Centre commercial Montaigne: décryptage d’une manipulation

Peut-être que cette annonce de relance du projet de complexe commercial sur la place Montaigne vous a étonné. Dans son article (04/02/12), Sud Ouest relaie quelques déclarations sur l’Assistant à Maîtrise d’Ouvrage, sur la volonté de choisir un promoteur en 2012, mais rien de plus.

On ne comprend pas très bien, vu que le maire, depuis deux ans maintenant, a martelé sa volonté de concertation, de prudence, autrement dit que le projet n’était en rien décidé et restait à l’état d’évaluation.

Et là boum ! On fait le projet place Montaigne.

Ce que Sud Ouest glisse, pour expliquer ce qui semble être un retournement de situation est le passage suivant :

La ville avait déjà commandé une étude commerciale qui avait été présentée en mai 2011 : elle confirmait que l’offre commerciale du centre-ville se fragilisait d’année en année. Et préconisait justement la création d’un centre commercial de centre-ville !

Pour bien comprendre l’argumentaire de la mairie, voici son communiqué de presse en intégralité :

Les conclusions de l’étude menée par AID ont révélé en mai 2011 que l’offre commerciale du centre-ville se fragilise au fil des années. Pour éviter que la situation ne s’aggrave, l’agence a préconisé la création d’un événement commercial, avantageux pour tout le centre-ville, créant un offre immobilière attractive pour des enseignes majeures. La place Montaigne s’est naturellement imposée comme le lieu idéal pour la mise en place d’un tel projet.

La Ville souhaite donc s’engager dans la création de nouveaux locaux commerciaux répondant aux besoins identifiés (superficie, loyer) et évitant de renvoyer vers la périphérie les porteurs de projet qui ne trouvent pas d’emplacement sur Périgueux.

Appréciez le « La ville souhaite donc »… C’est la place Montaigne qui s’est imposée ou plutôt Eiffage à tout hasard ?

On récapitule. En décembre 2010, le maire de Périgueux se fait voter le pouvoir de déclasser le domaine public pour le vendre. Mais il n’est sur de rien, car il attend les résultats de l’étude commandée à la CAP et livrée 4 mois après en avril 2011.

Pure coïncidence, la CAP appelle de ses vœux le projet d’Eiffage

Coup de bol, l’étude de la CAP confirme l’opportunité de faire un complexe commercial à Périgueux. La voici en intégralité aussi.

Côté argumentaire, c’est simple. Ils ont « pris contact avec les enseignes commerciales que l’on trouve habituellement en centres-villes » et elles confirment. Un « manque d’offre de locaux commerciaux » dont la surface est supérieure à 300 m². Oh flûte dit l’étude, car ces (grands) locaux « peuvent constituer des locomotives pour le petit commerce de centre ville ».

Autrement dit, certaines enseignes (mais qui ?) déplorent l’absence de surfaces commerciales (> 300m²), qui pourraient, peut-être, s’il y en avait, aider par un phénomène de ricochet les petits commerces existants.

Et vous pouvez chercher sur les 36 pages de l’étude, c’est la seule solution apportée à un diagnostic décliniste, et surtout la seule justification officielle du projet Montaigne/Eiffage.

Et alors tout ça tombe très très bien parce qu’il se trouve que justement, Eiffage a un projet de centre commercial de ce type. Oh ben ça alors, pour de la chance, c’est de la chance !

Et toi, consommateur, citoyen et électeur, tu es censé conclure. « Ah ouais c’est ça qu’il faut pour Périgueux!« .

Ceci n’est en rien une tentative de manipulation grossière, issue d’un vil opportunisme affairiste qui a transformé un projet de charte commerciale de toute l’agglomération en plaidoyer pour le projet commercial d’Eiffage au centre de Périgueux.

Non vraiment, ça n’a rien à voir.

