Eloge de l’humanisme bancaire

Le billet qui relatait des relations particulières avec le Crédit Mutuel de Périgueux Boulevards a courroucé. C’est ballot. Moins de 24 heures après sa mise en ligne, un mail était envoyé par un avocat bordelais, invitant l’administrateur du site à éliminer le contenu du billet.

En hommage à la tolérance d’esprit de la banque, nous avons obtempéré comme un préfet devant la photo de son Président.

Cela dit, nous oserons quelques mots pour expliquer à nos lecteurs ce qui s’est passé.

Le 15 avril 2011, le mail tombe dans la messagerie à 15h40 précisément. Il nous indiquera que l’objet du litige était constaté par huissier à 14h30. Et qu’un nouveau constat serait fait à 16h00. Après quoi, si le billet n’était pas retiré nous serions poursuivis au motif suivant : « le texte et la photo pour le moins diffamatoires et injurieux ». (Ca va la photo là?)

Histoire de garder la forme

Comme le prévoit le Règlement Intérieur National de la profession [RIN] en son article 8 « Rapports avec la partie adverse » (CEDH art. 6 ; D. 12 juillet 2005, art. 17 et 18), nous aurions apprécié lire une invitation à consulter un avocat.

Rarement un texte entier est à la fois diffamatoire et injurieux ((Je ne connais qu’un texte qui soit à une lui seul une longue injure, c’est le programme politique du Front National)). En général on parle de certaines phrases d’un texte, précises, et qui sont, comme le définit la loi, ou bien diffamatoires, ou bien injurieuses.

Pourrait-on interpréter ce sulfatage, que dis-je ce carpet bombing d’accusations, comme une tentative d’intimidation ? Serait-ce là une « présentation déloyale de la situation » ? Non assurément. Si nous le percevions comme tel, point besoin d’un juge mais plutôt d’un exorciste de  l’Oedipe  pour nous délivrer d’une vaine et juvénile émotivité.

Ultimatum: 20 minutes Chrono

20 minutes. C’est le délai dont nous disposions pour retirer le billet. Le libelle du mail : « courriel très urgent » devait nous mettre sur la piste. Si j’avais été à la piscine à ce moment là c’était foutu ; on passait du couloir de nage à la salle des pas perdus sans autre forme d’explication. 20 minutes de délai…  Pourquoi 20 minutes et pas 20 secondes tant qu’on y est ?

Prière de garder le silence

Prière-de-garder-le-silence

De la diffamation à la masculinité bancaire

J’ai beau relire, je ne vois qu’un passage potentiellement diffamatoire, mais pas des moindres. C’est celui qui parlait d’une « légère érection » au moment de bloquer mon compte.

L’allégation de ce fait était évidement infondée. Et ce ne serait porter atteinte ni à l’honneur ni à la considération d’un spécialiste du pic boursier, que de souligner le caractère nécessairement métaphorique de la chose.

Quand bien même, en admettant l’hypothèse de la véracité. S’eut été à n’en pas douter une expression louable, que d’honorer cette vitalité au travers d’actes si peu enclins de prime abord, à émouvoir le corps autant que l’esprit.

De l’injure d’être comparé au Prince de Valachie

Quant à l’injure, qui n’allègue par essence aucun fait, c’est plus compliqué. Les banquiers ne sont en rien des vampires, chacun en conviendra aisément. Ces derniers ont le privilège de ne pas devoir supporter leur reflet et par un manque certain de réciprocité, leur existence n’est pas avérée.

Car en vérité, j’ignore si je n’eus pas préféré que Dracula porta plainte pour avoir été traité de banquier plutôt que l’inverse. Nous aurions alors fait remarquer à cet illustre que l’expression outrageante, consacrant l’injure, tenait étrangement à la différence entre deux liquides : le sang et la sueur.

Ainsi aurais-je mouché Dracula. Refermant alors mon De masticatione mortuorum in tumulis, j’aurais pointé bravement que le vampire est un faiseur de victimes, pas le banquier. Y a-t-il quelqu’un dans la salle pour se prétendre « client » de Dracula ?

