L’effet de Serre: hommage aux mouettes derrière les chalutiers

Faisant suite à un paragraphe intitulé l’art de la brosse à reluire consacré à Pascal Serre, ce dernier, en réaction, a publié un commentaire sur Périblog à la suite de ses billets De Clisthène à Moyrand ou l’agora déplacé et L’avenir selon Moyrand. Cela aurait pu être l’occasion d’un débat intéressant sur la mutation du journalisme à la suite de la révolution technologique et culturelle que nous connaissons aujourd’hui.

De Novovision (par Narvic) à Eric Scherer – merci Marie – (directeur de la stratégie de l’AFP) par exemple, nous aurions pu dialoguer sur le fond. Ne serait-ce encore qu’à partir de thèmes simples suivant cette phrase de l’auteur (qui fait écho à la thèse de Benjamin Bayart French Data Network) de La Révolution Numérique aux éditions Dalloz :

Gutenberg a démocratisé la lecture ; le web 2.0 a démocratisé l’écriture

Mais non. Pour le gonzo journaliste périgourdin, (occasion d’évoquer avec plaisir Hunter S. Thompson en débat sur Owni.fr) nous ne serions mus que par une « intention sympathique de se singulariser dans le paysage médiatique de Périgueux ». Aucune place ne serait accordée à l’authenticité et la sincérité du discours. Nos propos seraient le résultat d’une stratégie (l’intention) au service d’un objectif (se singulariser). Nous disconvenons respectueusement.

Car c’est avec une grande sincérité que nous avons associé ses propos à l’art de cirer les pompes, sans autre finalité que l’évocation d’une complaisance douteuse laissant supposer des intérêts personnels à la flatterie la plus moite. Textes à l’appui.

:: La carte de presse fait le journaliste ::

L’auteur met en avant sa carte de presse pour rappeler que la liberté d’expression ne saurait en aucun cas servir l’information, liberté cantonnée pour sa part à ce qui est accordé par une carte d’identité: le brouhaha du débat démocratique. Sentence du journaliste, nous ne pourrions « …nous prétendre journaliste ». Première porte ouverte enfoncée, nous n’avons effectivement jamais prétendu cela et pour cause en regard de ce que nous citions plus haut. Mais par ailleurs et plus localement…

Chacun peut vérifier chaque jour dans la PQR (presse quotidienne régionale) la profondeur des analyses journalistiques au service d’une déontologie sans faille.

Car notre gonzo journaliste s’emploie à démontrer toute sa fidélité à La charte des devoirs professionnels des journalistes français, avec un sens étonnant de la mesure:

Ainsi, un journaliste doit veiller au respect et à la dignité de l’Homme. Du plus humble au plus puissant. C’est du moins ainsi que j’ai accepté d’associer mon nom à Périblog.

Alors que pour notre part, nous mépriserions cet édifice déontologique :

J’apprécie « rue de la chouette » pour sa pertinence mais ne pouvais laisser enfreindre les quelques articles cités ci-dessus.

Que nous reproduisons ci-dessous :

– Je prends la responsabilité de tous mes écrits, même anonymes ;
– Je tiens la calomnie, les accusations sans preuves, l’altération des documents, la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles ;
– Je n’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ;
– Je revendique la liberté de publier honnêtement mes informations ;
– Je tiens le scrupule et le souci de la justice pour mes règles premières ;
– Je ne confond pas mon rôle avec celui de policier.

Nous aurions ainsi enfreint six articles de cette charte : irresponsabilité des écrits, calomnie, accusation sans preuve, altération de documents, déformation de faits, mensonges, intention intéressée, etc. Il faut noter avec quelle précision le probe et juste professionnel évite de démontrer ses accusations en ne rattachant pas nos écrits aux griefs énoncés. C’est un signe qui ne trompe pas pour l’aveugle qui se dit veiller au respect et à la dignité comme à la prunelle de ses yeux.

Pour preuve de la vile intention, nous écrivons des trucs louches à base de rapports de la Chambre Régionale des Comptes, de délibérations de conseils municipaux, citant nombre d’articles de presse, d’enquêtes des directions Régionale et Départementale de l’Equipement, etc. C’est tordant quand celui qui vous accuse raconte (fort plaisamment) ses matinées au bistrot avec ses copains (Le Cancan du Coderc) pour veiller au respect et à la dignité de l’Homme .

On va de ce pas évoquer pourquoi ces accusations sont risibles à un point dont beaucoup ne peuvent se douter en réalité. Mais c’est du garanti sur mesure, les initiés sont en train de se poiler comme des baleines.

:: Des éléments de citation contre les gonzo fabulations ::

Ces manquements graves (dans lesquels un citoyen d’en bas ne peut que se fourvoir) résonnent pour Pascal Serre comme des accusations sans fondement quand il déclare au sujet de notre paragraphe:

Ceci relève de l’interprétation et ne repose sur aucun élément

Etonnante remarque de la part de celui qui titrait il y a peu De Clisthène à Moyrand ou l’agora déplacé, auquel nous nous faisons le plaisir de vous renvoyer pour l’intégralité :

serremoyrand.jpg

La caricature paternaliste et hautaine qui nous est opposée sans référence n’enlèvera rien à la réalité de la citation. C’est comme ça. Michel Moyrand a l’âme (à travers Clisthène) d’un grand réformateur politique ayant marqué l’histoire pour Pascal Serre. Je maintiens et signe au terme de cette comparaison qu’il faut avoir une langue bien pendue pour oser la sortir celle-là.

:: Le gonzo professionnalisme ::

Enfin il reste la leçon de déontologie et de professionnalisme. Il y a là de quoi faire exploser de rire toute une juridiction prud’homale. Que je sache, nous n’avons pas aujourd’hui à assumer le premier numéro du bulletin municipal de Périgueux du 01 juillet 2008.

Du respect de la propriété intellectuelle à la couverture présentant une photo d’avant l’année 2000 avec des prix en francs, jusqu’à l’interview tronquée de la responsable de l’association Some Produckt qu’elle a dénoncé publiquement comme un faux, tout fut géré avec professionnalisme.

En revanche, on peut se demander comment un grand professionnel du journalisme se fait remercier dès les premières parutions. Sur ce point il faudrait entendre la version du principal intéressé, il nous la livrera peut-être. Etait-ce par manque de respect des obligations contractuelles et ignorance volontaire du cahier des charges?

La société Mediapress aura néanmoins obtenu le lot n°3 « Régie publicitaire » pour le bulletin municipal (un des rares à ne pas être chiffré). L’honneur est sauf et les prés (carrés) bien gardés, sans aucune forme d’intérêt particulier il s’entend.

:: La gonzo justice ::

Pour finir, les meilleures leçons que l’on peut avoir la prétention de donner sont celles, souvent, que l’on peut s’appliquer à soi en priorité. Foin d’extravagance, nous nous bornerons à citer de vrais journalistes pour demeurer dans la vérité de l’information (Sud Ouest – 17/12/09):

serretribunal.jpg

Non, nous ne jouerons pas le jeu des faquins et des affairistes, ne frayant dans aucun cercle d’influence à la recherche d’opportunités. Car ici, rien n’est à vendre. Il est de coutume périgourdine de dénoncer en privé ce que vous louez en public. C’est avec plaisir que nous recevrons la leçon, mais pas de n’importe qui et encore moins de ceux qui n’en sont dignes.

:: Ne pas confondre chouette et mouette ::

« Quand les mouettes suivent un chalutier, c’est parce qu’elles pensent qu’on va leur jeter des sardines »

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