Président de la Fédération du Logement: Marc Demaison (ça tombe bien)

Que de promotions les amis. Le maire de Périgueux n’est pas un ingrat. Souvenez-vous. Pour l’Express (19 juin 2008), Marc Demaison en tant qu’ancien directeur de campagne du candidat PS déclarait au sujet de son champion :

Il a bouffé du terrain

Exposant sa stratégie il soulignait alors :

Un patron de bar lui a lancé un jour: « Voilà au moins un élu qui me fait travailler. »

Etre un bon client, c’est un métier, avoir de bons clients, s’en est un aussi.

Marc Demaison ne compte plus les victoires, puisqu’il est également élu au conseil municipal de la commune d’Atur où il a réalisé un très bon score en 2008.

Il a su toutefois conserver une intense activité dans l’appareil politique du département. Organisateur infatigable, il s’était encore illustré pour l’évènement de la Fête de la Rose en aout 2009. Critique fécond du gouvernement, il poursuit ses activités littéraires sur le site de la fédération socialiste de Dordogne. Membre du conseil fédéral 24, le stratège a su se rendre incontournable.

Impliqué également sur Facebook, son compte public permet de saisir la profondeur de son engagement, en faveur de quoi c’est difficile à dire mais contre Sarkozy c’est indéniable.

Sur sa page, il aime dénoncer les conflits d’intérêts (21/02/10), les barbouzes de la droite (14/02/10), les copinages (11/02/10), n’hésitant pas à stigmatiser l’Etat policier dans lequel le policier est aujourd’hui (11/02/10) :

Le facho dont le FN n’a pas voulu

Fermement engagé contre une peste brune dont il dénonce la présence sur le territoire national, il n’hésite pas à l’occasion à comparer le Président de la République « à un petit moustachu d’outre Rhin ».

Il lutte de toute sa verve aussi contre le corporatisme (10/02/10) tout en se demandant si « Sarkonie est le fils spirituel de Pinochet » (10/02/10). Pessimiste parfois sur l’Etat de droit, il concède quand même que « la justice existe encore un petit peu » (07/02/10). Peu économe de sa fougue, il stigmatise à l’occasion le peu de cas fait par le gouvernement du devoir de réserve, si précieux en République en effet.

Il sait également épingler le premier ministre comme en tête à tête :

Vous savez à qui il le commande ? A un copain… pas de risque qu’il dise le contraire de ce qu’il souhaite. La grosse ficelle…

Sachant rester constructif et sans se laisser emporter par ses emotions, il rappelle avec pondération :

La droite montre son vrai visage, un visage haineux qui va à l’encontre de toutes les valeurs de la République

Aussi sur le problème du temps de travail et de la rémunération il n’est pas en reste :

Travailler plus, pour gagner plus. Voilà ce qu’il disait le Grand Sorcier des Yaka Vrais Cons.

De même qu’il développe une théorie elliptique en matière de santé :

Quand est-ce qu’on libéralise le cannabis? Ne m’opposez pas la santé publique car quand on mène une politique de démantèlement de la Sécurité Sociale, moi j’appelle cela un crime contre la santé publique créée juste après le 2ième guerre mondiale.

Généreux et conscient de sa puissance d’analyse, l’homme confie son humanisme :

Peut être amènerai-je ma contribution, moi le col blanc qui ne subit ni intempéries, ni temps partiel, ni entreprise précaire.

Bref, l’homme est prolixe et ne déteste rien de plus que la caricature. Aussi il n’hésite jamais à contribuer au débat, considérant par ailleurs que la réforme des collectivités territoriales est un « crime », pas moins (22/01/10) :

Ce schéma est simple, on ne veut plus de démocratie mais des préfets aux ordres qui feront l’aumône aux élus bien pensants.

Mais ce qu’il ne supporte pas, c’est le copinage, les collusions, les arrangements opaques :

Cela crée des liens et mérite un retour d’ascenseur.

Effectivement, le cas échéant il ne rechigne pas à percevoir le fruit de ses combats. Son ami et maire Michel Moyrand lui a créé un poste sur mesure en conseil municipal du 17 juin 2008. Contraint d’éviter un concours de recrutement classique, ce dernier lui a mitonné un statut d’agent contractuel en tant que « responsable des achats ».

Aujourd’hui, Marc Demaison est donc officiellement (CCTP achat de photocopieurs 2009):

M. DEMAISON Marc Mairie de Périgueux Service des achats 11, Place de l’Hôtel de Ville 24 000 PERIGUEUX Tél: 05.53.02.80.09 Marc.demaison@perigueux.fr

Il va sans dire que le devoir de réserve tant prôné est strictement respecté dans le cadre de sa fonction territoriale.

Mais pourquoi se contenter de si peu ? Le journal Sud Ouest annonce dans son édition du 22 février que le militant-élu-agent contractuel prend la tête de la Fédération du logement de Dordogne. Le voilà président d’une belle association.

C’est quand même marrant chez ces gens là ce besoin de reproduire à l’identique ce qu’ils dénoncent chez leurs adversaires. Sans contradiction apparente, le pire des vices de l’ennemi sera entre amis la plus grande des vertus.

Au fond, le problème n’est pas tant la confiture dans laquelle on est tenté de mettre le doigt. On ne dénonce la tentation que durant le temps où soi-même on ne peut y gouter. Après, c’est une autre histoire.
Souhaitons donc à Demaison un bon appétit, c’est l’heure de son gouter.

:: Mise à jour ::

Le premier récoltant du népotisme local voit dans ce billet, sur sa page Facebook, la création « de son fan club« . En attendant qu’il se mette à l’anglais ces fans seront sont bienvenus. Notre Frederic Lefebvre local mérite en effet son pot de confiture.