CCI-Mairie: travaux de démolition prévus pour l’été 2011

Ca y est ! L’offre publique de marché pour la démolition de l’intérieur de la CCI est disponible. L’architecte, Paul Ségura, a donc finalisé son permis de construire… Sélectionné en fin d’année 2010 dans des conditions déplorables, le maître d’œuvre nous permet aujourd’hui de découvrir les plans d’intérieur du bâtiment (en date du 10 mai 2011).

Nous savons ainsi que la démolition doit avoir lieu cet été, ce dont on n’a pas parlé pour l’instant dans les médias. L’été aidant, festivals et concours de boules sont à l’honneur. Aucune inquiétude cependant, ils en parleront très bientôt…

Des plans sans surfaces, Segura innove

Depuis le début, le maire de Périgueux entretient le flou autour des surfaces de la CCI. Normal, sachant que le montant total des travaux devrait atteindre 6 ou 7 millions d’euros alors qu’il en prévoyait 3.7 au départ, (orientations budgétaires 2009) il n’a pas intérêt à révéler les surfaces réelles à moins de révéler un cout au m² qui va en faire frémir plus d’un.

Avec toute la rigueur budgétaire dont il se vante, le prévisionnel des travaux a augmenté de 62.5% depuis 1 ans ½. Quand on aime on ne compte pas.

On se souviendra pourtant de cette phrase passée à la postérité en septembre 2008 dans Sud Ouest :

Je suis un gestionnaire rigoureux. Je ne gaspillerai pas l’argent des contribuables périgourdins et on fera les travaux a minima. Je pense qu’on devrait en avoir pour quatre millions d’euros au maximum.

L’architecte a donc livré des plans sans la moindre indication de surface (on en trouve dans le DPGF mais tout confondu). Les entreprises de démolition devront donc déduire les surfaces concernées à partir de l’échelle (1/200ème) indiquée sur le plan en .pdf que voici ((On ne met que le RDC mais si vous voulez les autres contactez-nous))

Perigueux CCI, démolition RDC

Un permis de construire à surveiller de près

Le dépôt de la demande de permis de construire devait être pour début juin 2010. Même s’il a un peu d’avance aujourd’hui, le permis est toujours en cours d’instruction. Et même à compter de son obtention (qui vaudra permis de démolition), il faudrait compter un délai de deux mois dédié à la possibilité du recours des tiers (droit de contester le permis).

En engageant cette consultation aujourd’hui et en indiquant le début de démolition à l’été 2011, tout semble indiquer que le projet ne sera contré par aucun recours. Mieux, la démolition est peut-être bien prévue en ignorant le délai de recours.

Michel Moyrand n’est pas serein

L’enjeu est de taille. Le maire veut des travaux réalisés au 1er trimestre 2013. S’ensuivra un fastidieux déménagement et le temps imparti à la réorganisation des services. Il serait malvenu dans le calendrier électoral d’être à la bourre et d’attaquer une campagne électorale dans le bordel et les cartons.

D’autant qu’il devra supporter dans son bilan un échec majeur. Celui de voir en 2014 l’ex bâtiment de l’actuelle mairie vide. Alors qu’en 2008 il avait promis sa rénovation, les 1 800 m² du bâtiment seront déserts pendant la campagne électorale.

Il devra donc alors assumer la responsabilité de 2 problèmes :

  • Celui d’avoir traité avec la plus grande légèreté le coût réel des travaux de la CCI sous évalué de plus de 60% ! (L’argument s’appuyant sur le dilettantisme de ses prédécesseurs pour justifier le sien risque de faire long feu.)
  • Celui de n’avoir pas su, en 6 années de mandat, réaliser l’ensemble de l’opération qui prévoyait aussi de relancer l’actuel bâtiment de la mairie. (A charge pour le successeur d’éponger les incuries du mandat 2008/2014).

Moyrand, maître d’œuvre de l’UMP

Quand on sait que la paternité de l’idée de transformer la CCI en mairie revient à l’UMP, que c’est clairement un projet de Jean-Paul Daudou que Michel Moyrand aura réalisé ; ça laisse supposer des débats à venir d’une mauvaise foi hors norme.

Ajoutant à cela l’aéroport, qu’il combattait en 2008 mais revendiquera en 2014, l’attitude servile face aux multinationales, de l’eau, du BTP et de la téléphonie, la réalisation partielle du projet du Bas Saint Front signé Darcos quoi qu’on en dise… et l’abandon du projet de la gare dans la lignée de son prédécesseur… [A grands coup d’études bien sur]…

Quant à l’aménagement des boulevards (stigmatisé en 2008 comme un truc de nantis de centre-ville) ; il sera en cours à l’unique bénéfice du groupe Eiffage, (qui aura acheté 13 000 m² de domaine public) avec lequel l’UMP local entretient de très très bons rapports de voisinage.

Ainsi sera laissé au successeur le soin de finir le boulot de centre commercial place Montaigne, un projet partagé par le PS et l’UMP, de finir l’aménagement du Bas Saint Front – particulier le boulevard Georges Saumande- un projet commun également, et de continuer à pipeauter sur le quartier de la gare, un hobby partagé par tous.

Blanc bonnet et bonnet blanc devront puiser dans leur imagination pour trouver des désaccords. Mais là-dessus on peut compter sur eux.

Toujours est-il que les tartufferies à venir seront un millésime exceptionnel dans l’art politique de l’hypocrisie et du mensonge. Ils auront trois atouts majeurs:

  • Des clivages fantoches mais néanmoins traditionnels qui assurent à eux deux un monopole sur l’action publique (à toi à moi)
  • L’indifférence des électeurs pressés de se débarrasser de leurs responsabilités tous les 6 ans avec la bonne conscience du devoir accompli
  • L’abstention qui permet d’ignorer dans la vie publique ceux qui ne veulent pas être pris pour des chèvres

Ainsi les moutons seront bien gardés.