La desctruction de la tour Barbecane à Périgueux (II)

Avertissement. Ce billet ne joue pas le jeu du web marketing et de la mode en vigueur pour les blogs; il est long, sans concession pour la tendance à l’ingurgitation immédiate et facile. Ceux qui liront cette note en entier ne seront pas nombreux, qu’ils le sachent. C’est un choix. Je préfère peu de lecteurs en contrepartie d’un contenu non dégradé et complet. Bonne lecture.

La démolition des remparts de Périgueux fut achevée en 1795, sauf quelques parties pour certaines vendues au privé ; cas de la Barbecane et de son rempart. L’édifice appartenait déjà en 1781 au chevalier de Saint Mayme, toujours propriété de la famille en 1828 comme l’indique le premier cadastre. A l’heure de sa démolition, la tour était un bien de la famille Larigaudie.

Il faut le répéter ici, ces billets sont une relecture de deux articles de la SHAP parus en 1917 et 1918, Comment finit la tour Barbecane, de Charles Durand. Dans une prochaine note, nous reviendrons sur la tour Mataguerre, qui faillit connaitre le même sort que la Barbecane.

Histoire linéaire de la démolition

Consensus général sur le projet des quais (1852/1860)

En 1852, Périgueux demande à l’Etat la construction de quais et la destruction du Moulin de Saint Front et du Pont Vieux, cause désignée des inondations qui ne sont plus supportées. C’est cette lutte contre les crues intempestives de l’Isle qui justifia tout le projet, devant « définitivement » mettre la ville à l’abri de la rivière.

Il fallut attendre 1858 pour voir le projet se concrétiser. Le préfet de la Dordogne, M. Ladreit de Lacharrière (1856-1865), écrit alors au Ministre des Travaux Publics (27 novembre 1858), lui faisant part de la situation et d’une récente décision du conseil municipal (15 novembre 1858) de s’appuyer sur la nouvelle loi pour lancer les travaux.

Le projet trouvant grâce, il est dirigé par deux ingénieurs des Ponts et Chaussées, M. Saleta et Andral. Le programme d’assainissement sera présenté à Périgueux les 15 et 30 octobre 1859, puis envoyé dès le lendemain au ministère.

Il s’ensuit une enquête déclarative d’utilité publique, se déroulant entre le 10 décembre 1859 et le 10 janvier 1860. La conclusion du commissaire enquêteur indique l’approbation générale pour le projet :

Tout le monde à Périgueux est réellement convaincu de l’importance et de l’utilité des travaux à faire, que dans ce cas le silence des habitants est le témoignage le plus éclatant de leur adhésion !

Il a donc récolté peu d’avis, mais conclut selon l’adage « qui ne dit mot consent » que le projet est plébiscité. Ce silence cavalièrement interprété serait bientôt source de discorde.

Le 14 janvier 1860, le conseil municipal de Périgueux octroi sans réserve son approbation, il « donne son entière adhésion au projet ». Aussi, dès le 10 mars, un décret valide le projet d’intérêt public et ordonne la mise en œuvre des expropriations nécessaires à la réalisation du programme.

Le temps de l’unanimité se terminait ainsi, celui de la discorde naissait.

De la pétition aux propositions à l’amiable (1860/1862)

Survint alors la pétition du 18 mai 1860, dite des Antiquaires (désignant le souci des antiquités et non leur commerce). 48 personnalités de Périgueux se fendent d’une longue lettre au Ministre des finances d’alors, un certain Pierre Magne.

La lettre s’inscrit contre la démolition de la tour Barbecane, pointant les éléments suivants :

  • Il s’agit des deux seules rescapées des fortifications médiévales avec la tour Mataguerre
  • La Barbecane est un édifice militaire rare, raison pour laquelle Viollet le Duc l’étudia
  • La pétition demande donc la modification du tracé de la voirie, proposant de prendre sur la rivière ce qu’elle devait prendre sur l’histoire.

Via le ministre des Finances, puis des Travaux Publics, la pétition revient à Périgueux par le Préfet, accompagnée d’une demande de modification du tracé.

C’est alors que le 12 juin 1860, l’ingénieur en chef riposte et écrit directement à Pierre Magne. L’ingénieur rappelle que cette décision a pour conséquence de décaler d’une année les travaux sur le pont. Il note également que ce retard confronte au besoin d’un nouveau décret d’expropriation, les délais du 1er étant dépassés.

Il défend que pour la conservation de la tour Barbecane, cette dernière devrait être classée Monument historique, impliquant alors qu’elle soit propriété publique, ce qui n’était pas le cas. Par ailleurs l’ingénieur ne voit pas l’intérêt patrimonial de l’édifice que l’on encense artificiellement selon lui.

