ProD2, fer de lance ou danseuse ?

J’aime le sport. Je le conçois principalement comme un atout pour créer du lien intergénérationnel, l’intégration sociale par l’éthique qu’il développe, l’esprit d’équipe qu’il implique et les qualités humaines qu’il encourage.

Je ne l’aime pas lorsqu’il devient un enjeu économique tel que l’on perd de vue son rôle fondamental ; je ne l’aime pas lorsque l’on se permet d’en user comme d’un élément de chantage. Je ne l’aime pas lorsqu’il fait place à la polémique.

Un club sportif, grosso modo, comment ça marche ?

C’est au départ une association ; il peut devenir une EUSRL, une SAOS, une SASP ; (je vous fais grâce des détails). Périgueux en PRO D2 deviendrait une Société Anonyme Sportive Professionnelle. Un club et une entreprise c’est presque pareil : ce qui les rapproche, c’est que pour progresser, il leur faut réduire le risque.

Or, pour un club, il n’existe pas de science exacte qui l’assure de la victoire, même s’il a recruté d’excellents éléments et que l’entraîneur est top. C’est sans doute pour cela que l’on parie sur les matches et pas sur les entreprises (quoi que la bourse…) !

Et comment ça se finance ?

Pour la néophyte que je suis, rien de plus difficile que de trouver les informations sur le budget des clubs, même sur celui du CAP. Où trouver le nombre de licenciés, de billets vendus dans l’année, du nombre d’abonnements ? Même le site du CAP est muet sur le sujet. Je suis donc allée à la pêche aux infos sur « la toile » pour glaner quelques informations d’ordre général.

Le financement des clubs non professionnels repose essentiellement sur les subventions territoriales et les sponsors auxquels s’ajoutent les recettes de billetterie et de boutique. Son budget navigue aux alentours de 1 M€.

S’ils passent à la vitesse supérieure, leur budget augmente en dépenses (principalement parce que l’on finance des joueurs professionnels) mais aussi en recettes (heureusement), parce que la médiatisation et le succès sont lucratifs et attirent les sponsors… Pour Périgueux, on passerait à 3,2 M€.

Voici un schéma de la composition des recettes d’un club en PRO D2 présenté dans le rapport fait au ministre des sports en 2003 (voir PDF) :

Qui financera le passage du CAP en PRO D2 ?

Avec 3,2 M€ de budget prévisionnel, le club de Périgueux ne sera pas le dernier en matière de budget (voir ci-après) parmi les PRO D2.

Les subventions territoriales vont représenter pour la mairie 370 000€ (150000 x 2 + 20 000 + 50 000) et pour le conseil général 450000 (300 000 + 150 000) soit 820 000€ : c’est plus de 26 % du budget prévisionnel du CAP (à mettre en balance avec les 22 % en moyenne). Et nous ne savons pas quelle sera la participation de la Région.

Et les sponsors ? Si l’on va sur le site du CAP, on en trouve 11. Dernièrement on a parlé d’une participation totale des entreprises pour un montant prévisionnel de 100 000 €. Soit 3% du budget prévisionnel !

C’est peu comparé aux 29 % de contribution moyenne cités dans le rapport précité. Une équipe en Pro D2 c’est une aubaine pour des entreprises : l’intérêt accru des matches génère plus de spectateurs, de lecteurs, d’auditeurs et de téléspectateurs et les ventes en boutique augmentent.

La prospection ne devrait pas être difficile. Quant aux droits TV, à la boutique ou à la billetterie, à la contribution du LNR, peu d’information sur le sujet, ce qui ne nous permet d’avoir une idée complète des recettes espérées.

Quid des autres associations ?

En 2010, les subventions aux associations sportives de la commune représentaient, hors les 1,25 M€ de l’AOL (CLSH + rugby + spéléo + sophro), 318 050 €.

Le plus gros poste concernait le CAP avec 150 000 €, soit la moitié de ce budget. Le deuxième plus gros poste est le golf (40 000 €), le troisième le cyclo club et le CAP Athlétisme (19 000 € chacun) puis le Basket (10 000 €) et le foot (9 000 €).