Travaux de la mairie, l’heure du choix entre multinationale et économie locale

Vous n’êtes pas sans le savoir, la municipalité de Périgueux s’apprête – si ce n’est déjà fait – à choisir l’entreprise générale qui réalisera les travaux de réhabilitation de la future mairie rue Wilson. Les négociations auraient commencé cette semaine. Certainement le sujet le plus sensible du moment, ce marché public est sous haute surveillance.

L’enjeu est simple. La situation économique actuelle met de nombreux entrepreneurs du bâtiment locaux en difficulté. Ces travaux seraient les bienvenus. Sauf qu’en face il y a les mastodontes comme Vinci, Bouygues, et dans le cas de la nouvelle mairie : Eiffage.

Eiffage, un entrepreneur très impliqué dans la politique périgourdine

La patron local d’Eiffage est bien connu des services de…  la mairie de Périgueux. Il a toute l’attention du maire.

Faire payer leur mairie aux périgourdins pendant des décennies

C’est lui qui avait initié au 1er trimestre 2010 le plan de rendre les périgourdins « locataires » de leur mairie pour des dizaines d’années par l’intermédiaire d’un bail emphytéotique. C’est la mode chez les multinationales du BTP, proposer une sorte d’abonnement à long terme qui dépossède les citoyens de toute marge de manœuvre et les rendent captifs de contrats largement à l’avantage des entrepreneurs.

Déclasser le domaine public pour privatiser la place Montaigne

Mais Eiffage c’est aussi l’idée suggérée au maire de Périgueux de lui vendre la place Montaigne. Ce domaine public (inaliénable et incessible puisque terre de la Nation et non des seuls périgourdins) aurait du subir, selon les désirs d’Eiffage, une procédure de déclassement montée de toute pièce dans son unique intérêt.

Moralité, Eiffage local se pose en adversaire de la propriété publique du moment qu’il fait du flouze. Autant dire qu’Eiffage est un adversaire de taille pour les entrepreneurs locaux. Sa voracité apparait sans limite.

Marché public de la mairie, une attribution préparée de longue date ?

Impossible de savoir qui aura le marché de la nouvelle mairie. Pourtant, des signes discrets semblent préparer la justification d’un choix fait largement à l’avance et indépendant de la qualité de l’offre finale.

L’attribution du marché de la nouvelle mairie: un choix politique

Dans le cadre de l’attribution de ce marché public, le choix du lauréat aura donc, bien au-delà des considérations techniques et financières, une portée politique. Ce sera le choix de soutenir les entrepreneurs locaux en difficulté ou un géant du BTP qui dégueule de bénéfices. Ce sera le choix d’injecter de l’argent dans l’économie locale ou de faire plaisir aux actionnaires d’une multinationale.

Une estimation des travaux intentionnellement sous évaluée. Pourquoi ?

Depuis l’élection municipale de 2008, Michel Moyrand a fait le choix de minorer le coût des travaux. Evaluée à encore 1 M€ il y a quelques mois, puis 3.135 M€ et enfin 3.536 M€ par l’équipe de maîtrise d’œuvre, l’enveloppe des travaux est une variable d’ajustement stratégique. Aujourd’hui l’architecte et les bureaux d’études techniques évaluent ces travaux à 1 233.83 € / m². Hors mobilier bien entendu.

Autant dire que le compte n’y est pas. L’enveloppe prévisionnelle reste manifestement sous-évaluée. Elle pourrait permettre par exemple de répondre à un prix très bas pour s’assurer de proposer la meilleure offre. En retour dans ce cas, il serait entendu avec le maître de l’ouvrage de recourir à de nombreux avenants durant les travaux pour atteindre le coût réel. Cette technique est connue, pratiquée, mais illégale quand même. On verra bien.

Le choix dans le marché public d’une procédure adaptée (et non formalisée) se prête particulièrement à ce genre d’exercice. En effet, le candidat aux travaux peut se permettre de proposer de nombreuses variantes, toutes plus modulables et négociables les unes que les autres.Qui plus est, le dossier de consultation remis aux candidats par la maîtrise d’œuvre demeure assez peu détaillé, facilitant les variations techniques et financières. Heureuse coïncidence.

