Legislatives Périgueux 2012 vive Sarkozy, vive la xénophobie

55% des électeurs disent aujourd’hui avoir voté François  Hollande pour virer Nicolas Sarkozy. Ironie du sort, c’est la seule lueur d’espoir de l’UMP alors que leur mentor quitte le paysage politique. Sarkozy a maintenant rendez-vous avec les « petits pois » qui l’attendent de pied ferme. De 2007 à 2012 le caïd de Neuilly a tout perdu politiquement, les régions, les municipalités et les cantons (avec pour conséquence le Sénat). La xénophobie d’Etat sur laquelle il a cru s’appuyer pour conquérir l’extrême droite a échoué.

Sauf qu’on n’efface pas une doctrine politique comme ça et que pour les législatives, il faudra faire avec.

source @periblog

Attaché au piquet, il attend son boucher

A Périgueux en 2007, alors que Nicolas Sarkozy avait gagné, le candidat socialiste avait explosé le patron de la droite locale par 58.96% à 41.04%. Autant dire que le candidat UMP de 2012, Philippe Cornet va clairement à l’abattoir. François Hollande a réalisé 59.8% contre Nicolas Sarkozy à 40.2%. Une victoire dans la défaite annoncée serait de prendre quelques points au député sortant par rapport au score national. Ce n’est pas inespéré, vu l’envergure du socialiste aujourd’hui aux manettes.

La seule chose à attendre, c’est un débat clownesque où l’on verra Pascal Deguilhem avec son seul argument politique, celui d’être sportif et d’avoir fait du rugby. Et quand il parle de justice on s’amuse un peu de certaines actions menées durant les municipales de 2008 à Périgueux…

Amitiés partisanes et haute culture française

D’autre part Philippe Cornet à de drôles d’amis à l’UMP. On avait vu le conseiller municipal se rapprocher de David Douillet, un grand moment. Mais l’avocat périgourdin sur sa lancée a décidé de marquer les esprits. Il faisait il y a peu l’éloge de Nadine Morano sur son site. Élégance et hauteur de vue. A s’afficher avec les pires seconds couteaux de la Sarkozie, il n’y a même plus de campagne électorale.

Philippe Cornet: "Nadine Morano m'a bluffé"

On va se la refaire quand même pour l’occasion, allez Nadine, c’est à toi:

« Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c’est qu’il aime son pays, c’est qu’il trouve un travail, c’est qu’il ne parle pas le verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers. »

L’idéologie frontiste de Sarkozy laisse des traces

Par ailleurs le candidat UMP s’est montré un fidèle et ardant partisan de la campagne de Sarkozy. La défaite du seigneur sera aussi celle du vassal. Et ce d’autant que ce vassal provient à l’origine d’une droite centriste qui a suivi aveuglément la droite maurrassienne sur les sentiers de la xénophobie arabo musulmane. Entre autres faits d’arme sa suppléante, Elisabeth Marty, résumait la pêche à l’électeur frontiste à de « l’ouverture d’esprit ».

Sauf que la Dordogne n’est pas la région PACA et Périgueux n’est pas Bergerac (où le FN a fait 20% au premier tour). A toute fin utile, une dernière fois, souvenons-nous que la stratégie électorale de Sarkozy a été conçue par l’ancien directeur du journal Minute Patrick Buisson.

Une des raisons de la défaite de Sarkozy tient sans doute à ce climat xénophobe et sectaire. Expliquer aux électeurs que la cause de leur difficultés financières tient aux flux migratoires africains n’a pas marché deux fois de suite. Sauf que la machine est lancée, les argumentaires restent les mêmes pour les législatives.

Les effets de bord de la droitisation (extrême) de Sarkozy

Largement engagé derrière le chef, Philippe Cornet a suivi le mouvement, (peut-être même à ses dépends). Et que la défaite est amère ! Ainsi sur la page Facebook, c’est un véritable festival.

Philippe Cornet s’est enfoncé jusqu’au coup dans cette doctrine sarkozyste. Elle le poursuit manifestement encore au lendemain de la présidentielle. Sauf que la chasse est finie. La future défaite aux législatives va définitivement lui ôter son fusil des mains.