Le Handbal et Périgueux épée (5500 et 6000€). La trentaine restante se partage les restes, entre 400 et 5 000 € par an. L’année prochaine, on se demande où la ville va trouver l’argent pour financer le CAP.

Allons nous vers une diminution du soutien des autres sports ? Où allons nous trancher dans le vif des autres subventions ? Allons nous emprunter ?

Quel retour d’ascenseur ?

Les Clubs doivent en principe « renvoyer l’ascenseur » à leurs mécènes : pour les financeurs publics (nous), ils peuvent s’engager à s’impliquer dans la vie de la cité : gestion d’une école, rencontres sportives à la prison locale, dédicaces dans les maisons de retraites, participation aux activités culturelles et sportives locales.

Pour les sponsors privés, ils peuvent intervenir en entreprise, animer des séminaires ou afficher les logos des entreprises sur leurs sites, le stade ou le maillot des joueurs…

Pour tous les partenaires et surtout pour le grand public (qui paie deux fois par les subventions et les billets), le plus sûr moyen de récompenser l’aide financière, c’est d’avoir une haute qualité de jeu et de gagner…

Hormis de belles victoires, quels retours pouvons-nous attendre du CAP ?
Quelle transparence dans la gestion, quelle implication dans la vie de la cité ?

Nous, Périgourdins, citoyens lambda, qui ne sommes pas forcément fous de rugby, et qui payons la plus grosse part de la note,

Pouvons-nous espérer que le vainqueur transforme l’arrogance en un soupçon de respect, en commençant par un simple merci ?

« Colère et intolérance sont les ennemis d’une bonne compréhension »

Gandhi

Municipal Discount: de l’art, de l’eau, mais surtout des zéros

Sacré Michel. Il l’aura fait son festival Art & Eau. Dans la douleur et l’indifférence, mais il l’aura fait. Si on regarde un peu dans le rétro, on y trouve le génie de toute une mandature. Le festival de Michel avait pour but de nous « sensibiliser avec la gestion de l’eau ».

Mais force est de constater que Michel a bien plus réussi à le faire en renouvelant le contrat de Suez Lyonnaise des Eaux qu’avec ses vélos dans la rivière.

La Fête du Slip, sur France Info par exemple, a fait plus d’audience que le festival. Et pour cause, elle a l’avantage incomparable d’avoir un intérêt. En termes de notoriété, pour 500 000 € de moins, reconnaissons donc que cette Fête du Slip apporte bien plus à Périgueux que la festivalière quincaillerie de Michel.

Michel, en guise d’évènement culturel international, au point où l’on est tombé, pourquoi ne pas organiser à Périgueux la fête du phoque ?

Comment faire disparaitre un billet de 500 000 € en claquant des doigts

Où est passé le pognon ? Michel, tu viens de claquer plus de 500 000 euros d’argent public pour un festival de 3 jours. « Ton festival on dirait que tu l’as acheté à Leader Price ». Personne aujourd’hui ne comprend comment cet évènement a-t-il pu coûter si cher.

On reprend et je te cite :

  • 8 œuvres plastiques et sonores (6 œuvres ou installations dont une en résidence)
  • 2 ateliers pédagogiques pour les enfants
  • 2 ateliers pour les jeunes
  • 1 spectacle d’ouverture spécialement créé pour Périgueux
  • 1 débat-rencontre « Vivre l’eau »
  • Des animations permanentes, temporaires et interventions dans les quartiers

L’UMP dénonçait un budget pas croyable pour le son et lumière (le spectacle d’ouverture) de 200 000 euros. Mais même pas ! L’auteur du spectacle nous révélait le 29 juin qu’il avait couté 50 000 € les 17 minutes (3000 €/minute).

Où est la thune ? Peut-avoir l’ensemble des dépenses détaillées avec leurs factures ?

Non, je sais, malgré la loi de 1978, personne, surement, n’en verra jamais une ligne.

Michel, 500 000 € pour ce qu’on a vu… Il doit bien rester au moins 200 000 balles quelque part non ? Allez, sans rire, vraiment, le pognon, tu l’as mis où ?