Certes, Dracula n’est pas à l’origine d’une crise qui a versé des millions de gens à la rue, fabriqué des millions de chômeurs à travers le monde, tout en siphonnant méticuleusement les deniers publics. Ce n’est que par extravagance langagière et autre aventure sémantique que l’on évoquera les « victimes des banques ».

L’avocat de Dracula n’aurait-il pas gagné?

Mais mieux vaut le silence. Car une telle remarque ouvrirait à l’avocat du vampire un large boulevard. Ayant traité son client de banquier, comment ne pas voir suite aux propos ci-avant l’essence même du mépris et de l’injure ?

Lui, si craintif de la lumière, allergique à l’ail, ne supportant que l’eau de source, lui ce petit artisan de l’hémoglobine, comparé à ces trusts, ces mastodontes de la finance, ces machines à broyer l’humain, ces industriels du désastre ? ((Comment les banques enfument le monde))

Où est l’injure je vous le demande ! Est-ce de traiter le général Peron de boucher d’Ezeiza, ou bien de traiter votre boucher de « général Peron du poulet en batterie » ?

Les vampires sont des personnages de fiction

Alors oui, je crains davantage d’un banquier que d’un vampire. Cela ne devrait étonner que les enfants.

Bien réelles, les banques ne profitent-elles pas de certaines situations?

Profiter : « tirer profit d’une situation ou d’une personne ».

C’est aujourd’hui un métier. Et ce métier, de Wall Street à la petite officine pétrocorienne, dérive parfois et se couvre de honte (à l’occasion). Légalement détenteurs du monopole de l’épargne, les agents financiers ont usé d’une situation privilégiée pour appauvrir les peuples ((Cf. les bénéfices records en 2009 et 2010 des banques françaises)).

Otage, captif, proie, mais aussi client, client d’une banque. Tout à la fois. Le pas est vite franchi. Qu’il s’agisse du Rapport Pauget/Constans sur la tarification des services bancaires (2010), ou le rapport très critique de la commission européenne épinglant les banques françaises (2009), personne n’osera parler aujourd’hui de « bénéfices conventionnels ».  C’est une guerre sale.

Les pauvres sont aux frais bancaires ce que Johnny Halliday est aux Bahamas. Il fallait bien trouver un moyen pour que les petites gens rapportent de l’argent. Par effet de longue traine, en additionnant des milliers de petits frais, nous devenons rentables, voire juteux.

Tels des pucerons cultivés sur une branche de rosier, nous sommes invités à en contempler les fleurs, à en humer le parfum peut-être, à en faire un bouquet jamais.

Injuriais-je un banquier en le comparant à une fourmi ? Non, car il n’est pas moins puceron que moi, le « petit banquier » ((Petit comparé aux grands banquiers et à ses patrons, ce n’est en rien une remarque morphologique)) amateur de sport et de télé, payant peut-être encore les traites de son pavillon de banlieue.

Alors sachez, banquiers qui confondez banque et laiterie, bourse et lotterie, que je préfèrerais, au pire, la compagnie d’un vampire à la votre. N’y voyez point d’offense, il ne s’agit que du droit, en certaines occasions, de préférer la fiction à la réalité n’est-ce pas ? Et je préfère donc encore l’idée de Dracula dans mon cou que votre main dans ma poche.

Oui je confirme ici abhorrer vos méthodes et exécrer vos dérives, votre conception de l’humain et votre servilité à un système qui parasite le Travail en le ponctionnant abusivement.

Je confirme encore ma nausée et mon dégout à la manière dont les spéculations financières asservissent les peuples et les Etats, et comment, en toute impunité, certaines banques détournent les richesses ((Cf. par exemple le rapport Angelides sur l’organisation de la crise bancaire de 2008)).

Ces méthodes consistent, à mes yeux, à faire de « l’argent sale », misant sur la fragilité économique et sociale des individus.

