Le maire, la pub et le brigand

Le présent billet est proposé, (enfin !), par une autre patte que l’habituelle. La Chouette change de plume et vole toujours, en vous saluant.

En échos au :

Conseil municipal du 29 septembre 2008
RAPPORT n° 24 – Réglementation sur la publicité, les enseignes et les pré-enseignes – Révision n° 1 (rapporteur Mme PATRIAT)
A l’unanimité, le conseil municipal approuve le règlement communal sur la publicité, les enseignes et les pré-enseignes et autorise Monsieur le Maire à effectuer toutes les démarches nécessaires pour sa bonne application

Nous nous intéresserons ici au volet politique des conséquences de la publicité dans notre société. Nous renvoyons aux travaux menés par Casseurs de Pub sur les conséquences, sociales et environnementales.

:: La pub, machine à casser le politique ::
Devant le succès de la pub, les politiques sont très tentés d’utiliser ses armes. Notamment, celles du « slogan », qui réduit le débat démocratique à sa plus simple expression. En faisant cela, ils se rabaissent au rang de simple produit.
La pub, elle, ne cesse d’utiliser les valeurs du politique pour faire consommer. « Le pouvoir d’achat », les symboles de la révolution, la lutte pour le droit de vote, le pacifisme de Gandhi

Le comble étant lorsque les publicitaires, comme Jacques Séguéla, n’ont pas hésité à se mettre au service de dictateurs, comme le tyran togolais Eyadéma. Ou en Grande-Bretagne quand Tony Blair confronté à la plus grave crise de sa carrière après la révélation de ses mensonges sur l’armement irakien, plutôt que d’envisager sa propre démission pour avoir engagé son pays dans une guerre sous un prétexte fallacieux, choisit de faire sauter un premier fusible, Alastair Campbell, son conseiller en communication, avant de songer à Geoff Hoon, son ministre de la Défense. Comme si sa politique ne se décidait plus en priorité au sein du gouvernement mais avant tout avec ses conseils en communication.
D’autre part, pour une entreprise, financer un candidat, c’est acheter des parts de marchés publics et des passe-droits. Pour que cet investissement soit sûr, il faut que le vide idéologique soit tel que la victoire électorale ne dépende que du budget publicitaire mis en œuvre. Ce vide idéologique ne se fonde que sur l’apathie politique des citoyens qui préfèrent prêter l’oreille à un slogan racoleur plutôt qu’à un véritable projet politique.

Aux États-Unis, où les entreprises sont autorisées à financer la vie politique sans limitation, ce sont par voie de conséquence elles qui gouvernent. Les industriels du pétrole et du gaz, en versant environ trois millions de dollars, furent les principaux contributeurs de la campagne présidentielle de George W. Bush. Jean-Claude Brisard et Guillaume Dasquié commentent ainsi ce financement :

Une fois aux affaires, [l’équipe de Bush] s’en souviendra, en décidant par exemple d’ouvrir à la prospection pétrolière les réserves naturelles d’Alaska (le 29 mars 2001) et en rejetant le protocole de Kyoto sur les émissions polluantes, qui déplaît tant au secteur énergétique.

L’actualité des élections américaines confirme où l’élection d’Obama n’est en rien due à son programme mais bien à sa couverture médiatique. « Obama » est une marque déposée :
Voir l’article sur « l’obscénité » de la campagne du président Obama sur le site de Backchich.

:: Que faire ? ::
Les dangers de la publicité en générale se combattent en particulier.
D’un point de vue local, la Mairie de Périgueux se penche sur le problème des afficheurs dans et autour de la ville. La réflexion est reliée au niveau d’un groupe de travail à la C.A.P.
Les pouvoirs publics font des lois pour tenter de protéger la société de la publicité. Ces lois ne sont pas très sévères mais les publicitaires ne se préoccupent déjà pas de les respecter : 40 % des grands panneaux que nous voyons sont illégaux. Les afficheurs sont des délinquants. Aussi, des associations ou de simples citoyens se battent pour que les lois soient appliquées. L’état ne fait pas son travail. Nous devons à notre tour faire pression sur les hommes et les femmes politiques pour conserver ces lois, les renforcer, en créer d’autres, mais, surtout, les appliquer.

A voir sur Dailymotion.

Dans ce contexte, saluons et soutenons l’initiative de la Mairie, dans sa tentative de réglementation de l’affichage aux abords de la ville, ce qui n’est pas une mince affaire. La ville de Mérignac est en procès depuis de nombreux mois contre les afficheurs, juste pour faire appliquer la loi.

En complément, retrouvez toutes les actions légales et juridiques des municipalités en France en matière d’urbanisme et de législation contre l’agression publicitaire, sur le site de Paysages de France, notamment, la page concernant les panneaux d’affichages.