Encore un projet sans les Périgourdins

Un petit stage à Brest pour le Maire de Périgueux ?

Voici une citation qui devrait faire réfléchir le maire de Périgueux ne serait-ce que parce que cette élue est socialiste :

Voilà, c’est simple non ?

Prendre ce temps indispensable pour poser des questions et y répondre ; pour entrer en empathie avec la ville, tâter son pouls, voir comment elle évolue, comment les gens y vivent, ce qu’ils y font, ce qu’ils attendent, ce qu’ils espèrent pour eux, pour leurs enfants.

C’est aussi, bien sûr, connaître l’équipement commercial de la ville et ce qu’en pensent les Périgourdins. Ce devait être d’ailleurs l’objectif du FISAC dont je rappelle le programme pour 2010.

J’attends avec impatience le rapport d’exécution, la synthèse des réalisations et surtout le résultat de la veille foncière, des enquêtes de satisfaction et de fréquentation des consommateurs du centre ville.

Mais cet effort d’observation, s’il fût réalisé, sert-il à grand-chose lorsqu’on voit dans le même programme FISAC une « action significative engagée : un projet d’implantation d’un centre commercial en centre ville ». C’est ce que l’on appelle mettre la charrue avant les bœufs. Et qui sont les bœufs dans cette histoire ?

Foule sentimentale, on a soif …

Dès 2009, l’idée de créer un centre commercial était un fait acquis. D’où venait cette conviction ? Mystère ! Je n’ai, à l’époque et encore moins maintenant, vu l’ombre de la queue d’une étude préalable.

Je n’ai pas non plus souvenir d’un espace dédié aux échanges avec les Périgourdins sur le sujet.

Même à l’heure actuelle, certains d’entre eux l’ignorent encore, ou n’y croient pas, ou baissent les bras en se disant que « de toutes manières, ils feront ce qu’ils voudront ».

S’il y a eu questionnaire récemment, ça n’était pas pour demander « il manque quoi dans votre ville pour que tu vous vous y sentiez plus heureux ? », questions auxquelles nous pourrions répondre par une garderie, un centre de soins, un cirque d’hiver, un jardin, une plaine de jeux, un musée en plein air…

Non, la question était du genre « tu veux quoi ? Des fringues ou de la bouffe ? »…

Et oui, pour eux, nous sommes des consommateurs. C’est tout. Des consommateurs, des contribuables, (dont on ne retiendrait que la première syllabe ?)…J’achète donc je suis… Ca donne envie de crier comme Elephant Man : « je suis un être humain ! » ;

Le destin de la Place Montaigne, l’oubli

La Place Montaigne est à nous ! Et elle est sacralisée par la présence du Monument au Morts. La plupart d’entre nous ne possède pas grand-chose, mais ce territoire là, c’est le nôtre.

Après avoir fait partie du « Cours des Princes » qui fût le poumon de la ville, la Place Montaigne accueille un service au public (dont la gestion est déléguée à Vinci) tout en maintenant la trace du lieu précis du sacrifice en 1944 des 5 petits gars de chez nous.

Cet espace donne de l’ampleur aux boulevards en enrichissant la perspective. Perspective, encore un mot dont on semble ignorer le sens…

Les Allées Tourny en danger !

On pensait avoir sauvé Tourny du massacre de ses vieux arbres témoins du XIXe siècle parce que le maire avait décidé, dans sa grande sagesse, en novembre 2010, d’abandonner l’idée d’y organiser le pôle d’échange des autobus.

On s’est félicité du comportement du maire qui « avec humilité avait revu et corrigé sa copie »…

Je crains qu’on ne se soit réjouis trop vite. A bien y regarder, ce revirement n’a-t-il pas été tout simplement provoqué par l’émergence en coulisse du projet d’Eiffage ?

L’attitude conciliante de la CAP, maître d’ouvrage du Plan de Déplacement Urbain, acceptant l’abandon de sa gare routière prend un tout autre sens au regard du soutien inconditionnel qu’elle affiche au projet de centre commercial de Périgueux centre.

A votre avis, où trouver les parkings de substitution aux 300 places utilisés en surface et niveau -1 (destiné aux commerces en sous sol) si ce n’est aux Allées Tourny ? Les forains ont même reçu des avertissements concernant l’occupation de cette place.

Je conseille aux défenseurs de ce site historique de rester vigilants ! Le centre commercial ne se fera pas sans dégâts collatéraux.

Quelle maîtrise du commerce à Périgueux ?

Un centre commercial en centre ville ne fonctionne que si l’on a la maîtrise du commerce en périphérie. Pour preuve : l’échec d’Angoulème, mais également des centres commerciaux de Poitiers (la FNAC est « étranglée), du Havre, de Tour, de St Nazaire.

Pourquoi ? Parce que la périphérie continue de s’agrandir (cf. intervention du directeur des Etudes de PROCOS le 22 décembre 2010).

Et à Périgueux ? Parlez moi du SCOT que je ris un peu. Parlez moi de la maîtrise de l’équipement commercial de l’agglomération que je me roule par terre !

Il y a bien quelques bonnes intentions : des courageux tels le président de la commission économique de la CAP, qui ose s’interroger et suggérer un moratoire des créations et extensions pour mieux travailler sur un Document d’Aménagement Commercial.

Mais cela suppose que tous les maires soient d’accord pour le signer ; plus, cela suppose que le maire de Boulazac y adhère !

De toutes façons, c’est tard, bien tard : on piétine depuis plus de 10 ans, 10 ans de trop. La greffe de 10 000 m² en centre ville de Périgueux ne prendra pas et précipitera sa chute au lieu de lui sauver la vie. Eiffage, lui, gardera le foncier, c’est son fonds de commerce.

C’est ailleurs qu’il faut trouver la dynamique de notre ville.

« Une ville finit par être une personne »

Victor Hugo