Autopsie d’un « incident bancaire »

Cet incident a-t-il permis à la banque de s’octroyer quelque profit, de sorte qu’elle avait plus intérêt à ce dernier plutôt qu’à une situation apaisée?

A n’en pas douter, l’image de cette banque qui tente d’écraser par le silence un client qui manifeste sa désapprobation, sera vécue solidairement par tous ceux qui connaissent ces situations.

Qu’un noble défenseur des banques et de leurs intérêts lise en ces lignes ce que la loi réprouve, et nous nous présenterons nus devant les juges. Sans le sou, nous demanderons l’aide juridictionnelle, et nous tiendrons prêts à être rasés.

Et pour finir, je dénonce encore la manière avec laquelle je me suis fait priver de tout moyen de paiement tout en ayant un compte créditeur à quelques heures près, pour une question, il semblerait, de délai d’encaissement.

Vous voulez rire? Le compte était créditeur le 11 avril 2011 (date de valeur). La date de rejet du chèque sans provision? Le 11 avril 2011 aussi ! Ai-je été prévenu que ce chèque allait être refusé? Non, et ce malgré la loi Murcef de décembre 2001 obligeant le banquier à un minimum de prévention.

Oui je me suis senti spolié dans une situation injuste et dont je m’interroge à qui elle a bien pu profiter.

S’il avait été fait preuve de probité à mon égard, ne m’aurait-on téléphoné (c’est un droit) et n’aurions-nous réglé l’incident sans autre conséquence (( Article L. 131-73 du CMF)).

Depuis 19 jours, aucune nouvelle de la carte bleue avalée. C’est pourtant un service payant qui fait l’objet d’un contrat… Une justification apportée à cette rétention prolongée? Pas à ma connaissance.

Je pense avoir le droit, aujourd’hui, de dire que plus jamais l’on ne me reverra dans un Crédit Mutuel, que cette banque ne m’a pas apporté le respect minimum du à un client (depuis de nombreuses années), pour, au contraire, subir ce que j’estime n’être que du mépris.

« Les chiffons usés font le papier, le papier fait la monnaie, la monnaie fait les banques, les banques font les emprunts, les emprunts font les mendiants, les mendiants font les chiffons, les chiffons usés font le papier… »

Anonyme XVIII° s.; Moulin de la Rouzique à Couze-et-St-Front

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Pour Sud Ouest, des airs de printemps arabe à Bassillac

Vous connaissez la génération mécanique de contenus à partir d’un texte souche ? C’est un peu ce que fait Sud Ouest en ce moment quand il ne génère pas directement des duplicate content, des contenus dupliqués.

Sud Ouest sulfate tous azimuts sur les déboires de son élu préféré. Ca banque. Car il n’y pas qu’à Pétaouchnok que les forces rebelles attaquent le palais présidentiel. Et il faut que ça se sache!

Normal direz-vous. Sud Ouest vend de la pub en ligne. Les espaces pour les annonceurs sont valorisés par l’audience. Alors quand il y a du trafic de visiteurs  à faire, c’est bon pour le commerce. Pour l’info par forcément, mais c’est devenu une question secondaire.

Alors comme l’info cartonne avec l’histoire du maire assiégé comme à Misrata, les journalistes multiplient les pages html (traitement d’un sujet) pour surfer sur l’audience générée par ce qu’on appellera le « Buzz de Bassillac ». Car si une seule dégradation attaque était déjà un fait divers porteur, deux, cela tenait du miracle éditorial.