Il achève son argumentaire par une critique acerbe :

… car s’il en était autrement, les savants antiquaires qui s’agitent aujourd’hui ne seraient pas excusables de n’avoir pas fait classer plus tôt un monument auquel ils paraissent attacher une si grande importance, ou du moins n’y aurait-il pas à leur adresser les plus vifs reproches pour n’avoir pas signalé cette grande importance au moment de l’enquête à laquelle le projet a été soumis.

Il fait remarquer habilement que la tour Barbecane, si elle était conservée en l’état, serait enterrée par les remblais sur 5.50 m ne laissant plus qu’une hauteur de 4.50 m. De quoi se gausser des antiquaires, n’ayant pas vérifié la conséquence des terrassements.

Et c’est là que l’ingénieur Andral tend en quelque sorte le piège qui sera fatal à la Barbecane. Il propose donc de la déplacer pierre par pierre à l’alignement de la route, comme unique solution pour sa préservation.

Chemin faisant, l’ingénieur en chef parvint à convaincre sa hiérarchie. Au passage, c’est toujours lui qui, le 24 novembre 1860, remet au Préfet les clichés de Baldus ((Cette commande tend à démontrer que le préfet et l’ingénieur connaissaient la valeur des édifices qu’ils sont sur le point de détruire en pleine conscience. Cela contredit donc leurs déclarations minimisant la l’intérêt patrimonial des constructions frappées de démolition)). Par décision ministérielle, le 03 août 1860, les propositions de l’ingénieur en chef sont acceptées :

La tour sera un bâtiment public et transportée d’environ 3 mètres dans les terres à l’alignement de la route.

Vers la démolition et l’échec des pourparlers (1862/1864)

Entre la présentation du projet en octobre 1859 et son adoption (décret du 10 mars 1860) il n’avait fallu que 5 mois ; 5 mois qui scellaient le sort de constructions établies depuis 400 ans et plus. Le changement de rythme induit par les négociations sur la tour Barbecane est frappant.

Rien ne se passe de notable du mois d’aout 1860 jusqu’à juin 1862. On a du mal à le croire et cette période mériterait quelques recherches. Mais bon, toujours est-il que le 16 juin, Andral, l’ingénieur en chef, écrit à l’ingénieur ordinaire. Il lui demande d’activer la machine administrative en dressant un plan proposant le déplacement de la tour Barbecane, afin d’entrer en pourparlers avec la propriétaire, Mme Larigaudie.

Le 10 septembre suivant, le plan est transmis comme convenu. Mais changement de tactique. Alors que l’ingénieur en chef déclarait initialement s’occuper des pourparlers, dans son courrier du 04 novembre 1862, il charge directement son subordonné de mener les négociations.

A cette nouvelle injonction l’ingénieur ordinaire ne répondit pas et laissa courir. Aussi le 29 juillet 1863, l’ingénieur en chef lui fait parvenir une lettre de rappel. Le subordonné s’empresse de répondre par une lettre du 31 juillet 1863, accompagnée de la copie d’une lettre adressée au propriétaire datée du 18 mars de la même année.

Cette lettre est l’aboutissement de la tactique de l’ingénieur en chef. En effet, la négociation est ouverte sur un prérequis d’autorité : le déplacement inconditionnel de la tour Barbecane. Il enjoint la propriétaire de céder une parcelle de terrain pour y reconstruire la tour, tour qui deviendrait un bâtiment public.

Pour enfoncer le clou, il lui notifie un nouvel emplacement au motif d’un projet fumeux de rampe entre la rue Port de Graule et la nouvelle route passant directement dans le jardin de la propriétaire. Ce projet ne vit jamais le jour, ce n’était pas là son but.

Comme par hasard, le nouvel emplacement proposé à la propriétaire, projetait la tour dans l’axe de son habitation, surélevée de 5.50 mètres. Elle fut ainsi prévenue que l’édifice serait gênant pour sa vue…

L’ingénieur ordinaire Salera achève ainsi son courrier par un constat qui servira de levier à l’ingénieur en chef pour faire abattre l’édifice :

Au fond, Mme de Larigaudie ne désire qu’une chose, à savoir, le maintien pur et simple du statu quo actuel.

L’administration enregistrait avec rigueur la fin de non recevoir à ses propositions face au silence gardé de la propriétaire.

La dernière signature pour la démolition (1862/1864)

Le 22 janvier 1864, l’ingénieur en chef écrit au préfet, lui rappelant la prescription ministerielle de détruire la tour gênant les travaux. L’Etat a exproprié Mme Larigaudie et payé son dû, qui, dans son silence, se rend responsable du destin de la tour Barbecane, si elle ne consent pas à voir l’édifice culminer à 16 mètres de hauteur devant ses fenêtres.

