Michel Moyrand, Ministre de l’Artisanat

Vous qui savez allez sourire, mais pensez aux autres. Michel Moyrand pourrait bien figurer au prochain gouvernement. L’éternel adjoint au maire de Bassillac peut nourrir l’espoir d’un secrétariat d’Etat. Il y a peu François Hollande révélait la liste des équipes thématiques qui vont mener sa campagne présidentielle.

Or il s’agit ni plus ni moins que de la liste de ceux qui pourraient former son gouvernement. Si la présence d’un Alain Rousset à la Production, Industrie, Agriculture et Pêche n’est pas étonnante, celle d’un Germinal Peiro ne l’est guère plus à l’Agriculture.

L'équipement ministériel de Michel Moyrand

Michel Moyrand, secrétaire d’Etat à l’artisanat

A l’inverse, tout le comique de la situation pèse sur les épaules de notre bon Michel, propulsé à la tête de l’Artisanat français (virtuellement c’est déjà énorme). Michel Moyrand, Ministre. On ne s’en lasse pas, le rire apaise les soucis. Répétez : « Michel Moyrand, Ministre ».

Imaginons ce qu’il ferait pour le pays, comparé à ce qu’il n’a pas fait pour Périgueux. Elu à l’artisanat et TPE/PME du Conseil Régional Aquitaine, Michel avait fait de ce secteur sa spécialité. En campagne électorale, il était en 2008 devenu son fer de lance. Il promettait alors de dynamiser, restructurer et faire rayonner l’artisanat périgourdin. Elu, il lança l’OMAC, une société d’économie mixte dadaïste pour l’artisanat et le commerce. Bref soufflet au fromage. Michel est en réalité au point mort depuis bientôt 4 ans. Rien, strictement rien ne s’est passé. « L’office municipal pour le commerce et l’artisanat » ? Le « pôle des métiers d’art de Périgueux » ?

Michel, Maire ou Ministre ?

Derrière cette annonce impitoyablement drolatique, burlesque même, des questions politiques peuvent déjà se poser. Hollande gagne. Michel devient Ministre de l’Artisanat. Il prend l’avion avec ses copains Bernard (je déconne) et Claude pour « monter sur Paris ». Arrive 2014.

Michel perd les élections d’emblée. Car comment ce qui aurait fonctionné contre Darcos « le parisien » en 2008 ne serait-il pas aussi efficace contre Moyrand, celui-là même qui se faisait le chantre de l’hyper proximité ? Compliqué.

Ironie du sort, il pourrait faire face à un calcul à la Darcos. Que choisir entre la stabilité provinciale ou les honneurs risqués de Versailles ? Ajouter à cela le mandat de Conseiller régional et c’est un aller sans retour vers le terminus des prétentieux.

Ministre et artisan de la défaite ?

Si la promesse de François Hollande est vérace, c’est un casse tête qui va se présenter. Certes un poste à l’artisanat est moins exposé que celui de Ministre de l’Education Nationale. Mais le vent tourne vite vers les cimes. En même temps, pour l’éternel adjoint, c’est une manière d’entrer dans l’histoire de Bassillac. Ca ne se refuse pas.

Nous aurons vite la réponse en 2012. Encore faut-il que les tendances se confirment. Le PS est devenu un parti de gouvernance territoriale, un spécialiste de la décentralisation. Rien n’est joué, surtout pas dans les sondages.

Par contre, si l’avenir national de notre brave Michel se confirmait en 2012, les municipales de 2014 dévoileraient une partie de son incertitude. Il faudrait choisir entre la droite et Pascal Deguilhem ((Ce qui reste très incertain puisque ce dernier s’est très fermement engagé pour le non cumul des mandats, ce qui impliquerait une candidature qu’en cas de défaite aux législatives, signifiant que Philippe Cornet serait devenu député de l’opposition… On n’a pas fini)).