Les pétro-terroristes font le buzz, Sud Ouest tient un filon

Dimanche 24 avril, 07h06 : « Coups de feu sur la maison du maire »

Dimanche 24 avril, 16h24 : « Coups de feu sur la maison du maire »

Lundi 25 avril, 07h38 : « Du plomb et des œufs contre la maison du maire de Périgueux »

Lundi 25 avril, 15h02 : « Encore une effraction au domicile du maire de Périgueux »

Mardi 26 avril, 06h00 : « Le domicile du maire attaqué »

Mardi 26 avril, 06h00 : « Deuxième attaque chez le maire »

Mardi 26 avril, 07h41 : « Le maire de Périgueux découvre un engin incendiaire dans son jardin »

A grands coups de CTRL+C / CTRL+V, Sud Ouest aura sorti 7 articles en 3 jours sur le sujet.

Autopsie du buzz : la réalité des éléments nouveaux

Dimanche, Sud Ouest nous révèle des « coups de feu », plus de peur que de mal, il s’agit en réalité de « trois  plombs, des billes d’acier de petit diamètre… », découverts au fond de la piscine. Ces fameux coups de feu n’avaient d’ailleurs réveillé personne. Ouf !

Si le titre se voulait accrocheur, c’est un métier, la conclusion ne l’est pas moins. La journaliste propose d’associer l’attentat de Jarjalesse aux récentes prises de positions controversées du maire dans le cadre de la refonte de l’intercommunalité.

Oh c’est la vengeance d’Isle Manoire qui va se faire désintégrer à cause des magouilles du maire Périgueux !!!

Difficile de ne pas se répéter et d’enfiler des infos redondantes, mais le prix de l’audience le vaut bien :

Dimanche : « Si, pour les plombs, Michel Moyrand a pensé à des actes de vandalisme dans le quartier, il note qu’il est le seul de son voisinage à avoir eu des dégâts dans sa maison. Quant aux trois œufs frais, il a du mal à croire à une coïncidence ».

Lundi : « Par exemple, il est le seul de son quartier à avoir subi des dégradations. Et les lieux visés ne sont pas visibles de la route. Quant aux trois œufs frais, il a du mal à croire à une coïncidence ».

Et soudain, le dieu de l’audience fit une offrande au journal

Mais dans la même journée, ô miracle de l’info, on apprenait que le maire avait subi une seconde « attaque » contre sa maison. Du pain béni, puisque sur cet évènement, Sud Ouest a déjà produit quatre articles en deux jours.

Et là attention, c’est le héraut officiel de Michel Moyrand, en personne, qui prend les commandes, à savoir Hervé Chassain, pour qui d’emblée le maire de Périgueux est « devenu célèbre depuis sa victoire sur Xavier Darcos ». Rien moins.

Le lendemain, il fallait alimenter la chaudière du pétro-buzz. Aucun élément nouveau, d’où l’obligation de broder. On apprend alors que le maire éprouve « un sentiment d’insécurité », de bon ton depuis ses Assises de la Tranquillité. Et aussi que de nombreuses personnes le soutiennent, et aussi que de tous bords, les politiciens se disent indignés.

Mais aussi et surtout qu’il y a eu beaucoup de commentaires la veille, manifestant incompréhension ou réprobation de voir le maire de Périgueux habiter Bassillac.

Beaucoup semblent découvrir que pour optimiser le concept de parachutage électoral, le législateur (cumulant à 85% ce mandat avec celui d’élu local) a prévu de ne devoir payer que quelque impôt sur une commune pour être éligible.  (Les pauvres se contentent ainsi de ne pouvoir être élus que chez eux. Mais comme la politique, ce n’est pas un truc de pauvre, on s’en fout).

Attaque au pétard Mammouth, le nain de jardin s’en sort indemne

Le mardi, ayant épuisé tous les trucs habituels, Sud Ouest ne s’avoue pas vaincu et surfe sur le spectaculaire : « un engin incendiaire dans son jardin» !

Oh putain c’est bon ça, « Bassillac s’embrase sur fond de conflit libyen ». La veille déjà Sud Ouest avait parlé d’un « pseudo cocktail Molotov » grâce aux investigations insensées de son grand reporter.

Après le pilonnage aux œufs frais, le bombardement au fût de bière et à la bouteille de vodka, les rafales de carabine à plomb, on (re) découvrait stupéfait de terreur… une bombe !!!

