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Nouvelle CAP, le profil idéal pour devenir maire

Personne n’ignore que la CAP, la communauté d’agglomération périgourdine, vient de s’agrandir. Après d’âpres discussions, Jacques Auzou, maire de Boulazac et président de l’intercommunalité Isle Manoire, a remporté le match par K.O contre le maire de Périgueux qui ne voulait pas de ses communes. La présidence de la CAP est en jeu en 2014.

Grâce à sa super veste ultra réversible, Michel Moyrand plastronne. Aujourd’hui il est pour, mais il y a peu encore, il s’opposait farouchement au profil de cette extension. Il est bon ce Michel.

Carte politique de la nouvelle CAP

C’est donc l’occasion de dresser une carte politique de cette nouvelle CAP. La domination socialiste est totale. Et ceux qui se cachent derrière un officiel SE (sans étiquette -sans logo sur la carte-), sont la plupart du temps soumis aux directives du parti socialiste (intérêts bien compris).

Disons qu’à RISK, la partie serait finie. Game Over ou en tout cas tant que les socialistes maintiennent l’illusion que le PS est à gauche; c’est devenu une profession à temps plein, un vrai métier.

Mais ce qui est plus intéressant encore, c’est le profil idéal pour espérer être maire d’une de ces communes et intégrer la brillante et dynamique équipe intercommunale.

Le profil idéal pour devenir maire dans la communauté d’agglomération périgourdine

Si vous êtes de droite, jeune, actif et porté sur une profession innovante, vos probabilités sont nulles. Si vous pensez que le cumul des mandats dans le temps sclérose le système représentatif, ce n’est même pas la peine de rêver.

Le profil idéal pour siéger à la CAP, le voici. Il faut absolument être socialiste ou de gauche très ami avec les socialistes. 100% des communes sont dans cette lignée.

Il faudra également être vieux et à la retraite, comme 52% des maires. Sans compter ceux qui se font passer pour des actifs, mais sont en réalité des professionnels de la politique, et qui en vivent grassement (Auzou, Colbac, Moyrand, etc.).

Une fois que vous êtes retraité et socialiste, vous augmenterez vos chances en étant fonctionnaire et encore mieux si vous étiez dans l’éducation nationale, 35% des maires à la retraite. Si vous êtes retraité d’une fonction territoriale quelconque, pas d’inquiétude, vous conservez toutes vos chances.

Et enfin, vous augmenterez vos chances en louant le cumul des mandats. 33% des maires occupent leur poste depuis 15 ou 20 ans. Près de la moitié avant les années 2000. Le record va au maire d’Atur, Alain Cournil, enkysté depuis 28 ans derrière son bureau, à égalité avec le maire de Coursac. Ils sont suivis de près par les communistes comme Colbac (Trelissac), Auzou (Boulazac) et Comte (Champcevinel), 22 ans de mariage électoral, alors que leur parti prône le contraire. Tout un symbole.

Vous êtes vieux, à la retraite (de préférence de l’éducation nationale), socialiste et vous défendez ouvertement l’idée que la représentativité consiste à s’incruster dans un fauteuil le plus longtemps possible ? Le job est pour vous.

L’avenir confié à un club de retraités de la fonction publique

Bien sur, si vous avez quelque considération pour le pluralisme et la diversité, c’est plus compliqué. Si en plus vous pensez qu’un mandat électif n’est pas une manière de s’offrir un complément retraite pour le restant de ses jours, c’est foutu.

La CAP est un monolithe sociologique et idéologique. Ce mammouth administratif ne laisse aucune place à la différence. Et quand on ajoute à cela le goût pour les intrigues et les manœuvres politiciennes par lesquelles un Michel Moyrand respire et s’inspire jusqu’à lasser parfois ses proches, on mesure sans répit l’étendue des dégâts.

Certains pensent que cette sclérose politique est due au statut de l’élu, pas assez rémunéré, comme l’annonce le maire de Périgueux avec ses immeubles défiscalisés et sa voiture de fonction.

Ce statut est si avantageux aujourd’hui qu’il fait de l’élu un cadre de la fonction territoriale pour la durée du mandat. D’où l’intérêt évident de chercher à se professionnaliser en politique. Juteux, confortable, faits d’avantages multiples en numéraire et en nature, ce statut est une source d’enrichissement personnel sans commune mesure avec les autres.

