Municipales 2014

A Périgueux, les élections municipales de 2014 s’annoncent d’ors et déjà très intéressantes. Les élections de 2008 ont vu la victoire du candidat socialiste pour une poignée de voix (113) contre l’ancien maire Xavier Darcos. La droite régnait sur la capitale périgourdine depuis plus de 40 ans, et c’est par les défections dans son propre camp que le maire UMP a été évincé.

Premier surpris par sa victoire, Michel Moyrand a du passer d’un programme d’opposition à un programme de gouvernance. Il confiera plus tard dans la presse avoir passé près d’un an à s’adapter à cette fonction inédite pour lui. De son côté, l’ancien maire de Périgueux vendit son immeuble et quitta la ville, abandonnant armes, bagages et engagements en rase campagne.

Les municipales de 2014 seront donc une élection test, en partie au-delà des influences nationales et régionales. Ou bien le parti socialiste pourra confirmer son emprise sur le territoire périgourdin et abaisser la droite à une existence marginale de polémiques et de commentaires, ou bien la droite reprendra ce qu’elle a toujours considéré avec suffisance comme un fief historique en boutant les socialo-communistes hors du pouvoir.

Philippe Cornet, candidat naturel de la droite aux municipales de 2014 ?

Leader de l’opposition, conseiller régional et probable candidat aux élections législatives de 2012, Philippe Cornet se présente comme le candidat naturel. Cela dit, son chemin est semé d’embuches et rien ne garantit encore son investiture.

Jean-Paul Daudou, le gardien d’un temple disparu

Dans son propre camp il est encore loin de faire l’unanimité. La place si convoitée de candidat lui est contestée depuis 2008 par l’ancien maire et ancien premier adjoint Jean-Paul Daudou, incarnant l’aile traditionnelle et gaulliste. Actuel conseiller général de Périgueux, l’ancien maire a créé un « shadow cabinet » pour tenter de convaincre l’actuelle équipe d’opposition de le rejoindre.

Pour l’heure il n’arrive pas à s’imposer contre Philippe Cornet.Sa génération appartient à l’ancien temps, en décalage sensible avec les problématiques contemporaines. Pis encore, il incarne l’équipe du XXème siècle qui a été battue en présentant de lourdes carences dans la gestion du budget de la ville.

Le parachutage d’un poids lourd

Il ne serait pas exclu également que l’UMP décide d’envoyer un « poids lourd » pour conquérir la mairie socialiste. Qui sait, un Jérôme Peyrat, patron de l’UMP départementale, pourrait diriger son appétit vers la capitale du Périgord. Cela étant, les responsables de la droite savent, comme leurs opposants, que les périgourdins n’ont jamais goûté les parachutages de dernière minute (et en Dordogne un parachutage, c’est quelques kilomètres). Jérôme Peyrat en avait fait les frais lors des législatives de Périgueux en 2007. Peu de chance de retenter une candidature aventureuse.

Un candidat noctambule ?

Pour autant la candidature de Philippe Cornet n’est pas acquise. L’homme est largement connu des périgourdins. Peut-être trop. Son passé d’ancien responsable de la majorité pourrait le rattraper, de l’époque où il était surnommé « l’adjoint au vent » avant son éviction du conseil municipal.

Affable et jovial, il est connu pour son goût des soirées périgourdines. Sa réputation le précède. Depuis 2008 il tente de s’élever au-dessus de celle-ci mais l’actuel maire, avec méthode, s’emploie dès qu’il peut à faire apparaître la superficialité et la vacuité politique de l’avocat.
Aussi la tâche sera ardue pour le leader de l’opposition.

Il lui reste deux ans pour effacer une image largement répandue qui ne correspond pas aux qualités attendues pour diriger une ville de 30 000 habitants.