Malgré les apparences pour doper l’audience, force est d’admettre que le jardin du maire doit plutôt ressembler à un dépotoir qu’à un champ de bataille.

Les « coups de pute », ça c’est la démocratie, pas les œufs brouillés

Benoîtement, le maire n’en revient pas: « C’est l’élu qui semble être visé mais pourquoi? «  ((Edition France 3 Périgord))

Parce que peut-être, trahir ses promesses, ses amis, ses engagements, sa parole, peuvent être autant d’éléments propres à soulever quelque courroux?

Alors on parle d’atteinte à la démocratie, à la République ((comme le relève France Bleu Périgord le 26 avril)). Et oui, mentir et trahir font partie de la démocratie, c’est même son fondement et son principal intérêt pour certains depuis 3 ans, mais jeter des œufs, non mon bon Jésus, c’est de la Barberie !

Alors à quand la prochaine tentative de coup d’état à l’omelette norvégienne? Hein, je vous le demande !

Dordogne : une application iphone pour le périgord

En réponse à notre billet d’hier sur les technologies de l’information, la nouvelle du jour fait plaisir. La première application iphone sur le Périgord vient de sortir. La Dordogne fait donc son entrée dans l’Apple Store à l’orée de la saison estivale.

Ce n’est pas tout à fait exact. Car existe déjà Izzyuide, une application dédiée au Périgord Noir. On ne mettra pas de lien tellement cette application est grotesque (entre nous on a l’impression qu’elle a été faite en 1996).

Voyons plutôt cette application dédiée au Périgord, efficace, sobre, complète, ergonomique et pratique.

Une application Iphone pour la Dordogne

Hier nous faisions référence aux collectivités locales. Rien d’étonnant donc de voir que cette application Iphone sur le Périgord vienne d’une initiative privée.

Ce guide du Périgord est dors et déjà disponible sur l’Apple Store et se présente en huit parties :

« Découvrir la Dordogne«  comprend des informations générales (histoire, géographie, climat, etc.), puis un catalogue thématique organisé autour de l’architecture religieuse, les châteaux, les grottes, les jardins, les musées, les parcs à thèmes, les sites naturels, les sites troglodytiques et les villes et villages.

La qualité ergonomique et la navigation sont au rendez-vous, permettant d’avoir les sites par liste, tout en pouvant les rechercher par commune ou nom propre, le tout assorti d’une carte d’implantation. On notera également l’indication des distances si vous activez votre fonction GPS, très pratique.

Gros boulot à la clé. Ce premier guide du Périgord pour téléphones mobiles a des ambitions exhaustives, rassemblant pas moins de 2 000 références pour l’instant et présentant un nombre impressionnant de catégories diverses et variées.

Le guide du Périgord comme base de données

La société Negocom à l’origine de cette application périgourdine propulse également le Guide du Périgord, un nom de domaine existant depuis les années 2000.

Cet acteur numérique du marketing territorial met un sacré vent à ses concurrents et démontre que la 3ème révolution industrielle n’est pas chimérique au prétexte d’être rurale ou semi rurale. Au contraire.

Ce coup de pied dans la fourmilière du tourisme périgourdin est un message aux collectivités couvant leur poule aux œufs d’or entre deux siestes. Idem pour les acteurs du marché, accros à leur tract pour Semitour, leur 4×3 aux entrées de villes ou même leurs sites invisibles dans Google.

On aurait pu imaginer que d’autres professionnels du tourisme périgourdin s’engouffrent avant dans la voie des applications mobiles, mais empourprés de leurs certitudes, ils ne jurent encore que par le papier et dans le meilleur des cas des sites portails incompréhensibles.

C’est donc un joli coup pour Negocom et longue vie à leur application !