En cumulant le job avec un mandat parlementaire, ça permet même de se voter sa propre rémunération. Et incroyable hasard, ces « indemnités » ont augmenté de 135% en 10 ans (pleurez braves gens, ça a été gelé). Il faut dire qu’elles ne sont pas indexées sur l’inflation mais plutôt sur le cours du marché de l’immobilier.

Les compétences y comptent moins que la ruse et l’absence de talent se compense largement par la vigueur de son écurie politique. C’est comme ça que l’on devient maire de Périgueux par exemple. Ca en fait un plan de carrière très rentable.

Aussi ce club 3ème âge pour retraités de la fonction publique qu’est la CAP n’augure rien de très dynamique. Ils sont pour la plupart nés dans la première moitié du XX° siècle et n’ont pour principal problème dans la vie que la surveillance de leur épargne. Autant dire que les enjeux du XXI° siècle paraissent lointains…

Tout le problème du service de communication sera de faire croire le contraire.

Intercommunalité, la guerre des bananes n’aura pas lieu

La révision du périmètre de l’intercommunalité périgourdine, donne lieu, depuis quelques temps, à un spectacle étonnant. Ce combat entre les mâles dominants, ou plutôt les « maires dominants », pour savoir qui gouvernera le nouveau territoire, a pris une tournure particulière.

Les sciences politiques, la sociologie ou l’économie ne sont plus adaptées pour décoder ce qui se joue réellement. Seule l’éthologie devient pertinente. Peu importe les ouvrages complexes sur la politique territoriale française, il suffisait en réalité de revoir Gorilles dans la brume.

http://chenzorama.tumblr.com/post/2515233918/dont-make-the-monkey-angry-from-matt-cioffi

Les grands principes de la territorialité des pouvoirs

Il y a des chefs. Il y a des territoires. Il y a des chefs de territoires. Sur les territoires, on fait des bananes. Donc le chef du territoire, c’est le chef des bananes de ce territoire. Plus on a de bananes, plus on domine ceux qui n’en ont pas autant.

Mais les chefs sont inégaux entre eux. Certains territoires sont naturellement fertiles en bananes, alors que sur d’autres c’est moins facile. Par ailleurs, les chefs sont plus ou moins doués pour faire des bananes. Ce n’est pas simple.

Normalement on choisit comme chef celui qui sait faire des bananes. Mais il arrive que certains chefs ne sachent pas faire de bananes. Dans ce cas, ou ils font illusion, mais ça ne dure pas, ou ils essaient de s’en procurer chez les autres.

Ainsi, chaque chef de territoire échange des bananes avec les autres sous de multiples formes, ce qui finit par créer un équilibre des pouvoirs, matérialisé par les territoires.

Mais quand le périmètre du territoire change, se pose la question de savoir qui sera le chef du nouveau territoire et par conséquent des bananes. C’est tout l’équilibre des pouvoirs qui est à redéfinir. C’est l’occasion pour les prétendants de montrer leur force, d’impressionner l’adversaire, pour s’imposer comme nouveau chef des bananes.

C’est ce qui se passe en ce moment pour la Communauté d’Agglomération Périgourdine et la Communauté de Communes d’Isle Manoire. Toute la question est de savoir qui sera le nouveau chef du territoire le plus riche en bananes de toute la forêt périgourdine.

Ne vous étonnez donc pas de voir vos représentants s’écharper dans vos journaux locaux, c’est leur moyen (à eux) de vous dire qu’un nouveau combat pour la domination des territoires est engagé. Ca fait beaucoup de bruit, ça brasse beaucoup d’air, mais la jungle politique est ainsi faite.

Nous allons essayer de comprendre les enjeux pour les deux prétendants à la nouvelle domination territoriale et remercions Dian Fossey pour ses travaux sans lesquels nous n’aurions rien compris.

Etre chef de Périgueux, c’est être chef de la CAP

Le maire de Périgueux ne veut pas que le clan de Boulazac (allié en théorie) intègre en totalité le nouveau périmètre de la CAP. Car le chef de la CAP, naturellement, devrait être le chef de Périgueux, la plus grosse ville (c’est toujours une question de taille), celle qui a plein de bananes, historiquement et naturellement.

Par exception ce n’est pas le cas puisque jusqu’en 2008, le chef de Périgueux était de droite, un clan rival. Donc jusqu’à aujourd’hui les chefs des petits clans de la CAP avaient désigné comme chef de la CAP un chef intérimaire, ou disons faute de mieux, le chef de Chancelade, un petit clan de 4 174 feux pour faire semblant d’en diriger plus de 60 000.