2014, au centre de nulle part

Cette formation politique ne pèse guère à Périgueux. Ralliés à l’UMP en 2008 suite à des accords directs entre Xavier Darcos et François Bayrou, tous deux auront disparu en 2014. Suivant plutôt des trajectoires personnelles et indépendantes, les deux élus centristes de l’opposition municipale risquent de tourner les talons en 2014.

Pour quelle formation ? L’un est au Modem (mais qu’est-ce que le Modem ?) et l’autre à Cap 21, (mais qu’est-ce que CAP 21 ?). Il faudra donc attendre les résultats de l’élection présidentielle et des législatives pour savoir comme sera composée l’offre centriste à Périgueux (mais qu’est-ce que l’offre centriste périgourdine ?).

Dans tous les cas les accords passés ne vaudront plus et le jeu devra être rebattu.

Michel Moyrand, le maire improvisé se représentera-t-il en 2014?

Rien n’est moins sur. Il a été le premier surpris par sa victoire en 2008. Habitué au confort de l’opposition depuis des années, l’ancien élu de Bassillac et conseiller régional sous tutelle connaît un mandat laborieux.

Moyrand l’improbable petit maire

Véritable apparatchik, spécialiste des postes « invisibles » mais rémunérateurs, Michel Moyrand avait été désigné par les siens en 2008 pour l’unique raison que son propre camp était persuadé de sa défaite.

N’imaginant pas la victoire possible dans ce fief de la droite, ses homologues du parti socialiste n’avaient pas placé à la candidature le meilleur d’entre eux, bien au contraire. Dépité, le patron du département et président du Conseil Général, Bernard Cazeau avait eu ce commentaire au lendemain de l’élection : « Si on avait su… ».

Michel Moyrand, en tant que maire, n’a jamais eu de véritable autorité au sein de son parti politique qui n’a pu que « boucher les trous » au lendemain de l’élection en imposant quelques hommes de main pour soutenir le nouveau maire.

Raillé, moqué au sein de son propre camp, Michel Moyrand aura fait ce qu’il a pu. Sauf que les lumières de la fonction n’ont jamais convenu à l’homme de couloirs qu’il était. Sans véritable détermination ni force de caractère, il a été contraint de gouverner à vue, au gré des évènements et des opportunités politiques.

Contre toute attente, il aura réalisé une grande partie du programme de son ancien adversaire Xavier Darcos, allant jusqu’à renier en profondeur son propre projet politique. On pourra citer dans cette veine la pérennisation de l’aéroport, la réalisation du projet Mauvard, la privatisation de l’exploitation de l’eau potable, le favoritisme budgétaire pour le centre ville, etc.

Un sortant sorti par avance ?

Ayant du revêtir un costume maintes fois décrit trop grand pour lui, Michel Moyrand pourrait ne pas se représenter. « Il ne fallait pas l’inviter ». Le parti socialiste local lui connaît déjà un remplaçant en la personne du député socialiste de Périgueux : Pascal Deguilhem et son allure de gendre idéal. Remarqué pour ses absences à l’Assemblée Nationale, l’homme semble préférer le terrain et sa circonscription aux ors de la capitale. S’il était battu aux législatives de 2012, l’homme pourrait bien convoiter la mairie de Périgueux.

Il aurait pour énorme avantage sur Michel Moyrand de ne pas devoir assumer un bilan de mandature incontestablement délicat à défendre pour le vainqueur surprise de Xavier Darcos. Il pourrait ainsi libérer le maire de Périgueux d’une charge trop lourde pour lui tout en proposant une alternative plus crédible au candidat de la droite.

Les communistes de 2008 à 2014

Le communisme périgourdin a eu une réelle importance, suite à l’alliance historique du Conseil National de la Résistance, permettant de partager le territoire politique entre ville centre pour les gaullistes et périphéries pour les collectivistes.

