Election cantonale: propagande électorale illicite sur Facebook

A partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de diffuser ou faire diffuser par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale.

Article L 49 du Code Electoral.

Facebook est un site internet avec des pages html…

La règle est bien connue. Le jour d’une élection on refrène ses envies d’appel au vote pour ses champions.

Depuis les années 2000, « tout moyen de communication » englobe également les communications sur Internet, on s’en serait douté ((28 mai 2001, le Premier Ministre dans une réponse parlementaire : « Du fait du développement rapide de l’utilisation des sites ouverts sur le réseau Internet en matière d’élections politiques, le ministère de l’Intérieur a fait savoir à plusieurs reprises qu’était applicable la législation générale…»
25 septembre 2001, Tribunal Administratif de Toulouse, (Mme Monique Herment c/ Préfet de l’Aveyron ; n° 01/1141) : Internet est saisi par le droit électoral)).

Du coup la sanction encourue est la même pour tous supports : l’annulation du scrutin. Autant dire que ce n’est pas rien. Car en cas d’élection serrée, ce type de manquement à la loi peut être reconnu de nature à fausser la sincérité du scrutin.

Il semblerait qu’en Dordogne le message ne soit pas encore très bien passé.

Ces élus qui dérapent sur Facebook

Car cette loi ne semble pas concerner le maire de Coulounieix Chamiers, Jean-Pierre Roussarie qui s’est lâché dimanche 27 mars.

A 10h00 sur son compte Facebook, Roussarie attaque en fanfare:

A 11h00, la conseillère régionale et adjointe à la ville de Bergerac contre attaque. Bérénice Vincent soutient ouvertement le vote écologiste :

Si l’élection est serrée il peut y avoir des problèmes. Respectivement, Jean-Pierre Roussarie et  Bérénice Vincent peuvent compter sur 2 220 et 3 797 « amis » ((Le nombre d’amis impliquerait vraisemblablement le statut public de ces communications)).

On ne doutera pas de leur bonne foi, ni par ailleurs qu’il s’agisse là de détails, mais c’est simplement illicite. Il suffit d’en prendre conscience si l’on tient à respecter la législation.

D’une campagne l’autre et la relativité en amitié

Le canton ouest de Périgueux qui a vu l’affrontement socialo-communiste contre écologistes est significatif. Le PS a mené une campagne de collages sauvages contre leurs anciens amis. La droite, battue par le FN au 1er tour, s’est plu à faire bouillir le lait.

Presque une habitude, puisque Michel Dasseux (PS), ancien maire de Coulounieix Chamiers, révélait sur son blog que la droite avec le candidat Fumarède avait fait élire l’actuel maire de la ville en 2008, Jean-Pierre Roussarie (PS).

Mireille Bordes, alors sur la liste de Michel Dasseux, était battue par une alliance PS/UMP… Il était aujourd’hui cocasse d’accuser les écologistes de recevoir l’appui de l’UMP.

La lutte fratricide aura été cinglante. Le parti socialiste sur son site, le 24/03/11, déclarait ouvrir un « Front Républicain » à Périgueux, pas contre le FN, évincé au 1er tour, mais contre les écologistes: « La candidate de la gauche, c’est Mireille Bordes, c’est elle qui est la candidate du front républicain« .

La posture des communistes et du Front de Gauche pouvait étonner. Car à l’occasion, les écologistes affirmaient avoir reçu une proposition de l’extrême gauche au 1er tour, les invitant à faire alliance pour battre le Parti Socialiste.

Lors du débat sur France Bleu Périgord, (24/03/11), les candidats Mireille Bordes (PS) et Jean-Marie Rigaud (EELV) s’en seront donnés à cœur joie. L’un et l’autre se seront accusés de malversations et de corruption sur la maison de retraite de Coulounieix Chamiers sans qu’aucun ne puisse clairement montrer la moindre transparence.

Souvenirs émus des élections régionales de 2010

Évidement, lorsque le PS devait sauver sa peau contre l’UMP lors des régionales de 2010 en s’appuyant sur des écologistes en quêtes de sièges, Bérénice Vincent par exemple, l’entente était plus cordiale.

Le vent tourne et les mouches changent d’ânes d’une élection à l’autre. Aussi, demain,  en fonction des intérêts électoraux, attendez-vous à voir roucouler à nouveau tout ce petit monde sur Facebook.

L’amitié en politique se calcule en fonction d’un retour sur investissement déterminé par le comptage des voix. Aux antipodes de Montaigne et La Boétie, loyauté et fidélité n’ont pour étalon que le résultat électoral.

C’est pourquoi tour à tour ils s’unissent, puis se trahissent et se détestent, puis s’aiment à nouveau dans le grand tourbillon des calculs politiques.

Et l’abstention, inexorablement, poursuit sa progression. Ça t’étonnes Marcel?