Politique python

« Aies confiansssssss » susurrait Kaa à Mowgli, qui, hypnotisé, faillit se faire manger tout cru. Fort heureusement Baloo le sauva in extremis en assommant le vilain python.

Au secours Baloo !

Bientôt les présidentielles et les empoignades de nos politiques qui, à grand renfort de palabres, tenteront de nous faire croire qu’ils nous sauveront du grand constricteur financier. Ces rodomontades suffiront-elles à couvrir le refrain de la dégradation de la note Ah Ah Ah ou la ritournelle des résultats du CAC 40 ? J’en doute. Car il est certain qu’une fois les élections passées, les heureux élus auront devant eux la gueule grande ouverte du serpent monétaire, si proche du grand Python (gardien de l’Oracle de Delphes qui détenait les clés de l’avenir). Et devant cette bestiole, il n’est pas de principe ni de déontologie qui tienne, aucun Baloo pour venir à la rescousse.

Qui paie le bal mène la danse

Les gouvernements ont toujours eu besoin d’argent, soit pour faire la guerre, soit pour l’éviter, soit pour s’en relever. Ils inventaient de nouveaux impôts (sauf sur les nobles et l’église), empruntaient aux banquiers de l’époque (parfois les pourfendaient) pour remplir les caisses de l’Etat. Ils savaient aussi tricher sur la monnaie : Philippe le Bel par exemple a diminué le poids des monnaies tout en augmentant leur valeur, bref, il dévaluait mais les faux monnayeurs, eux, terminaient au court bouillon.
Donc, à bien y regarder, rien n’a vraiment changé si ce n’est qu’on a perdu le gouvernail et que les faux monnayeurs ne passent plus à la marmite. Rien de neuf en ce qui concerne l’imposition des riches. Encore plus tranquilles les « super riches prêteurs » creuseurs de la super dette devenant ainsi les super capitaines du bateau (devinez qui sont les super rameurs ?).

Rose et bleu

Vous me direz, quel rapport avec Périgueux ? Eh bien disons que la nouvelle municipalité aurait pu être notre petit Baloo à nous. L’alliance de gauche a séduit les Périgourdins par des promesses roses, rouges et vertes dont certaines, séduisantes, étaient particulièrement liées à l’idéologie socialo-communiste : rendre le pouvoir au peuple. Nous avons donc eu droit à une augmentation des impôts ; logique, car il faut bien payer les violons si l’on veut choisir la musique. Chose curieuse, cette augmentation n’a pas été portée comme un étendard, bien au contraire, on y est allé sur la pointe des pieds en s’excusant platement. Un an plus tard, on s’aperçut bien vite que le discours du nouveau maire avait perdu toutes ses couleurs. On était passé du bleu au rose mais le rose commençait à virer au mauve, au grand dam des Verts …

La régie publique a pris l’eau

Un seul exemple mais si révélateur : la régie publique de l’eau. Tout un symbole ! On s’attendait à ce que l’équipe, élue en mars 2008 se mette immédiatement au travail pour récupérer la gestion de l’eau, concédée depuis plus de 20 ans à La Lyonnaise. Cette dernière exploitait un filon bien juteux avec la bénédiction de la municipalité de l’époque (en accord total -soit dit en passant- avec la pensée droitiste). Mais non, ils ont pris leur temps, tergiversé, commandé des études (c’est une manie), pour donner, in fine, la gestion de l’eau non pas au peuple, mais à… Suez. Deux heureux donc : Suez qui continue d’engranger les bénéfices et le maire qui se glorifie d’une baisse de tarif, tournant le dos aux fondamentaux. Alors le peuple, heureux ?

Les associations… que l’on devait choyer, guider dans des conventions triennales, soutenir… M. MOYRAND leur a très officiellement conseillé (pendant le conseil municipal du 29 novembre 2011) d’aller chercher leurs subsides chez les privés plutôt que dans sa poche, prenant exemple sur l’ excellllente initiative de Sinfonia).

Bientôt la vente de Montaigne à Eiffage, joyeux compagnon de Vinci, complices habituels de la privatisation du domaine public (inquiétant ce silence, vous ne trouvez pas ?). Ce prochain scandale – tellement soutenu par la CAP qu’on se pose des questions- complètera la démonstration qu’une fois élus, les politiques cèdent aux sirènes de la grande finance, hypnotisés qu’ils sont par l’autre grand python des politiques : l’ambition.

« Un maire d’une gauche adroite
Faisant chemin avec la droite
Ca n’existe pas, ça n’existe pas…
Et pourquoi pas ? »

A la manière de…