Si donc la mairie de Périgueux fait le choix d’enrichir les actionnaires d’une multinationale plutôt qu’injecter de l’argent dans les entreprises locales, les questions vont affluer et quelques miettes pourraient être redistribuées pour apaiser les esprits. Cela suffirait-t-il ?

Périgueux, le Costa Concordia de Michel Moyrand ?

Politiquement, la question est brûlante, aussi brûlante que se rapproche l’élection municipale de 2014. Cela dit Michel Moyrand n’en a peut-être cure. Dans les milieux d’initiés, de plus en plus de bruits courent sur sa non candidature en 2014. A deux ans de l’échéance, le bilan est tel qu’il n’est plus rattrapable, d’ors et déjà dé-plo-rable. Elu par le hasard à un poste surdimensionné pour lui, Michel Moyrand verrait aujourd’hui le Parti Socialiste lui chercher un remplaçant. Une bonne place à prendre.

Si aucun compte n’était plus à rendre à l’issue du mandat, le maire aurait les coudées franches pour un affairisme que l’on n’a même plus besoin de maquiller sous des allures d’intérêt général.

Le pire ennemi de Sarkozy n’est pas le meilleur ami de la France

Lors de mon dernier passage à la Grande Mêlée sur France Bleu Périgord, (début janvier), il y a eu une incompréhension avec le journaliste Harry Sagot. La question portait sur un sondage pointant que l’écart se resserrait entre les candidats à la présidentielle. Il s’agissait de donner son point du vue sur cette progression des intentions de votes.

J’ai alors répondu ce que je pensais. Que François Hollande n’est pas une réelle alternative politique, mais se contente de pantoufler dans l’alternance. Sur le fond, il ne propose rien de très différent au système soutenu par Nicolas Sarkozy. Les quelques clivages artificiellement montés en épingle trompent de moins en moins les électeurs, d’où une poussée des autres candidats.

J’ai du louper l’explication car le journaliste m’a relancé, constatant qu’il n’avait pas compris le sens de cette explication (supposant par conséquent que les auditeurs non plus). Il parait difficile dans un tel format de sortir de la base en communication politique: « simplifier, grossir, répéter ». Le rythme de l’émission est très rapide, mais je tente d’expliquer pourquoi « alternance » et non « alternative ». Je rate visiblement mon coup. Ici on peut prendre un peu plus de temps.

François Hollande est dans la lignée d’un sarkozysme mou parce qu’il ne remet jamais en question l’actuelle oligarchie élective qui est en place et qu’on appelle abusivement « démocratie ». Il ne remet jamais en cause ce transfert de pouvoir octroyé par les représentants élus aux puissances financières. Et c’est d’autant plus ardu pour ce candidat qui ne doit ses prétentions présidentielles qu’à une femme de chambre new-yorkaise qui avait porté plainte pour viol.

La privatisation de la création monétaire

Ce qu’on aurait pu croire comme une fonction régalienne est en réalité un monopole privé. Ce sont des banquiers qui financent les Etats.
Les banques centrales sont privées, comme aux USA ou au Royaume Uni et sinon totalement indépendantes comme la banque centrale européenne. Les Etats ont pour obligation de se procurer de la monnaie par l’intermédiaire d’agents financiers privés.

Ces règles accordées par les représentants de la Nation aux intérêts privés font des créanciers les maîtres du jeu, fondés à commenter, critiquer, orienter et manipuler les politiques étatiques. Par ailleurs, l’impôt sur le revenu ne sert qu’à rembourser les intérêts de cette dette (1200 milliards de 1980 à 2006).

La suite on la connaît. Les marchés financiers se comportent avec les Etats comme de vulgaires fonds de pension avec une entreprise en difficulté. La démocratie est atteinte en son cœur, le peuple n’est en rien souverain, c’est son créancier qui décide.

François Hollande, un vote blanc

Pour la présidentielle de 2012, pas un seul programme n’est crédible s’il n’aborde en tout premier lieu ce problème qui conditionne tous les autres. Or en social-démocrate-réformateur-mou, François Hollande ne représente aucune menace pour les vrais « maîtres de la Nation ». Bien au contraire, il les conforte. Et ça se sent.

