Canal Moins]

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x3hknr_esprit-d-equipe_news[/dailymotion]

Un combat joué d’avance ?

L’actuel député PS Pascal Deguilhem n’a pas trop de souci à se faire. En 2007, le prof d’EPS a été élu avec 58.96% des voix en battant largement l’UMP Jérôme Peyrat (41.04%). En 2002, le candidat Philippe Cornet avait recueilli 10.76% des suffrages. Il était arrivé troisième sous les couleurs de Démocratie Libérale derrière le PS Michel Dasseux (33.19%) et l’UMP Nathalie Delattre (27.33%).

Le contexte actuel est pour le moins défavorable. En cas de victoire de François Hollande, la messe est dite. La campagne ne sera qu’un tour de chauffe pour les prochaines municipales pendant que l’UMP implose en guerres intestines et règlements de comptes. Dans cette configuration, le logo de l’UMP serait un véritable boulet.

Il resterait une brèche si Nicolas Sarkozy l’emporte, profitant de la dynamique post présidentielle et de la cohérence des scrutins –ce à quoi sert le calendrier électoral pour éviter les cohabitations-. Ce ne serait pas gagné pour autant, le Parti Socialiste ayant bétonné le territoire périgourdin pour en faire un véritable bastion électoral.

Cela étant, le futur adversaire du candidat UMP (allez, disons le député PS sortant au hasard) disposera de quelques billes. Tout d’abord l’actuel député est loin d’être un ténor de l’Assemblée Nationale. Il fait partie des seconds couteaux qui n’ont jamais fait la moindre proposition de loi. Il a écrit un seul rapport et se trouve classé 220ème sur 577 dans l’étude d’activité parlementaire de L’Expansion.

Ensuite il a toujours clamé son engagement pour le non cumul des mandats. Résultat, il en assure 3 et s’est fait épingler dans un rapport du Monde sur les députés cumulards. Au final et malgré son mandat national, le député PS n’est jamais sorti de son rang « d’élu local ». La 1ère circonscription de Dordogne peut mériter plus d’envergure.

Désavantage supplémentaire, il a pour suppléante Gatienne Doat et son bilan. Pour 2012 elle est virée et sera remplacée par Marie Moulenes (candidate PS aux dernières cantonales). Gatienne Doat est carbonisée. Quand elle a été choisie, le futur député ignorait que sa colistière allait s’empêtrer dans l’affaire SOS Femme Dordogne.

crédit ps (ou sud ouest) ?

Après s’être affichée en victime de complot, Gatienne Doat, a licencié brutalement 4 salariées de l’association. Or le motif de ces licenciements pourrait se retourner contre elle, si était avérée une manœuvre sordide de documents falsifiés et interception illicite de communication. Et ce d’autant que la liquidation judiciaire de SOS Femme Dordogne provoquée par sa présidente Gatienne Doat paraîtrait bien opportune dans le cas où elle serait mise en cause par la justice. Sa conception de la solidarité comme prétexte à s’afficher dans les médias (un vrai hobby) et monnaie d’échange politique lui a déjà coûté le poste de première adjointe au maire de Périgueux. Comme faire valoir politique on a vu mieux.

Il n’en demeure pas moins que le candidat UMP risque de faire de la figuration. Mais cette figuration est toujours l’occasion d’un accroissement de notoriété pour bâtir la stature nécessaire à l’élection municipale de 2014 à Périgueux.

Conclusion

En général, on s’appuie sur un statut local pour conquérir un mandat national. Une fois n’est pas coutume les périgourdins se distinguent des canons de la science politique. Pour le candidat UMP, c’est le contraire.

Concrètement, le réel enjeu de 2012 est celui de 2014. En cas de victoire (improbable), Philippe Cornet ne pourrait prétendre être conseiller régional, député et maire à la fois. Le seul objectif qui compte en réalité dans ces scrutins, c’est la mairie de Périgueux.

crédit 109apx

Michel Moyrand détourne l’ordre public pour imposer son ordre moral ?

Maintenant que le Conseil Général Dordogne a échoué dans sa tentative d’interdire le spectacle de Dieudonné, c’est au tour du maire de Périgueux de s’y coller. En octobre dernier, il avait annoncé la couleur :

« Compte tenu de la personnalité de ce provocateur professionnel que d’aucuns qualifient d’humoriste (‘) je tiens à préciser que, si d’aventure ce spectacle devait se tenir dans notre ville, je prendrai un arrêté pour l’interdire en raison des menaces de troubles à l’ordre public qu’il serait susceptible d’entraîner ».

