Michel Moyrand, Ministre de l’Artisanat

Vous qui savez allez sourire, mais pensez aux autres. Michel Moyrand pourrait bien figurer au prochain gouvernement. L’éternel adjoint au maire de Bassillac peut nourrir l’espoir d’un secrétariat d’Etat. Il y a peu François Hollande révélait la liste des équipes thématiques qui vont mener sa campagne présidentielle.

Or il s’agit ni plus ni moins que de la liste de ceux qui pourraient former son gouvernement. Si la présence d’un Alain Rousset à la Production, Industrie, Agriculture et Pêche n’est pas étonnante, celle d’un Germinal Peiro ne l’est guère plus à l’Agriculture.

L'équipement ministériel de Michel Moyrand

Michel Moyrand, secrétaire d’Etat à l’artisanat

A l’inverse, tout le comique de la situation pèse sur les épaules de notre bon Michel, propulsé à la tête de l’Artisanat français (virtuellement c’est déjà énorme). Michel Moyrand, Ministre. On ne s’en lasse pas, le rire apaise les soucis. Répétez : « Michel Moyrand, Ministre ».

Imaginons ce qu’il ferait pour le pays, comparé à ce qu’il n’a pas fait pour Périgueux. Elu à l’artisanat et TPE/PME du Conseil Régional Aquitaine, Michel avait fait de ce secteur sa spécialité. En campagne électorale, il était en 2008 devenu son fer de lance. Il promettait alors de dynamiser, restructurer et faire rayonner l’artisanat périgourdin. Elu, il lança l’OMAC, une société d’économie mixte dadaïste pour l’artisanat et le commerce. Bref soufflet au fromage. Michel est en réalité au point mort depuis bientôt 4 ans. Rien, strictement rien ne s’est passé. « L’office municipal pour le commerce et l’artisanat » ? Le « pôle des métiers d’art de Périgueux » ?

Michel, Maire ou Ministre ?

Derrière cette annonce impitoyablement drolatique, burlesque même, des questions politiques peuvent déjà se poser. Hollande gagne. Michel devient Ministre de l’Artisanat. Il prend l’avion avec ses copains Bernard (je déconne) et Claude pour « monter sur Paris ». Arrive 2014.

Michel perd les élections d’emblée. Car comment ce qui aurait fonctionné contre Darcos « le parisien » en 2008 ne serait-il pas aussi efficace contre Moyrand, celui-là même qui se faisait le chantre de l’hyper proximité ? Compliqué.

Ironie du sort, il pourrait faire face à un calcul à la Darcos. Que choisir entre la stabilité provinciale ou les honneurs risqués de Versailles ? Ajouter à cela le mandat de Conseiller régional et c’est un aller sans retour vers le terminus des prétentieux.

Ministre et artisan de la défaite ?

Si la promesse de François Hollande est vérace, c’est un casse tête qui va se présenter. Certes un poste à l’artisanat est moins exposé que celui de Ministre de l’Education Nationale. Mais le vent tourne vite vers les cimes. En même temps, pour l’éternel adjoint, c’est une manière d’entrer dans l’histoire de Bassillac. Ca ne se refuse pas.

Nous aurons vite la réponse en 2012. Encore faut-il que les tendances se confirment. Le PS est devenu un parti de gouvernance territoriale, un spécialiste de la décentralisation. Rien n’est joué, surtout pas dans les sondages.

Par contre, si l’avenir national de notre brave Michel se confirmait en 2012, les municipales de 2014 dévoileraient une partie de son incertitude. Il faudrait choisir entre la droite et Pascal Deguilhem ((Ce qui reste très incertain puisque ce dernier s’est très fermement engagé pour le non cumul des mandats, ce qui impliquerait une candidature qu’en cas de défaite aux législatives, signifiant que Philippe Cornet serait devenu député de l’opposition… On n’a pas fini)).

Conseil municipal du 29 novembre: une chambre d’enregistrement

En avant pour un nouveau conseil, à Périgueux, le 29 novembre prochain, 18 heures pétantes.

