Périgueux, audit financier: 1,2,3 soleil ! (MAJ-24/11/08)

Après quelques jours de vacances, incluant pour certains l’absence de web, je reviens en vallée de l’Homme et en paix. Le maire a mis en ligne, suite à la présentation en Conseil Municipal du 18/11/08, l’intégralité de l’audit financier qu’il avait commandé pour faire la lumière sur la gestion de l’équipe précédente. Même les « promesses de l’ombre » ont leurs rayons de soleil.

Toujours le 18 novembre 2008, France Bleu Périgord recueille l’analyse du maire de Périgueux

[MEDIA=15]

.

Il faut noter au passage le plan subtil du maire de Périgueux. Les « incuries » de la gestion précédente ne lui permettant pas de réaliser son programme de campagne, il le fera en partie casquer par la communauté d’agglomération. Félix, joyeux Noël Félix !

:: Le salaire de la peur ::
L’audit est donc en téléchargement sur le site de la mairie. (pdf, 36 pages, production : Ressources Consultants Finances). Il est ainsi commenté par le maire :

Cette analyse renforce, malheureusement, celle que mon équipe et moi-même avions fait pendant la campagne des municipales. La situation dont nous héritons pénalise lourdement la Ville de Périgueux et le premier objectif que notre équipe s’est fixé est de rétablir les finances de Périgueux.

L’audit se décline en plusieurs chapitres et critères d’analyses qui sont les suivants :

Partie 1 : le fondement du diagnostic financier local et situation financière fin 2007
1.1 Principaux soldes de gestion
1.2 Compte administratif 2007
1.3 Compte administratif prévisionnel 2008 et variation 2008/2007

Partie 2 : Analyse de la situation 2001/2008
2.1 Les grands équilibres
2.1.1 La chaîne de l’épargne
2.1.2 La dégradation de l’épargne nette

2.2 La dégradation de l’excédent brut courant
2.2.1 La dégradation de l’excédent brut courant
2.2.2 Les produits de fonctionnement courant
2.2.3 Le produit fiscal ménage
2.2.4 Eléments de comparaison : le produit fiscal à l’habitant
2.2.5 Eléments de comparaison : le potentiel fiscal et l’effort fiscal
2.2.6 La dotation globale de fonctionnement
2.2.7 Les charges de fonctionnement courant
2.2.8 Les charges de personnel : la pyramide des âges

2.3 L’annuité de la dette
2.3.1 L’annuité de la dette

2.4 L’investissement et son financement
2.4.1 Le financement moyen de l’investissement
2.4.2 Les opérations d’équipement de 2001 à 2008 par fonction
2.4.3 Le financement de l’investissement de 2001 à 2008

2.5 L’encours de la dette
2.5.1 L’encours de dette au 31/12/n – dette bancaire et autres
2.5.2 Eléments de comparaison
2.5.3 Le plan d’extinction de la dette

2.6 Conclusions de la rétrospective financière 2001-2008

graphique.jpg

L’audit confirme donc les présomptions économiques du candidat PS lors de la campagne électorale, de même qu’il va dans le sens de l’alerte émise par le préfet et le TPG il y a quelques mois. D’ailleurs, ce préfet dont nous disions qu’il lui en coûterait, vient d’être muté. Il s’agit bien entendu d’une promotion…

Accroissement excessif de l’endettement, envolées des dépenses d’investissement, pour une « situation financière très fragilisée » nous dit le rapport en conclusion, un peu quand même, opportunément.

Une première remarque. Une disproportion s’impose entre les calculs des services de l’Etat, concluant à une note d’alerte de faible intensité, et les conclusions dramatiques ou dramatisées de l’audit financier. A partir des mêmes chiffres, (supposition), les interprétations divergent. Comme quoi les chiffres ne parlent pas d’eux-mêmes mais tout dépend de que l’on veut leur faire dire.