Communistes au collier de roses

Les temps ont changé. En 2008 ils ont intégré l’équipe de campagne des socialistes pour une alliance de circonstance. Leur leader, Vianney le Vacon, est un employé du Conseil Général, et donc un vassal du socialiste Bernard Cazeau. Ne mordant jamais la main qui le nourrit, le leader communiste inféodé aux intérêts socialistes s’est toujours montré reconnaissant et servile.

Contre toute attente, il n’aura jamais contredit son leader socialiste au conseil municipal, n’hésitant pas à renier le fondement même de ses engagements en politique. Il aura ainsi voté pour un aéroport qu’il pourfendait, voté pour la privatisation de l’eau potable au bénéfice de Suez Lyonnaise des Eaux et consenti de larges faveurs aux opérateurs de téléphonie mobiles, incongrus compagnons de route pour un communiste.

Karl Marx racheté par Suez

Au détriment de leur philosophie politique, les communistes périgourdins n’auront jamais failli à leur allégeance envers les socialistes, même quand ces derniers appliquaient ouvertement le programme politique de la droite locale.

En échange des postes, des rémunérations et de divers avantages politiciens, les élus communistes seront toujours restés à leur place, celle de faire valoir électoral dans les couches populaires. Il est donc fort à parier que l’alliance perdure en 2014.

Le scénario catastrophe

Le pire, pour des raisons inconnues encore mais se concrétisant pourquoi pas par le besoin d’exister localement, serait que le Front de Gauche décide de présenter une liste au premier tour. Il est probable que les communistes locaux en restent sans voix, n’ayant aucun commentaire à faire sur un bilan socialiste qu’ils auront approuvé à 100% pendant 6 ans.

Que dire à leurs camarades, une fois mis devant le fait qu’ils ont défendu les intérêts de Suez Lyonnaise des Eaux, Eiffage, Vinci, Bouygues ou encore SFR ?

Les écologistes : une filiale frondeuse des socialistes en 2014

En 2008, les Verts étaient encore au crochet de leur « maman » socialiste. En 2014 les choses risquent d’être fort différentes. Europe Ecologie les Verts s’était présenté aux élections cantonales de 2010 indépendamment des socialistes, allant jusqu’à inquiéter les répartitions de voix traditionnelles.

Les tricards de la majorité

A l’inverse des communistes, les écologiste de la majorité périgourdine avaient pour obligation de défendre et respecter quelques principes qui font leur « âme politique». Ainsi quand le maire socialiste tourna sa veste pour réaliser un programme néo-libéral, le leader écologiste Frabrice Mathivet su se démarquer (à voix basse quand même). Question de crédibilité.

Il fit ainsi sécession sur le dossier des antennes relais, l’aéroport, la privatisation de l’eau potable, etc. La situation s’envenimant, les écologistes furent mis au placard par le maire de Périgueux. Les Verts se savent ouvertement trahis. Ajoutant à une situation tendue des humiliations publiques par les fonctionnaires de la mairie (soutenus par le maire), les écologistes seront contraints, au moins au 1er tour, de faire bonne figure en présentant une liste.

Le paradoxe de l’opposition dans le conseil municipal

Il leur faudra néanmoins compter sur l’amnésie de leurs militants. Dans une opposition de fait mais dans une majorité de droit, les Verts seront contraints au grand écart. D’un côté ils devront assumer la co-responsabilité de leur propre bilan dans la majorité. De l’autre ils devront attaquer ce même bilan pour faire valoir leurs arguments électoraux et se démarquer de l’offre socialiste. C’est une de leurs spécialités, leur expérience des régionales de 2010 leur servira.

Le seuil fatidique des 10%

Les tractations de second tour seront à n’en pas douter houleuses. Mais les socialistes le savent mieux que tous, les Verts reviennent toujours au bercail. Reste à savoir avec quoi pour négocier.

Car s’ils parviennent à dépasser les 10% au 1er tour, tout peut basculer. Dans ce cas, ils seraient en mesure de faire perdre leur « maison mère » en se maintenant. Dans cette hypothèse, les écologistes seront en position de force, au moins pour recevoir encore et encore de multiples promesses (déjà bafouées pendant 6 ans depuis 2008).