Alors forcément, le territoire de la CAP ne donnait pas autant de bananes qu’il aurait du. Mais peu importe, ce qui comptait jusque là n’était pas les bananes mais d’empêcher le chef de clan rival de dominer le territoire.

Coup de théâtre en 2014, le chef de Périgueux changea. Et ce nouveau chef fait partie du même groupe que les autres chefs de la CAP. Du coup, le chef de Périgueux se verrait bien couronné chef de la CAP, ce serait bien normal, c’est lui qui a la plus grosse.

Mais patatra. Le chef de Boulazac va revenir (contre son gré) dans le clan de la CAP. C’est une menace pour le chef de Périgueux, qui sait très bien que si le chef de Boulazac entre à la CAP avec tout son clan, il sera désigné comme chef de la CAP. D’autant que le clan rival, ennemi juré du chef de Périgueux, se ferait un plaisir de se rallier au chef de Boulazac pour ennuyer le chef de Périgueux.

Alors le chef de Périgueux fait tout ce qu’il peut pour que le chef de Boulazac entre à la CAP avec le moins de bananes possibles. Plus le chef de Boulazac a de bananes en entrant dans le clan de la CAP, plus il a de chances d’être chef de la CAP.

Boulazac, c’est celui qui sait faire les bananes qui doit être chef de la CAP

Pour le chef de Boulazac c’est différent. Il a fait partie il y a longtemps du clan de la CAP. Mais il faisait de l’ombre aux autres chefs de la CAP, parce qu’il était très fort pour multiplier les bananes. Il finissait par avoir beaucoup plus de bananes que les autres chefs, qui se contentaient fort bien de leur paisible train-train.

Alors les autres chefs de la CAP décidèrent d’embêter le chef de Boulazac en l’empêchant de faire trop de bananes, ce qui finissait par les faire passer pour des feignants ou des incapables. C’est là que le chef de Boulazac décida de quitter le clan de la CAP pour faire son propre clan où il serait chef et où personne ne l’empêcherait de faire ses bananes.

Alors le chef de Boulazac fit plein de choses que les autres chefs ne savaient pas faire. Et son clan de Boulazac devint vite le plus riche en bananes. Mais aujourd’hui il n’a plus le choix. Il doit réintégrer le clan de la CAP et par allégeance, il doit aussi donner toutes ses bananes. C’est injuste !

La seule solution pour le chef de Boulazac de ne pas voir ses bananes dilapidées, c’est de devenir chef de la CAP. Donc il veut y entrer avec tout son clan pour être désigné chef de la CAP. Sans tout son clan derrière lui, c’est le chef de Périgueux qui gagnerait.

Or il n’y a rien de plus insupportable pour le chef de Boulazac que d’obéir au chef de Périgueux. Car ce dernier n’a jamais su multiplier la moindre banane et s’est toujours servi des autres pour faire croire qu’il en avait. Pour le chef de Boulazac, ce serait un véritable holdup de bananes.

Non seulement le chef de Boulazac devrait donner toutes ses bananes, mais en plus il devrait obéir à ceux qui ne savent pas en faire. C’est à vous dégoûter non seulement de faire des bananes mais même d’être chef.

Le chef de la CAP: presque chef de toute la forêt

A l’échelle du territoire de la Dordogne, ce combat est très important. Car bientôt, le grand dos argenté du Conseil Général, le vrai chef de toutes les bananes locales, sera à la retraite.

En plus son successeur aura bien moins de pouvoir à cause de la réforme territoriale. Le chef du clan du Conseil Général fera bientôt moins peur.

Du coup, si le clan de la CAP devient vraiment important, son chef pourrait devenir aussi fort que grand dos argenté. Car c’est sur le territoire de la CAP qu’il y a toutes les bananes. Et le vrai chef, c’est le chef des bananes.

Forcément, ça créer autant de tensions que cela ouvre l’appétit.

La guerre des bananes n’aura pas lieu

On comprend mieux dès lors les causes de tout ce tintamarre.  Les hurlements et les cris traversant les paisibles vallées périgourdines depuis quelques temps ne sont que les échos de ce combat des chefs.