Il va donc falloir le prendre cet arrêté nom d’un nazi en string!  Et le maire s’est déjà mis des bâtons dans les roues en confondant jugement personnel et prérogatives d’un dépositaire d’une autorité publique. Ce que pense Michel Moyrand de la personnalité de Dieudonné, qu’il le considère comme un « humoriste » ou non ; tout le monde s’en moque. Ce n’est pas parce que Dieudonné ne fait pas rire Michel Moyrand que le maire de Périgueux peut se sentir légitime à l’interdiction (en Corée du Nord peut-être, mais pas en France).

On va commencer par la fin pour que le maire saisisse les choses par le bon bout, d’où cette phrase de Portalis

« Les lois s’occupent plus du bien politique de la société que de la perfection morale de l’homme. La vertu est l’objet de la morale, la loi a plus pour objet la paix que la vertu (…) »

http://www.dieudonne-officiel.com/news

Aujourd’hui, au pied du mur, le maire de Périgueux n’est plus aussi sur de lui. Sud Ouest a même titré  : « Périgueux : le maire hésite à interdire Dieudonné » (29/02/12). Il semble chercher du soutien parmi différentes associations, y compris la Ligue des Droits de l’Homme, ce qui ne manque pas d’ironie.

Aussi Michel Moyrand déballe un nouvel argumentaire pour tenter de justifier ses velléités de censure.  Ce dernier est rapporté par Sud Ouest :

« La Dordogne, qui est une terre de résistance, de liberté et de démocratie, a un devoir de mémoire. Il ne faut pas qu’elle devienne un lieu où l’on peut véhiculer des thèses qui visent à exclure une partie de la population. Je respecte la liberté d’expression, dans la mesure où elle est respectueuse de chacun, et où elle ne dresse pas les uns contre les autres. La liberté, ce n’est pas le droit de tout faire ou de tout dire »

Michel Moyrand, dans une certaine confusion, amalgame 3 type d’arguments : historique, juridique et moral.

La ville de Périgueux interdirait Dieudonné en raisons des caractéristiques historiques du département de la Dordogne entre 1939 et 1945

Oui je sais. C’est impressionnant. Mais sans sarcasme, feignons de trouver un sou de rationalité dans cette idée.

Convoquer l’histoire est toujours compliqué. Le Dordogne et Périgueux honorent publiquement le Maréchal Bugeaud, colonisateur de l’Algérie, criminel de guerre, tortionnaire sans pitié et assassin de milliers de femmes et d’enfants (Bugeaud l’agérien ou le révisionnisme périgourdin). Et quand bien même, la Dordogne n’est pas qu’une terre de résistance à l’envahisseur nazi, elle fut tout autant une terre de collabo et de miliciens…

Alors que vient faire Dieudonné là-dedans en 2012 ? Est-ce que « les thèses qui visent à exclure une partie de la population » est une manière à peine voilée pour Michel Moyrand, d’accuser Dieudonné d’antisémitisme ? Ca y ressemble fortement.

Dieudonné pourrait continuer ce spectacle:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=_B3q3kt6S88[/youtube]

Passons. La Dordogne étant une terre de résistance, cela interdit tout spectacle, condamné par avance pour antisémitisme. En toute logique, cela suggère qu’en des terres moins résistantes, le dit Dieudonné serait fondé à se « pourvoir » en spectacle ? Les habitants de l’Auvergne apprécieront la logique du maire de Périgueux, car quand on a pour sous-préfecture la ville de Vichy, on est bien obligé d’accepter Dieudonné c’est ça ?

Ca a tout l’air d’une semi démence, mais il faut donc rappeler au maire de Périgueux que la loi s’applique de manière égale sur l’ensemble du territoire de la République. Et que l’histoire d’un département n’est pas un motif recevable à la « dérogation à Dieudonné » (sic). Il y a certaines bases de droit public que l’on aurait pu croire acquises au bout de quatre de mandat.

La liberté d’expression défendue par le bâillon (et mon poing dans ta gueule c’est pour ton bien)

Michel Moyrand himself:

« Je respecte la liberté d’expression, dans la mesure où elle est respectueuse de chacun, et où elle ne dresse pas les uns contre les autres. La liberté, ce n’est pas le droit de tout faire ou de tout dire ».

