De l’art de faire perdre le temps des autres…

Tout a commencé quelques jours avant le 6 février, date annoncée de la commission des finances. Je feuillette les rapports que la municipalité m’a adressés et je tombe sur l’annonce de l’augmentation des droits de place des forains. Tiens, me dis-je, encore les petites entreprises qui trinquent !

Périgueux, une fête foraine permanente (spécialisation tourniquet)

Je me gratte la tête en me demandant  ce que peut bien vouloir dire « les tarifs actuels, adoptés par le conseil municipal le 22 juin 2011, ne sont pas adaptés pour les fêtes foraines d’une durée inférieure à 20 jours » ( adaptés à qui, adaptés à quoi ?). Cette introduction sibylline précédait le rappel  les tarifs au m² applicables en 2011 et la nouvelle grille des tarifs pour 2012, dont certains étaient notés forfaitaires hebdomadaires.

Comme de coutume, je m’attèle à mon tableur et commence à faire les calculs. Après une heure de travail, je fais des bonds en constatant les augmentations faramineuses qu’impliquait cette future décision.  Le 6 février au soir, lors de la Commission, je fais part de mon étonnement à son président, qui à ma grande surprise, s’en étonne également. Le lendemain on m’annonce par mail qu’il s’avèrait que les tarifs forfaitaires n’étaient pas hebdomadaires mais concernait la durée de la fête.

Je recommence donc mes calculs pour le Conseil Municipal du 14 février . Et je constate que si les tarifs des grandes fêtes régressent du fait des redevances forfaitaires, il n’en n’est pas de même pour les petites fêtes. Là ça passe du simple au double, voire à presque triple. Exemple, ceux qui devaient payer 75 € en paieront 150…

J’en déduis un danger pour les fêtes courtes qui risquent soit de faire fuir les forains, soit de les inciter à augmenter le prix d’une distraction fort populaire, au dépend, vous l’avez deviné, des Périgourdins. Cela ne collait pas avec les déclarations du Maire qui constatait (fort justement) à quel point les revenus des Périgourdins étaient minces.

J’ai donc fait part de mes conclusions au conseil municipal le 14 février(soit dit en passant, j’espère que les amoureux auront passé une bonne Saint Valentin, petits veinards !). Il m’a été répondu (façon « mais vous n’avez rien compris !) que les tarifs 2011 n’avaient été appliqués qu’aux fêtes de Noël. Que l’on veut changer les règles du jeu avant Carnaval car Carnaval de 2011 avait été facturé aux tarifs 2010. Donc en comparaison, les tarifs proposés pour 2012 sont très favorables et que les forains sont d’accord.. Ah bon ? Mais sur ma feuille de route de conseillère-municipale-qui-se-fit-à-ce-qu’on-lui donne, on parle uniquement des tarifs de 2011.

Et j’ai compris pourquoi les forains avaient approuvé. On ne leur avait par parlé des tarifs votés en juin 2011. Bin nan ! Sinon, ils y auraient vu leur avantage et n’auraient certainement pas été d’accord.

Suivez moi bien : en mars 2010, la nouvelle municipalité avait reconduit les tarifs 2009. Puis en juin 2011, se penchant un peu plus sur la question, elle s’est dit qu’elle allait inventer une grille de tarifs beaucoup plus simple sur le mode progressif, par m² et par jour. Comme ça plus c’est long, plus ça rapporte.

Mais (oups) ils s’aperçurent vite, après Noël, que cette simplicité n’était guère lucrative pour les fêtes de courte durée,  notamment Carnaval. Ils ont donc inventé un classement un peu comme avant en fonction de la taille des manèges mais beaucoup plus détaillé et incluant la durée des fêtes.

Comment faire pour  ne pas essuyer les foudres des forains ? Bon sang, mais c’est bien sûr. Il suffit de ne pas leur parler des nouveaux tarifs. On leur présenta donc le projet de la nouvelle grille en la comparant uniquement avec les tarifs 2010 ! Vous me suivez ? En mars, la grille de juin n’était pas encore adoptée… Donc, les forains ne pouvaient se rappeler que de la facture basée sur les tarifs 2010… Et là, miracle, au lieu d’une augmentation, c’est une baisse générale des tarifs qu’on leur annonça pour 2012. (Baisse conséquente pour les « grands manèges » et légère pour les petits).

C’est comme si on vous disait : vos légumes sont chers ? Mais non, ils ont baissé comparé à ce qu’ils vous coûtaient il y a deux ans !

Et voilà comment on perd son temps lorsqu’on est conseiller municipal. On nous envoie des documents approximatifs,  on bidouille, on embrouille, on ne nous dit pas tout… Et à mon avis, ça n’est pas fini et  nous ne sommes pas les seuls.

« Faut-il réévaluer la spéculation astro-mythologique de Freud dans son approche structuraliste de la psychosomatique fliessienne ? » Réponse : « Ah ça dépend. »

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