Le préfet s’exécute et transmet la demande au Ministre. Le Ministre, qui a changé, donne son visa pour la démolition par lettre du 22 février 1864. Il rappelle dans son courrier, presque naïvement les manœuvres des Ponts et Chaussées permettant la démolition de la tour.

Une phrase indique toute la vision des choses en 1864 :

Dans cette situation, MM. Les ingénieurs pensent qu’il y a lieu néanmoins de procéder à la démolition de la tour Barbecane dont la saillie de 2m au moins défigure la route, …

C’est la construction médiévale dorénavant qui défigure la route et non l’inverse !

Avec une rapidité présumée jubilatoire, l’ingénieur en chef transmet à son collègue dès le 1er mars 1864, l’ordre de détruire la Barbecane.

Un détail révélateur. L’administration s’était élevée contre le contournement de la tour, entre autre pour des questions économiques. Mais pour la démolition de la tour, plus question de parler d’argent :

Si les crédits disponibles ne suffisent pas je demanderai un supplément.

La démolition débuta le 19 mars 1864.

Le dessous des cartes

Retournement de veste politique

Un des points les plus marquants de cette histoire concerne les différentes prises de positions politiques.

L’enquête publique se déroule entre le 10 décembre 1859 et le 10 janvier 1860. Le rapport de la commission d’enquête dévoile un rapport vide de tout avis défavorable de la part des tiers et ne stipule aucune réserve de la part des responsables politiques. La destruction de la tour Barbecane ne pose donc aucun problème à personne.

Le 14 janvier 1860, le conseil municipal adopte le projet sans commentaire.

Mais le 16 mai 1860 surgit la pétition des 48 antiquaires contre la démolition. Or parmi les signataires, figurent le maire de Périgueux, Bardy-Delisle, un adjoint au maire, J. Lalande et 3 conseillers municipaux.

Qui plus est, 5 des signataires furent membres de la commission d’enquête composée de 12 membres, commission présidée par le maire de Périgueux !

Une fois le bras de fer engagé entre le propriétaire de la tour et l’administration, nulle mention n’est faite de la moindre prise de position politique, le maire étant demeuré taisant.

Le maire n’avait donc pas craint le discrédit avec ce qui semble être au regard des faits une signature de complaisance au bas de la pétition.

La pétition à retardement fait pschitt

La tour Mataguerre, sur le grill de la modernité et menacée à maintes reprises, avait été classée Monument historique en 1840. Avantage, elle était demeurée un bien public après les démolitions de 1795, au contraire de la tour Barbecane.

Jusqu’à leur pétition, les signataires étaient restés silencieux. Non par ignorance du projet, impossible pour les périgourdins les plus au fait des dossiers. Qui plus est, il s’agissait de l’élite sociale périgourdine, comprenant une classe nobiliaire luttant pour la préservation du ou de son patrimoine, associée à l’élite roturière, docteurs, archivistes, bibliothécaires, recteur, membre du conseil général, etc.

La stratégie fut simple pour l’administration. Ces gens là étaient bien gentils, certes puissants puisque s’adressant directement à leur connaissances au sommet de l’Etat en la personne de Pierre Magne, mais :

Pourquoi ne s’étaient-ils pas manifestés avant ?

  • N’avaient-ils pas évité le classement en Monument historique pour que la tour demeure une propriété de la noblesse périgourdine ?
  • Ne traitaient-ils pas le dossier avec légèreté en ne pointant pas l’enfouissement de la tour de moitié dans leur projet de conservation du patrimoine ?

Au final, l’ingénieur en chef ne se priva pas de les accuser de collusion et solidarité de classe pour un bâtiment sans valeur mais dont il fallait défendre les intérêts privés.

Stratégie de démolition pour l’administration

12 juin 1860, l’ingénieur en chef démonte l’intégrité et la sincérité des antiquaires :

… les savants antiquaires qui s’agitent aujourd’hui ne seraient pas excusables de n’avoir pas fait classer plus tôt un monument auquel ils paraissent attacher une si grande importance au moment de l’enquête à laquelle le projet a été soumis.

Le 20 juin 1860, à l’attention du directeur général des Ponts et Chaussées, il atomise définitivement la pétition et montre également tout l’intérêt qu’il porte à l’édifice :

La tour Barbecane, je dois le dire ici, n’a pas l’importance que les pétitionnaires lui ont attribuée, s’il faut en croire la rumeur publique ; l’idée d’être agréable au détenteur (car la tour a été occupée par le Domaine public) a déterminé plus de signatures que l’amour de l’art et de la science ; elle ne vaut pas dépense et les embarras que la modification du projet approuvé aurait pour résultat.