Les intentions de votes vers François Hollande sont l’effet du besoin de stopper le sarkozysme à tout prix, non une adhésion réelle à un projet politique. Par surcroît, le candidat socialiste, dans le sillon tracé par son parti, n’a aucune considération pour les classes populaires. Le Parti Socialiste est profondément embourgeoisé et s’adresse quasi exclusivement aux classes moyennes, les plus aisées de préférence.

Dans ce contexte François Hollande perd des points au centre et aux extrêmes. Je prends le risque de dire que les sondages ne reflètent pas la réalité des intentions de vote et qu’il y aura des surprises.

François Hollande, le bourgeois au Bourget

Aujourd’hui même au Bourget, François Hollande vient pourtant d’envoyer un signal. Pour la première fois il évoque ce problème qui ronge autant la démocratie que les finances : les marchés financiers.

Comme si justement, vu le climat et les sondages, il n’était plus possible de faire gober un programme politique sans parler des marchés financiers, François Hollande s’y colle :

Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, et pourtant il gouverne (…), c’est le monde de la finance, » a-t-il lancé. Il a promis qu’il « engagerait les premières mesures contre la finance » par le biais d’une « réforme bancaire » avant même les législatives en juin.

Il faudra attendre jeudi, lors de la présentation de son programme, pour voir ce qu’il entend par « réforme bancaire ». Car avant d’être une réforme bancaire, c’est une réforme de la Constitution qui s’imposerait.

Les mots restent de faible intensité. Rien de son discours ne permet de sentir une réelle intention de reprendre le problème depuis le début. Autrement dit c’est simple. Tout ce qui coûte de l’argent est régalien, c’est pour notre pomme, tout ce qui en rapporte et privatisé. Et les moutons, (nous), sont bien gardés.

En fait, si François Hollande, malgré les pressions de son parti et de l’extérieur, ne prend pas une position un tant soit peu radicale sur la production de la monnaie et la gestion de la dette, il est cuit. La situation est trop grave. Tout le monde, à différents degrés, sait que nous sommes dans cette situation à cause des marchés financiers, et par ricochet par la lâcheté de nos gouvernants.

Il n’y a qu’à voir ce que ça coûte aujourd’hui à Nicolas Sarkozy. Quel serait l’intérêt pour les électeurs de remplacer Nicolas Sarkozy par un homme qui n’introduit aucune différence sur la question et s’oriente vers un statu quo sur la production de la monnaie ?

Aujourd’hui François Hollande est aussi peu crédible qu’il ne semble courageux. Il capitalise sur la décote du Président sortant. Le véritable boulevard pour le Front National est là.

Antennes relais : Moyrand, seul maire de france sans responsabilité

Jusqu’à quel point peut-on faire de l’hypocrisie une méthode politique ? Dans son dernier magazine de propagande municipale, (1er trimestre 2012), Michel-Michel a sorti le grand jeu.

Tout le monde sait avec quelle couardise le maire a laissé implanter une antenne relais de téléphonie mobile à 100 mètres de la crèche des arènes et d’une maison de retraite. Alors qu’il espérait que l’ouvrage passa inaperçu, il s’était fait choper en flagrant délit de tromperie à la population.

Du coup, il avait créé une commission fantoche pour faire genre « démocratie des ondes ». Totalement bidon, la commission avait volé en éclat dès ses premiers jours. Le collectif Priartem 24 avait quitté l’assemblée après s’être fait sournoisement manipulé.

Depuis, Michel-Michel rame tant qu’il peut. Son vernis écolo tendance électoraliste s’effrite comme de l’amiante. Ses positions anti écologistes au profit de sociétés privées le poursuivent. Aussi n’hésite-t-il pas dès que possible à brandir un alibi écolo pour rappeler à quel point cet électorat lui est précieux.