Accrochez-vous, voici le programme des festivités

On nous demandera de valider :

  • les décisions modificatives du budget principal et du budget de l’aéroport
  • l’attribution de subventions à des associations
  • la programmation complémentaire 2011 du Contrat urbain de cohésion sociale
  • la demande (habituelle) d’agrément de l’irrécouvrabilité de certaines créances
  • d’autoriser l’exécution de certains dépenses d’investissement avant le vote du budget principal primitif 2012 et du budget de l’aéroport
  • Des avances sur subventions de fonctionnement aux associations
  • La validation du budget primitif annexe 2012 de l’eau et de l’assainissement
  • La participation financière à l’équilibre de la ligne aérienne Périgueux-Paris et l’autorisation de signer une convention de partenariat pour 2011
  • La cession d’un bien immobilier (61 rue Victor Hugo)
  • La Taxation d’office de la taxe de séjour
  • La création de tarifs pour la location des salles de la maison de quartier St Georges
  • La simplification des tarifs dans le cadre de la mission patrimoine
  • La fixation de la nouvelle taxe consécutive à la réforme de la fiscalité de l’urbanisme
  • Le compte rendu annuel à la collectivité de l’opération Ilot 53 de la SEMIPER (bilan 2010)
  • La résiliation à l’amiable de la convention de concession passée avec la SEMIPER pour la rénovation de ce même îlot 53.
  • L’autorisation d’occupation du domaine public au profit de la SAS Avenir pour l’implantation de panneaux publicitaires
  • L’actualisation du règlement des places, foires et marchés
  • L’autorisation de signer les marchés pour l’acquisition de matériel roulant : un véhicule neuf équipé d’un bras de levage, une balayeuse de voirie
  • La signature d’un avenant au marché de maîtrise d’œuvre passé le 7 avril 2011 avec le groupement SEGURA/DUGUET/INTECH ESI CONCEPT concernant l’aménagement du futur hôtel de ville
  • L’avenant n° 1 au contrat de délégation de service public pour la production et la distribution d’énergie calorifique concernant la chaufferie bois et le réseau chaleur du Gour de l’Arche
  • La candidature à l’appel à projets « quartiers durable en Aquitaine » pour le quartier de la gare
  • La demande de subvention pour la création d’un centre social « maison de quartier haut de gare
  • Les demandes de subventions pour la 2° tranche des travaux de l’Eglise de la Cité
  • Les demandes de subvention pour l’aménagement de la dalle sportive du Gour de l’Arche
  • Le transfert du personnel municipal petite enfance à la CAP
  • La mise à jour du tableau des effectifs au 1er décembre 2011
  • La mise à disposition d’une partie du personnel municipal aux associations
  • La rémunération des agents recenseurs et coordonnateurs adjoints pour le recensement annuel
  • L’élargissement du territoire de la CAP aux communes de Sarliac, Agonac et Cornille
  • La désignation d’un représentant supplémentaire pour siéger au conseil d’administration du collège Bertran de Born
  • Le vœu du conseil municipal demandant au gouvernement de renoncer à l’amputation de 10 % de la cotisation pour la formation des agents territoriaux

Le tout sera conclu par une information sur le rapport annuel de la commission communale pour l’accessibilité aux personnes handicapées.

Vous ne rêvez pas. 35 points à l’ordre du jour, un record !

Une folie douce ! La preuve, s’il en est, que le conseil municipal n’est qu’une chambre d’enregistrement qui méprise le débat. Une moyenne de 10 minutes par sujet nous obligerait à rester assis 6 heures de rang. C’est dire que l’ « on » compte bien que les sujets, et même les plus importants, soit frôlés, effleurés, survolés !

Inscrire 35 points à l’ordre du jour, c’est une manière d’épuiser les troupes, de décourager les velléités d’intervention, de couper court aux questions, de passer sous silence les autres sujets qui fâchent.

Il est fort à parier que le dernier rapport sera lu d’un œil morne, mi clos, par des cerveaux asphyxiés par l’étouffante ambiance d’une salle surchauffée, épuisés par l’hypoglycémie et la tension nerveuse.