Ils cassent des branches, bombent le torse tambouriné de leurs poings serrés, mâchoire ouverte, dévoilant leurs longues canines.
Spectacle cruel de la vie sauvage : la lutte pour la domination territoriale. Ils s’impressionnent et se menacent hou hou hou.

Mais pas d’inquiétude. Tout cela est symbolique. Jamais ils n’iront jusqu’à se confronter directement, au risque de se blesser même superficiellement. C’est ce qu’on appelle la politique.

Quant à imaginer le dessin d’un territoire selon l’unique critère de l’intérêt de ceux qui le peuplent, l’habitent et l’enrichissent, et non bien évidement de l’intérêt de leurs chefs, ce serait une utopie.

Le SCOT de la CAP: 10 ans de médiocratie

En décembre 2001( ((Année importante, puisqu’elle a vu aussi se définir la nouvelle stratégie de développement de la CAP liée à l’A89. Pour comprendre leur réactivité, le CIADT avait annoncé la réalisation de l’autoroute le 13 avril 1987 ! ))), deux ans après sa création, la CAP (Communauté d’Agglomération Périgourdine) et d’autres collectivités avaient accepté de définir le périmètre d’un SCoT ((Schéma de Cohérence Territoriale)) avec les services de l’Etat.

Résultat : 50 communes à rassembler dans un projet de développement commun.

Voyant l’ampleur de la tâche, les élus de la CAP ont enterré le dossier dans le jardin, sous le cyprès de la volonté politique.

En 2011, sous la contrainte législative et la tutelle de l’Etat, les responsables locaux ont jusqu’au 1er juin 2013 pour définir un périmètre rationnel. Vexés de devoir aujourd’hui déterrer le dossier, ils chevauchent leur destrier en super héros de la décentralisation… Mise au point.

Depuis 10 ans, Etat et Région alertent les élus locaux sur leurs gabegies

En octobre 2004, la DDE et la Préfecture montent au créneau avec un rapport au vitriole sur la politique de la CAP. Le rapport rappelait aux élus l’importance d’une cohérence territoriale globale, urbaine, économique, écologique, agricole, etc.

Dans le paragraphe sur la CAP intitulé Un développement plus spontané que maîtrisé, les services pointaient:  » Les collectivités de ce territoire sont actuellement plus en situation de concurrence interne qu’en recherche de complémentarité en termes d’activités, de services, d’habitat et de transports« .

En janvier 2005, la Chambre Régionale des Comptes Aquitaine interpelle les élus sur leurs manquements, notant qu’ « aucun schéma de cohérence territoriale (SCOT) n’a encore été arrêté à ce jour ».

Réponse des élus : « des réflexions sur l’élaboration d’un SCOT sont déjà engagées »

En décembre 2008, la Chambre Régionale des Comptes Aquitaine s’inquiète à nouveau des incuries périgourdines, relevant « le caractère encore inachevé et incohérent du périmètre de la CAP ».

Réponse des élus : « une réflexion sur les communautés de communes Isle-Manoire à l’Est et de Saint Astier à l’Ouest allait être engagée».

En 2009, c’était la Direction Régionale de l’Equipement  Aquitaine qui tirait un premier bilan sur le jardinage de la CAP et sa passion des cyprès : « Les stratégies ou réflexions générales ont été insuffisantes. Les acteurs du territoire n’ont pas réussi à travailler ensemble sur le secteur géographique de Périgueux ».

Des élus irresponsables mis sous tutelle de l’Etat

Rien à faire. Le projet de SCoT était fuit comme la peste. Complexe, il nécessitait autant de volonté que de capacités politiques. Dérangeant, il perturbait des intérêts locaux et la préservation de micro potentats.

Rideau. Les élus de la CAP retournèrent sous le cyprès de la volonté politique.

Ainsi en janvier 2010, le président de la CAP devait constater l’échec : « nous n’avons pas un territoire pertinent ».

Euréka! Après 10 années d’une intensive réflexion, il venait de comprendre.

Mais aujourd’hui le SCoT va être imposé par l’Etat. Alors les guignols s’affolent et pour éviter le ridicule essaient de prendre un semblant d’initiative.

Le volontarisme feint d’aujourd’hui ne doit pas masquer les inepties d’hier. Un personnel politique aussi incompétent, mu par des intérêts parfois inavouables, voilà l’héritage démocratique des périgourdins depuis 10 ans.