Un des rares maires français à jouir officiellement de son incompétence

C’est officiel, le maire de Périgueux se félicite d’un arrêt du Conseil d’Etat qui, à ses yeux, le dédouane de toute responsabilité en matière d’antennes relais. Selon lui, cet arrêt lui permet de se débarrasser du problème en bottant en touche.

« Les installations d’antennes relais à Périgueux : point sur la réglementation et rappel des projets en cours« 

Le passage le plus intéressant porte sur l’instrumentalisation d’une décision du Conseil d’Etat du 26 octobre 2011, qui rappelle les compétences en matière de réglementation sur les implantations d’antennes relais. Le maire de Périgueux cite la phrase qui, selon lui, l’exempte de toute responsabilité:

« un maire ne saurait réglementer par arrêté l’implantation des antennes relais sur le territoire de sa commune ».

En l’espèce, le maire de Périgueux, en rappelant ce passage de l’arrêt, fait passer l’idée qu’il n’a aucune compétence en la matière et qu’il n’y peut rien :

« le maire n’a aucune autorité pour exiger le démontage ou l’interdiction des antennes»

Ca c’est un mensonge. Le maire voudrait ainsi faire croire qu’il n’a aucune responsabilité vis-à-vis de l’ordre public, de la tranquillité et de la salubrité, quand ils sont liés à une problème d’antennes relais. Justement, le Conseil d’Etat rappelle fermement le contraire.

On va donc directement citer le Conseil d’Etat:

Il convient de souligner que les décisions rendues par le Conseil d’État ne concernent que la question de l’autorité compétente pour édicter une réglementation générale des implantations d’antennes relais, sans préjuger ni de la légalité des règlements nationaux applicables ni de l’éventualité de décisions individuelles de police municipale que les maires pourraient prendre, notamment en cas d’urgence, concernant une antenne relais déterminée, au regard de circonstances locales exceptionnelles.

Ce besoin incessant de vouloir tromper les gens, de les désinformer pour mieux les manipuler tourne à l’obsession. On arrive à un point tel que cela relève de la psychiatrie. Ce n’est plus simplement de la mauvaise intention, c’est une maladie.

Le pavillon des paresseux

La loi donne à un maire diverses compétences en matière de réglementation. C’est un pouvoir de police (administrative). Cette réglementation peut être soit générale, soit exceptionnelle (circonscrite dans le temps et l’espace).

Ce que le Conseil d’Etat rappelle, c’est qu’un maire ne peut pas prendre un arrêté général concernant l’implantation d’antennes relais sur sa commune. Car dans ce cas, il se substituerait aux autorités compétentes qui relèvent de l’Etat (ministre, ARCEP, ANFR) et jouissent d’un pouvoir de police supérieur, dit « spécial ».

Le respect de la hiérarchie administrative rappelé par le Conseil d’Etat permet à Michel Moyrand de dire : « vous voyez, je ne peux rien faire ».
C’est là que le bât blesse. Personne n’a demandé au maire de Périgueux de produire une mesure de police générale sur les antennes relais et de se placer au-dessus du ministre. Et quand bien même, certaines communes ont eu le courage politique de le faire pour l’intérêt de la population.

Par contre, on lui a bien demandé d’examiner au cas par cas les problèmes engendrés par ces antennes relais. Et c’est le cas pour celle qui rayonne au-dessus de la crèche des Arènes.

La loi comme alibi

Le Conseil d’Etat n’infirme en rien le pouvoir d’un maire quant à une réglementation particulière, pour une antenne relais déterminée, au regard de circonstances locales exceptionnelles. Il pourrait très bien, si les parents et le personnel se sentaient plus concernés, prendre une mesure spéciale pour endiguer un trouble à l’ordre public. Encore faudrait-il avoir la volonté de travailler AVEC la population et non avec les opérateurs.

Certes, il ne peut pas produire une mesure de police générale au motif du principe de précaution porté par la charte de l’environnement. Cela ne le prive en rien des autres moyens d’agir, ni de tous les leviers administratifs dont il dispose.