Caractéristiques techniques de l’application guide périgord

Sortie : 17 avril 2011
Version : 1.0
Taille : 5.1 mo
Langue : fr
Editeur : Okapi

Le déclin périgourdin à la lumière des technologies de l’information

La 3ème révolution industrielle est en plein essor. La première avait permis de changer la chaleur en mouvement. La seconde a offert de convertir des propriétés de la matière en lumière. La dernière permet de changer un signal électrique en information.

Réseau ferré, réseau électrique, réseaux d’informations…

Tout le monde aujourd’hui sait, à égalité ou quasiment, monter dans un train et appuyer sur interrupteur. C’est plus inégal pour l’utilisation d’un ordinateur et d’internet, mais globalement, cette vaste mutation est rapide.

L’administration d’une collectivité ne peut plus évoluer en ignorant cet état de fait. L’appréhension et la prise en compte de cette révolution fait aujourd’hui partie des responsabilités, sinon des obligations des représentants politiques.

Or à Périgueux, au motif « qu’ils n’y comprennent rien », la collectivité manifeste une totale indifférence aux différentes problématiques numériques. Les enjeux politiques et administratifs pourtant manifestes n’ont aucune prise sur la réflexion collective.

Encore un petit effort et Périgueux pourra se vanter de son retard, cultivant anachronisme et archaïsme dans le jardin de son ignorance. Cette « fracture numérique périgourdine » risque vite de se transformer en facture développementale.

Les grandes orientations numériques: autant d’opportunités manquées à Périgueux

  • Open Data : en 2003, l’Europe émet une directive visant à la réutilisation des données publiques. Elle prend forme en France par une ordonnance de 2005. En mars 2011, la CUB invitait la Fing [Fondation Internet Nouvelle Génération] à un atelier pour « faire émerger des usages possibles à partir de données publiques ». Depuis, la CUB, la Région Aquitaine et le Conseil Général de Gironde ont saisi la balle au bond dans une démarche commune. A Périgueux, à la CAP et Dordogne ? RAS
  • Visualisation de données : continuité logique et technique de l’Open Data, l’activité consiste à rendre sous forme graphique des données complexes [Exemples sur Hebiflux]. Le potentiel didactique et pédagogique de cette méthode est aujourd’hui sans limites. On pourra essayer par exemple Tableau Public, un freeware parmi d’autres. A Périgueux ? RAS
  • Administration 2.0 : dans le souci et le devoir de répondre à l’évolution en besoins des citoyens, l’administration 2.0 contribue largement au développement des services publics numériques. Du service rendu aux administrés aux méthodes de travail dans la collectivité, les technologies sont opératoires. A lire sur ce point l’ouvrage en ligne de Thierry Weibel : Administration 2.0. A Périgueux ? RAS
  • Numérisation du territoire : on parle généralement de ville digitalisée pour exprimer l’ensemble des possibilités qui rassemblent numérique et urbanisme. On peut lire par exemple La ville 2.0, ville complexe et familière, [Fing]. A Périgueux? RAS
  • Ville 2.0 : une spécificité de la ville digitale, engagée vers l’utilisation des médias sociaux pour améliorer la communication entre citoyen, administration, chercheurs, etc. On pourra citer la ville de Toulouse sur ce point qui a structuré un réel projet de ville 2.0. A Périgueux ? RAS

Périgueux, la ville qui refoule le présent dans un guai passéisme

Il ne s’agit ni plus ni moins que de l’administration de demain. Mais à Périgueux, déplacer la mairie apparait comme l’alpha et l’omega de l’amélioration de l’administration et des services aux administrés.

  • En conseil municipal, il refusait la dématérialisation de certains documents publics au motif que visiblement il ignorait ce qu’était un texte au format .pdf, « écrit trop petit »
  • Réfractaire à la transparence, le maire refuse toujours de filmer les conseils municipaux pour permettre de les visionner en streaming.
  • De son côté, l’opposition municipale ne fait pas mieux. Se voulant « force de proposition », elle n’en a jamais fait aucune en la matière, se bornant par exemple à proposer d’autres locaux pour le déplacement de la mairie.