Certains points, pourtant, méritent que l’on s’y attarde, comme les décisions modificatives des budgets, ou l’augmentation du coût des travaux de la future mairie (quelle surprise !) ; comme les retards de chantiers et le quartier de la gare (alors cette étude !?) ; comme le règlement Foires et Marchés et l’apparition de la publicité lumineuse et animée dans nos rues ; comme les subventions pour l’animation de la ville ou le rôle de la SEMIPER…

Plus l’ordre du jour est long, plus l’esprit doit rester en alerte, aiguisé et vigilant. C’est sans doute pour cela que nous ne disposons, pendant ces séances, que d’eau et surtout pas de café !

« L’habileté est à la ruse ce que la dextérité est à la filouterie »

Chamfort

A perigueux, l’association CLAP entre délire d’initié et association de bienfaiteurs

Le 19 décembre 2009, l’association Culture Loisirs Animation Périgueux, le CLAP, voyait officiellement le jour. Cette association avait pour fonction d’absorber d’autres associations à vocation culturelle, l’OPA (Office Périgourdin d’Animation) et Péri-Culture.

En 2010, à l’heure de sa nomination au poste de directeur général du CLAP, David Théodorides apporta en dote son propre festival, le festival Sinfonia. De fait, le CLAP centralise la plupart des évènements périgourdins correspondant à ses compétences.

Soucieux de contrôler cette nouvelle sphère d’influence, le maire de Périgueux y plaça des fidèles et en premier lieu la présidente, Madame Josianne Bartoli Faucon, colistière (n°38) aux municipales de 2008 et membre de la commission des affaires sociales.

Derrière de bénignes apparences, se joue en réalité un sport très particulier.

Aujourd’hui, le CLAP est une association financée par le public pour plus de 120 000 euros / an. Elle a en charge l’organisation d’évènements bien connus, comme le Salon du Livre Gourmand, Sinfonia bien sur, le concours de la Truffe d’Argent, la fête de la musique, Macadam Jazz en partie et… le festival Art et Eau (vous allez voir pourquoi c’est important).

Voilà pour le plantage de décor. A en croire les apparences et les journaux locaux, tout va bien. Tout baigne. Depuis la fin octobre 2011 pourtant, certaines informations sont passées sous silence. On va en parler un peu parce que Dordogne Libre a l’air très pris dans ses concours de photos et de cuisine. Chacun son métier vous me direz.

Comment David Theodorides fait effacer ses dettes par la ville de Périgueux

Lors de la fusion, les comptes de l’OPA étaient positifs, aux alentours de 20 000 €. Ceux de Péri-Culture l’étaient aussi, aux environs de 100 000 €. En comptant les financements publics, la nouvelle association partait avec un joli pactole.

Tout ceci permis de faire absorber quelques frais. Ainsi la digestion de Sinfonia coûta, de son côté, dans les 20 000 €. Et oui. C’est simple. David Theodorides, président du festival Sinfonia, fit couvrir ses dettes par le directeur général du CLAP, un certain David Theodorides. Joli coup non ?

Photo originale: Laurent Pareau. Source: concertclassic.com

« Pour la musique s’il vous plait, parce que mes dettes le valent bien« 

[Mise à jour] L’auteur de la photo a refusé l’intégration du commentaire dans la photo. Il s’agissait de respecter l’intégrité de l’œuvre de l’artiste. Nous remercions infiniment l’artiste de nous accorder le privilège et l’honneur de diffuser une partie de son œuvre sur ce blog.

Mais attention, c’est tout à fait justifié. Car comme aime à le faire remarquer en conseil municipal l’adjoint à la culture et fan du maréchal Bugeaud, Arnaud Le Guay, Sinfonia est une « marque » et apporte au panier un beau « fichier client ». Et vlan… 20 000 € le paquet cadeau.

Voilà comment faire absorber les dettes d’une structure privée par une autre, mais publique, tout en étant président de l’une et directeur de l’autre. Pour ceux qui galèrent en ce moment, n’essayez pas de faire pareil à la maison, ça peut être dangereux.

Suez, un mécène très potable pour le CLAP

Tout le monde s’en souvient. Michel Moyrand menait une négociation impartiale pour la reconduction du contrat d’exploitation de l’eau potable. En décembre 2010, nous révélions un document troublant. En effet le maire de Périgueux avait annoncé lors d’un colloque qu’un des prétendants au juteux contrat, allait généreusement contribuer au financement du festival Art et Eau. L’affaire pris de l’ampleur au moment d’attribuer le contrat en février 2011.