En suivant, l’ingénieur en chef fait suivre l’avis de l’administration qu’il représente au Ministre le 04 juillet 1860 :

Cette tour, construite vers la fin du XVème n’a pas, à mes yeux, ni aux yeux de la très grande majorité des habitants de Périgueux, je dois le dire, l’importance historique et artistique que les pétitionnaires lui ont attribuée et parmi ceux-ci même, plusieurs paraissent ne pas y attacher grand intérêt.

Le 22 février 1864, c’est l’ordre de démolition du Ministre à l’attention du préfet Ladreit de Lacharrière qui dévoile le rôle joué par ce dernier :

De votre côté, vous faites observer, Monsieur le Préfet, que la tour Barbecane est un monument de peu de valeur et d’aucun intérêt, que la pétition qui fut adressée en 1860 à mon prédécesseur, pour obtenir qu’elle fut conservée, n’avait d’autres bases que les instigations du propriétaire de ce monument ; qu’il y a lieu d’en ordonner la démolition

… je ne puis, Monsieur le Préfet, que partager votre avis.

C’est ce même préfet, dès novembre 1858, qui est à l’origine de la destruction des autres constructions médiévales. Selon sa version, ces constructions sont la cause des inondations, il faut les détruire et construire des quais.

Les crues ultérieures démontrent l’inanité de ce diagnostic sans que la compétence de l’administration ne puisse être remise en cause ((Cf. sur ce point par exemple la crue de 1913, prouvant que les bâtiment sur la rivière n’étaient en rien la cause de ses crues)). On peut donc se demander si le motif principalement invoqué des inondations n’était pas en réalité un prétexte pour capter des financements, qui serviraient avant tout à construire des routes et un nouveau pont.

Si ce n’est, c’est tout comme.

Epilogue

La démolition de la tour Barbecane incarne une dualité du XIX° siècle, l’affrontement entre une vision romantique, soucieuse de préserver le passé quitte à le magnifier à l’excès, et celle du positivisme disciple de la table rase, mené par l’administration.

A Périgueux, les aménagements sur la rivière avaient moins pour fondement des raisons techniques, avancée pour la forme rhétorique, que des motifs idéologiques et philosophiques, relevant d’une conception générale de la société.

Les fonctionnaires que nous avons vu à l’œuvre rendaient hommage, surement sans le savoir, à la théorie des 3 états d’Auguste Comte. Il fallait se défaire de l’état métaphysique qu’incarnait l’Ancien Régime, pour coller à cette théorie de l’évolution humaine et entrer dans l’âge de raison.

Aussi les vestiges de ce passé n’étaient qu’insultes au modernisme et entraves à un nouvel ordre social et philosophique. C’est bien pourquoi ils n’avaient que « peu de valeur », « aucun intérêt » et que le vide des routes par exemple, valait bien mieux que ces pleins là.

Non sans ironie, nos fonctionnaires d’aujourd’hui appellent les responsables politiques à la raison avec leur projet de PDU par exemple. Ces mêmes voies de communications sont aujourd’hui sources d’un trafic automobile qui, pour partie,  engage le pronostic vital de l’espèce.

Parallèlement, comme si cela ne suffisait pas, les ressources économiques du Périgord sont précisément ces vestiges qui ne valaient rien et que l’on voulait raser avec enthousiasme au nom de la Raison ((On devrait se gausser de la réputation de Sarlat au XIX° s., c’est à vérifier)).

En 150 ans, le socle des valeurs s’est symétriquement et radicalement inversé. Ainsi la démolition de la tour Barbecane nous appelle peut-être à une certaine modestie, sinon à de la prudence.

« L’homme fait l’histoire sans savoir l’histoire qu’il fait »

Chronologie

Loi du 28 mai 1858

Portant ouverture d’un crédit de 20 millions pour des travaux en vue de préserver les villes contre les inondations.

15 novembre 1858

Le conseil municipal demande que la construction des quais soit inscrite aux travaux que la loi autorisait

27 novembre 1858

Le préfet transmet la demande de Périgueux au ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics

(A cette date le bas de Périgueux est « abandonné » aux « populeux », aux ouvriers et aux pauvres.)