Le compte rendu d’Art et Eau écrit 2 jours avant le festival

Ca vous décroche la mâchoire mais il faudra s’y faire. Le festival se déroulait les 24, 25 et 26 juin. D’ailleurs, le dernier bulletin municipal de juillet/aout/septembre en fait le bilan :

Du 24 au 26 juin derniers, Périgueux a vécu au rythme du festival « Art et Eau ».

Ce bilan fait preuve d’une inhabituelle neutralité. D’ordinaire le service de communication utilise ce genre d’évènement pour mettre en valeur la politique municipale. Rien de tel ici. Une énumération simple des faits, au passé.

En réalité le bilan d’art et eau a été écrit avant le festival. La mairie a créé le fichier .pdf deux jours avant, le 22 juin. C’est à noter car pour un magazine qui se dit « d’information », c’est non seulement rare mais même carrément balèze.

Michel: « Une biennale de dimension internationale »

Calme toi Michel. Tu atteins péniblement une dimension intercommunale (merci Trelissac) avec un demi million d’euros, alors imagine ce que cela couterait pour un vrai festival culturel. Cela te couterait plusieurs mairies. Mais ce n’est pas grave. Il est content Michel, il a fait bosser les copains.

Si c'est une photo de Nicolas Lux, il faut le citer.

L’élaboration du concept Art et Eau était simple mais judicieuse. Il suffisait de piocher des mots au hasard et d’y ajouter le préfixe « éco ». C’est donc devenu l’éco festival de l’éco citoyenneté et de l’éco écologie.

C’était aussi l’occasion de faire la promotion d’Eco Jet Ski de marque Yamaha qui, c’est de notoriété publique, sont de véritables amis de l’environnement, aussi éco compatibles que silencieux. Sur le site officiel du festival « Les scooters des mers de « Bouge2plage« .


On s’interrogera cependant sur la notion de « Périgueux Plage « . Le siège de maître nageur n’y fait rien, il manque quelque chose.


Michel aime aller à la plage. Mais ce qu’il aime Michel, à la plage, c’est plutôt le sable, pas l’eau. Alors il a fait verser du sable partout, et ça a fait un vrai carton.

En conclusion

Michel a fait disparaitre un bifton de 500 000 € mais personne ne sait vraiment comment. Avec ces 500 000 €, il aura réuni moins de 4 000 visiteurs en 3 jours, dont 3 500 le premier soir.

Nous célébrons avec émotion la première « biennale de dimension internationale » de Michel pour un demi million d’euros.

Chapeau l’artiste

Ville de Perigueux, bientôt un nouveau site internet en 2012

A en croire l’ouverture de l’appel d’offre publique, la mairie de Périgueux aura un site internet – un normal– au début de l’année 2012. Il aura fallu 6 mois et pas moins de 12 réunions pour que le comité de pilotage de 13 personnes accouche du cahier des charges délimitant le nouveau service en ligne municipal.

La situation devenait intenable. En ligne depuis 2004, le site n’avait pas bougé. En 2010 le maire avait essayé de faire croire à du nouveau via un pauvre background (photo d’un atelier de maternelles) mais personne n’y avait cru sauf lui. Début 2011, un diagnostic portant sur l’Aquitaine avait envoyé le site de Périgueux dans le fond du classement.

Plus récemment, même la CAP avait refait son site internet. Certes c’est immonde mais au moins il fonctionne. Aussi, bien que globalement indifférente aux enjeux numériques et aux possibilités offertes par les TIC, la mairie de Périgueux n’avait plus trop le choix.

Sans entrer dans le détail, voyons les thèmes présents et absents au cahier des charges. Mais avant d’attaquer, une dernière chose. Il y a d’excellentes agences en Dordogne, qui se sont justement illustrées dans le classement aquitain. Donc espérons qu’il ne s’agisse pas encore d’un marché public vérolé pour « cousins cousines & co »

Entre communication et réalité, le hiatus de la mauvaise foi

L’exemple est parlant. Dans son édition de 2010, le « journal d’information » de la ville titrait « Nouveau look pour le site de la ville » ; se vantant d’un « coup de jeune » qui « met en avant l’investissement de la Ville en matière d’éducation ». Pffff

Le cahier des charges nous invite aujourd’hui à prendre la mesure de la sincérité des propos ci-avant :

Conçu et développé entre 2003 et 2004, le site de la ville n’a subi aucune modification majeure depuis sa création, mis à part quelques aménagements concernant l’accessibilité et l’habillage graphique « de base » (nouveau logo de la ville, background).

