Nouvelle CAP, le profil idéal pour devenir maire

Personne n’ignore que la CAP, la communauté d’agglomération périgourdine, vient de s’agrandir. Après d’âpres discussions, Jacques Auzou, maire de Boulazac et président de l’intercommunalité Isle Manoire, a remporté le match par K.O contre le maire de Périgueux qui ne voulait pas de ses communes. La présidence de la CAP est en jeu en 2014.

Grâce à sa super veste ultra réversible, Michel Moyrand plastronne. Aujourd’hui il est pour, mais il y a peu encore, il s’opposait farouchement au profil de cette extension. Il est bon ce Michel.

Carte politique de la nouvelle CAP

C’est donc l’occasion de dresser une carte politique de cette nouvelle CAP. La domination socialiste est totale. Et ceux qui se cachent derrière un officiel SE (sans étiquette -sans logo sur la carte-), sont la plupart du temps soumis aux directives du parti socialiste (intérêts bien compris).

Disons qu’à RISK, la partie serait finie. Game Over ou en tout cas tant que les socialistes maintiennent l’illusion que le PS est à gauche; c’est devenu une profession à temps plein, un vrai métier.

Mais ce qui est plus intéressant encore, c’est le profil idéal pour espérer être maire d’une de ces communes et intégrer la brillante et dynamique équipe intercommunale.

Le profil idéal pour devenir maire dans la communauté d’agglomération périgourdine

Si vous êtes de droite, jeune, actif et porté sur une profession innovante, vos probabilités sont nulles. Si vous pensez que le cumul des mandats dans le temps sclérose le système représentatif, ce n’est même pas la peine de rêver.

Le profil idéal pour siéger à la CAP, le voici. Il faut absolument être socialiste ou de gauche très ami avec les socialistes. 100% des communes sont dans cette lignée.

Il faudra également être vieux et à la retraite, comme 52% des maires. Sans compter ceux qui se font passer pour des actifs, mais sont en réalité des professionnels de la politique, et qui en vivent grassement (Auzou, Colbac, Moyrand, etc.).

Une fois que vous êtes retraité et socialiste, vous augmenterez vos chances en étant fonctionnaire et encore mieux si vous étiez dans l’éducation nationale, 35% des maires à la retraite. Si vous êtes retraité d’une fonction territoriale quelconque, pas d’inquiétude, vous conservez toutes vos chances.

Et enfin, vous augmenterez vos chances en louant le cumul des mandats. 33% des maires occupent leur poste depuis 15 ou 20 ans. Près de la moitié avant les années 2000. Le record va au maire d’Atur, Alain Cournil, enkysté depuis 28 ans derrière son bureau, à égalité avec le maire de Coursac. Ils sont suivis de près par les communistes comme Colbac (Trelissac), Auzou (Boulazac) et Comte (Champcevinel), 22 ans de mariage électoral, alors que leur parti prône le contraire. Tout un symbole.

Vous êtes vieux, à la retraite (de préférence de l’éducation nationale), socialiste et vous défendez ouvertement l’idée que la représentativité consiste à s’incruster dans un fauteuil le plus longtemps possible ? Le job est pour vous.

L’avenir confié à un club de retraités de la fonction publique

Bien sur, si vous avez quelque considération pour le pluralisme et la diversité, c’est plus compliqué. Si en plus vous pensez qu’un mandat électif n’est pas une manière de s’offrir un complément retraite pour le restant de ses jours, c’est foutu.

La CAP est un monolithe sociologique et idéologique. Ce mammouth administratif ne laisse aucune place à la différence. Et quand on ajoute à cela le goût pour les intrigues et les manœuvres politiciennes par lesquelles un Michel Moyrand respire et s’inspire jusqu’à lasser parfois ses proches, on mesure sans répit l’étendue des dégâts.

Certains pensent que cette sclérose politique est due au statut de l’élu, pas assez rémunéré, comme l’annonce le maire de Périgueux avec ses immeubles défiscalisés et sa voiture de fonction.

Ce statut est si avantageux aujourd’hui qu’il fait de l’élu un cadre de la fonction territoriale pour la durée du mandat. D’où l’intérêt évident de chercher à se professionnaliser en politique. Juteux, confortable, faits d’avantages multiples en numéraire et en nature, ce statut est une source d’enrichissement personnel sans commune mesure avec les autres.

En cumulant le job avec un mandat parlementaire, ça permet même de se voter sa propre rémunération. Et incroyable hasard, ces « indemnités » ont augmenté de 135% en 10 ans (pleurez braves gens, ça a été gelé). Il faut dire qu’elles ne sont pas indexées sur l’inflation mais plutôt sur le cours du marché de l’immobilier.

Les compétences y comptent moins que la ruse et l’absence de talent se compense largement par la vigueur de son écurie politique. C’est comme ça que l’on devient maire de Périgueux par exemple. Ca en fait un plan de carrière très rentable.

Aussi ce club 3ème âge pour retraités de la fonction publique qu’est la CAP n’augure rien de très dynamique. Ils sont pour la plupart nés dans la première moitié du XX° siècle et n’ont pour principal problème dans la vie que la surveillance de leur épargne. Autant dire que les enjeux du XXI° siècle paraissent lointains…

Tout le problème du service de communication sera de faire croire le contraire.