Ce seul critère de « respect de chacun » aurait suffit en son temps, à condamner Pierre Desproges à la réclusion criminelle à perpétuité…

Heureusement le maire de Périgueux en fait appel au droit :

« La liberté, ce n’est pas le droit de tout faire ou de tout dire »

Voilà pour le faire, article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen :

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Voilà pour le dire, article 11 :

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme: tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

Voilà c’est ça, limité par la loi. C’est donc devenu un délit. Les délits sont qualifiés par les juges. Les juges appartiennent au corps judiciaire. Le maire de Périgueux est-il investi du pouvoir de qualifier un délit  et d’interdire à un citoyen de parler ?

Michel Moyrand est-il magistrat ? A-t-il le pouvoir de contraindre un citoyen au silence ? Et quand bien-même, encore faudrait-il qu’un délit soit reconnu. Est-ce le cas ? Non. Les propos condamnés par la loi ne sauraient exister avant d’avoir été prononcés.

Est-ce en démocratie que l’on juge les gens coupables avant même qu’il n’aient commis le moindre délit ? D’où est-ce que la loi française a donné compétence à un maire pour se substituer à un juge ?

A la mairie de Périgueux pas de problème, ça semble naturel. A leur décharge, depuis qu’ils ont transféré la cour d’Assises au théâtre, le maire s’y perd un peu.

Le prétexte fallacieux contre la liberté d’expression: le trouble à l’ordre public

Le problème c’est qu’on juge d’un délit après qu’il ait été commis, signalé et visé par la justice. Il ne serait pas constitutionnel de limiter la liberté d’expression de Dieudonné avant même qu’il n’ai parlé. Le maire ne peut donc pas interdire le spectacle au prétexte qu’il subodore (mais sur quels fondements ?) des répliques diffamatoires ou injurieuses. Quant à Faurisson sa seule exhibition n’est pas un délit, le législateur, fort à propos, ne lui a pas fait cet honneur.

Reste alors l’arme bricolée de toute pièce du « trouble à l’ordre public » pour s’opposer à la liberté d’expression. L’ordre public n’est pas précisément défini, mais regroupe le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques.

Autrement dit le maire voudrait empêcher Dieudonné de parler. La loi ne l’y autorisant pas, il ne reste comme alibi que celui du risque à la « paix locale ». C’est donc au nom des « bonnes mœurs » que Dieudonné est condamné. La liberté d’expression, qui est normalement défendue par une procédure lourde avec un juge d’instruction, est littéralement liquidée dans ce cas par un simple acte administratif.

Michel Moyrand et le nouvel ordre moral

Le maire de Périgueux tenterait dans ce cas de faire passer l’ordre moral pour de l’ordre public. C’est justement ce qu’il n’est pas. La puissance publique n’est pas là pour instaurer un ordre moral. Elle n’est pas là pour entrer dans la sphère de l’individu et imposer des valeurs normatives à la conscience. La puissance publique n’est pas là pour nous dire ce qui est bien ou mal mais pour imposer ce qui est légal ou illégal.

Être en démocratie, c’est faire en sorte de protéger les libertés d’opinion et d’expression parce qu’elles sont les conditions de possibilités de ce régime politique. Les maires de France qui tentent aujourd’hui d’interdire Dieudonné forment le souhait d’imposer un ordre moral. Et comme la loi ne le leur permet pas,ils tentent de la détourner pour imposer une censure arbitraire de la liberté d’expression déguisée en respect de l’ordre public.

Faire respecter cet ordre public correspond d’ailleurs parfaitement au mandat confié au maire de Périgueux par les périgourdins. Sauf que dans une conception extensive de ce mandat, Michel Moyrand se croit maintenant légitime dans l’édification d’une censure publique en vertu de ses propres mœurs.

A-t-on voté « Michel Moyrand » afin que ce dernier, une fois élu, autorise ou censure les propos d’un tel ou d’un tel, selon son bon vouloir ?

Quand on se prétend démocrate, on n’interdit pas les idées nauséabondes par arrêté municipal, on se porte au devant d’elles, on les affronte et on les combat par d’autres idées.

Sinon on ne défend pas la démocratie, on la souille.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=mI021kUfLuM[/youtube]

De l’art de faire perdre le temps des autres…

Tout a commencé quelques jours avant le 6 février, date annoncée de la commission des finances. Je feuillette les rapports que la municipalité m’a adressés et je tombe sur l’annonce de l’augmentation des droits de place des forains. Tiens, me dis-je, encore les petites entreprises qui trinquent !