L’échiquier politique des municipales de 2014, encore flou et indéterminé

Une droite faible et contrainte au risque

Pour la droite, il faudra composer avec l’improprement nommée « société civile ». Les quartiers seront difficiles à reconquérir et largement verrouillés par l’actuel maire de Périgueux. Le nombre important de voix perdues sera complexe à reconquérir. Peut-être pourront-ils compter sur quelques alliés au centre, encore faut-il qu’il y ait un centre.

A la date des municipales de 2014, en suivant celles de 2008, les régionales, les cantonales, les sénatoriales, la présidentielle et les législatives, la droite aura peut-être enchainé un record inégalé de défaites électorales, fruit amer du sarkozysme forcené. Autant dire qu’il ne restera pas grand chose de l’UMP. Le parti, au bout de deux ans seulement, sera fragile, en pleine recomposition et vraisemblablement encore désorienté.

Jouer l’ouverture et l’auberge espagnole

Aussi la droite n’aura pas d’autre choix que de chercher des alliés ailleurs, au-delà de ses lignes habituelles, à travers des « figures » représentatives de la société périgourdine, dans les clubs, les associations, etc. Entre le fait de devoir rassurer son électorat par des discours sécuritaires (comme c’est le cas actuellement) et la contrainte d’aller draguer des électorats inhabituels et donc plus à gauche (le FN est absent), la droite locale risque déjà de s’éparpiller en saupoudrages de promesses.

L’économie, terrain glissant

L’autre thème de campagne traditionnel qu’est l’économie est à double tranchant. Les finances laissées par l’UMP en 2008 sont méthodiquement pilonnées par les socialistes, tant pour le discrédit à jeter sur l’adversaire que pour s’excuser (par anticipation) de résultats impossibles à atteindre en raison de la gestion précédente.

Si le maire a tout fait depuis 2008 pour jeter de l’huile sur le feu, interprétant chaque signal économique négatif comme une tragédie eschyléenne, les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous. Suite à l’enquête d’opinion (BVA) de juin 2011, le maire s’est ouvertement montré surpris de ce que son entreprise de persuasion sur ses qualités budgétaires n’ait pas percée l’opinion. En effet, les périgourdins se sont montrés insatisfaits à 55% de la gestion de la ville.

Et en 2014 la mandature Darcos paraîtra loin, quoi qu’en dise l’équipe sortante. Les candidats s’appuieront alors sur le projet phare de la mandature Moyrand, la nouvelle mairie, à la fois ruineux et impopulaire.

Les 10 millions investis pour le renforcement de l’administration, donc sans retour sur investissement, seront une proie facile comparé à tout ce qui aurait pu être investi dans l’activité économique locale. Abandonnée pour des dissensions politiques entre le maire et son 1er adjoint chargé du développement économique, ce dernier secteur aura été ignoré avec prudence.

Mais le meilleur atout de la droite à cette municipale reste encore une victoire de la gauche à la présidentielle, attendant un désamour inévitable (on fait confiance à François Hollande) et une communication de tous les instants sur l’omnipotence des socialistes sur l’administration française à la fois nationale et régionale.

Une gauche sortante mais divisée

Si Michel Moyrand y retourne, il aura pour lui le fruit d’un savant verrouillage de la vie associative locale, des quartiers, des administration, etc. Les communistes continueront, en toute vraisemblance à lui fournir des voix soldées, à moins que le ménage soit fait par le haut pour retrouver un minimum de dignité.

Racolage et démagogie de proximité, un cocktail payant ?

Le maire sortant aura cependant un joker dans sa manche. Ayant augmenté les impôts et baissé les investissements, il disposera d’une véritable manne financière électorale. Dans le dernier semestre précédent l’élection, les saupoudrages et les « achats » de voix risquent de proliférer.