D’ailleurs on peut louer le courage des communes qui ont pris le risque de cet arrêt. Elles ont été condamnées à 4000 € d’amende mais ont permis de prendre des positions politiques claires et de faire avancer le débat. Dans le même temps, Moyrand racontait qu’en cas de condamnation, cela coûterait des fortunes en dommages intérêts aux communes…

Les écologistes favorables aux antennes relais de Moyrand ?

Vous aurez remarqué que le médaillon sur la droite représente une élue écologiste (Elisabeth Patriat), comme si elle portait le message municipal sur les antennes relais.

On peut en douter. Car depuis le début, le groupe écologiste de la majorité municipale est engagé contre la politique du laisser faire de Michel Moyrand et son chèque en blanc aux opérateurs de téléphonie mobile.

EELV a officiellement, à ce titre, soutenu la création du collectif contre l’antenne relais de la crèche des Arènes. Le même collectif qui a claqué la porte de la commission suite à grossière tentative de manipulation du maire.

Encore une fois, les élus écologistes semblent servir d’alibi à une politique qui n’a strictement rien d’écolo mais qui a besoin d’eux pour le faire croire.

Des écologistes encombrants ?

Ce greenwashing devient troublant, quand, dans le même magazine, le groupe EELV parle du Forum alternatif local de l’eau à Périgueux. C’est l’occasion de dénoncer la forfaiture qu’est le forum mondial de l’eau officiel, lessiveuse marketing des principales sociétés spécialisées dans la vente de cette ressource -dont SUEZ-.

Or le forum mondial de l’eau n’était pas loin du festival Art et Eau, dont le financement par Suez a été annulé au dernier moment, celui-là même où Suez signait son contrat d’exploitation de l’eau potable périgourdine.

Rappeler l’existence d’un forum alternatif à celui qui a snobé la venue de Danielle Mitterrand à Périgueux pour la défense de l’eau comme ressource non privatisable, relève du camouflet.

C’est rappeler encore que Michel Moyrand a préféré les intérêts immédiats de SUEZ à ceux des périgourdins et qu’il a piteusement trahi sa parole et son programme politique.

Dans ce contexte, on peut imaginer tous les coups bas permis…

Les voeux de Michel Moyrand ou la pelle du devoir

L’auteur des derniers vœux de Michel-Michel devait être rond comme une queue de pelle au moment des faits [vœux 2012 .pdf]. Son inspiration du 31 décembre 2011 -date de création du document- en doit sûrement beaucoup au champagne et à l’usage immodéré de langue moins française que de belle mère.

On imagine sans peine la plume, cravate de travers, cacahuète coincée dans la dent creuse avec l’élastique du chapeau pointu qui lui laisse une vilaine marque sous le cou. Et vas-y qu’avec son déodorant Défi 24h00 il célèbre déjà la victoire de François Hollande, faisant de lui, peut-être, le futur directeur de cabinet du futur ministre Michel-Michel.

2012, année du bien vivre retrouvé

Alors là attention. On ne parle plus aux ploucs périgourdins, mais directement aux français, à la Nation, Môssieur… Et oui, parfaitement logique quand on fait ses vœux aux périgourdins, d’appeler officiellement à voter Hollande. Du coup le gars, bon, Périgueux il connait un peu, ça va, mais heu… toute la France, c’est grand et c’est compliqué.

C’est pas grave, il se lance. « au plus profond de moi-même, j’espère que l’année 2012 sera celle d’un bien vivre retrouvé ». Effectivement, la conjecture s’y prête, on va bien le sentir le « bien vivre retrouvé ». Personne n’a prévenu ce monsieur de la situation ?

Ah si il connait. La phrase d’après il en parle : « la douleur d’une crise habilement cultivée politiquement ». Ah les salauds ! Heureusement que Michel-Michel arrive avec son pote François-François pour arranger tout ça.

Là la cacahuète le gêne il en oublie une virgule : « Ne les blâmons pas, ils ont, il est vrai quelques raisons de douter ».