Rejoignant nos commentaires de 2010 les rédacteurs confirment :

Il apparaît clairement que l’outil est obsolète au niveau du fond comme du point de vue technique

Du coup, et c’est bien le minimum, la ville se tourne vers des solutions libres et des formats non propriétaires. Libérée des contraintes (absurdes) de Microsoft, Périgueux aura au moins le mérite de s’être émancipée d’une multinationale, au moins une fois, l’exception confirmant pathologiquement la règle.

Référencement naturel et recherche d’information

Ca y est ! L’idée que sans visibilité sur les moteurs de recherche un site internet équivaut à planter un panneau 4×3 au fond d’une champignonnière est parvenue au sommet du service de communication. Nous sommes en 2011, c’est un grand pas.

Sauf qu’en l’espèce le site de la ville occupe confortablement les premières places sur les requêtes qui le concernent. Pas d’effort à fournir si ce n’est respecter les bonnes pratiques en la matière.

Par contre il faudra tenir compte d’une nébuleuse de sites satellites que la mairie veut mettre en place (Maap, Visitation, Bibliothèque, Vesunna, CCAS). S’ils sont bien faits, soutenus par un bon netlinking et profitant de l’autorité du site principal, ils peuvent prétendre à se placer sur la première page Google de la requête « perigueux » et ses variantes.

Autrement dit les places risquent d’être plus chères et il vaut mieux prévoir le coup dès maintenant. Concrètement, cela veut dire pour Rue de la Chouette de passer devant la CAP, l’aéroport, l’IUT de Bordeaux et Sud Ouest pour être tranquille. On en reparle dans 6 mois !

Un grand absent, l’open data

On aurait pu s’attendre à ce que le cahier des charges mentionne des besoins pour interfacer les futurs traitements de données publiques. Il n’en est question nulle part, y compris dans le plan du site proposé par le comité de pilotage.

La communauté urbaine de Bordeaux vient de lancer son portail Open Data et le conseil général de Gironde planche activement dessus de son côté. Dans de nombreuses villes françaises le débat est posé sur la table. A Périgueux RAS.

En 2012, au moment où la municipalité, par manque d’anticipation, se vantera d’un site correspondant aux normes de 2011, elle accusera déjà un lourd retard sur l’évolution de l’administration numérique.

Au contraire de s’inscrire dans une réflexion globale et stratégique sur le déploiement d’un réel service public numérique, ce nouveau site est un coup isolé, juste pour ne pas avoir l’air trop has been le moment venu. Quel dommage.

C’est là une forme de fatalité périgourdine. Etre anachronique sur les évolutions sociétales et technologiques est inscrit dans l’ADN politique local. Il aura fallu 4 années à la municipalité pour se doter d’un site correct.

Combien encore pour prendre à bras le corps la problématique de l’e-tourisme, de la démocratie 2.0 ou encore de l’ouverture des données publiques et leur visualisation ?

L’aventure c’est l’aventure

Pour le hérisson, l’aventure, c’est de continuer à traverser la rue et d’éviter les pneus meurtriers ; pour l’oiseau au printemps, l’aventure, c’est d’aller chercher son petit ver du matin à potron-minet, non loin du chat qui dort… Pour le commerçant traditionnel, l’aventure, c’est de survivre à la vindicte des élus mal comprenants.

« Si vous n’en voulez pas, on ne fera RIEN ! »

Bouhhh ! Les vilains nuls qui ne veulent pas comprendre à quel point un centre commercial est une idée formidable! Heureusement, certains l’ont compris. En tout cas, un. Ironie du sort, c’est celui à qui la municipalité précédente a aplani le terrain pour lui permettre de gérer 1 800 m² de surface de vente (enfin à ses parents).