Alors qu’il avait fondé sa campagne sur l’exacerbation immodérée de la différence de traitement entre quartiers et centre ville, l’actuel maire de Périgueux risque d’y obtenir des résultats mitigés. Au Gour de l’Arche il s’appuiera sur la rénovation urbaine, mais pour un projet ANRU qui l’avait précédé, ce que rabâchera la droite.

Yo! Michel Moyrand « Représente » le Gourdo

De plus dans ce quartier sensible, il s’était perdu en promesses d’embauches en tous genre et de guerre contre le chômage (hors compétence hormis par voies de favoritisme). Pour finir il prit à son compte la phrase de son prédécesseur : « La mairie n’est pas une agence ANPE », ce qui risque de sonner comme un « l’Etat ne peut pas tout » de Lionel Jospin.

Le meilleur argument dans les quartiers restera la solidarité et la proximité. Ayant réussi à créer l’amalgame entre démocratie participative et mairie de quartier (service administratif), ces relais municipaux feront florès dans les discours de campagne. De même pour la solidarité, leitmotiv rhétorique de toutes les sorties et de tous les discours. Il prendra alors appui sur la rénovation des écoles, véritable martingale de la boîte à outils socialiste (a priori ça ne peut que plaire).

De l’urbanisme réduit à la rénovation des rues

L’urbanisme n’est pas le point fort de Michel Moyrand. Il n’y connait rien. Pour moitié il aura réalisé ou fini de réaliser les projets de son prédécesseur (Filature, Bas Saint Front, Boulevards, Gour de l’Arche), pour l’autre il aura réalisé une nouvelle mairie à 10 millions.

En compensation, il aura refait des rues. Pas sur que cela suffise en campagne électorale pour tenir la route.

Les cocus de la moyrandie s’en souviendront

Cela étant, le 1er tour sera difficile. Le maire devra compter sur de nombreux déçus et autres trahis de la mandature. Ces nombreuses promesses restées lettres mortes risquent de se payer.

On peut penser notamment à l’activité artisanale, commerciale et touristique qui sera restée inerte suite à la démission de son premier adjoint. En 2008 pourtant, il s’était fait élire sur ce thème, fort de nombreuses promesses faites en qualité alors de conseiller régional chargé de l’artisanat du commerce et du développement des TPE.

Il aura également vexé et déçu sur la question du rugby en s’opposant à la construction d’un nouveau stade. Certains entrepreneurs et leurs réseaux attendent l’heure des règlements de comptes.

Culturellement l’année 2010 aura été un fiasco avec le lancement du festival Art et Eau. A raison de 500 000 euros les 3 jours, la première édition s’est avérée calamiteuse pour la majorité. Le festival est à sa naissance marqué du sceau du scandale. Le maire de Périgueux était sur le point de faire financer une partie du festival par la société Suez, alors en lice pour obtenir des contrats sur l’eau potable… qu’elle a obtenu…

Défaite et victoire se joueront-elles à gauche ?

Au final, Michel Moyrand aura été plus clivant dans son propre camp qu’avec l’opposition UMP. Appliquant en partie le programme de Xavier Darcos, cette dernière l’a rejoint sur nombre de grandes décisions communales, quand dans le même temps il était lâché par sa majorité.

Europe Ecologie les Verts risque d’aspirer des voix dont le report ne sera pas à coup sur le candidat socialiste. Certains ne voudront pas assumer les trahisons de Michel Moyrand et ses trop nombreux reniements. Aux dernières élections cantonales, les écologistes avaient fait un score supérieur à 10% sur Périgueux.

Méprisés par les dirigeants socialistes périgourdins, qu’on se souvienne de l’étonnement de Bernard Cazeau face aux prétentions des écolo à entrer au Conseil Général, EELV sera dès demain courtisé. L’élection du maire en 2014 pourrait se jouer là.