Périgueux, une fête foraine permanente (spécialisation tourniquet)

Je me gratte la tête en me demandant  ce que peut bien vouloir dire « les tarifs actuels, adoptés par le conseil municipal le 22 juin 2011, ne sont pas adaptés pour les fêtes foraines d’une durée inférieure à 20 jours » ( adaptés à qui, adaptés à quoi ?). Cette introduction sibylline précédait le rappel  les tarifs au m² applicables en 2011 et la nouvelle grille des tarifs pour 2012, dont certains étaient notés forfaitaires hebdomadaires.

Comme de coutume, je m’attèle à mon tableur et commence à faire les calculs. Après une heure de travail, je fais des bonds en constatant les augmentations faramineuses qu’impliquait cette future décision.  Le 6 février au soir, lors de la Commission, je fais part de mon étonnement à son président, qui à ma grande surprise, s’en étonne également. Le lendemain on m’annonce par mail qu’il s’avèrait que les tarifs forfaitaires n’étaient pas hebdomadaires mais concernait la durée de la fête.

Je recommence donc mes calculs pour le Conseil Municipal du 14 février . Et je constate que si les tarifs des grandes fêtes régressent du fait des redevances forfaitaires, il n’en n’est pas de même pour les petites fêtes. Là ça passe du simple au double, voire à presque triple. Exemple, ceux qui devaient payer 75 € en paieront 150…

J’en déduis un danger pour les fêtes courtes qui risquent soit de faire fuir les forains, soit de les inciter à augmenter le prix d’une distraction fort populaire, au dépend, vous l’avez deviné, des Périgourdins. Cela ne collait pas avec les déclarations du Maire qui constatait (fort justement) à quel point les revenus des Périgourdins étaient minces.

J’ai donc fait part de mes conclusions au conseil municipal le 14 février(soit dit en passant, j’espère que les amoureux auront passé une bonne Saint Valentin, petits veinards !). Il m’a été répondu (façon « mais vous n’avez rien compris !) que les tarifs 2011 n’avaient été appliqués qu’aux fêtes de Noël. Que l’on veut changer les règles du jeu avant Carnaval car Carnaval de 2011 avait été facturé aux tarifs 2010. Donc en comparaison, les tarifs proposés pour 2012 sont très favorables et que les forains sont d’accord.. Ah bon ? Mais sur ma feuille de route de conseillère-municipale-qui-se-fit-à-ce-qu’on-lui donne, on parle uniquement des tarifs de 2011.

Et j’ai compris pourquoi les forains avaient approuvé. On ne leur avait par parlé des tarifs votés en juin 2011. Bin nan ! Sinon, ils y auraient vu leur avantage et n’auraient certainement pas été d’accord.

Suivez moi bien : en mars 2010, la nouvelle municipalité avait reconduit les tarifs 2009. Puis en juin 2011, se penchant un peu plus sur la question, elle s’est dit qu’elle allait inventer une grille de tarifs beaucoup plus simple sur le mode progressif, par m² et par jour. Comme ça plus c’est long, plus ça rapporte.

Mais (oups) ils s’aperçurent vite, après Noël, que cette simplicité n’était guère lucrative pour les fêtes de courte durée,  notamment Carnaval. Ils ont donc inventé un classement un peu comme avant en fonction de la taille des manèges mais beaucoup plus détaillé et incluant la durée des fêtes.

Comment faire pour  ne pas essuyer les foudres des forains ? Bon sang, mais c’est bien sûr. Il suffit de ne pas leur parler des nouveaux tarifs. On leur présenta donc le projet de la nouvelle grille en la comparant uniquement avec les tarifs 2010 ! Vous me suivez ? En mars, la grille de juin n’était pas encore adoptée… Donc, les forains ne pouvaient se rappeler que de la facture basée sur les tarifs 2010… Et là, miracle, au lieu d’une augmentation, c’est une baisse générale des tarifs qu’on leur annonça pour 2012. (Baisse conséquente pour les « grands manèges » et légère pour les petits).

C’est comme si on vous disait : vos légumes sont chers ? Mais non, ils ont baissé comparé à ce qu’ils vous coûtaient il y a deux ans !

Et voilà comment on perd son temps lorsqu’on est conseiller municipal. On nous envoie des documents approximatifs,  on bidouille, on embrouille, on ne nous dit pas tout… Et à mon avis, ça n’est pas fini et  nous ne sommes pas les seuls.

« Faut-il réévaluer la spéculation astro-mythologique de Freud dans son approche structuraliste de la psychosomatique fliessienne ? » Réponse : « Ah ça dépend. »

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