Elus référents à Périgueux

La mairie met en place un nouveau dispositif, inédit à Périgueux. Il s’agit d’un réseau de conseillers municipaux dont la mission est, comme on peut le lire sur le site de la mairie :

– Pédagogie
Expliquer les actions de la municipalité

– Social
Recréer du lien humain entre les habitants et entre les quartiers

– Renseignement
Recueillir et transmettre au maire les observations des habitants et des associations

:: Sur le papier ::

Ce dispositif est composé d’élus référents, dont les trois chefs de mission indiqués ci-dessus, répondent d’un objectif global, « … se rapprocher des habitants afin que la gestion de la cité devienne l’affaire de tous ». Pour que cette gestion devienne l’affaire de tous, il faut initier nous dit-on « une co-construction des politiques publiques ».

Ainsi, le texte énumère différents outils, parmi lesquels celui d’élu référent a été choisi :
– conseil des quartiers
– conférences de citoyens
– comités d’usagers
– élus référents

Au passage, le rédacteur visiblement peu au fait de ce qui existe en matière de co-construction des politiques publiques, omet de faire référence aux budgets participatifs, aux référendums locaux, à l’inscription à la délibération du conseil municipal des demandes collectives, etc.

Mettre dans le même panier des outils de ce type créer un amalgame. Tout d’abord, seuls les conseil de quartier ont un cadre législatif et obligatoires dans les villes de plus de 80 000 habitants, comme les mairies de quartiers le sont pour les villes de plus de 100 000 habitants.
Il est abusif de comparer, dans le processus de co-décision, un outil comme les conseils de quartiers et celui des élus référents. C’est créer l’illusion que ces outils se valent, alors qu’ils ont une portée complètement différente. En ce qui concerne les élus référents, ils ne sauraient être efficaces dans le processus de co-décision, sans au préalable, s’inscrire dans des structures où les délibérations citoyennes sont organisées.

En réalité, s’il y a avait une sincère volonté de co-construction des politiques publiques, ce n’est certainement pas les élus référents qui en seraient les fondations.

:: Proximité et non codécision ::

Si les conseils de quartier sont, ou peuvent être considérés comme des outils de co-construction des politiques publiques, les élus référents ont une portée qualitativement autre, vers une relation de proximité, non concernée par le cadre de la prise de décision.

En gros, les élus référents ne peuvent pas servir, via une permanence hebdomadaire, à rendre les décisions politiques plus conjointement élaborées avec les citoyens, mais d’abord à renforcer la connaissance que le maire a des quartiers, leurs problèmes et leurs tendances. Car ils sont autant des éléments relais de l’action municipale, descendants, que des antennes chargées de remonter des informations, ascendants.

C’est bien pourquoi ce dispositif est sous la responsabilité de l’adjoint délégué à la vie des quartiers ; non à l’adjointe déléguée à la démocratie participative. Il s’agit bien de renforcer la relation avec les quartiers, non de procéder à la mise en œuvre d’une démocratie continue.

Il fallait éclairer ces distinctions pour savoir que si le maire venait à parler des élus référents comme leviers d’une démocratie participative, ce serait sans fondements et clairement un abus de langage. Ce n’est pas dans le « rapprochement » et le surcroît de requêtes personnelles que l’on verra une quelconque amélioration dans la co-construction des politiques publiques. S’en prévaloir serait pure démagogie.

:: La spéciale du maire ::

Et puis il y a la surprise du chef ; un traitement différentiel selon les quartiers. L’accès aux élus référents est différent selon que vous viviez au Puy-Saint-Front ou aux Mondoux. Six quartiers ont un élu désigné qui propose une permanence hebdomadaire. En revanche le centre de Périgueux n’a aucun élu référent ni aucune permanence. Il sera possible de prendre un rendez-vous et au préalable et désigner un élu que l’on veut rencontrer, n’importe lequel.

Comme si les habitants des autres quartiers n’avaient pas, comme tous les citoyens, la possibilité de prendre un rendez-vous avec n’importe quel élu de la mairie! ( Nous parlons bien de Périgueux, ville de 9.83 km², pas de Los Angeles…). Cette distinction inégalitaire au possible, indique le caractère démagogique du procédé, en faveur de ce que l’on croit être le nouvel électorat du maire. C’est un signe navrant en défaveur de la démocratie locale.

On verra donc ce qu’il sera réellement fait de ce dispositif et quels seront les résultats concrets des missions confiées aux conseillers municipaux. Quant aux habitants du centre ville, ils n’auront qu’à se débrouiller et sont, au fond, peut-être épargnés de la mise en place d’un système.

:: Dispositif technique ::

Sous la bannière :

Votre quartier dans la ville… la ville dans votre quartier 

On croit comprendre que l’on nous parle de notre quartier, mais pas dans notre ville, dans la ville. La ville à qui ? Certes l’intention n’était pas de stigmatiser les quartiers en rappelant que la ville, a contrario des quartiers, n’est pas à décliner au possessif pour les périgourdins.  Ah la communication, cela ne s’improvise pas…

Allez, voici le dispositif en image

Elus_Quartiers.jpg

 Le texte d’accompagnement, où l’on nous explique qu’il s’agit de favoriser la démocratie de proximité, néo synonyme de participative pour le conseil municipal:

 

texte_elus_referents.jpg

 Enfin, les permanences hebdomadaires


Gour de l’Arche : Cathy Tytgat
Maison de quartier, rue Pierre Brantôme
Le lundi de 17 h à 19 h

Le Toulon : Mostafa Moutawakkil
Maison de quartier, place de Verdun
Le mercredi de 16 h à 18 h

La Gare / Saint Martin : Marc Gélineau, Anne Karasseff suppléante
Ecole André Boissière, rue Louis Blanc
le lundi de 9 h à 11 h

Vésone : Christian Dupuy
Cité de Campniac, salle des locataires
Le jeudi, de 17 h à 19 h

Saint-Georges : Nicole Laffargue, Hugues Lintignac suppléant
Local du C.C.A.S, rue Béranger
Le jeudi de 17 h à 19 h

Haut Périgueux : Anne Marchand
Maison de l’emploi, avenue Georges Pompidou
Le lundi de 14 h à 16 h

Dans le quartier de la Gare / Saint Martin, le lundi matin à 09h00, vous penserez à prendre un ticket car on pressent d’intenses bousculades dans l’interminable file d’attente.

Allez, courage !