09 décembre 1858

Le ministre invite le préfet à demander un rapport aux ingénieurs

16 février 1859

Le rapport est remis au ministre

21 avril 1859

Décision qui approuve les conclusions du rapport et prescrit la préparation d’un projet des travaux

15 octobre et 30 octobre 1859

Présentation du projet par les ingénieurs

31 octobre 1859

Le projet est envoyé au ministre

06 décembre 1859

Le ministre prescrit le projet à enquête déclarative d’utilité publique

10 décembre 1859 / 10 janvier 1860

Enquête déclarative d’utilité publique

13 janvier 1860

Le commissaire enquêteur transmet le résultat de l’enquête au préfet

14 janvier 1860

Le conseil municipal donne son entière adhésion au projet, sans réserve

18 janvier 1860

Avis favorable de la commission d’enquête au préfet pour que le projet soit classé d’utilité publique

10 mars 1860

Décret rendant le projet d’utilité publique et ordonnant les expropriations

27 avril 1860

Adjudication des travaux à exécuter

16 mai 1860

Pétition de 48 notables de la ville dont le maire et plusieurs adjoints à l’attention du ministre des Finances, Pierre Magne

08 juin 1860

Le ministre de l’Agriculture transmet la pétition au préfet demandant la modification du projet

12 juin 1860

L’ingénieur en chef écrit à Pierre Magne une vive critique sur la pétition et les retards qu’elle engendre. De plus, il fait valoir que pour conserver la tour Barbecane au titre des monuments historiques, un décret d’expropriation doit se faire valoir, l’édifice étant la propriété de la famille Larigaudie. L’ingénieur propose de déplacer la tour. Mention des « fameuses barbecanes ».

20 juin 1860

L’ingénieur en chef répond à une lettre du directeur général des Ponts et Chaussées, M. Franqueville. Il explique la mobilisation des pétitionnaires ainsi :

La tour Barbecane, je dois le dire ici, n’a pas l’importance que les pétitionnaires lui ont attribuée, s’il faut en croire la rumeur publique ; l’idée d’être agréable au détenteur a déterminé plus de signatures que l’amour de l’art et de la science

04 juillet 1860

L’ingénieur en chef écrit au ministre de l’Agriculture conformément à ses demandes et formule son avis.

Cette tour, construite vers la fin du XV° siècle n’a pas, à mes yeux, ni aux yeux de la très grande majorité des habitants de Périgueux, je dois le dire, l’importance historique et artistique que les pétitionnaires lui ont attribuée et parmi ceux-ci même, plusieurs paraissent ne pas y attacher grand intérêt.

03 août 1860

Approbation ministérielle de la proposition de l’ingénieur en chef

24 novembre 1860

L’ingénieur en chef fait remettre au préfet les 16 clichés de Baldus

16 juin 1862

L’ingénieur en chef écrit à l’ingénieur ordinaire de dresser un plan indiquant le nouvel emplacement de la tour afin d’engager rapidement des pourparlers avec le propriétaire

10 septembre 1862

Réponse de l’ingénieur ordinaire avec le plan

04 novembre 1862

L’ingénieur en chef écrit à l’ingénieur ordinaire et insiste sur le besoin de voir le propriétaire prendre position. Il fixe les conditions suivantes. La tour sera plus élevée par rapport à l’habitation du propriétaire. Elle sera une propriété publique, le propriétaire n’en aura plus le droit de jouissance

29 juillet 1863

L’ingénieur en chef rappelle l’objet du précédent courrier à l’ingénieur ordinaire pour connaitre le résultat de sa démarche

31 juillet 1863

L’ingénieur ordinaire à l’ingénieur en chef  en rappelant l’abandon de l’emplacement prévu initialement. Au nouvel emplacement, la construction serait gênante pour le propriétaire

22 janvier 1864

L’ingénieur en chef écrit au préfet rappelant son droit de démolir la tour alors que les pourparlers ont échoué. Il demande la démolition immédiate.

22 février 1864

Le ministre répond favorablement à cette lettre que le préfet lui a transmise dans l’intervalle.

« De votre côté, vous faites observer, Monsieur le préfet, que la tour Barbecane est un monument de peu de valeur et d’aucun intérêt, que la pétition qui fut adressée en 1860 à mon prédécesseur, pour obtenir qu’elle fut conservée, n’avait d’autres bases que les instigations du propriétaire de ce monument ; qu’il y a lieu d’en ordonner la démolition pure et simple afin de rendre en ce point à la route impériale n°21 sa largeur normale et que vous ne voyez d’ailleurs aucune raison sérieuse pour s’opposer à cette solution de l’affaire ».

01 mars 1864

L’ingénieur en chef transmet la décision à l’ingénieur ordinaire l’ordre de démolir la tour

02 mars 1864

L’ingénieur ordinaire adresse courrier à Larigaudie que la tour sera démolie prochainement