Le Père Noël n’existe pas

.Lorsque j’ai réalisé que je siégerai au conseil municipal en mars 2008, je pensais dur comme fer que, passées les empoignades des élections, le bon sens .l’emporterait. J’imaginais que, quelles que soient nos appartenances politiques, nous serions tous invités à construire l’avenir de Périgueux, que nous pourrions rapprocher nos expériences et nos compétences et faire en sorte de trouver un modus vivendi qui ne pourrait qu’être profitable à la cité : bref, qu’un conseiller municipal « conseillait ».

Mais le Père Noël n’existe pas : le maire détient le pouvoir et ne le partage pas, la majorité suit, bon gré, mal gré. Cette hégémonie est étayée par un système qui réduit l’opposition à l’impuissance (9 voix contre 30 ). Le maire cumule les prérogatives et s’en régale,c’est la revanche du serpent à plumes

On nous cache tout on nous dit rien

Plus le temps passe et plus je constate que non seulement nous ne sommes pas acteurs, mais que, même lorsque nous faisons des propositions pertinentes, nous ne sommes pas écoutés.

Plus le temps passe et plus je note qu’on « oublie » de nous transmettre des documents et pas toujours avec une grande subtilité : nous ne sommes donc pas suffisamment informés.

Le plus curieux est que nous avons la sensation que certains de nos collègues de la majorité sont dans la même situation que nous…

La débrouille

C’est un vrai travail de sioux pour découvrir, avant l’heure, ce qui se trame dans l’ombre du sein du sein. Parfois l’information est tellement « grosse » qu’on se gratte la tête en se disant « c’est pas possible ! ». On relit le programme de campagne, les promesses de 2008, les comptes rendus des précédents conseils.

Lors des Commissions municipales, on découvre souvent que « si, c’est possible ! » ; mais la plupart du temps d’une manière très lapidaire, rarement accompagnée d’annexes genre budget prévisionnel, esquisses architecturales, calendrier…

Et comme ces commissions sont organisées juste avant le Conseil Municipal, il reste très (trop) peu de temps pour préparer notre argumentation aussi cohérente et étayée que possible. Il arrive aussi que certains sujets soient « ajoutés » au dernier moment sans être passés par la case préparation.

Des commissions dites vous ?

Ah oui au fait ! Saviez-vous qu’il existe des commissions municipales à Périgueux ? Oui ? Si vous découvrez où se cache la page « vie des commissions » sur le site, prévenez moi. Je suis preneuse. Comme il n’y a pas de compte rendus (à quelques très rares exceptions près). Tout ce qui se dit est « lettres mortes ».

Il existe 10 Commissions thématiques, allez, courage, je vous les cite : finances-économie, affaires sociales, universités-jeunesse, commerce-artisanat-tourisme, sport-loisirs, urbanisme-travaux-déplacements-environnement, petite enfance-affaires sociales-famille, culture-patrimoine, associations-quartiers-démocratie participative, animations.

Et une tripotée de commissions extra municipales que je vous laisse le soin de découvrir dans le compte rendu du conseil municipal du 2 avril 2008. Les 9 membres de l’opposition s’organisent pour siéger dans pratiquement toutes.

Les premières sont des commissions « préparatoires » au cours desquelles nous sommes censés débattre et donner notre avis (et même, quelle audace, nos suggestions). A Périgueux, les commissions sont organisées très (trop) près du Conseil Municipal.

Elle ne sont en rien des commissions de travail où nous pourrions participer à la construction d’un projet. Non non, elles ne sont que la présentation des actions « bouclées », et nos remarques sont rarement suivies d’effet.

Et là encore, inutile de compter sur un calendrier qui nous permette de nous organiser !

Je ne vous ai pas donné la parole

Donc, nous sommes privés d’infos, privés d’écoute et… privés de parole. Les pouvoirs du maire sont nombreux, en qualité d’agent de l’état et agent de la commune. Mais en outre, le maire est maître de la parole. Il la donne (le nôtre aime qu’on la lui quémande) et il l’a reprend. Aucun débat possible.

Et je peux vous dire que le Maire actuel tient beaucoup à cette prérogative. C’est ce qui donne aux conseils municipaux ce parfum de salle de classe plutôt que d’espace démocratique.

C’est ainsi que le 14 décembre, malgré nos interventions « musclées » (Intervention du 14 décembre.pdf), il fut donné carte blanche au maire pour décider du destin d’un espace de service public, sachant que ce vote est la première marche vers la privatisation d’un bien du peuple périgourdin.

Que reste t’il ?

Lorsqu’on nous vole la concertation et la parole, que nous reste t’il pour nous faire entendre ? Les médias, la rue, les tribunaux. Il faut savoir ce que l’on veut. On ne peut pas crier au loup et ne rien faire pour l’empêcher de manger le chaperon rouge et sa grand mère. Donc, il reste à organiser la résistance… En serez vous ?

Que tous ceux qui souhaitent avoir droit de regard sur ce qui appartient au peuple de Périgueux, sur les projets touchant la moëlle du squelette urbain et la survie de l’équipement commercial se fassent connaître. Il suffit de laisser un message en contact.

Chiche ?

En prenant sa revanche, un homme devient égal à son ennemi, mais en s’abstenant de la prendre, il lui devient supérieur.

Francis BACON.