L’argument contre le SCoT : les chefs de villages gaulois ne s’entendent pas

Oui, c’est le principal argument des maires de Périgueux, de Coulounieix-Chamiers et du président de la CAP (SO 17/01/11). Des élus mandatés pour servir l’intérêt général qui avouent être incapables d’assumer leur mission.

Les chefs de villages, fidèles à leur caricatures de gaulois, ont des intérêts très particuliers qui les empêchent de se soumettre à des activités d’intérêt général supra territoriales.

D’où effectivement l’anarchie urbaine, l’incohérence des documents d’occupation des sols et l’absence de planification commerciale, de développement économique, etc.

Le président de la CAP emploi un verbe étrange pour résumer les relations entre responsables locaux : « À 13, on a déjà mis du temps à s’apprivoiser». Ne parlant ni de révolution néolithique (encore que) ni du zoo de la Palmyre (encore que) le président de la CAP oppose une explication lourde de sens.

Se décrivant eux-mêmes comme des chiards égoïstes se chamaillant dans la cour de l’école, on oublierait presque la nature de leur fonction représentative de gestionnaires publics.

Des « élus sauvageons » au service de leurs intérêts immédiats… ((Ceci expliquerait le départ de Boulazac de l’intercommunalité périgourdine qu’elle avait pourtant intégré dès sa création en 1987 1987 création du SIVU, 1988 du SIVOM, 1994 du District que Boulazac a refusé)). Bref, 10 ans d’immobilisme expliqués par l’immaturité et le déni de responsabilité, là, comme ça, c’est simple.

Les guignols périgourdins et la décentralisation

Quand il s’agit de défendre leurs intérêts directs, y compris et surtout indemnités et pouvoirs, les mêmes guignols se disent les premiers défenseurs de la décentralisation.

Mais dans le cadre de cette dernière leurs résultats sont minables. Les guerres de clans et les rivalités individuelles ont tué pour longtemps tout avenir autour d’un projet de développement commun.

Le coût global de cette léthargie concertée, en termes économique, urbain, écologique, social, est au bout de ces 10 années de retard, aussi colossal que durable.

Ni les services de l’Etat, ni ceux de la Région n’ont réussi, en 10 années d’activisme pédagogique, à faire entendre raison aux chefs de clans locaux. Il aura fallu attendre leur mise sous tutelle pour qu’ils agissent… d’ici 2013…

Comble de l’ironie, ce sont ces mêmes responsables politiques qui vantent aujourd’hui le principe d’une gestion de proximité ((Le président de la CAP en janvier 2011 : « Une trop grande structure nous ferait perdre de la proximité »)).

Ils s’essuient les pieds sur le paillasson de la décentralisation, sont incapables de la moindre rationalité territoriale ni du plus petit projet commun, obèrent lourdement les chances de développement du bassin de vie périgourdin, mais peu importe.

Selon eux, leur qualité d’ « élu de proximité » nous garantissait une valeur ajoutée dans la gestion publique.

A ce compte là, autant être dirigé par un technocrate exilé à Saint Pierre et Miquelon.

Les voeux à la Communauté d’Agglomération Périgourdine

C’est la même chanson, mais la différence c’est…

Qu’ils ont parlé d’agenda 21.

Ca c’est big news. On n’a pas oublié l’écologie à ce qu’il semblerait… On s’occupe de l’assainissement de l’eau. Bien, bien, un point pour le Mammouth ! A quand la délégation de compétence pour une gestion publique de l’eau ?

Le PDU va bon train puisque le TER va augmenter sa cadence (dommage qu’il marche au diesel, on ne nous dit pas si les locomotives seront moins polluantes) ; il va s’arrêter à la Cité et à St Laurent (pas St Georges ?). Qu’on se rassure, nous aurons des réunions de concertation. Les lignes de bus se modifient, améliorent le service (électriques ? Plus petits ? Plus nombreux ?).

Et on planche sur le plan de circulation des vélos… (et d’un code de la rue ?). Le contournement de Périgueux, les ponts, la gare ? Rien. Bon on verra si l’on tient compte de l’avis de la foule.

Le SCOT, Si c’est possible…

Autre bonne nouvelle : ils vont le faire, le SCOT, j’en suis toute retournée ! Bon d’accord, Madame le Préfet a tapé du poing sur la table, vu que la loi ne donne plus le choix mais des échéances. Dommage, on l’avait depuis plus de 10 ans, ce choix (voir PDF).