La crise internationale est nationale, mais un peu internationale

Vient la leçon de macroéconomie, rangez les cure dents : « inutile de vouloir leur faire croire que cette crise serait d’abord le fruit d’une conjoncture internationale difficile ». D’accord, ok, la situation française n’a rien à voir avec la situation internationale. Dans ce cas quelle serait la cause ? « Les précaires de toute nature savent bien, sans ignorer les contextes internationaux… » Alors cette crise n’est pas le fruit d’une conjoncture internationale… mais un peu quand même. Ok

« …que la situation Française découle essentiellement des choix idéologiques et politiques des gouvernements Chirac et surtout Sarkozy ».

T’as compris ? (comme dirait Marjorie Poulet). La crise, c’est un peu la faute aux autres, les pas français, mais quand même surtout à Sarkozy. Et oui, c’est quand même le nabot à talonnettes le responsable de la crise. Et non comme on le croit trop souvent des Lehman Brothers, Fannie Mae, JP Morgan, Standards & Poors, Goldman Sachs, Federal Reserve et tout ça quoi. Enfin c’est pas vraiment leur faute. Ils ont écouté Nicolas, ils n’auraient pas du. Bref, c’est sa faute quoi (surtout les subprimes il faut le dire, enculé va !).

Courageuse, la plume continue d’écrire tout en rotant son Mercier : « Ils savant qu’aucune autre politique ». Un example d’abnégation que nous devrions tous suivre.

Marre de la crise ? Faites de la politique bande de loosers

Allez la plume, à cheval : « Ils comprennent fort bien que toutes ces inégalités privent des familles entières d’une juste répartition du produit de la prospérité ». Qui ça ? La prospérité ? Ah oui comme le « bien vivre retrouvé » de 2012 ? « certes moins abondante qu’en d’autres périodes » : quelle lucidité.

Et là attention, un temps fort sans virgule mais sous les confettis (faut pas déconner quand même): « Ils perçoivent parfaitement les inacceptables techniques de redistribution des richesses produites qui profitent toujours aussi fortement aux plus nantis déjà largement protégés par d’honteux boucliers fiscaux ».

« nantis », vous voulez dire, comme le maire de Périgueux avec ses 8000 €/mois, sa voiture de fonction, ses immeubles défiscalisés et qui profite du bouclier fiscal ?

Ah nonnnnn, ceux d’en face là, les enculés, ah ok. Vous auriez pu préciser ça porte à confusion dans le texte.

Nos cœurs solidaires continuent de battre (votez pour moi)

Ca mérite bien un peu de dramatisation mais tout le monde n’est pas Racine : « Crainte traumatisante pour ceux-ci, de se retrouver confrontés à l’épreuve humiliante de la lettre de licenciement synonyme d’une chute tant redoutée dans le monde abondant des traîne-misère ». Ouf respire. Zola n’a qu’à bien se tenir.

Et là après toutes ces années où les gens se sont trompés dans les urnes, le nègre de Michel Michel expose sans sourciller ce que sera la société de François-François : « La République doit donner à chacun éducation et formation, sécurité et dignité, réduire toutes formes d’injustices et combattre les égoïsmes diviseurs ». Connards d’électeurs,  vous le saviez pas non qu’avec les socialistes la société serait idéale, belle, juste, prospère ???

Et là attention. Au temps suspend ton vol. 12ème bouteille de champagne, fin de soirée, maman dort, les amis sont partis, le carrelage du salon est tout collant. La plume vient de vomir ce qui lui restait de tiramisu, les flûtes en plastique jonchant le sol craquent sous ses pieds. Là, soudain, une pensée émue le traverse pour son maire préféré : « Nos cœurs solidaires ne peuvent continuer de battre sans gène et sans honte dans cet univers de misère galopante et meurtrière ».

Gros pic d’émotion. Il ne contiendra pas la larme qui coule sur sa joue comme un ruisseau d’espoir vers des printemps nouveaux inondés de lumière matinale murmurant au pistil le bonjour d’un soleil qui l’invite à croître, à vivre, à se décupler, fécond, comme la jument aux beaux jours devant son étalon.

