Municipal Discount: de l’art, de l’eau, mais surtout des zéros

Sacré Michel. Il l’aura fait son festival Art & Eau. Dans la douleur et l’indifférence, mais il l’aura fait. Si on regarde un peu dans le rétro, on y trouve le génie de toute une mandature. Le festival de Michel avait pour but de nous « sensibiliser avec la gestion de l’eau ».

Mais force est de constater que Michel a bien plus réussi à le faire en renouvelant le contrat de Suez Lyonnaise des Eaux qu’avec ses vélos dans la rivière.

La Fête du Slip, sur France Info par exemple, a fait plus d’audience que le festival. Et pour cause, elle a l’avantage incomparable d’avoir un intérêt. En termes de notoriété, pour 500 000 € de moins, reconnaissons donc que cette Fête du Slip apporte bien plus à Périgueux que la festivalière quincaillerie de Michel.

Michel, en guise d’évènement culturel international, au point où l’on est tombé, pourquoi ne pas organiser à Périgueux la fête du phoque ?

Comment faire disparaitre un billet de 500 000 € en claquant des doigts

Où est passé le pognon ? Michel, tu viens de claquer plus de 500 000 euros d’argent public pour un festival de 3 jours. « Ton festival on dirait que tu l’as acheté à Leader Price ». Personne aujourd’hui ne comprend comment cet évènement a-t-il pu coûter si cher.

On reprend et je te cite :

  • 8 œuvres plastiques et sonores (6 œuvres ou installations dont une en résidence)
  • 2 ateliers pédagogiques pour les enfants
  • 2 ateliers pour les jeunes
  • 1 spectacle d’ouverture spécialement créé pour Périgueux
  • 1 débat-rencontre « Vivre l’eau »
  • Des animations permanentes, temporaires et interventions dans les quartiers

L’UMP dénonçait un budget pas croyable pour le son et lumière (le spectacle d’ouverture) de 200 000 euros. Mais même pas ! L’auteur du spectacle nous révélait le 29 juin qu’il avait couté 50 000 € les 17 minutes (3000 €/minute).

Où est la thune ? Peut-avoir l’ensemble des dépenses détaillées avec leurs factures ?

Non, je sais, malgré la loi de 1978, personne, surement, n’en verra jamais une ligne.

Michel, 500 000 € pour ce qu’on a vu… Il doit bien rester au moins 200 000 balles quelque part non ? Allez, sans rire, vraiment, le pognon, tu l’as mis où ?

Le compte rendu d’Art et Eau écrit 2 jours avant le festival

Ca vous décroche la mâchoire mais il faudra s’y faire. Le festival se déroulait les 24, 25 et 26 juin. D’ailleurs, le dernier bulletin municipal de juillet/aout/septembre en fait le bilan :

Du 24 au 26 juin derniers, Périgueux a vécu au rythme du festival « Art et Eau ».

Ce bilan fait preuve d’une inhabituelle neutralité. D’ordinaire le service de communication utilise ce genre d’évènement pour mettre en valeur la politique municipale. Rien de tel ici. Une énumération simple des faits, au passé.

En réalité le bilan d’art et eau a été écrit avant le festival. La mairie a créé le fichier .pdf deux jours avant, le 22 juin. C’est à noter car pour un magazine qui se dit « d’information », c’est non seulement rare mais même carrément balèze.

Michel: « Une biennale de dimension internationale »

Calme toi Michel. Tu atteins péniblement une dimension intercommunale (merci Trelissac) avec un demi million d’euros, alors imagine ce que cela couterait pour un vrai festival culturel. Cela te couterait plusieurs mairies. Mais ce n’est pas grave. Il est content Michel, il a fait bosser les copains.

Si c'est une photo de Nicolas Lux, il faut le citer.

L’élaboration du concept Art et Eau était simple mais judicieuse. Il suffisait de piocher des mots au hasard et d’y ajouter le préfixe « éco ». C’est donc devenu l’éco festival de l’éco citoyenneté et de l’éco écologie.

C’était aussi l’occasion de faire la promotion d’Eco Jet Ski de marque Yamaha qui, c’est de notoriété publique, sont de véritables amis de l’environnement, aussi éco compatibles que silencieux. Sur le site officiel du festival « Les scooters des mers de « Bouge2plage« .


On s’interrogera cependant sur la notion de « Périgueux Plage « . Le siège de maître nageur n’y fait rien, il manque quelque chose.


Michel aime aller à la plage. Mais ce qu’il aime Michel, à la plage, c’est plutôt le sable, pas l’eau. Alors il a fait verser du sable partout, et ça a fait un vrai carton.

En conclusion

Michel a fait disparaitre un bifton de 500 000 € mais personne ne sait vraiment comment. Avec ces 500 000 €, il aura réuni moins de 4 000 visiteurs en 3 jours, dont 3 500 le premier soir.

Nous célébrons avec émotion la première « biennale de dimension internationale » de Michel pour un demi million d’euros.

Chapeau l’artiste