Les périgourdins paient le prix de l’archaïsme et de l’inertie

Alors que de nombreuses villes moyennes, comprenant leurs responsabilités, les enjeux et le parti qu’elles pouvaient en tirer, ont pris le problème à bras le corps, non, à Périgueux, il n’y a rien à faire. Plusieurs hypothèse peuvent être évoquées pour comprendre cette immense réfraction à l’évolution.

Une conception conservatrice de l’action politique

Ces technologies ont pour tendance une meilleure interactivité entre citoyens et responsables élus, à ouvrir les données et les connaissances des administrations, à partager les savoirs de la ville, etc. Autant d’éléments allergènes à l’administration périgourdine, qui cultive une culture du secret et une méfiance pathologique vis-à-vis de la transparence.

Actuellement de nombreux documents publics sont tenus secrets, contrairement à ce qu’oblige la loi, sous prétexte que l’action publique est considérée comme une propriété du maire.

Cette conception ultra conservatrice et autoritariste de la politique conduisent les élus de Périgueux à un obscurantisme féodal qui fait tourner le dos aux opportunités du XXI°ème siècle.

Un citoyen demandant des informations est par nature suspecté de « comploter », il fouine. Le politique n’a aucun compte à rendre durant la durée du mandat dans une conception hyperbolisée du système représentatif. Alors il annonce aux habitants les décisions qu’il prend seul, une fois que les jeux sont faits.

Dans ce contexte, tout ce qui facilite l’interactivité, le partage des informations et des connaissances, est un obstacle, un frein. Toute solution technologique est potentiellement une entrave à une gouvernance solitaire et isolée: elles sont donc méthodiquement évitées.

L’inertie comme réponse à la peur du changement

Périgueux, depuis l’après guerre, est une ville en déclin. Sa population baisse inexorablement et vieillit. La ville s’éteint, s’endort la tête penchée, n’ayant à offrir que les mémoires de ses gloires passées.

A 19h00 le rideau tombe, dimanches et lundis sont de longues successions de déserts. L’économie et le commerce en chute libre, vissés sur un modèle obsolète. La culture sous perfusion publique permanente, monopole estival pour appâter un chaland furtif et de passage.

La population n’y demande que la paix, le silence, la tranquillité. Les ingrédients de l’immobilisme. Il ne faut pas changer, rester tel qu’on est ou se croit être, recroquevillé sur son quant à soi petro-périgourdin ; à l’écart des évolutions et des changements.

A la 3ème révolution industrielle, la ville aura tout juste consenti un site internet non mis à jour depuis 2005 et quelques licences Windows. Car au fond, ces grands changements, ça rend l’avenir incertain, flou, c’est « des trucs de jeunes ».

Pas étonnant dans ces conditions qu’aucun candidat en 2008 n’ait senti le besoin de parler des technologies de l’information ou n’ait même imaginé une délégation d’adjoint au maire au numérique comme à Rochefort par exemple.

Et pourtant un jour… on en reparlera

Les conséquences sont lourdes. Elles reviennent à refuser en leur temps, l’installation des réseaux ferrés, des gares, des réseaux électriques, etc.

A cette époque pourtant, les périgourdins avaient saisi ces enjeux à bras le corps, notamment par exemple avec Pierre Magne. Les élites avaient alors compris les intérêts à agir, percevant les opportunités qui s’ouvraient. Aujourd’hui c’est le contraire.

Cette fracture numérique dans l’administration périgourdine en dit long sur le niveau d’inculture et d’incompétence des élus sur ces enjeux. On peut y déceler une forme de déclin culturel et la frilosité de l’ignorance.

On prend le pari pourtant, qu’à l’occasion des municipales de 2014, ces enjeux prendront une place dans les propositions politiques. Pourquoi ? Parce que Périgueux aura l’air, alors, de s’éclairer à la bougie et de dormir dans la paille comparée aux autres villes.

Et la population ? Elle baissera, toujours et encore, allez comprendre…