Maintenant il va falloir accélérer les négociations pour essayer de faire tomber le mur de l’Est. A mon avis, vont pas se laisser faire sans contreparties. Déjà Boulazac annonce la couleur : «On ne veut pas du prêt à porter mais élaborer ensemble des projets communs ».

C’est sans doute en prévision de ces contreparties que la CAP s’empresse de soutenir le projet Eiffage à Montaigne car la CAP a déjà tout compris (tout signé ?) sur l’avenir du commerce à Périgueux. Fortiches non ?

L’étude n’est pas reçue (oui ils en lancent aussi) qu’ils savent déjà qu’il faut précisément 10 000 m² de commerce supplémentaire. Des cracks je vous dis. La baguette magique ? La charte commerciale.

Le président de la CAP chasse les mouches importunes qui s’en gaussent (suivez son regard) ; notre sénateur -juré, craché- votera pour la réforme de l’urbanisme commercial et des deux mains pour le DAC sorte de charte opposable.

Oui mais le temps de le voter, de l’appliquer, il en aura coulé du béton sur notre bonne vieille terre…

2011, payez, payez petits ménages !

10 minutes de discours sur la disparition de la taxe professionnelle et son remplacement par la contribution économique territoriale. Le Président-Sénateur rappelle la « kyrielle de taxes sur les entreprises de réseau dont le poids retombera sur les épaules des ménages ».

Ça c’est sûr. C’est le consommateur qui paiera. Mais alors…Expliquez moi ! Quand on sait tout ce que ces ménages auront à payer, et plus encore, on a du mal à comprendre la logique de la CAP : reconnaître la perte du pouvoir d’achat des foyers périgourdins et leur proposer de dépenser plus en créant plus de commerces.

Quoi d’autre ?

La piscine de Bertrand de Born retardée (et plombée) par les fouilles, la gestion par la CAP de la petite enfance (qui peut être une bonne chose à condition qu’on ne fasse pas comme pour le commerce, qu’on privilégie les communes de la couronne), l’écopôle prévu au Grand Cerf (mais on sait que les thématiques des ZAC sont vite oubliées).

J’oubliais, il y a une réflexion sur le maraîchage (mais comme ça ne rapporte rien, on en restera longtemps, à mon avis, au stade de la réflexion !).

Les vœux se terminent par une ode au développement économique et au sport dont je vous fais grâce et sur un buffet qui m’avait l’air plus garni que celui de Périgueux à ce que j’ai pu en apercevoir avant de quitter les lieux de la cérémonie…

Vivement les vœux de 2012 !

« Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce que l’on ignore, voilà toute la politique »

Beaumarchais.

Périgueux, des documents compromettants pour la CAP

La communauté d’agglomération périgourdineCAP – a présenté son projet pour les transports et les déplacementsPDU– au théâtre de Périgueux. D’ici 2020, l’idée est d’écœurer tout périgourdin de prendre sa voiture afin de le contraindre aux transports en communs. Pour ce faire, la technique consiste à laisser pourrir la situation du trafic automobile, en misant sur toujours plus de congestions et d’embouteillages.

En parallèle, le développement urbain restera sans cadre officiel, favorisant l’étalement et les foisonnements sauvages. Là encore, ce n’est pas grave, car on nous annonce profusion d’équipements écologiques et la mise en œuvre d’un Agenda 21 aussi ambitieux que le Plan de Déplacements Urbains.

Pourtant, derrière les discours enflammés sur l’après pétrole que les élus anticiperaient ((Sud Ouest 28/05/10, citation d’un élu qui a tout compris)), en 2020, il y aura plus de voitures. Dans tous les cas, malgré le TER mieux cadencé et les bus dans leurs couloirs, 66% à 70% des trajets se feront avec des véhicules particuliers, contre 73% aujourd’hui.

Dans ce billet, nous mettrons à disposition différents documents compromettants pour les élus de la CAP. Certains ont charpenté la décision actuelle, alors que pourtant, toutes les conséquences d’un PDU a minima sont mesurées. D’autres sont des engagements politiques officiels non tenus et d’autres enfin des analyses prouvant les carences et les manquements des élus périgourdins. Nous reviendrons donc aussi sur le fumeux Schéma de Cohérence Territoriale, puisque l’Etat en demande la mise en œuvre depuis 10 ans et que les élus disent y réfléchir (à leur rythme).

