Le journaliste militant à la rescousse de l’affichage illégal

Oulala la candidate socialiste procède à un affichage sauvage à l’occasion de la campagne électorale des cantonales… oulala !!!
Mouais.

Pourquoi ne pas relayer les résultats du BBD tant qu’on y est. Après tout, les partis politiques dirigent des meutes de militants qui finissent avec la langue quand ils manquent de colle. L’habitude de nous polluer avec leurs affiches ringardes est inscrite dans leur patrimoine génétique, tous bords confondus.

Mêmes sourires, mêmes photos, mêmes slogans, seuls les logos et les couleurs changent. A chaque élection son incartade sur machin ou machine qui colle n’importe où. La loi les empêche tout juste de venir placarder leur propagande dans le hall de l’immeuble ou carrément dans votre chambre.

Les candidats sont régulièrement desservis par des militants avides de collages. Ayant confié l’exclusivité de leur vivacité cognitive à leur « cerveau reptilien« , ces colleurs collent, collent, collent, collent.

Il aura fallu une autre motivation à ce billet que l’énième constat d’une « militance » fruste et monomaniaque, dont la grégarité primitive exulte en parcourant les rues à la recherche d’emplacements à coller tel un troupeau d’herbivores en quête de pâtures.

Sud Ouest : « Journal d’information de la Ville de Périgueux »

C’est en lisant le meilleur héraut des puissants, que dis-je, le quasi suppléant tacite de la candidate du parti socialiste, que le sujet prit de l’intérêt. Pour Sud Ouest, Hervé Chassain se lâche à nouveau le 09 mars 2011. On ne sait plus qui du journaliste ou de la politicienne s’exprime, plus besoin de guillemets.

Voyez plutôt ces deux phrases de l’article. La première est du journaliste, la seconde de la candidate :

« Le leader de l’opposition municipale de Périgueux vient de trouver un sujet de polémique »

« Monsieur Cornet vient encore chercher une polémique »

Ce parti pris tutoie la propagande. Et le journaliste enfonce le clou :

« Bizarrement, Philippe Cornet ne fait pas remarquer que ces affiches sont inutiles dans le centre-ville »

Bizarrement, Hervé Chassain ne fait pas remarquer que cet affichage est moins « inutile » que carrément illégal. Cette substitution minimise l’acte et masque la réalité. Ces contorsions langagières n’ont pour moyen que l’outrance.

Les mouches ont changé d’âne. Il est loin le temps où le journaliste participait aux sauteries privées de Jean-Louis Gounou et Xavier Darcos. L’alternance des puissants se compare souvent à la pérennité des palefreniers.

On atteint là une sorte de limite déontologique, une indécence professionnelle. On peut assumer d’être un journal d’opinion comme l’Huma par exemple, on affiche la couleur dans les éditos, etc., mais on ne trompe pas les lecteurs avec l’illusion de l’objectivité.

On ne peut prétendre être journaliste politique et en même temps militer sous le manteau, comme un exhibitionniste qui n’ose franchir le pas de l’insanité.

L’affichage est « libre » rétorque Marie Moulènes sous la plume d’Hervé Chassain

Certes, l’affichage est libre sur ces panneaux, comme indique leur entête. Mais si l’on en croit la municipalité elle-même [Magazine municipal n°11, 1er trimestre 2011.pdf] :

« Destinés aux associations ou aux particuliers, ces panneaux permettront ainsi de valoriser les projets de tous par le biais d’un affichage réglementé comme le stipule la loi du 29 décembre 1979 »

Elle serait inspirée de lire le magazine municipal, elle aurait appris un truc :

« la surface minimale que chaque commune doit réserver à l’affichage d’opinion et à la publicité relative aux activités des associations sans but lucratif est de 12 mètres carrés plus cinq mètres carrés par tranche de 10 000 habitants »

Ca pourrait lui servir, elle qui affiche de sauvages prétentions à décider pour les autres. La confusion entre opinion et propagande, parti politique et association, est révélatrice d’un état d’esprit dont la Constitution et le Parlement nous préservent.

A moins qu’il ne s’agisse que d’ignorance coupable ou de mauvaise foi, ce contre quoi au fond rien ne nous protège vraiment. A part, des fois, une presse libre et indépendante, qui garantit la qualité de l’information.

Malheureusement à Périgueux, nous pataugeons dans un marigot d’hypocrisie.