Le CLAP peut remercier Sud Ouest et sa tentative de diversion

Sud Ouest Dordogne, c’est un peu le magazine de la ville de Périgueux, mais tous les jours. Hier, pour traiter une affaire interne au CLAP, Sud Ouest n’a rien trouvé de mieux que d’interroger un père pour justifier les agissements de son fils (« Couac autour du CLAP » 26/11/11).

Exactement comme si le but de la démarche était de faire diversion, d’étouffer l’affaire, plutôt que la révéler, d’en exposer les faits et de l’analyser. Notre information datait du 24 novembre, ( L’association CLAP Périgueux épinglée ?), Sud Ouest a bien du suivre.

Mais bizarrement, les vraies questions sont éludées pour se contenter d’une bien étrange version officielle. Un hasard?

Pourquoi interviewer Michel Theodorides ?

Apparemment parce que ni le maire, ni le principal intéressé, David Theodorides, n’ont voulu répondre à la journaliste (Anne Marie Siméon). Faute de grives…
Sauf que ce monsieur n’est ni président de Sinfonia, ni directeur du CLAP. Il est totalement étranger à l’affaire et n’intervient qu’en qualité de fondateur du festival en 1990…

Mais comme tout papa, il défend son fiston. Autant la prise de position est compréhensible, autant on comprendra aisément qu’elle est dénuée de toute objectivité. Peu importe, ce sera la base de l’article de Sud Ouest qui aurait pu titrer : « Clap, le père défend le fils ». Ce monsieur n’a rien à voir avec le cœur du problème ? Peu importe pour Anne Marie Siméon qui lui tend le micro en lui disant : « Votre fils est mis en cause dans un possible conflit d’intérêt, qu’en pensez-vous ? »

Anne Marie Siméon, tant qu’à donner dans le « family business », aurait pu interroger la femme de David Theodorides, Jany Theodorides. Pourquoi ?
Parce que Jany Theodorides a participé à cette Assemblée Générale: un témoin direct donc. Mais cela impliquait de dire à quel titre et pour quelle fonction – elle n’apparaît pas dans l’organigramme de l’association.

Est-ce pour éviter de poser cette question que la journaliste n’a pas contacté Jany Theodorides ?

Un article de « diversion » pour éviter le sujet principal

Anne Marie Siméon s’est contentée de bien peu (elle n’avait peut-être pas le choix). Elle nous raconte gentiment que le passif de Sinfonia (18 435 €) est strictement égal à la valeur des actifs immatériels. Quel incroyable hasard ! Peu importe, la journaliste semble vouloir croire à cet incroyable hasard et en convaincre ses lecteurs.

Ces actifs immatériels sont composés nous dit-on :

  • de la valeur de la marque Sinfonia;
  • d’un savoir faire en organisation de festival de musique;
  • et d’un carnet d’adresses de 3 800 contacts, (chiffre que la journaliste s’est gardée de révéler).

La somme de ces trois actifs est parfaitement égale au passif, à l’euro près. Et cela ne suscite aucun étonnement chez la journaliste, aucune question. Elle se contente pour toute explication de citer un passage du compte rendu de l’AG :

ce passif était « largement compensé par le fichier clients et la renommée de ce festival », constituant « des actifs incorporels ».

Et le Père Noël dans la galerie marchande, c’est le vrai c’est ça ?

Des actifs incorporels sortis du chapeau et non évalués

En cas de cession, les actifs incorporels, ça se chiffre, ça s’analyse. Ce n’est pas un truc griffonné sur le coin de table d’une AG trop vite expédiée. Et ça, la journaliste doit bien le savoir…

La valeur de la marque Sinfonia

« Pour comptabiliser un actif au bilan il faut qu’il existe une assurance raisonnable que l’entreprise bénéficie des avantages économiques futurs liés à l’actif, que l’actif soit identifiable et que son coût ou sa valeur puisse être évalué avec une fiabilité suffisante. » ((Méthodes comptables, valeur de l’entreprise et actifs incorporels – Jean-Paul MILOT, ministère de l’économie, des finances et de l’industrie))

Dans un cadre non marchand, celui d’une association à but non lucratif, comment l’expert comptable présent à l’AG, Stéphane Girtanner (Cabinet Gestipro à Trelissac), peut-il détailler et justifier, « avec une fiabilité suffisante », la valeur de ces actifs incorporels ?

Sauf qu’en l’espèce, quelle est la valeur marchande de la marque Sinfonia? C’est une association 1901 qui déclare 2 salariés. Sinfonia n’est pas une marque, l’association ne dégage pas de bénéfices et il n’y aucun avantage économique futur. Et il vaudrait mieux puisque cette marque est cédée à une autre association à but non lucratif.

Comment dans ce cas, faire croire que le nom « Sinfonia » est un actif incorporel ?

Le savoir faire en organisation de festival de musique

Autrement dit, le directeur du CLAP achète au président de Sinfonia (la même personne) son savoir faire en organisation de festival de musique. Pourquoi ? Pour que le directeur du CLAP puisse organiser, à la place du président de Sinfonia, le festival Sinfonia.

L’achat de ce savoir faire doit déjà figurer au contrat de travail du directeur du CLAP, dont une des missions contractuelles est l’organisation d’un festival de musique. Normalement c’est déjà payé.
De fait, ce savoir faire (non évalué) est acheté 2 fois par l’association CLAP. Une fois en valeur incorporelle, une seconde fois dans le salaire du directeur? Bien vu.

« Le transfert d’un fichier clients de plus de 3800 adresses etc. »

Il n’y aucune évaluation de la valeur de ce « fichier clients ». On ignore également ce qui est entendu par « client » pour ce festival de musique. Au bout de 20 ans d’existence, 3 800 contacts, ça parait bien peu.

Mais ce qui compte dans cette phrase, ce n’est pas les adresses, c’est le « etc. ». etcetera quoi ?

Que vient-il s’ajouter à la valeur des actifs incorporels qui ne mérite d’être mentionné ? Etaient pourtant présents à cette assemblée un expert comptable et un commissaire aux comptes.

Cette légèreté comptable frise l’irrégularité. Il ne suffit pas d’allumer des contre feux et de gémir sur l’épaule complaisante de Dordogne Libre. Les réponses à ces questions doivent être précises et techniques.

Entre le conseil général de Dordogne, le conseil régional d’Aquitaine et la ville de Périgueux, c’est déjà plus de 100 000 € de subventions publiques.

Beaucoup d’associations aimeraient en avoir ne serait-ce que le dixième. Donc il va falloir quand même répondre aux questions. Que le passif de Sinfonia corresponde à l’euro près aux actifs incorporels est un résultat exceptionnel. Maintenant il va falloir le justifier.

L’information locale et les conflits d’intérêts

C’est une question récurrente. Dordogne Libre, très impliqué dans l’animation locale, partenaire officiel du CLAP, a déjà pris fait et cause pour le directeur, David Theodorides. Là, c’est Sud Ouest qui organise un contre feux avec un faux sujet pour éviter les vraies questions.

Ces articles de complaisance sont le contraire de leur mission d’information, basée sur la recherche de la vérité et l’indépendance. C’est un poison dans les veines de la démocratie locale.