PDU : analyses, diagnostic, scénarios, impacts

La CAP est formelle: l’absence de traitement du trafic routier va congestionner les flux. Le plan de déplacements peut espérer réduire l’utilisation de la voiture de 7% à 3%. Il y aura bien plus de voitures. Donc plus d’embouteillages et une pollution croissante.

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La CAP et son brouillon d’incohérence territoriale

Photo Sud Ouest

Il y a 9 ans, le préfet d’alors avait tenté d’amorcer la pompe par un arrêté préfectoral introduisant le périmètre d’un futur SCoT. C’était sans compter sur la puissance de feu des élus locaux pour endiguer toute initiative d’envergure.

En 2004, la DDE Dordogne avait produit un document fouillé sur le sujet, prenant en compte 50 communes. Le diagnostic établi par l’Etat est simplement accablant pour les élus de la CAP. Qu’importe, en l’absence d’élections directes, ces derniers n’ont qu’une demi responsabilité en étouffant leurs implications au moment des élections municipales.

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Le document rappelle que la CAP est responsable de l’étalement urbain déploré aujourd’hui en précisant que « le modèle urbain développé ces dernières années s’est relativement peu attaché aux conséquences de l’urbanisation en terme de mobilité et de déplacements« .

Le Programme Local de l’Habitat

Le PLH est évidement lié aux déplacements et à l’urbanisme. Le document de 2007 met en évidence les carences en programmes de logements sociaux par exemple.

Aussi, les communes de Trelissac et de Chancelade ne respectent pas le minimum obligatoire de 20% de logements sociaux ((article 55 de la loi SRU)). Dans le même temps, Trelissac avait une croissance de constructions neuves de 300% en 2005. Avec de la solidarité plein la bouche bien sur…

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Souvenirs d’un programme politique: Michel Moyrand

Les promesse n’engagent que ceux qui les croient c’est bien connu. Pour se faire élire, Michel Moyrand (maire de Périgueux), avait fait très fort. On pouvait lire ainsi dans son programme politique censé être une série d’engagements, les déclarations suivantes:

Nous relancerons le projet de SCOT (schéma de cohérence territoriale), document d’urbanisme et de planification nécessaire à la cohérence territoriale.

Dans la rubrique « Désenclavement de Périgueux », le candidat s’était prononcé avec fermeté:

La ville ne doit plus subir les nuisances des flux de circulation. Nous relancerons l’idée du contournement nord

Au regard des dernières décisions communautaires, il fallait comprendre l’inverse. Maire de la ville la plus importante de l’agglo, premier vice président de l’usine à gaz, rien n’y fait. On ne contournera rien du tout. Et le SCOT est onirique. Car à force d’accumuler les incuries, les responsables de la CAP font peur. Même la Communauté de Communes Isle Manoire (qui comprend Boulazac) préfère se rapprocher de celle de Vergt plutôt que subir les affres de l’agglomération périgourdine ((Sud Ouest 20/05/10 La Communauté de communes prépare l’avenir)).

Pour en finir

Jacques Auzou, le maire de Boulazac et président de l’intercommunalité Isle Manoire a tristement raison ((Sud Ouest 26/05/10 La croisade antivoiture peut-elle l’emporter)) :

Si l’on veut faire de l’agglomération de Périgueux une maison de retraite, il faut le dire. Moi, je pense qu’il est mortifère de favoriser la dévitalisation de la ville centre car ce sera la mort de toute l’agglomération

Et il le sait d’autant plus qu’il est un des principaux artisans de cette dévitalisation. Mais ce n’est pas le sujet. La réalité c’est qu’entre l’avortement à la fourche du projet du Bas Saint Front et la volonté de dégrader la qualité des flux routiers, Périgueux perd encore de son intérêt. Mais cet intérêt est perdu et non transféré aux villes dortoirs qui l’encerclent.

Il reste à espérer dans le renouvellement des générations pour remplacer cette mauvaise série. Las, la plupart de leurs successeurs sont dans la couveuse du Conseil Général et nourris au maïs Cazeau. Qu’importe, il y aura bien un jour un personnel politique capable d’affronter les défis pour lesquels il s’est proposé.

Pour l’heure la bande de notables démissionnaires qui fait office de responsables s’en fout. Tant que le peuple s’éclate avec son équipe de foot en CFA2 et ses vides greniers, ça passe. C’est donc eux qui ont raison de nous prendre pour des imbéciles tant qu’il ne leur est pas démontré le contraire.