Une association menaça de faire annuler le contrat en justice si Suez Lyonnaise des Eaux finançait la ville de Périgueux de manière indue sinon occulte. En catastrophe, le maire de Périgueux annula « l’accord de mécénat » s’élevant à 85 000 €.

Qu’à cela ne tienne, si ce n’est toi ce sera donc ton frère ! Suez a quand même mis la main à la poche en devenant un gentil donateur du CLAP, organisateur du festival Art et Eau… Le don ira au festival Sinfonia histoire d’être perché en cas de pépin.

Ils ne doutent de rien. C’est ainsi qu’en juillet 2011, dans une interview pour concertclassic.com, (25/07/2011), le président de Sinfonia et directeur général d’Art et Eau s’explique :

« Suez Environnement a souhaité rejoindre le Festival cette année. C’est très important pour nous et la preuve qu’aux yeux d’un partenaire de cette ampleur Sinfonia commence à avoir des lettres de noblesse. La pérennité qu’assure une structure associée à une municipalité favorise les partenariats ».

On veut bien le croire. Tout ceci n’a, cela va de soi, strictement aucun rapport avec le contrat d’eau potable remporté brillamment par la société Suez.

Ce qui est plus difficile à comprendre, c’est que pour une telle somme, Suez n’ait même pas le remerciement de figurer parmi les « partenaires » du CLAP sur son site internet.

C’est d’autant plus étonnant que des partenaires privés moins généreux comme le Crédit Agricole ou «l’animateur d’ambiance » Dordogne Libre y figurent. Un oubli malheureux peut-être ?

Moralité; quand la culture n’est qu’un alibi pour le business, ça finit toujours par se savoir.

Casino CCI No Limit, Michel Moyrand relance « all in »

Près d’un périgourdin sur quatre est contre le projet de déménagement de la mairie. [Consulter l’intégralité du sondage BVA de juin 2011]. Le maire feint dans les journaux de s’en moquer (« je m’attendais à bien plus !« ). Trop tard, l’erreur est faite et il ne peut plus reculer.

N’ayant jamais été délimité sur un plan budgétaire, ce projet est un puits sans fond. L’absence de maîtrise et d’analyse en fait un divertissement investissement sans limites. Il coûtera ce qu’il coûtera.

Quand en 2008 Michel Moyrand a pris les commandes, il ne savait ni combien coûterait réellement son projet de nouvelle mairie, ni comment il le financerait. Depuis il a trouvé une martingale.

La CCI a bel et bien été transformée en casino, Michel est assis à la table. Il prend une trempe. C’est pas grave; Michel aime jouer. Michel recave et relance au tapis avec le patrimoine immobilier de la ville. Plus ça cogne en face, plus il allonge. Il vient de sortir des poches de la ville pas moins de 15 bâtiments pour pouvoir suivre les enchères.

Rien ne va plus à la roulette municipale !

Le coût de la nouvelle mairie a été multiplié par 7 en trois ans, atteignant officiellement la somme (provisoire) de 7 millions d’euros HT.

L’évolution du coût de cette nouvelle mairie est assez épatante.

  • 2008: 1 000 000 € (campagne électorale)
  • 2009 : 3 576 000 € (PPI 2009/2014)
  • 2010 : 5 700 000 € (PPI 2010/2014)
  • 2011: 7 000 000 € (estimation architecte)

Côté financement une parade de circonstance a été trouvée.

La mairie flambe ? Vendez le reste de la ville !

Au prétexte que la ville aurait un patrimoine immobilier important, ce dernier est une réserve sans fond. Il n’y a qu’à céder autant de patrimoine qu’il faudra pour réaliser le rêve de Michel.

C’est ce que Michel appelle une « opération blanche », qui ne coûte pas d’argent aux périgourdins. En réalité si. Ca leur coûte simplement plus de 8 millions d’euros de patrimoine immobilier, dont par exemple la maison Estignard (mais tout le monde s’en fout).

