La prophétie du quartier de la gare, locomotive du XXI° siècle

Au sujet du quartier de la gare, le programme politique du candidat Moyrand était clair, net et volontaire :

Nous réaménagerons le quartier de la gare autour du pôle multimodal. Ce quartier deviendra un quartier plus vivant et plus agréable, plaque tournante des transports en commun et des voies de déplacements respectueux de l’environnement.

45 mois plus tard, 180 semaines après son élection, le maire de Périgueux confirme aux habitants son engagement, en précisant qu’il est « essentiel de jeter les fondations de l’avenir de notre cité pour les prochaines décennies ».

Le verbe haut, Michel Moyrand n’y va pas par quatre chemins :

« le quartier de la Gare, longtemps parent pauvre de notre cité, a vocation à s’inscrire comme un poumon social et économique, véritable locomotive de Périgueux pour le XXIe siècle ».

Les électeurs n’ont plus qu’à s’asseoir, le train de l’avenir de Michel Moyrand les amène pour un grand voyage

Petit rappel historique sur les prophéties périgourdines

Ce genre de déclaration prophétique appelle une certaine circonspection. A la fin du XIX° siècle, les pouvoirs publics ont lancé la construction du quartier Saint Martin sur les mêmes motifs et la même rhétorique. Saint Martin devait devenir une locomotive, « le quartier des affaires » de Périgueux au XX° siècle. En parallèle, il fallait détruire le quartier historique de Périgueux, à l’urbanisme obsolète et à l’architecture passée de mode.

Immense ironie. Au siècle suivant le poumon de la ville est bien resté le centre historique, plus prisé que jamais et seule réelle valeur ajoutée de la ville. Quant au quartier Saint Martin, le « quartier des affaires » du XX° siècle, il est résidentiel, morne et fantomatique.

Quant aux faits se substitue la communication

Mais au XIX°, il firent ce qu’ils disaient vouloir faire. Le maire de Périgueux parle et s’en contente.

Aujourd’hui il annonce en 2012 une vaste campagne de recherches de fonds publics. En lisant le document, il s’agit d’une année de « préparation » à l’évaluation des « possibilités » qui permettront d’établir la liste des « souhaits d’aménagements futurs » en… 2015. (Cliquer pour agrandir)

Concrètement on ne peut pas mieux botter en touche. Electoralement, c’est une planification rigoureuse et transparente. On va donc enchainer les réunions publiques pour caresser l’électeur dans le sens du poil à partir de jolis plans masses en espérant que ça passe. (Cliquer pour agrandir)

Le projet de construction de logement (152) vient d’être renvoyé sine die, dommage, il conditionne le déclenchement pour du reste. Sachant très bien que rien de concret ne sera réalisé durant son mandat, le maire enclenche le moulin à paroles.

Ainsi voit-on pointer 2015 et rien moins que le nouveau « poumon économique » du XXI° siècle.