Lui aurait on assuré qu’il n’y aura pas d’activité concurrente prévue dans le superbe bateau commercial ? Le pauvre, il a confiance… comme si l’on pouvait avoir un poids quelconque sur les décisions que prendra l’investisseur…

« Si vous n’en voulez pas, dit le maire, je fais un jardin avec des bancs ». Enfin une bonne idée ! Penser aux Périgourdins, aux familles, aux enfants, créer un lieu de convivialité, redonner à Périgueux une ambiance méditerranéenne, « avec des bancs » quelle gentille attention. Mais voilà, c’est une boutade, c’est comme une menace ! Ce qui donne à penser que le bien être des Périgourdin pèse bien peu face à un investissement juteux.

« Mais qu’est-ce que vous voulez ? »

Personne n’a pu répondre à la question pour la bonne raison qu’on ne nous l’a pas posée !!! Eh oui, l’objectif de la réunion était de présenter une étude « provisoire », censée démontrer l’état du commerce de l’agglomération et en particulier celui de Périgueux.

En fait, on s’est vite aperçu que la démonstration classique « en entonnoir » visait à démontrer à quel point le projet de centre commercial était incontournable pour éviter la catastrophe. C’est une « locomotive » qu’il nous faut pour « redorer l’image de Périgueux », bande d’abrutis (ça, c’était en filigrane).

« Rien ne se fait à Périgueux »

C’est ce que notre Sénateur-Président a retenu de son passage dans les commerces Périgourdins. Car il fait ses courses à Périgueux, lui (sa femme, elle, va à Bordeaux, elle l’a même dit à un commerçant de chez nous…).

Dans ces commerces, on lui aurait déclaré méchamment : « vous ne faites rien pour le commerce ». Il en déduit que « rien » veut dire : vous ne construisez pas de centre commercial.

Alors que pour moi (et pour vous ?) « rien » veut dire : diminution des places de parkings, pas assez d’animation, trottoir en mauvais état, pas de communication sur la vie à Périgueux, pas d’investissement structurant, pas de signalisation, de politique commerciale active comme aider à la rénovation des boutiques, à l’accès aux handicapés, à la circulation en mode doux, au fleurissement, pas de bancs (ça c’est pour M. MOYRAND)…

Comme quoi, on n’a pas la même manière de comprendre ce qu’on nous dit.

« Le tourisme ne fait pas partie du problème ! »

Ah bon ? Première nouvelle. Les touristes ne contribuent pas au chiffre d’affaires du commerce. Je suis témoin (et rapporteuse) et je ne suis pas seule à avoir entendu cette énormité. Alors comme ça n’était pas important, on ne l’a pas étudié. Voilà voilà.

Pour certains commerces, ça atteint près de 50 % du CA (entre les résidants secondaires et les touristes)… Mais ça n’a pas d’importance… mouimouimoui.

Faire disparaître un parking, oublier d’aménager les abords de la Cathédrale, de refaire la montée du Greffe, de créer un véritable espace toilettes… A quoi bon puisque les touristes ne sont pas importants pour le commerce.

« Le niveau de vie des ménages ? On sait… »

Petit rafraîchissement de mémoire façon INSEE dernières Lot et Garonne et Dordogne, départements sinistrés[.pdf]:

En 2008, la moitié de la population de la Dordogne vit dans un ménage qui déclare un revenu fiscal par unité de consommation inférieur à 17 755 euros. Ce niveau médian de revenu annuel est inférieur aux moyennes françaises (18 368 euros).En 2008, près de 16 % de la population (14 % en 2006) de la Dordogne vit sous le seuil de pauvreté. La pauvreté affecte les catégories de personnes les plus vulnérables : jeunes, personnes seules, familles monoparentales, personnes âgées. A Périgueux, 47 % des ménages comptent 1 seule personne…

« On est au courant de la crise » (qui ne va pas s’améliorer), de l’augmentation des loyers et des charges (qui représentent 30 % minimum des dépenses), de l’endettement (qui va bon train, merci le crédit revolving) ; « oui on sait, mais vous ne vous rendez pas compte de l’importance des marques dans la vie des gens !!! »

Et puis malgré tout le pouvoir d’achat augmente. Oui sans doute sauf que les dépenses en téléphone et Internet ont tout boulotté.

« Il faut favoriser la proximité ! »

Eh oui, le prix de l’essence bat tous les records et ça ne va pas s’arranger. Donc, développons le commerce en centre ville pour les Périgourdins… et les habitants de la périphérie. Euh, vous avez compris l’astuce ? Moi pas.