Les dépenses (pour l’instant) consacrées à la nouvelle mairie

Acquisition du bâtiment : 2.63 M€
Démolition : 120 000 €
Honoraires maîtrise d’œuvre : 367 000 €
Travaux : 3.536 M€ (estimation maître d’œuvre avant marché de travaux)
Stylos et plantes vertes : 175 000 €

Cela nous fait une petite note que le maire arrondit à 7 M€ en conseil municipal. Sans compter à l’évidence sur la rénovation et la mise aux normes de l’actuelle mairie pour accueillir de nouveaux services publics.

Autant dire un minimum de quelques millions d’euros toujours absents des budgets prévisionnels. Mais à ce niveau là c’est une question de plaisir, on ne compte plus mon brave !

Les recettes issues de la vente du patrimoine immobilier

Là il n’y a qu’à se servir. Voici donc la petite liste dressée par le maire.

Ventes déjà effectuées
3.5 M€ (dont Castel Peyssard pour 940 000 €)

En 2012 :
La Daudie : 1 000 000 €
Hôtel Estignard : 700 000 €
Trésorerie municipale : 380 000 €
Rue Lacombe : 100 000 €
Restaurant du golf : 191 000 €
Rue des Tanneries : 20 000 €

En 2013 :
Salle horticulture : 420 000 €
CAPEB : 145 000 €
Rue Ernest Guiller (après ouverture maternelle la Cité) : 350 000 €

En 2014:
Maison des associations : 825 000 €
Office de tourisme : 250 000 €
Pavillon Bidanchon : 300 000 €
Fonds de commerce CIJ : 250 000 €

Il faut ajouter à cela une dote du comte Cazeau du Périgord de 900 000 €.

On arrive à un total de 8.431 M€ pour plus de 15 bâtiments liquidés. Autant dire que le maire prévoit déjà quelques dépassements budgétaires.

Disons que prudent, Michel s’offre une marge de dérapage d’encore 1.5 M€.

Moralité, heureusement que la cathédrale n’appartient pas à la commune de Périgueux sinon elle serait déjà en vente…

Oui vous avez bien lu, en 2014

La dernière ligne de recette est marrante. Car il devra attendre d’avoir libéré l’actuelle mairie pour y installer des services occupants aujourd’hui des bâtiments prévus à la vente.

Voici donc l’histoire. L’emménagement dans la nouvelle mairie est prévu pour mai 2013. Bon là ça se complique. En moins d’un de 12 mois il aura du réaliser les travaux de l’actuelle mairie. Quand on sait qu’il annonçait en 2008 l’inauguration de la nouvelle mairie pour 2010…

Conclusion, Michel Moyrand disposera d’environ 10 mois non seulement pour réaliser 1 800 m² de travaux mais aussi pour libérer et vendre 4 bâtiments pour un montant de 1.625 M€ avant la fin de son mandat en 2014… LOL Michel !

Autant dire qu’en pleine campagne électorale, Michel, s’il y retourne, devra assumer en réalité un bordel sans nom, entre des travaux non finis au pire et au mieux un trou de 1.625 M€.

Attendez-vous à d’ubuesques galimatias sur cette question…

Le respect de l’argent public ? C’est démodé

Depuis que Moyrand constate sa propre dérive sur le financement surréaliste de son projet, il n’oppose qu’un seul argument pour sa défense.

Systématiquement, il renvoie à la Filature, projet de son prédécesseur dont le coût des travaux avait été magistralement sous-estimé.

Il n’a pas manqué de le faire en conseil municipal le 22 juin :

« …mon prédécesseur avait entrepris une grande rénovation d’un grand bâtiment, il avait démarré à 2,5 M €, il a terminé à 8,5 M €, il n’est pas encore tout à fait achevé, nous devons le faire et c’est peut-être la fonction qui fait que ».

Autrement dit, les gabegies du passé justifient celles du présent. On ne sort donc jamais d’un tel cercle vicieux.

Michel Moyrand se pose ainsi en conservateur d’une tradition budgétaire laxiste et insouciante. Si Xavier Darcos aimait la jouer « grand prince » avec l’argent du bon peuple, alors Michel Moyrand aussi.

Conseil municipal du 22 juin 2011: Le Grand Détournement

Le procès verbal du conseil municipal de Périgueux du 22 juin 2011 recèle quelques perles (télécharger le .pdf). Il est tout frais, tout chaud, il vient de sortir, c’est donc l’occasion d’en partager les meilleurs moments, d’autant qu’un des morceaux de choix était la validation du budget 2010.

