Michel Moyrand à l’étroit entre sa mairie et le Bas Saint Front

Il y a peu, le maire de Périgueux annonçait aux périgourdins un nouveau prix pour le déménagement de la mairie : 6.4 M€ ((Erreur de notre part, la CCI s’est vendue 2.63M€ alors qu’elle était estimée à 2.57M€ en 2009)). Pour cela, les citoyens devaient lire l’appel doffre public. Ou sinon il fallait attendre que nos journalistes les plus affutés aient lu Ruedelachouette ((La mairie de Moyrand ne connait pas la crise))  avant d’en recopier les grands axes dans leurs journaux. Bref, question info à Périgueux, on fait ce qu’on peut et ce n’est pas le maire qui les aide.

Et ça continue. Le lundi 05 juillet, la mairie de Périgueux a publié un appel d’offre public pour la réalisation de l’étude d’impact du projet de parking que le maire projette au pied de la cathédrale Saint Front. Personne, avec une science de la discrétion qui touche au vœu de silence, n’aura donc averti les périgourdins comme il se doit sur cette future étude d’impact.

Elle contient pourtant des informations intéressantes pour ce qui reste un peu leur ville après tout.

Depuis que le maire s’était engagé par écrit à réaliser le projet pour avril 2011, il traine ce dossier comme un boulet en héritage. Face à la nécessité  politique de faire quelque chose, il n’a de cesse de se contorsionner pour ignorer les enjeux urbains. Aujourd’hui il ampute encore ce qui était la tranche ferme fin 2009, pour placer au conditionnel tout ce qui lui permettrait d’esquiver cet investissement.

S’il n’y avaient tant d’enjeux derrière le Bas Saint Front pour Périgueux, ce serait à se tordre de rire.

Pour se rafraichir la mémoire, on peut toujours se demander encore à quoi servait le projet du Bas Saint Front et comment il est devenu le projet de parking Moyrand.
Car il n’est pas exagéré de rappeler que ce projet a été déchiqueté en lambeaux afin de financer le déménagement de la mairie. On peut ainsi se reporter au Plan Prévisionnel des Investissements 2010/2014, ou à la délibération du 24 novembre 2009.

Le Bas Saint Front enterré en grandes pompes

Le 17 mai 2010, le maire présentait fièrement son tout nouveau projet de parking, un moment d’émotion pour un projet ambitieux.

Le plan général du projet Mauvard

Peu avant 2010, le maire avait divisé le projet en tranches ferme et conditionnelle. Ferme pour Mauvard, Thouin, Clautre, Denfert-Rochereau et Daumesnil et conditionnelle pour le boulevard G. Saumande, les quais et la dalle du futur parking souterrain ((Délibération du 24/11/09 : « La tranche ferme porterait sur le périmètre initial (place Mauvard, square Tranquille, jardin du Thouin, ascenseur, rue du Séminaire, rue Denfert-Rochereau et avenue Daumesnil), étendu à la place de la Gaieté et à la rue de l’Harmonie« )) .

Aujourd’hui, 8 mois plus tard, le maire modifie encore l’économie générale du projet. L’abandon de la tranche conditionnelle et la division de la tranche ferme en deux tranches : une tranche ferme et une tranche optionnelle. Ferme pour le parking Mauvard et le jardin du Thouin et optionnel pour le reste.


Sans prévenir personne, il se réserve ainsi la possibilité de ne réaliser que le parking et l’ascenseur d’ici la fin de son mandat. Normal, le déménagement de la mairie coûte de plus en plus cher.

Il n’est pourtant pas ignorant des enjeux pesant sur cette zone qui concerne toute le ville. L’avis rendu par les services de l’Etat était sans appel, l’appel d’offre en reprend la synthèse :

Le quartier du Bas Saint Front est emblématique dans la ville Périgueux, pourtant, il souffre d’une dégradation générale (espaces publics et bâti) et d’une gestion de plus en plus délicate entre les différents usages (circulation automobile, piétons, tourisme).

Mais peu importe, après tout, les périgourdins doivent se préparer à ne voir que le ¼ du projet réalisé, en totale déconnexion avec les conséquences d’une telle incurie pour Périgueux.

On se moque bien que ce projet du « quartier Saint-Front doit se faire au profit d’une plus-value donnée à l’habitat du secteur, à sa dynamique commerciale et de services, et des usagers piétons qu’ils soient Périgourdins ou touristes« . Ce qui importe est de prévoir sa non réalisation pour boucher les fuites du côté de la mairie.

Avant de passer au calendrier drolatique de l’opération, voici l’ascenseur (200 000 €), qui est à n’en pas douter l’élément essentiel de ce projet.


L’étude d’impact et le calendrier

Le maire s’est bien tenu de rendre public l’avant projet qu’il a validé en mai 2010. Pour autant il prévoit le début des travaux à l’été 2011. C’est un détail mais autant que vous le sachiez non ?

La tranche optionnelle est quant à elle programmée en 2013, sans précision. La seule phrase qui politiquement pèse dans le dossier est la suivante :

En cas d’absence d’affermissement de la tranche conditionnelle, le marché pourra être définitivement arrêté après la tranche ferme.

Dans ce cadre, le maire prévoit la présentation de l’étude d’impact pour le 1er novembre 2010. Un planning confortable de 4 mois pour choisir le prestataire (fin de l’offre 02/08/10) et la réalisation de l’étude.

Détail plein d’humour, seul l’avant projet Mauvard a été validé obligeant la mairie à fournir les éléments du dossier « au fur et à mesure de leur réalisation » à cause « des études en cours sur le reste du programme ».

Sachant bien que ce planning est délirant, la mairie précise avec tout l’aplomb d’une administration :

Afin d’optimiser les délais, il sera demandé au bureau d’études de débuter ses investigations dès que la décision de le retenir lui sera communiquée.

Tu m’étonnes…

Début 2011 serait lancée l’enquête publique de type Bouchardeau comprenant cette fameuse étude d’impact réalisée en 3 mois. Et hop, en juin on attaquera les travaux du parking en annonçant dans les média qu’on réalise le projet du Bas Saint Front !

Ainsi dans 10 mois débuteraient les travaux du parking Moyrand… à suivre.