Je cherche encore… Viendront peut être à pieds nos consommateurs de la Périphérie ?

« Pas de panique on maîtrise ! »

Le centre commercial n’est viable que si l’on maîtrise le développement en périphérie… On y a pensé : on a préparé une charte ! On est sauvés ! (Me fait penser au sketch de Fernant Raynaud qui survole une ligne de chemin de fer et n’a pas pensé au tunnel)… Pas tout à fait.

D’abord parce qu’on a bien à la louche 15 000m² de projets validés de bétonnage en vue (Les grandes enseignes et les élus sont soulagés…), ensuite par ce que cette fameuse charte n’est pas opposable au tiers (confirmé par M. BERIT DEBAT) et parce que ce ne pourra être opposable que dans quelques années…

Ils n’étaient pas tous là, ils ne sont pas venus…

Eh bien oui, il y avait peu de commerçants. Finalement, ils avaient compris mieux que nous que cette soirée n’aboutirait à rien. Un boycott en quelque sorte.

Ou la simple expression du découragement d’être toujours pris pour des Dodo. Vous savez, les dodos, ces dindons bizarres des îles Castareignes disparus bêtement par manque d’intérêt et l’introduction de prédateurs sur leur territoire…

« Sauvez une espèce en voie de disparition : adoptez un petit commerçant ! »

(à la manière de Cabu)

La publicité en ligne et la prostitution de l’information

Sudouest.fr, le journal Sud Ouest en ligne, est heureux de vous présenter son nouveau partenaire commercial, le mastodonte de l’industrie agro-alimentaire, Auchan. A Marsac, Auchan lance un nouveau service de commande par internet et fait sa campagne de pub.

A cet effet, la régie publicitaire de Sud Ouest, qui loue indifféremment son audience générée par l’information au privé ou aux collectivités locales, a fait les choses en grand.

Selon la résolution de mon écran et son format, la publicité couvre 50% de la surface totale de la page. Must have, la totalité de l’espace publicitaire est cliquable et conduit vers le site d’agro-alimentaire.

Ironie du sort, cette publicité s’affiche aujourd’hui autour d’un article parlant de la charte commerciale de la CAP et d’une étude sur l’urbanisme commercial.

Une étude douteuse et une charte inutile

Cette étude qui vise à établir un diagnostic et des préconisations pour réguler l’urbanisme commercial, est un cheval de Troie. Avec quelques biftons supplémentaires, elle sert à justifier le projet du maire de Périgueux de vendre la place Montaigne à Eiffage.

Aussi le projet Eiffage a été introduit après le lancement de l’étude. C’est rondement mené. Le journaliste nous apprend qu’il faudrait une « locomotive alimentaire » et que la commercialisation des surfaces soit menée par un spécialiste « présentant des garanties ».

Exactement comme à Angoulême, où suite à la commercialisation des surfaces par un spécialiste, la « locomotive alimentaire » (Monoprix), a mis la clé sous la porte en générant 30 chômeurs, entrainant dans sa chute l’ensemble du complexe commercial [Place Montaigne, les enseignements du Champ de Mars à Angoulême].

Les CDAC et les permis de construire sont octroyés plus facilement qu’un changement de carte grise. Depuis 10 ans les élus, au sein de la CAP, ont démissionné de leur fonction de régulateur d’occupation des sols.

Règne une anarchie urbaine, une fuite en avant, à qui signera le plus de permis de construire pour devancer le voisin. Sur ce point, l’intercommunalité périgourdine est allée droit dans le mur. Elle constate aujourd’hui les dégâts.

A l’heure où l’Etat tape du poing sur la table, ordonnant aux anarchistes gaulois de faire leur boulot, à savoir se mettre au service de l’intérêt général, cette charte a la valeur d’une part de flanc. Depuis 10 ans, le périmètre des intercommunalités est le résultat de querelles entre élus et de calculs politiques. La CAP est un échec de la décentralisation.