On en est là. Dans Le Grand Détournement de Périgueux, Michel Moyrand a vraiment la classe américaine.

L’investissement pour Périgueux rabaissé à celui des années 2000

Des années 2000 à 2009, la dépense en équipement était en augmentation. Sur la période, l’investissement pour la ville a plus que doublé. Mais pour des motifs qui lui sont propres, Michel Moyrand a décidé pour 2010 de ramener cet investissement au niveau des années 2000.

Cette régression spectaculaire suscite quelques interrogations. Le débat d’orientation budgétaire 2010/2014 de février 2010 (pas si vieux) prévoyait une baisse, certainement pas de cette ampleur.


La justification du maire est éloquente :

« je me suis dit tiens ils vont me parler des investissements sur les trois années et je vais regarder ce qu’ils avaient fait, eux, sur les trois premières années de leur précédent mandat. Vous aviez sur vos trois premiers mandats, 2001, 2002, 2003, investi une moyenne annuelle de 779 € par habitant. Nous, nous sommes à 960 € ».

Les chiffres gouvernementaux et les données de l’INSEE ne permettent jamais d’arriver à ce résultat. Peu importe. Le fait est que cette dépense d’équipement est la plus basse depuis 2001 et qu’elle ne se justifie que par une pirouette du maire.

Forcément les caisses sont pleines. Quid du développement de la ville dans ces conditions ?

Suez augmente déjà ses tarifs sur l’eau potable. Et alors ?

Au détriment de tous ses engagements, Michel Moyrand avait reconduit le contrat de Suez dans des conditions rocambolesques à la sauce région PACA. Seul argument d’alors pour conforter sa décision : la baisse du prix de l’eau potable.

Pas de chance. Suez Lyonnaise des Eaux, comme on pouvait s’y attendre, a déjà trouvé un moyen d’augmenter ses tarifs. Cette augmentation stipule une conseillère municipale :

Pour que cette baisse des tarifs ne soit pas trop douloureuse pour les comptes de la Lyonnaise, celle-ci, s’appuyant sur votre courrier, profite de cet effet d’annonce pour faire valider une augmentation par anticipation des échéances mensuelles obligeant les consommateurs que nous sommes à faire une avance sur trésorerie au profit de la Lyonnaise.

Allô Thérèse ?

Pour répondre à cet entubage de première catégorie, le maire, en guise de réponse, laisse la place au métaphysicien :

A l’égard des grands groupes privés, je vois et je partage ce que vous dites, les grands groupes peuvent faire des dividendes et des bénéfices sur les usagers. On en est là et on peut le dénoncer voilà.

Voilà. C’est simple, le maire de Périgueux reconnaît ne pas avoir su (ou voulu) défendre les intérêts des périgourdins. Effectivement maintenant, on ne peut que le dénoncer. Mais on vous a bien niqués quand même !

La vente de la maison Estignard pour financer la nouvelle mairie

Personne n’ignore aujourd’hui que la nouvelle mairie de Michel va couter un bras. Le projet vendu pendant les élections à 1 million d’euros, puis rapidement à 3 et maintenant à 7 millions sans compter la rénovation de l’actuelle mairie absente du budget 2010/2014 va faire très mal. Pour information, cette rénovation non budgétée coûtera au minimum 2.8 M€.

L’ardoise pour la ville sera supérieure à 10M€ à l’arrivée. On peut le comparer à la dépense totale d’équipement de 2010 s’élevant à 6 M€…

En contrepartie, le maire s’était engagé à une « opération blanche ». Comment ? En se débarrassant d’autant de patrimoine communal qu’il serait nécessaire pour payer sa nouvelle mairie.

On apprend donc ainsi que la maison Estignard sera vendue et qu’elle est estimée aujourd’hui à 700 000 €. Classée aux Monuments Historiques, la maison Estignard est considérée comme un des plus importants édifices de la Renaissance périgourdine. Acquise par la ville en 1951, elle a été rénovée en 1953 et 2001 pour la toiture.

Source: http://jintrans.com/1PHOTOessay/Perigueux/Perigueux.htm

En parallèle de cette vieille casserole de maison Estignard, on apprendra que le maire juge le bâtiment de la CCI « de bon goût ».