Incarne l’ongle de l’index pointant l’espoir (vers la lune)

Aussi notre écrivain à la chemise tachée en appelle à l’Histoire, avec ce grand H et au peuple français avec ce grand P dont l’un lui échappe plus que l’autre. Ce n’est pas celui que l’on croit : « Le peuple Français a souvent montré combien il était capable de se préserver, combien il était capable de soulager les siens malheureux et d’abolir certains privilèges tenaces ».

A ça ira, ça ira. Du coup, la Révolution de 1789 nous en est témoin, 2012, c’est l’année qui va tout changer dans la société, si, camarade, et je dis si parce que c’est pas gagné, donc si, et seulement si, heu… putain les mots. Si donc… Ahhhhhhh spirine, si donc : « En cette année électorale, l’espoir d’une société plus solidaire, plus fraternelle demeure possible dès lors qu’une majorité de femmes et d’hommes s’engagera en faveur du changement tant nécessaire et parfaitement incarné aujourd’hui par François Hollande ».

Là on peut apprécier l’ampleur rhétorique de la situation avec un « changement tant nécessaire » et surtout un « changement parfaitement incarné ». Alors donc, on va aller se coucher, c’est la fin, François François, François… bon peu importe, François est tant nécessaire et même parfaitement incarné. Notez, « parfaitement nécessaire » et « tant incarné » c’était moins fort, ça faisait plus « ongle », « pus », « douleur », alors que là c’est fin, c’est ciselé.

C’était donc voici le discours pour les ploucs qu’ont intérêt à voter le bon nom… heu passequeue sinon la société… comment dire. Heu attends je relis. Ah oui. La société ira parfaitement plus mal tant nécessaire pour que nos cœurs galopent. Non attends. Pour que nos cœurs, ah oui, pour que nos cœurs solidaires continuent de battre sans gêne.

Voilà. Ca c’est beau, nos petits cœurs qui battent ensemble vers un monde meilleur résonnant comme les tambours de l’espoir d’une société qui n’oublie personne pour construire l’avenir. Voilà. Voilà. Là normalement ça casse tout, c’est le strike, tu pleures d’émotion et tu votes pas pour les enculés parce que nous aussi on veut s’en mettre plein les fouilles un peu, y a du monde sur la corde à linge.

Envoyez Michel-Michel à Paris !

Alors maintenant il faut conclure. C’est toujours délicat, surtout que la plume est quand même à deux doigts du coma éthylique et que le jour se lève. Les gosses vont se lever et vont vouloir jouer aux SIMS sur le plasma ; après c’est foutu. Alors attends. Concentration.

« Je ne peux vivre sans agir. Je ne peux dénoncer sans participer ».

Et pôahh, Lao Tseu, calmé. Bon en même temps lui il réfléchissait, le boss de la plume, c’est pas trop son truc. Donc mieux vaut dire qu’on agit quand on ne sait rien faire plutôt que faire semblant de réfléchir à une action agissante.

Bon par contre, « dénoncer sans participer », je suis d’accord, ça ne veut rien dire. Mais, mais, ça dépend. Parce que normalement si Michel Michel lève les bras, retrousse les babines et regarde l’auditoire fixement, ça prend du sens. C’est un truc  de politique. Avec ça tout passe.

Et lui quand il va dire « je ne peut dainoncer sans participé » ça va le faire. Ils seront scotchés les cons. Flôawnnnn, paf, subjugués.

Voilà. C’était donc en direct du 31 décembre, un peu à la fin, plutôt vers le 1er janvier. C’est donc le discours pour les bouseux du 24 que s’ils comprennent bien mon message, ils voteront pour qui je veux. Parce que vous comprenez, vous écrire des conneries depuis 4 ans maintenant, ça suffit : c’est long. Et franchement vous faites chier avec votre pâté, votre hypermarché du samedi, vos proverbes en patois et vos blondes décolorées.

Moi maintenant je veux écrire des discours de ministre. Voilà. Alors votez François Hollande siouplé, ça pourrait m’aider. Quand même.