A aucun moment, la Communauté d’Agglomération périgourdine et la Communauté de Communes Isle Manoire n’ont été dessinées en fonction du critère d’intérêt général. La preuve encore à l’occasion du regroupement, le maire de Boulazac accuse celui de Périgueux d’avoir fomenté son démantèlement pour un motif d’ambition personnelle.

Derrière les chicayas politiques, la proximité entre élus et grosses enseignes locales fait loi. Le maire ne sert en l’espèce qu’à valider administrativement les intérêts des enseignes (Maire de Périgueux et commercial pour Eiffage). Et quand on s’y prend mal, qu’on n’a pas les bons appuis ni les bons copains, que les autres ont déjà allongé la monnaie, on fait comme Leroy Merlin, on rame. Et ce pendant des années.

Directement ou indirectement, un permis pour une enseigne commerciale, ça s’achète.

Et le journaliste dans tout ça ?

Il valide, c’est son job. L’information qu’il vend ne suffit plus à le nourrir. Alors il génère du trafic en ligne et loue cette visibilité aux annonceurs. Or quand l’annonceur c’est Michel Moyrand, Claude Béri-Debat, Bernad Cazeau ou Auchan, que devient la part d’indépendance nécessaire à l’exercice du métier de journaliste ?

Quand ce dernier est indirectement rémunéré par les annonceurs, que peut-il dire de ces annonceurs ? Peut-il vraiment enquêter ? Peut-il livrer des informations qui vont contre l’intérêt de ses annonceurs ?

Instrumentalisation des documents publics et intérêts journalistiques

Qui plus est, en échange de ses loyaux services, un journaliste local monnaie les infos qu’il obtient par les politiques.
Alors que le maire de Périgueux faisant de la rétention d’information, le jour même du conseil municipal, il envoyait à Sud Ouest le dossier Horizon 2015, document public dont il interdisait l’accès aux élus de Périgueux jusque là; (Le maire de Périgueux en flagrant délit d’excès de pouvoir).

Plus récemment, une élue de la CAP, Nelly Perraud-Dausse se voyait interdire l’accès à l’étude sur l’urbanisme commercial le 18 avril 2011. Mais 18 jours plus tard, l’étude a été envoyée au journaliste de Sud Ouest !

Au mépris des lois, ces informations publiques sont manipulées et servent en réalité à alimenter le besoin en information « exclusive » des journaux locaux qui leur sert à générer de l’audience. C’est cette même audience qu’ils vendent ensuite aux mêmes responsables politiques, la boucle est bouclée.

Même les élus découvrent des informations dans le journal alors qu’ils auraient du être informés avant. Ces conditions interdisent toute production d’une information honnête, indépendante et objective.

La mort de l’information, la fin du journaliste

Ce n’est plus de l’information. Ca doit s’appeler autrement. D’autant qu’en parallèle, les collectivités financent sur les deniers publics des magazines qui se prétendent eux-mêmes informatifs (Communicants et journalistes, un même métier), alors qu’il ne s’agit que de marketing politique et de communication.

Ce n’est plus du journalisme. Le journaliste est transformé en « agent d’ambiance éditoriale » et ne sert qu’à passer les plats au service de ceux qui le nourrissent en informations autant qu’en monnaie sonnante et trébuchante.

Le Groupe Sud Ouest utilise à dessein sa position de monopole de l’information locale. Sans concurrent, il peut se permettre de produire une information bas de gamme, le trafic est acquis d’avance.

Aussi voit-on dans la rédaction bordelaise où tout est centralisé, d’anciens journalistes reconvertis en analystes de trafic web au service stratégique de la régie publicitaire. Il faut « buzzer ». Pour cela, Sud Ouest n’hésite plus à produire des articles « chauds » en pagaille sur un sujet à fort potentiel de trafic.

Peu n’importe plus que ces articles ne contiennent pas une seule information nouvelle par rapport aux précédents. Le dernier exemple en date était « l’attaque-de-la-maison-du-maire-de-Périgueux-au-coktail-Molotov ».

C’est un nouveau métier, une nouvelle profession. Les règles du jeu ont changé. L’information en ligne n’est pas gratuite, elle tue l’information et la remplace par un alibi textuel au service des annonceurs. Sur le plan démocratique, selon le rôle historique de la presse et du journalisme, ça coûte cher; très cher.