La maîtrise de l’équipement commercial ? Une blague !

Pour y voir clair : patience et longueur de temps

La recette est simple, s’armer de patience et quelques heures pour partir à la recherche des informations sur le site internet de la Préfecture de Dordogne. Même incomplètes, elles permettent d’avoir une idée assez claire de l’évolution de l’équipement commercial de l’agglomération de 2005 à 2010. Il suffit ensuite de construire un tableau et de reprendre les noms et les chiffres…

5,5 hectares de bonne terre bétonnés

1/3 d’extensions, 2/3 de création de surfaces de vente.
Serez-vous étonnés si je vous dis que le pic des autorisations fut en 2007 ?

Un petit tableau éclairera votre lanterne :

Eh oui, 2007, dernière ligne droite avant les élections municipales de 2008…On se dépêche, on se dépêche…

« And the winner is »… Trélissac !

Depuis 2005, Trélissac a créé 45 % des surfaces supplémentaires : 24 644 m² plus exactement. Vient en deuxième position, Boulazac avec un petit score (si j’ose dire) de 12 690 m² (soit 23 %).

Ce qui fait pencher la balance toujours déséquilibrée de l’équipement commercial à l’Est qui représente 68 % des surfaces de vente supplémentaires de l’agglomération crées en 6 ans.

L’Ouest représente 26 % des surfaces créées depuis 2005 : Chancelade affiche 11 444 m² soit 21 % (comprenant la confirmation en 2005 de l’autorisation de construire le Leroy Merlin autorisé en 2003) et Marsac un petit 5 % avec 2 716 m² (à confirmer puisqu’il semble qu’Auchan n’ait pas fini de construire sa première extension…)

2 ha pour la maison, 1 ha pour ma voiture, le sport et la culture…

Le bricolage représente près de la moitié des surfaces supplémentaires en équipement de la maison (20 753 m²), les meubles/décoration pratiquement l’autre moitié.

Le « Culture loisirs » représente près de 20 % des surfaces avec 10 106 m². La moitié de ces surfaces pour la création d’une concession automobile (4 660 m²), le ¼ pour le sport, le reste pour les livres et les disques (1900 m²) et un peu de jardinage.

Ca rigole pour les hypermarchés

Et pas que pour l’alimentaire qui représente à peine 50 % du chiffre d’affaires. Une fois les extensions accordées construites, Leclerc, passe de 7 430 à 10 210 m² (hors galerie marchande et sans compter les nouveaux bâtiments), soit un agrandissement d’un tiers de sa surface initiale, tandis qu’Auchan passera de 7 721 m² à 12 440 m², soit plus 60 % (si l’on tient compte de 500 m² non exploités sur la première demande d’extension de 2007).

Si l’on ajoute la surface de Carrefour (7000 m² si j’ai bonne mémoire), et les supermarchés et hard discounters, on peut aisément affirmer qu’il n’y aura jamais d’équilibre Est-Ouest et que tout ce qui pourra être projeté en centre ville sera écrasé par les mastodontes périphériques.

On peut aussi regarder plus loin que le doigt : l’extension des surfaces du Leclerc de St Astier à l’Ouest qui est finalement le vrai concurrent direct d’Auchan et ne cesse d’augmenter sa surface et ses enseignes satellites.

Restent quelques bombes dégoupillées

7600 m² restent dans le flou artistique. Autorisés et non complètement exploités. On ne sait pas ce qui y sera vendu. Les 1 900 m² à Trélissac en 5 lots, Les 4 650 m² à Boulazac en 12 lots et l’extension de la galerie marchande de Carrefour (1 023 m²) restent imprécis sur leur destination : culture ? Alimentaire ? Équipement de la personne ? De la maison ? Personne ne sait. Pochettes surprises

Sans oublier que jamais les enseignes ne se relâchent, certaines allant jusqu’à créer des surfaces pour « faire barrage » à leur concurrent direct.

Si l’on excepte l’année fastueuse 2007, nous devrions avoir droit à une augmentation moyenne de 7300 m² supplémentaires en 2011… Sans oublier le projet de Boulazac de réorganiser ses zones, et personne ne se déplace pour rien ; sans oublier aussi que les « drive » vont fleurir à Périgueux, Trélissac et Marsac… apportant un confortable appoint aux hypers.

Alors qui maîtrise qui ?

A l’ouest, proche et moins proche, les hypers occupent le terrain mais St Astier a su tirer son épingle du jeu, tandis qu’à l’est, les mastodontes ont tué la proximité jusqu’à ½ heure de route.

Un maire de l’agglomération qui dit non à un investisseur, je ne l’ai jamais vu.

Les grandes enseignes, hypermarchés et services ont créé une enceinte commerciale infranchissable pour le consommateur de la périphérie de Périgueux. Pourquoi donc nos concitoyens perdraient ils 1 heure de leur temps (en période creuse !) pour s’approvisionner dans un centre commercial dans la ville centre quand ils trouvent tout ce qu’il leur faut en périphérie ?

Pour maîtriser l’équipement commercial de l’agglomération, on voit à la lecture des graphiques, qui il faut convaincre. Et c’est loin d’être gagné ! Attention à 2013, année de tous les dangers, comme le fut l’année 2007…2013, c’est justement la date à laquelle M. MOYRAND aimerait couper le ruban d’inauguration du centre commercial Montaigne, un barrage contre le pacifique

« Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt »

c’est Chinois paraît il…