La crèche des Arènes rebaptisée la crèche des Antennes

Le dernier conseil municipal a vu la création d’une nouvelle commission extra municipale pour la surveillance du droit à l’implantation d’antennes relais de téléphonie mobile.

La municipalité a donc voté une proposition du collectif Priartem ((Cf. L’antenne de Périgueux)) qui devrait offrir plus de concertation et de visibilité sur le problème de la répartition et l’intensité des radiofréquences.

Un revirement étonnant, puisqu’il y a moins d’un an, le maire de Périgueux autorisait la mise en service d’une antenne relai à 100 mètres d’une crèche. Il en reconnait aujourd’hui la nocivité éventuelle, mais sans remettre en cause sa présence.

Retour sur le slalom de Michel Moyrand, qui déclarait sur France Bleu Périgord, ne l’oublions jamais : « Je suis écologique au quotidien depuis ma plus tendre enfance« .

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La délibération pour une commission sur les antennes relais

La délibération s’interroge sur les « inquiétudes diverses portant notamment sur leurs possibles impacts sanitaires ».

Et qu’en l’état des connaissances, la ville de Périgueux soulève qu’« il subsiste encore des interrogations quant à la nocivité éventuelle des radiofréquences ».

Subsistant des doutes en l’absence de certitude véritable, le maire créer donc une commission qui sera composée d’associations, de techniciens et d’élus et qui sera chargée de délivrer un avis consultatif pour toute nouvelle demande d’implantation.

Face à ces incertitudes scientifiques et l’inquiétude de la population, le maire prévoit donc, à partir de 2010, « d’éviter l’installation de nouvelles antennes à moins de 100m d’équipements scolaires ». Tant pis pour les Arènes.

D’abord on pose l’antenne, après on soulève sa dangerosité

On peut s’étonner de ce que la municipalité a d’abord implanté une antenne relai près d’une crèche en 2009, pour en 2010 prévoir leur possible interdiction sur les motifs ci-après: nocivité éventuelle, inquiétudes, risque sanitaire, etc.

A l’époque, le maire avait fait installer l’antenne en pleine nuit, cachée dans une fausse cheminée, pour mieux la dissimuler aux habitants. Pas vu pas pris. Opération camouflage ratée, puisque des citoyens avisés ont constitué le Collectif Anten contre la discrète installation.

Le maire s’était alors abrité derrière la législation, il se disait « prisonnier de l’urbanisme » ((Sud Ouest 21/01/2010)) pour justifier son impuissance.

Impuissance relative si l’on observe les préconisations européennes ((Résolution du Parlement européen du 2 avril 2009 sur les préoccupations quant aux effets pour la santé des champs électromagnétiques)) ou la récente jurisprudence ((Cour d’appel de Versailles 04/02/09)).

Très relative encore en considérant la Constitution et le principe de précaution ((Loi du 01/03/2005)) ou même les obligations d’un maire en matière de salubrité publique (( CGCT L 22-12-2)).

Plus que relative même quand on voit certains maires fermer une école par précaution ((Maire de Château-Thierry)) ou éditer un arrêté municipal prohibant ce type d’implantation près des établissements scolaires.

La piqure de rappel de Périgueux Ecologie

Problème pour la majorité municipale, une partie de son programme politique ((Périgueux Autrement – 2008)) était expressément écologiste : « Aujourd’hui une municipalité a le devoir de mettre en œuvre une politique écologique exigeante et efficace ».

Alors que Périgueux Ecologie organisait une offensive contre l’antenne relai de Gay-Lussac ((Antennes-relais: le double discours de l’UMP)) fustigeant ainsi les errements de la droite, dans son dos, en parallèle, Michel Moyrand faisait installer une nouvelle antenne en toute discrétion, à quelques dizaines de mètre d’enfants en bas âge.

Par conviction et nécessité face au discrédit s’amplifiant , les Verts périgourdins prenaient alors fermement position contre la méthode du maire. Ils soutinrent le collectif Anten/Priartem en demandant « le démontage de l’antenne » de la crèche des Arènes et en dénonçant globalement « l’implantation anarchique et le fonctionnement des antennes-relais dans la ville ».

Excepté pour les enfants de la crèche des Arènes, c’est une véritable victoire politique pour les écologistes périgourdins. Les plus maltraités de la majorité municipale sont paradoxalement ceux qui aujourd’hui sont en mouvement; en phase avec les enjeux actuels.

A contratio Périgueux Ecologie semble justifier auprès de ses supporters une certaine impuissance politique aussi, une impuissance à agir contre une antenne au-dessus de la tête des gosses, avec une commission qui démontre l’esquive du problème présent pour vendre bon marché du conditionnel équitable.

Michel Moyrand sort sa calculette et repense à son électorat écolo

On peut supposer que les Verts ont rappelé au maire de Périgueux que sans eux, point de victoire. Que par ailleurs, on ne saurait mépriser ses promesses (environnementales) sans conséquences.

Aussi Michel Moyrand s’est aperçu, peut-être, qu’il ne pouvait trahir l’électorat écologiste tout en espérant son soutien en 2014. La ligne aérienne est déjà un retournement de veste symptomatique de la valeur des engagements.

En somme semble-t-il dire aujourd’hui à l’électorat écolo :

Je vous ai trahi en installant une antenne relai dans votre dos, on ne fera rien contre son implantation, mais promis à l’avenir, j’écouterais votre avis.

Subtil, le maire connait son Clemenceau : « Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission ». C’est chose faite.

Les Verts retrouvent ainsi leurs couleurs et leurs engagements et Michel Moyrand pourra faire briller ses promesses écolo. Ainsi passe par pertes et profits politiques l’antenne relai de la crèche des Arènes. Et le tour est joué.

La crèche des Arènes, laboratoire à ciel ouvert

De son côté, l’opposition n’a pas pu constater de différence entre ses anciennes méthodes et celle de Michel Moyrand jusqu’à aujourd’hui. En conséquence, elle observait placidement cet étrange problème, plus concentrée sur la vidéo surveillance, chacun ses intérêts pour les TIC.

Qui plus est, ce n’est pas un thème politique très en vogue à droite, étant donné l’impact à très faible voltage du grenelle des ondes. Soyons clairs, la droite attend davantage pour les prochaines élections d’un  grenelle des sondes.

Bref, à gauche à droite au centre, rouge, vert, bleu, rose ce qu’on voudra, la crèche des Arènes fait office de laboratoire d’expérimentation à durée indéterminée. Leur sort est scellé par cette délibération qui déclare d’emblée son incompétence rétroactive et entérine ainsi l’idée :

Oublions le passé et n’insultons pas l’avenir.

Pour rester optimiste, si la crèche des Arènes essuie les plâtres des engagements écologistes de Michel Moyrand, Périgueux Ecologie a réussi à imposer davantage de vigilance pour l’avenir.

Aux bambins des Arènes on dira : « t’as pas eu de bol, c’est comme ça, y avait pas de commission donc pas de risque sanitaire ».

A ceux des autres écoles on pourra dire : « on ne laissera pas s’implanter cet équipement car, comme le précise expressément la délibération : l’inexistence d’un risque sanitaire n’est pas formellement montrée à ce jour« .

Cette initiation à la politique sera offerte par la mairie de Périgueux à tous les enfants des crèches et écoles municipales.