Cette erreur historique, reniant pas moins de 800 ans d’histoire autant que les principes essentiels d’un urbanisme public, sera doublée d’une incroyable braderie du patrimoine périgourdin.

Un peu à la manière des positivistes du XIX° siècle, les périgourdins d’aujourd’hui confondent modernité et progrès. Cette confusion qui amène à violer l’histoire au nom de la modernité est la même qui a conduit à la destruction des Rues Neuves entre 1950 et 1970.

Le positivisme bourgeois qui caractérise Moyrand avec son « bon gôut » XIX° ne semble pas alerter les périgourdins, au contraire. La tâche n’en sera que plus rude pour leurs descendances.

Un nouveau poste municipal pour aider un ami du maire

Michel Moyrand créé un nouveau poste de cadre pour l’assister dans sa tache. La réponse à la question de savoir ce qui justifie une telle embauche est géniale. Simplement dit-il parce qu’il en a le droit.

En réalité, le poste fait-il l’objet d’un concours de recrutement ? Non. Car ce nouveau poste de cadre au sein du cabinet du maire n’est pas justifié par un besoin, loin s’en faut. On apprend par la suite que Michel Moyrand rend en réalité un service à un « ami ».

Cet « ami » est Pascal Bourdeau. Ayant été élu aux cantonales, il ne peut plus jouir de son poste de salarié dans la commune de Nontron. Sans emploi, il est donc embauché par Michel Moyrand. Elle est pas belle la vie ?

Le meilleur est qu’à cela, totalement décomplexé, Michel Moyrand ne disconvient nullement, bien au contraire, il confirme.

« … c’est vrai que Monsieur BOURDEAU savait qu’il prenait le risque, il ne savait pas qu’il allait être élu au départ, alors après comment cela s’est passé effectivement ne pouvant pas rester sans travail parce que l’indemnité d’élu, d’un conseiller de base n’est pas d’un niveau exceptionnellement élevé… »

Soit, c’est donc pour cette raison que la commune de Périgueux a un nouveau poste au cabinet du maire. Simplement parce qu’un pote de Moyrand, en gagnant les élections cantonales, s’est retrouvé au chômage.

On sera donc ravi d’apprendre que cet argent public, loin de se justifier par un besoin réel pour l’intérêt général, n’est utilisé que pour sortir les copains du maire de la panade.

Un dialogue surréaliste sur le principe de Peter

Nelly Perraud-Dausse y avait consacré un billet, mais le verbatim du dialogue est simplement irréel. A la tirade sur le contournement de la légalité pour embaucher son copain, Jean-Paul Mingasson commente :

« Principe de Peter »

Manifestement ignorant de ce principe, Moyrand embraye comme il peut et part en sucette :

Je ne vous réponds plus parce qu’il y a longtemps que vous êtes atteint par le principe de Peter. Vous êtes très agressif quand les choses vous dérangent.

Ok, Michel ne sait pas ce que c’est, donc joue à « c’est çui qui dit qui l’est ».

Réplique de Mingasson :

J’ai mis le doigt sur quelque chose qui fait mal.

Moyrand dans le brouillard fait diversion :

Non vous êtes un homme de mauvaise foi. Je vous le dis parce que vous utilisez cette tactique, cette stratégie à maintes reprises y compris avec le Président de la CAP, ce qui n’est pas à votre honneur.

Mingasson tombe dans le panneau :

Il m’avait insulté.

Et là Moyrand, pète gentiment un câble en direct :

Vous êtes un petit élu.

Mingasson, visiblement pris au dépourvu et piètre rhéteur s’enfonce :

C’est invraisemblable, il y a les grands élus et les petits élus.

Pour finir, Moyrand, ne comprenant toujours pas qui est ce fameux Peter qu’il ne connait ni d’Eve ni d’Adam, justifie son indignation :

Taisez-vous. C’est vous qui dites que je suis atteint par le principe de Peter.

Nananananèreuuuuuuuuuuuu

En conclusion

« Au revoir messieurs dames. C’est ça la puissance intellectuelle »

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=dg41Pxm7qB4&feature=related[/youtube]