Seconde remarque. Quelles que soient les interprétations, à moins que le Ministère du budget, des Comptes publics et de la Fonction Publique ne délire impunément, la ville de Périgueux demeure globalement dans la moyenne nationale de sa strate, comme dans la moyenne des communes de l’agglomération périgourdine. Est-ce à dire que les villes dans des situations inférieures à celle de Périgueux sont au bord de la banqueroute ? Entre Neuilly et Trélissac il y a quand même un espace pour la raison.

Troisième remarque. L’ancienne majorité conteste les résultats. Pour l’heure nous n’avons pas eu accès à leur contre analyse. Mais il est certain que l’opposition ne peut plus se contenter aujourd’hui de paroles et de gestes pour défendre sa gestion passée, elle doit apporter des éléments concrets et des preuves. A suivre donc, en attendant peut-être la publicité du rapport officiel de la Chambre Régionale des Comptes.

:: Les chiffres et les lettres ::
Comme nous le disions, les chiffres ne parlent pas d’eux-mêmes, ils sont interprétés. Encore faudrait-il que les chiffres ayant servi aux analyses du cabinet d’audit soient identiques à ceux transmis au Ministère du budget, ce qui ne semble pas être exactement le cas. Passons sur ces détails. Espérons en tout cas qu’il y ait moins d’aléas que dans le comptage des voix socialistes.

La situation financière de la ville est jugée mauvaise par la nouvelle majorité parce qu’elle lui permet de justifier des choix (ou des non choix) politiques. Mais si vous donniez ce budget, par exemple, au maire de Trélissac, sous tutelle de l’Etat, pas de doute qu’il serait preneur et plutôt deux fois qu’une. Que ne conclurait-il pas à d’excellents résultats et des perspectives prometteuses !

D’autre part, on aurait tort de demeurer engoncé dans les calculs. Il sont là pour servir la pensée et non l’inverse. Or l’argent dépensé, trop selon la majorité, a servi à la réalisation d’un projet politique validé par les précédentes élections. Le retour sur investissement du développement urbain de la ville, à moyen et long terme, ne semble pas être pris en compte, demeurant difficilement quantifiable. « Non pris en compte » ne veut pas dire inexistant : c’est un audit financier, non un jugement politique. Seules les conclusions du maire à partir des chiffres, demeurent un jugement de l’action politique passée.

C’est un choix et non un état de fait de dire que la majorité doit maintenant « rétablir les finances de Périgueux ». C’est un jugement politique de conclure que cet « héritage » est « pénalisant » pour la ville, non la conclusion de l’audit financier. Aussi, que la pensée se cache derrière le chiffre n’est pas signe de courage politique, loin s’en faut. Les conclusions et les jugements consécutifs à cet audit ne doivent pas faire oublier un point essentiel :
L’obligation de l’équilibre budgétaire, loi du 02 mars 1982, interdisant à toute collectivité territoriale, à l’inverse de l’Etat, toute dérive financière, demeure la règle.
A ce titre, la commune de Périgueux n’étant pas sous le coup d’une tutelle de l’Etat pour non respect de la Loi, c’est bien que la situation est légale quitte à être difficile, mais en aucun catastrophique, c’est-à-dire illégale.

:: Conclusions ::
Il est temps que l’opposition prouve et démontre ses dires sur la justification des dépenses passées par rapport à ses choix politiques, à moins d’apparaître définitivement comme l’équipe municipale qui aura flingué la santé financière de la ville, sous la marque du mensonge et de la trahison.
Mais d’un autre côté, c’est une politique de petit bras que de pousser des cris d’orfraie en dramatisant à outrance la situation pour justifier de ne rien faire. Car la communication est là, nul n’en doit être dupe :

Ainsi, nous pourrons redonner des marges de manoeuvre à la Ville, pour qu’elle puisse retrouver une capacité à investir et à financer ses projets.

Effectivement, la ville peut retrouver une capacité d’investissement. Mais ce n’est pas la Ville qui finance ses projets. C’est la majorité politique, à savoir des hommes et des femmes élus qui font des choix et qui les financent. La personnification de l’équipe municipale en « ville de Périgueux », comme si la Ville finançait elle-même ses projets, est un symptôme à surveiller de près.

En l’état, le maire se prend pour la ville de Périgueux, ce qui laisse un étonnement amer. Cette propension à amalgamer la volonté politique et l’action publique, (maire élu) avec le cadre de l’action publique, (la ville), n’est jamais qu’un signe de bonapartisme municipal de plus.

On comprend l’intérêt politique à incriminer l’adversaire, pour le rendre responsable de ce qu’on ne sait pas faire soi-même, permettant de justifier ou l’augmentation de la pression fiscale, ou des économies de personnel, (ça m’étonnerait y a du monde sur la corde à linge), ou de ne pas réaliser son propre programme de campagne.

MISE A JOUR DU 24/11/08

Philippe Cornet, leader de l’opposition municipale, a réagi avec rapidité en commentaire de ce billet, le lundi 24 novembre 2008. Nous considérons que les éléments apportés sont suffisamment importants pour prendre place dans le cœur du réacteur et non uniquement en commentaires. Nous donnons donc suite à ces remarques, qui devront trouver une justification prochaine.

:: La position de l’opposition ::
L’audit selon l’opposition ne prend pas en compte la somme de 1.7 millions d’euros en recettes: ce n’est pas une paille.
Les chiffres de 2008 retenus par le cabinet d’audit ne correspondraient pas au budget primitif 2008, le seul qui vaille réellement, mais à un « prévisionnel du compte administratif 2008« .
L’audit comprend dans la colonne dépense, la réalisation du projet du Bas Saint Front pour 2008. Ca ce serait une vraie bonne nouvelle ! Mais quand on connait la ruse déployée pour esquiver ce projet, ça ne laisse que rêveur…
La commune de Périgueux est dans la moyenne de sa strate. Ca, nous l’avions relevé, chiffres du Ministère du Budget à l’appui, en un autre article, il y a quelques semaines. Nous pouvons donc confirmer ce point.
Il faut donc comprendre que pour l’opposition, ces 4 arguments sont là pour étancher la soif de dramatisation du maire actuel, en proie à des congestions budgétaires dont la cause ne relève que de sa compétence et de sa volonté. Notons que les chiffres de l’audit ne sont pas contestés comme il est dit, mais qu’il est relevé des imprécisions étonnantes de la part d’un cabinet d’audit professionnel reconnu. Lui aurait-on menti à l’insu de son plein gré? Semble nous dire l’opposition.

:: Histoire pour les enfants ::
Pour l’expliquer aux enfants, on pourrait leur raconter l’histoire du petit Michel.

Papa a promis au petit Michel que s’il faisait bien ses devoirs, il aurait des bonbons.
Le petit Michel, on le comprend, est très gourmand de ces bonbons.
Seulement voilà, il bute sur un exercice de mathématiques et ne trouve pas la solution.
Il cherche, il cherche, mais ne sait pas comment partager le gâteau en un nombre de parts équivalentes aux invités. Il est dur ce problème de mathématiques.
Comme le petit Michel est malin, il se demande comment il pourrait ne pas faire son exercice de mathématiques tout en obtenant les bonbons : pas facile, papa veille.
Et soudain, il trouve une issue à son problème et court voir Papa.

Papa papa, j’ai la solution du problème dans la tête, mais je ne peux pas l’écrire, parce que mon grand frère Xavier m’a cassé mon crayon et déchiré mon cahier d’exercices. Alors si j’ai la solution dans la tête, Papa, je peux quand même avoir mes bonbons ?

Nous ne savons pas encore ce que va répondre papa. Papa est gentil mais il n’est pas stupide. Il voudrait bien croire le petit Michel, mais il voudrait bien voir aussi la solution écrite avant de donner les bonbons.

Alors les enfants, que pensez-vous que Papa va dire ?

  1. 1.Pas de devoirs, pas de bonbons, Michel doit se débrouiller comme un grand
  2. 2.Papa engueule Xavier et donne les bonbons à Michel
  3. 3.Papa punit Michel pour avoir dénoncé son frère et dit des bêtises à papa
  4. 4.Papa appelle maman, prend la bagnole et ramène les gosses à la DDASS


[MEDIA=16]